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Voir la version complète : Le pire a été évité à Ghardaïa


morjane
13/01/2014, 15h21
Comme tout Algérien, soucieux de paix et de stabilité sociale, le directeur de la sécurité publique affirme avoir essayé de comprendre les raisons de la violence urbaine qu’il minimise, par ailleurs.

Le contrôleur de police Aïssa Naïli, directeur de la sécurité publique et représentant au Forum de Liberté du général-major Abdelghani Hamel, directeur général de la Sûreté nationale (DGSN) a d’emblée commencé hier son intervention par un exposé des grands chantiers mis en œuvre par son institution dans le cadre de sa “quête vers la professionnalisation, la modernisation et l’amélioration de ses prestations”.

L’orateur a alors particulièrement insisté sur le développement de la ressource humaine pour lequel de nombreuses actions sont menées. Il rappellera, à cet égard, l’adoption d’un nouveau statut particulier pour les personnels de la Sûreté nationale, le recrutement et la croissance notable de la taille du corps des policiers qui avoisine aujourd’hui quelque 200 000 éléments. Aïssa Naïli évoque une gestion rénovée des ressources humaines qui se traduit, selon lui, par “une consolidation, une amélioration et une harmonisation des dispositifs de formation mis en place”.

D’après lui, l’attention accordée à la formation rentre dans le cadre de la politique de proximité développée par la Sûreté nationale qui privilégie précisément l’amélioration de la relation police-citoyen. “Le policier doit être mu par le sentiment d’être utile à la société et motivé par le fait de défendre un droit universel”. Sur ce point précis, et comme il fallait s’y attendre, la question sur les événements de Ghardaïa et notamment sur les accusations de “bavures” dont se seraient rendus auteurs des policiers a fini par surgir. Loin de se démonter, Aïssa Naïli n’ira pas par quatre chemins pour affirmer que “le pire a été évité”.

Et de rappeler que malgré l’intensité des violences et la multiplication des foyers de tension, aucune perte humaine n’est à déplorer. De même qu’aucun édifice public n’a été saccagé. “

Je ne veux pas polémiquer à ce sujet car je suis concerné par le maintien de l’ordre. Laissons les enquêteurs et les parties concernées faire leur travail pour connaître le vrai du faux”.

Invité, tout de même, à descendre dans l’arène et sur l’insistance des journalistes, le contrôleur de police s’étalera alors sur le sujet. “Nous agissons conformément aux lois de la République et nous sommes tenus à l’impartialité devant tous les citoyens ou, plutôt, devant tous les individus et cela comme l’exigent, par ailleurs, notre religion et nos traditions. Qu’une manifestation soit autorisée ou non, nous devons veiller à protéger tout le monde. Nous sommes amenés parfois à discuter de l’itinéraire, de l’horaire et étudier tous les paramètres susceptibles de créer des troubles sur le plan technique. Je peux vous assurer que ceux qui ont failli et commis des dépassements seront sanctionnés par l’institution et même au-delà”.


Aïssa Naïli reconnaît, ainsi, “quelques dépassements isolés enregistrés et signalés au commandement”. D’après lui, les policiers auteurs d’actes répréhensibles ont été identifiés et des mesures disciplinaires ont déjà été prises, allant de la suspension de fonction jusqu’à la rétrogradation nonobstant une présentation devant les tribunaux. “Nous agissons en tant qu’institution républicaine. Chacun de nos membres est régi par un code déontologique que nous devons tous respecter. Avec le concept nouveau de la gestion démocratique des foules, l’utilisation des moyens conventionnels est le dernier recours et doit s’inscrire toujours dans le cadre des lois de la République”. Il révélera, par ailleurs, que d’autres cadres de la police de Ghardaïa devront répondre pour leur “inertie” devant ces événements.
L’institution leur reprocherait, ainsi, de ne pas avoir suffisamment montré de compétences dans la gestion des opérations de maintien et/ou de rétablissement de l’ordre.

