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nacer-eddine06
23/03/2014, 11h20
Au fur et à mesure que les débats s’intensifient, les différents acteurs politiques convergent vers la nécessité d’aller vers un consensus national et une période de transition. Tous, à en croire leurs discours, semblent conscients que c’est le seul et unique moyen de permettre à l’Algérie de sortir de la crise multiple à laquelle elle est confrontée.

Ce qui suggère que l’enjeu n’est plus l’élection présidentielle, mais bien l’après-17 avril, d’où la volonté des uns et des autres de se projeter, d’ores et déjà dans cette période si proche. A ce sujet, Mohamed Achir, enseignant-chercheur à l’université de Tizi-Ouzou, dira que deux scénarios sont possibles. Dans le premier, «on relève dans certaines déclarations émanant des partis boycotteurs (RCD, MSP, Ennahda, Jil Jadid, FJD et l’ex-chef du gouvernement A. Benbitour) des signaux révélateurs d’une volonté cachée tendant à imposer un changement de gré ou de force. Il n’est pas exclu, donc, qu’un mouvement radical d’envergure soit déclenché juste après le 17 avril 2014. Le front appelant au boycott pourra recourir à une marche dans la capitale en défiant le régime en place. Ça sera le début des affrontements. Un «changement» par la violone ou le chaos, implicitement choisi et souhaité par ceux qui tirent les ficelles à l’intérieur et à l’extérieur du pays», a-t-il analysé.
La deuxième hypothèse soulevée par l’universitaire s’articule autour d’une «autre perspective consensuelle [qui NDLR] s’imposera inévitablement suite à un blocage au niveau du système de pouvoir qui aggravera le dysfonctionnement des institutions de l’Etat et qui sera marqué en parallèle par l’exacerbation des revendications, voire la radicalisation des émeutes du front social.
Ce qui contraindra des composantes du système, avec l’implication indirecte de l’ANP, à un compromis avec l’opposition pacifique crédible à travers la mise en place de préalables nécessaires susceptibles d’enclencher une dynamique de dialogue inclusif menant vers la reconstruction progressive d’un consensus national qui inscrira les jalons d’une deuxième République », et de préciser, par ailleurs, qu’« une question reste posée : est-ce que les acteurs politiques et associatifs crédibles sont suffisamment organisés et fédérés en perspective de l’après-17 avril ? Il me semble que la politique de «wait and see» des acteurs crédibles qui se sont déjà exprimés pour un consensus national demeure insuffisante, car, faut-il le rappeler, le monde de la politique et du pouvoir est régi par la construction des rapports de force », a-t-il ajouté. A la salle Harcha, vendredi dernier, la coalition des cinq partis plus Benbitour qui appelle à boycotter l’élection présidentielle a donné l’impression de s’unir beaucoup plus contre le quatrième mandat du chef de l’Etat sortant que pour un minimum consensuel. L’ensemble des chefs qui ont eu à intervenir ont axé leur discours sur la fraude et leur volonté de faire barrage à Bouteflika, sans s’aventurer à parler de la période de transition, dont pourtant ils semblent et veulent s’inscrire.
En éludant cette question pour donner l’image d’un front uni, les états-majors des partis ont été quelque peu trahis par leurs bases qui, elles, ont brandi des slogans antinomiques, une façon de dire que ce n’est pas lors d’un meeting qu’une alliance sera scellée et qu’une plateforme sera établie.
Devant cette situation qui ne peut être que gênante, le leader du MSP, Abderrezak Mokri, propose aux militants et sympathisants des cinq partis un compromis à la tunisienne, ce qui s’apparente beaucoup plus à une hâblerie. La réussite du consensus dégagé par les voisins tunisiens, qui est donné comme exemple par certains acteurs algériens, ne peut être transposée sur le cas algérien. L’entente tunisienne s’est construite dans un premier temps sur la chute du régime en place, celui de Ben Ali qui avait fui le pays. Lorsque les Tunisiens sont sortis dans la rue, l’armée n’a pas été du côté du régime, mais avec le peuple, dans le respect de ses missions institutionnelles. Aussi, en Tunisie, la plupart des partis politiques sont autonomes et, malgré la répression, ils n’ont pas été cooptés par le pouvoir et leurs encadrements n’ont pas été annihilés.
La société civile, bien construite et très active, a eu à jouer un rôle considérable dans la mise en place d’un consensus, notamment la centrale syndicale, l’UGTT, qui n’a pas cédé et qui a continué à accompagner le processus depuis le début jusqu’à son couronnement. Les patrons ici étaient de la partie.
Enfin, il y a eu Ennahda qui, prise dans l’étau du terrorisme et de ce qui se déroulait sur le plan régional, avait fini par infléchir ses positions et céder devant les pressions tant internes qu’externes, ce qui a permis au final de dégager une constitution Consensuelle entre toutes les parties.
REPORTERS.DZ

zen.man
23/03/2014, 11h30
Les scénarios possibles après le 17 avril et leur implication sur la scène politique
Après le 17 avril, le soleil se lèvera toujours à l'Est et chacun vaquera à ses besoins.

