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Voir la version complète : Elégie de l’amour....


Néo
21/10/2013, 19h00
Le nuage n’a pas rejoint son nid. La stupeur n’a pas quitté son ombre.
L’étoile ne s’est pas réjouie de sa nuit. Cet homme n’a pas délaissé sa mort

Tous sont ouvert à la houle une porte, à la nuit une porte et mille portes à la guerre
Vous amis, compagnons de mon verre.

Arrêtez ce saccage et puis je n’aime pas les femmes qui dessinent avec le vent mes pas
J’aime toutes les femmes je n’aime pas les montagnes qui frôlent le ciel des redondances.
J’aime les ruelles qui mènent secrètement au cœur. Celles qui lient l’âme à ses marches et m’emportent jusqu’aux confins de la terre.
Non pas la terre, je veux dire.mais lèvres de femme, grappe de raisin verre. lune, étreinte
me dérobant le soleil d’août ou encore pluie inondant mes mains.

Non pas la nuit ,mais son matin.Et puis je n’ai souvenir de rien.
J’ai souvenir de mon père quittant les nues de la vie et son âme
sur le palanquin de notre chagrin.

J’ai souvenir de son visage apaisé. De son corps froid De ma stupeur.
Où s’en iront, à ma mort, les femmes que je cache en mon cœur ?

Elsa garderait-elle le séjour éternel de son silence ?
Bouthayna apparaîtrait peut-être dans la cour de la maison
Jocelyne serrerait Layla entre ses bras
Et peut-être feraient-elles cercle autour de moi pour bavarder un peu.

C’était un ami de toutes les guerres dit Elsa
Un compagnon de l’air, poursuit Jocelyne
Il n’a pas quitté son ombre
C’était un sage un ami de tout ce vide

Mbarak Wassat

J'ai lu , aimé je partage

M.G...

absente
21/10/2013, 19h15
fort et très beau, merci Matrix pour le partage:)

Néo
21/10/2013, 19h23
fort et très beau, merci Matrix pour le partage

Merci de ta lecture et de ton passage .....:zen:

katiaret
21/10/2013, 20h32
joli partage matrix la ta bien choiser la poesie marocaine (maghribine)


M’bark Ouassat est un poète précoce. Né en 1955 dans la région de Safi, il publie dès 1974 ses premiers poèmes à l’âge de 19 ans. Il est traduit dans plusieurs langues, dont le français, l’anglais, l’allemand, l’espagnol, le suédois et le macédonien ; mais oui sa poésie n’a pas de frontières.
La preuve c’est que l’auteur de ce recueil est connu pour avoir traduit en arabe de nombreux aînés dont Robert Desnos ou Henri Michaux. Ce traducteur est également professeur de philosophie et chroniqueur littéraire.

Dans cet Eclair, il nomadise entre l’exil, L’Eternité, ou l’œil métaphysique, ce ventre de la vie intérieure,
Et on s’en va guidés par une étoile dans le cœur
Il y a les langues d’un braise qui dansent sur nos cils

Ne sont-elles pas une lueur d’un songe sur la terre de la solitude bleue ?

Que de marins au long cours, que de clandestins calfeutrant leurs rêves au fond d’une patéra ont obstinément anticipé ces mots du voyage :
« Toujours l’œil en entrée Et maintenant Que nous devons partir,
sache Que ce sont les yeux des antilopes qui Vont nous secourir sur le pont Le pont que nous allons traverser

Ce recueil respire l’air du large au goût d’algues iodées, le vent de la liberté aussi. A quel pair, à quel poète inconnu à quel Hallaj ou Zyriab d’aujourd’hui, l’auteur adresse t-il cette sorte de haï-ku :Ils l’ont ligoté / pendu A des cordes vocales Ses pieds pendent, pendent, se rétractent, se dilatent Ils accordent le vent de l’Est…

Voila ce recueil marin et minéral
Cela s’appelle Un éclair dans une forêt . M’barak Ouassat. Al Manar

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