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tariqlr
12/03/2014, 20h41
Alors qu’un référendum est annoncé pour le 16 mars en Crimée, sur un possible rattachement à la Russie (qui n’en demande peut-être pas tant), se déroulait au Palais Bourbon, à Paris en début de semaine, un colloque intitulé « Une perspective de conflits majeurs est-elle crédible ? ». On y a parlé dissuasion, Chine… et Ukraine, actualité oblige. La conquête (par la Russie) paraissait déjà très improbable à ces messieurs les experts : les forces russes pourront continuer à occuper la Crimée, sans un coup de feu (jusqu’au milieu de cette semaine, en tout cas), et sans même avoir à l’annexer, grâce au subterfuge (passablement grossier) qui a permis au président Poutine de présenter des unités des forces spéciales russes (débarquées par avions et bateaux, sans drapeaux, ni insignes) comme des forces locales d’auto-défense…

Dans le public de la salle Colbert, un ex-cadre du groupe d’aéronautique et de défense EADS, familier de Moscou, invite à tenir compte de « l’âme russe » : une culture différente de l’Occident, qui ne changera pas avant longtemps ; un pays où la vie ne compte pas, ou peu ; une société où on adore jouer aux échecs...

L’ex-cadre explique que, pour le tsar du moment, Vladimir Poutine, il est vital que la Russie — à défaut de retrouver les marches de l’empire soviétique — ne soit pas menacée à ses frontières. Le maître du Kremlin sait que, si par hasard les Occidentaux (disons les Américains, avec le soutien verbal de leur nouveau « caniche » français) [1], songeaient à intervenir militairement en soutien aux « révolutionnaires » ukrainiens, Moscou pourra, à tort ou à raison, agiter le chiffon nucléaire. M. Poutine sait donc que l’Occident n’envahira jamais l’Ukraine, et que — sans doute — personne ne voudra « mourir pour la Crimée ».

En réalité les dés sont jetés et la Crimée, avant la fin du mois, sera rattachée à la grande Russie.

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