magh91
23/03/2014, 11h46
[QUOTE]

Les scénarios possibles après le 17 avril
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mondial de foot 2014 au Brésil :mrgreen:

Aggour
23/03/2014, 11h59
Une Chose est sûre est que les clivages fictifs entre Algeriens sont entrain de disparaitre au Profit d'une Vision unitaire contre le régime FLN putschiste de 62.
Les clivages tels
Kabyles et Non kabyles
Francisant et Arabisants
Islamiste et laics
Croyant et non pratiquants
Dirigiste et liberaux
les clivages régionalistes

Tous ces clivages qui se sont avérés fictifs et plutôt préfabriqué par les tenants du pouvoir sont entrain de voler en éclats pour le bien de la nouvelle Vision unitaire qu'est La citoyenneté, l'indépendance de la justice, les libertés individuelles et collectives, le respect de la constitution, le respect des choix du peuple, l'amélioration de la santé et des soins en Algérie, une école et une université performante, la justice sociale, l'égalité des chances, une économie productive hors hydrocarbures, la fierté de l'identité berbere de l'Algerie, le refus d'affrontements violents entre Algeriens quelle qu'elles soient les différends .

Une autre conscience politique est entrain de s'imposer au régimes despotique du FLN usurpateur.

Nb: Ali Belhadj a mûri mais pas ses Partisans qui restent nostalgique d'une mentalité perimée.

katiaret
23/03/2014, 12h12
Les réformes en Algérie ne sont pas pour demain. C’est la conclusion à laquelle est arrivée l’analyste Isabelle Werenfels, la responsable du service d’étude sur le moyen orient et l’Afrique du Nord chez la Fondation Carnégie pour la paix, également auteur d’un livre sur l’Algérie.
Observatrice avisée de la vie politique algérienne, Isabelle Werenfels estime que la candidature d’Abdelaziz Bouteflika pour un 4è mandat, malgré son état de santé, démontre que le système ne veut pas enclencher un processus de réforme. Si changement il y aura, il sera minime, comme l’introduction d’un poste de vice-président dans la prochaine constitution, assure cette experte de la Fondation Carnégie, dans une longue analysée détaillée de la situation politique actuelle de l’Algérie, publiée jeudi 20 mars sur le site du think tank.
D’abord, l’étude d’Isabelle Werenfels indique que ce quatrième mandat ne fait pas l’unanimité et plusieurs dissensions sont apparues notamment à l’intérieur de l’armée, du FLN, de la famille révolutionnaire et entre les chefs d’entreprises. A cela s’ajoute la coalition disparate du boycott, qui va des laïcs aux islamistes.
Dans ce contexte de fortes divisions politiques, considère Isabelle Werenfels que “quelque soit le vainqueur, il aura du mal à gérer l’après 17 avril puisqu’il fera face à de fortes oppositions”. Ce qui veut dire que “le blocage politique va continuer”.
Hamrouche, l’homme du consensus
Dans son article, elle explique également qu’Abdelaiz Bouteflika s’est décidé à se présenter à sa propre réélection car il est assuré que les “piliers” du système lui resteront fidèle car ceux-là ne voudraient surtout pas prendre de risque en enclenchant un processus de réforme. Ceci explique le peu d’enthousiasme qu’a provoqué l’intervention de l’ancien chef de gouvernement, Mouloud Hamrouche, chez les responsables algériens au pouvoir, avance-t-elle. Ce dernier est pourtant, estime-t-elle, le seul apte à mener des réformes d’autant plus qu’il fait consensus tant chez les démocrates que chez les islamistes ou même l’armée.
Saidani “dit tout haut ce que tout le monde pense tout bas”
Mais l’élément le plus pertinent qui démontre que les réformes en Algérien ne sont pas pour demain, selon cette étude, est liée à la conviction de beaucoup de responsables politiques algériens, et même de citoyens, que l’armée devra demeurer le pilier du système politique en Algérie. A quelques exceptions près, relève-t-elle, tous les acteurs de la scène politique ont condamné les propos de Amar Saidani, secrétaire général du FLN, lorsqu’il s’est attaqué au général Toufik, patron du DRS, alors qu’il “n’a fait que dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas”, considère Isabelle Werenfels. Même Mouloud Hamrouche, un réformateur, déclare qu’il ne pourrait y avoir de changement sans l’armée.
Cette responsable de la Fondation Carnégie évoque enfin le rôle de la jeune génération de hauts officiers de l’armée, qui ont remplacés de plus âgés mis à la retraite par Bouteflika. Elle ne pourrait être une “menace” pour l’actuel locataire d’El Mouradia car, si cela avait été le cas, “Bouteflika ne les aurais jamais nommé à ces postes là”, conclut-elle.
Elyas Nour
Algérie Focus.

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