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Voir la version complète : A quand l’interdiction des circoncisions collectives ?


morjane
11/10/2006, 13h40
Le drame des enfants circoncis de Khroub (http://www.algerie-dz.com/forums/showthread.php?t=12902) et mutilés à vie aurait dus remettre en question cette pratique de circoncisions collectives ou au moins amener une réflexion collective de façon à prendre toutes les précautions afin d'éviter que cela ne se reproduise . IL y a eu une amélioration dans le sens ou désormais seul un chirurgien est habilité à pratiquer cet acte loin d'être anodin et banal. Pratiquer de façon collective augmente inévitablement le taux de risque d'accident et les parents doivent être conscients de tous les risques pour leur enfant. Après c'est trop tard.

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Qu’attend le ministère de la Santé pour interdire formellement les circoncisions collectives ? Faudra-t- il des drames similaires à celui vécu par les enfants d’El-Khroub pour qu’une décision soit enfin prise ? Certes, désormais seuls les chirurgiens sont habilités à pratiquer cet acte mais une telle mesure ne met pas à l’abri les enfants d’éventuelles mutilations. Une année après le scandale qui avait secoué la localité d’El-Khroub, la vigilance devrait être de mise.
Les parents, démunis ou pas, n’ont aucune raison de conduire leurs enfants vers les lieux de circoncision collective. La circoncision est un acte chirurgical, loin d’être banal qui doit se pratiquer dans un environnement adéquat. Rien ne justifie que des enfants soient exposés à des risques énormes. L’argument financier souvent invoqué par les familles dites nécessiteuses n’est pas valable : la circoncision se pratique gratuitement dans les hôpitaux. Autant d’arguments qui devraient faire réfléchir les familles. Celles qui avaient l’année dernière conduit leurs enfants à l’école d’El-Khroub doivent certainement regretter leur décision.

Dans la nuit du 30 octobre dernier, qui coïncidait avec la 27e nuit du mois de Ramadhan, quelque 80 enfants devaient être circoncis. La «cérémonie» organisée à l’initiative de la commune a rapidement tourné à la boucherie. Les chirurgiens de l’hôpital Mohamed-Boudiaf d’El- Khroub, chargés d’effectuer les opérations, ont rapidement été débordés. Dix jours plus tard, les parents ne peuvent que constater les dégâts irréparables. Dans un premier temps, c’est un seul enfant qui est concerné mais rapidement, sept autres enfants circoncis ce soir-là viennent allonger la liste des victimes. Les familles alertent l’opinion publique et l’affaire prend l’allure d’un scandale. Le ministère de la Santé est obligé de réagir. Amar Tou dépêche une commission d’enquête. Le ministre de la Santé promet aux parents une prise en charge rapide de leurs enfants mais l’irréparable est commis. Quelques jours plus tard, une note ministérielle interdit la pratique de la circoncision à toute personne étrangère au corps des chirurgiens. Seuls ces derniers sont désormais habilités à pratiquer la circoncision. Ni les médecins généralistes ni encore moins les apprentis barbiers ne devraient désormais avoir le droit de le faire. Les parents doivent y veiller. C’est l’essence même du message du Dr Oulmane, président de l’association Primage.

Chaque année, ils sont quelque 300 000 enfants à être concernés. Les familles choisissent en général la date du 27 ème jour du Ramadhan pour le faire par respect à une ancestrale tradition. «Ce qui peut par contre gêner les chirurgiens, c’est le nombre important des demandes de circoncision. En effet, en une seule journée, plusieurs dizaines de milliers d’enfants sont dirigés par leurs parents et surtout par les institutions vers les structures de santé pour des circoncisions de groupes.

Cette pression du nombre élevé de la demande en un laps de temps court peut poser problème et faire courir un risque aux enfants (complication, mutilations et accidents irréversibles), car un véritable travail à la chaîne est imposé au chirurgien» explique le Dr Oulmane qui lance un appel “dans l’intérêt des enfants à circoncire et invite les parents à réfléchir et à faire en sorte qu’il n’y ait pas autant de demandes en une seule journée. Il serait judicieux et moins risqué d’étaler le nombre des circoncisions tout le long de l’année pour permettre à nos chirurgiens de travailler à l’aise dans le temps et faire en sorte que ce petit geste chirurgical ne se transforme en drame familial”. En d’autres termes, les parents ne devraient pas hypothéquer l’avenir de leurs enfants pour des considérations bassement matérielles. Il faut dire que beaucoup d’entre eux privilégient les circoncisions collectives pour bénéficier des tenues vestimentaires distribuées à cette occasion. Une attitude des plus irresponsables

Par le soir

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