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Voir la version complète : Le terrorisme, sujet d’une recherche scientifique.


Thirga.ounevdhou
01/10/2006, 14h47
Le Terrorisme est le dernier ouvrage de Liess Boukra, publié aux éditions Chihab. Dans cet ouvrage, Il aborde, sous ses différents aspects, la question du terrorisme.


Docteur d’Etat en sciences sociales à l’université Libre de Bruxelles, ce chercheur est connu pour les intérêts et les études qu’il porte à ce concept, comme dans son ouvrage Algérie : la terreur sacrée, paru en 2002.
Tel que le souligne Boukra, ces dernières années, depuis les attentats du 11 septembre 2001, les masses médias sont friands de ce genre de sujets : plateaux de télévision, émissions radio, pages tout entières de journaux font de ce thème une priorité.

Néanmoins, il est à déplorer que de nombreuses interventions faites par des chercheurs, politologues ou islamologues, au niveau des masse média, manquent de rigueur scientifique et d’objectivité, souvent parce que c’est, malheureusement, le point de vue idéologique, religieux, individuel qui l’emporte.

«Il y a d’abord ceux, habitués de télévision, qui s’efforcent à chaque occasion de rappeler, contre l’impatience et le goût du raccourci des journalistes ou des animateurs, les mêmes éléments d’information, forcément sommaires, que le sens commun ne risque pas de démentir.

Il y a aussi des islamologues qui viennent conforter les propos d’experts en terrorisme. En règle générale, tout ce qu’ils expriment de juste sur l’islam est déjà connu de tous et tout ce qu’ils énoncent est souvent faux. Mais ils ont lu le Coran et parlent l’arabe.

Ce qui leur confère une certaine légitimité.» De là, des définitions erronées et très simplifiées surgissent, écartant une vraie recherche. C’est en réaction à cette simplification que le sociologue Boukra fait, dans cet ouvrage, du concept de «terrorisme» l’unique étude.

En premier lieu, son objectif est de parvenir à une définition objective de ce phénomène, en mettant à l’écart les obstacles épistémologiques. Puis d’aller vers une autre démarche de recherche. Il choisit d’étudier ce concept, d’abord et avant toute chose, en analysant l’origine et la genèse du terrorisme dans l’histoire.

On peut penser que ce chercheur opte, au plan méthodologique, pour une étude se référant au matérialisme historique et à la dialectique. Pour lui, «il faut substituer à la question ontologique la question historique : celle de la structure de l’univers social au sein duquel le terrorisme fut produit.

Ce qui revient à reconstruire l’espace historique dont le terrorisme – socialement défini en tant que tel – fut le résultat. Ce(s) lieu(x) et ce(s) moment(s) de sa gésine se ramènent, en fait, à la question des conditions économiques, sociales, politiques et culturelles de son éclosion.» En second lieu, c’est l’approche du terme «terrorisme» qui est en question, en glissant vers d’autres termes, tels que «terreur» ou, encore, «violence» ; car pour l’auteur, pour arriver à définir le «terrorisme», il faut d’abord tenter d’expliquer en quoi consiste la «terreur» et la «violence».

Ce qu’il précise clairement en écrivant : «Il faut, au préalable, dire ce qu’est la violence, pour pouvoir, par la suite, définir le terrorisme, qui n’est qu’une de ses multiples formes de manifestation.» Après ces éclaircissements et ces tentatives d’une véritable définition objective du terrorisme, Boukra approche une autre réalité de ce phénomène, à savoir comment l’acte terroriste s’accomplit ? Et, surtout, pourquoi et comment un ou des individus prennent, comme si c’était un droit légitime, la décision d’ôter la vie à d’autres humains ? Il est à souligner que l’auteur s’est appuyé sur plusieurs érudits connus pour mieux argumenter ses recherches.

A titre d’exemple, pour traiter du sectarisme, il n’hésitera pas à se référer aux Correspondances de Karl Marx : «La secte voit sa raison d’être et son point d’honneur non pas dans ce qu’elle a de commun avec le mouvement de classe, mais dans le schibboleth particulier qui l’en distingue.» Enfin, il est clair que le chercheur Liess Boukra, prenant du recul, essaye d’enlever le voile abstrait du terrorisme grâce à une étude sociologique de 250 pages.

En définitif, il conclut en affirmant que le terrorisme «porte atteinte à la liberté de circulation des personnes… par terrorisme, nous entendons toute violence physique légale ou illégale, qui vise, directement ou indirectement, par ses effets pratiques, à réduire ou à proscrire les libertés individuelles et collectives».

- Le Jeune Independant