Ces derniers seront appelés, selon l’orateur, à d’autres fonctions plus en rapport avec leurs “profils” et avec toutes les conséquences qu’elles peuvent occasionner sur leurs carrières professionnelles. “Nous n’hésiterons pas à sévir à l’encontre des agents qui auraient commis des défaillances ou montré une incompétence à gérer ces événements”, tient-il à rassurer. Face à cette violence cyclique et au caractère répétitif de ces incidents qui émaillent la vallée du M’zab, chère, du reste, à tous les Algériens, Aïssa Naïli annoncera un renforcement des structures de la sûreté de cette wilaya en moyens humains et matériels. En d’autres termes, la DGSN semble vouloir y ouvrir de nouveaux commissariats au moment même où certains évoquent, purement et simplement, le départ de la police : “pensez-vous que c’est une solution si à chaque dépassement de policier, on demande à la structure de partir ? Soyons sérieux !” a-t-il fini par lâcher, visiblement exaspéré par les accusations dont fait l’objet son institution

. Interrogé, par ailleurs, sur les violences urbaines, l’officier de police a d’emblée récusé l’expression “guerre des gangs” qui, d’après son assertion, n’existerait que dans “l’esprit mal tourné” de quelques journalistes en quête de sensationnel. Le représentant de la DGSN préfère parler d’incivilités, de coups et blessures légères. “Quant aux bandes organisées, nous n’arriverons jamais à ce stade, inch’Allah !”. D’après lui, la société civile a un rôle prépondérant dans ce domaine, de même que l’implication du citoyen dans la préservation de l’ordre public est, selon lui, “primordiale”. “Si le signalement de chaque infraction est un devoir, le dépôt de plainte est un droit même pour un regard de travers”.

Pourtant, pendant que le directeur de la sûreté publique évoque le “comportement de quelques délinquants au niveau de certains quartiers”, les spécialistes parlent véritablement d’un “tribalisme citadin”.
Il est vrai que dans les villes de cette République dite “populaire”, il n’existe plus, désormais, de “mixité sociale”. En effet, pendant que l’État continue à faire résolument dans la “ségrégation”, en construisant, à tout-va, à la périphérie des villes, des cités-dortoirs, dépourvues du moindre équipement indispensable à une vie normale, il se développe, ici et là, de nouvelles zones de non-droit. Enfin, comme tout Algérien, soucieux de paix et de stabilité sociale, l’officier de police dit avoir essayé, pour sa part, de trouver et de comprendre les raisons de cette violence, par ailleurs, souvent gratuite. Car la haine est devenue si généralisée que la violence est devenue presque “normale”. Est-ce un avatar de la décennie noire ? Les sociologues y répondront très certainement un jour.

morjane
13/01/2014, 15h22
Le foot, otage de la corruption

Quant à la violence dans les stades, celle-ci semble, de nos jours, concomitante au football tel que pratiqué en Algérie, c'est-à-dire une compétition qui tente de justifier la violence et la corruption. Aussi, la lutte contre la violence dans les enceintes sportives a non seulement fait l’objet d’un long développement de la part de l’invité de Liberté mais a suscité, également, des interrogations des journalistes.

Pour Aïssa Naïli, son institution a pris, à ce sujet, de nombreuses mesures. Il s’est notamment attardé sur une journée d’étude qu’il qualifie de “très fructueuse”. Cet “événement” a regroupé, apprend-on, les principaux acteurs du monde du football ainsi que des experts étrangers, pour définir les voies et moyens à même de lutter contre ce phénomène qui suscite les pires craintes notamment des riverains des stades de foot. “La violence dans les stades rythme, hélas, la vie des citoyens dans nos villes. C’est un fait marquant dans notre société. Nous avons essayé avec différents intervenants, présidents de ligues, de clubs, de comités de supporters, anciens footballeurs, anciens sportifs, de dégager à cette occasion une solution adéquate”.

