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Voir la version complète : Pitié pour ce pays !


BeeHive
16/01/2014, 09h44
Donc, encore un avion et une hospitalisation. A quelques jours de la convocation du corps électoral, le corps élu fait défaut : un pays sans Président, avec un seul bras valide, sans candidats, sans Etat et sans régime ni dictature. Juste la roue libre de 62. Et, du coup, on retombe tous dans la vaste salle d'attente et ses discussions habituelles : il est parti pourquoi ? Parce que malade. Parce qu'il va chercher un certificat d'aptitude au fameux 4e mandat. Parce qu'il va très mal ou parce que c'est juste de la routine. Même l'APS a fini par cafouiller malgré sa longue culture stalinienne : il est parti pour un contrôle de routine mais sa situation s'améliore progressivement ! Contradictions dans le propos. Et, du coup, on se retrouve encore au point de départ avec l'article 88, l'article zéro et le commentaire. On s'enfonce dans la spéculation pour essayer de comprendre alors que l'évidence crève les yeux : jamais ce pays n'a été aussi profondément pris en otage par un homme et par sa famille. Jamais nous n'avons été aussi dépendants d'une ambition. Jamais nous sommes tombés aussi profond dans la futilité au point de chercher des signes dans les mouvements de paupières.

Ce feuilleton, d'abord humiliant pour nous, ensuite surréaliste, devient tragique et, enfin, dangereux. Nous laissons un pays entier dépendre d'un bulletin médical, en engageant toute une nation dans une attente catastrophique. Si cet homme se représente pour un 4e mandat dans l'état où il est, cela dépassera l'indécence. Cela sera la mort de ce maigre espoir que nous avons de voir ce pays échapper à la règle des pays «arabes» et entamer son avenir par au moins l'illusion d'une réforme. Cela sera la preuve que cette génération ne lâchera pas notre terre avant d'en avoir sucé le sang jusqu'au dernier souffle. L'onde de choc de retour sur les jeunes générations sera souterraine, d'abord invisible, profonde mais qui finira par exploser à la surface. Cela confirmera cette loi noire : il n'y a pas de vie avant leur mort.

Ceux qui pensent que les révolutions incontrôlables et le chaos sont derrière nous se trompent : chez nous, l'idée de réforme, d'abord admise, a fini par être abandonnée et la nature du régime a repris le dessus. Il ne reste rien des promesses d'avril 2011 que du vent et trop d'argent. On a payé une paix provisoire et enfanté une génération cupide et violente qui en viendra à la révolte généralisée par désespoir, pour les meilleurs, autant que par rapacité pour les pires. Et aucun régime «arabe» ne semble être apte à une transition douce, une réforme de l'intérieur et une prise de conscience qui va au-delà des carrières et des cultes de soi. Et cela angoisse cette logique du kamikaze : «Je ne mourrais pas seul mais avec ce pays avec moi». L'hospitalisation de Bouteflika, encore une autre, impose que l'on revienne à l'essentiel : nous perdons du temps pendant qu'un homme malade en gagne.

Par Kamel Douad, Le Quotidien d'Oran, 16/01/2014

BeeHive
16/01/2014, 09h53
Et cela angoisse cette logique du kamikaze : «Je ne mourrais pas seul mais avec ce pays avec moi».

"Laissé la place propre" n'a pas l'air d’être une culture chez nos présidents. Chadli démissionne en laissant le pays en état de guerre, Zeroual n'a pas été capable de réaliser des élections libre après son départ. En fermant le jeux des présidentiels, Bouteflika donne l'impression de vouloir déstabiliser le pays.

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