Comme chacun sait, les jours de grands matchs, ou lors des derbies décisifs, tout le monde est sur le qui-vive et préoccupé par les débordements. Nos villes deviennent alors quasiment en état de siège. Chaque rencontre montre à quel point les Algériens peuvent être manipulables à souhait. La situation est parfois tellement volatile qu’il suffit d’un pénalty (sifflé ou non) par un arbitre (corrompu ou non) et c'est vite la flammèche qui provoque l’incendie de l’émeute. Et si les policiers sont, il est vrai, toujours prêts à intervenir, les casseurs, eux, non loin, se tiennent prêts à casser. Tout dépend, finalement, de “l’enjeu” du match et de l’animosité que se vouent les supporters des deux équipes.


Un “dérapage” et c’est le brasier qui s’allume. Comment faire en sorte que nos “aficionados” puissent encore, dans ces conditions, se soucier de fair-play ou encore de l’amour du beau jeu ?

Pour le contrôleur de la police, il y a comme une nécessité de “promouvoir l’esprit de tolérance et d’éthique dans le milieu sportif”. Aïssa Naïli a, ainsi, confirmé, hier, le retrait progressif de la police des stades pour laisser place à des stadiers, formés à cet effet. “Nous pourrons, en ce qui nous concerne, intervenir aux abords des stades et parfois même dans l’enceinte sportive mais uniquement sur réquisition et en tant qu’autorité publique. Dans tous les cas, nous ne pouvons plus nous substituer à d’autres pour des tâches comme la vente des billets, l’accueil des supporters ou encore des invités. Nous ne pouvons assurer ces servitudes à la place d’autres”. Il faut dire que le représentant du général-major Hamel au Forum de Liberté n’est pas venu les mains vides. Il fera part à l’assistance d’une révélation de taille : “Les renforts sollicités au cours des matches de foot nous posent aujourd’hui de nouveaux problèmes et viennent mettre en difficulté tout le plan d’action de la DGSN sur le plan national.” La mission de son institution étant de veiller à la sécurité des biens et des personnes, la gestion et la maîtrise des flux de supporters à l’intérieur et à l’extérieur des stades ne doit plus, selon lui, être du seul ressort des forces de l’ordre. “La police est aujourd’hui sur tous les fronts”. Il place, ainsi, de grands espoirs dans le nouveau dispositif législatif et notamment dans la promulgation de la loi sur la prévention dans les stades. “Des dispositions vont enfin définir l’action des différents intervenants, leurs prérogatives ainsi que les moyens à mettre en œuvre. Les circulaires d’application viendront lever, en outre, de nombreuses carences. L’idée est de réglementer le métier de stadier comme dans les pays européens. Il s’agit d’aider les présidents de club et accompagner notamment leurs services d’ordre”. Il est prévu, ainsi, la désignation de deux lieutenants de police par club de Ligue 1 de football afin d’aider à encadrer les supporters (fan coaching) et l’instauration du “prix du fair-play” destiné à récompenser la meilleure galerie des supporters. Ce retrait est motivé, selon lui, par la nécessité d’une exploitation optimale des effectifs de police dans le maintien de l’ordre public et de la lutte contre la criminalité. L’officier de police a alors égrené de nombreux chiffres sur les activités de son institution.

Quant à la magie du foot dans laquelle les dirigeants du pays ont cru avoir découvert un filon, celle-ci fait de moins en moins l’unanimité en Algérie. Pour mobiliser les troupes, voire pour créer un front intérieur, le patriotisme de circonstance, montré à profusion lors des prestations de l’équipe nationale, ne suffit plus. Il va falloir, désormais, trouver autre chose !

Mohamed-Chérif LACHICHI- Liberté

absent
13/01/2014, 17h30
Nos villes deviennent alors quasiment en état de siège.

Chaque rencontre montre à quel point les Algériens peuvent être manipulables à souhait.

La situation est parfois tellement volatile qu’il suffit d’un pénalty (sifflé ou non) par un arbitre (corrompu ou non) et c'est vite la flammèche qui provoque l’incendie de l’émeute.

Un “dérapage” et c’est le brasier qui s’allume.

Comment on en est arrivé à cette situation ???

Comment des algériens sont arrivés à s'entre-déchirer pour un simple match de FOOT ??

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