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Voir la version complète : Traitement ophtalmologique : La surveillance des corticoïdes s’impose


morjane
04/05/2014, 15h49
Véritable révolution thérapeutique, la corticothérapie locale, en l’occurrence en ophtalmologie, est connue pour son efficacité. Le bon usage et le respect des règles d’utilisation permettent d’éviter d’éventuelles complications, tel est le message essentiel lancé par des spécialistes algériens et étrangers, jeudi dernier, lors d’une journée de sensibilisation sur la place des corticoïdes en ophtalmologie.

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Organisée par les laboratoires Théa, en collaboration avec l’Association d’ophtalmologistes privés algériens (AOPA) et le professeur Chiambaretta, chef de service d’ophtalmologie à l’hôpital de Clermont-Ferrand, cette rencontre scientifique inscrite dans le cadre de la formation médicale continue a regroupé des ophtalmologistes du centre du pays autour d’un thème aujourd’hui considéré comme très important, selon Boualem Chachoua, président de l’AOPA, qui est la prescription et l’utilisation des corticoïdes (pommade ou collyre).

Pour lui, ce type de formation doit être désormais obligatoire pour «tous les praticiens qui ne se remettent pas en cause et qui continuent à faire ce qui n’est plus d’ordre pratique médicale. Une condition que les autorités sanitaires doivent instaurer si les praticiens veulent continuer à exercer comme cela se fait ailleurs dans le monde», a-t-il souligné, en lançant un appel aux autorités sanitaires pour la mise en place d’une réglementation rigoureuse pour rendre la formation médicale continue obligatoire.

Concernant la problématique débattue lors de cette journée, le Dr Chachoua se désole que des patients, notamment des enfants, arrivent aujourd’hui en consultation avec des complications très graves liées à l’utilisation des corticoïdes.

Le manque d’information chez les médecins généralistes ou spécialistes et l’automédication provoquent généralement ces catastrophes. «Les corticoïdes peuvent être très dangereux dans certains cas. C’est pourquoi nous exigeons que le bon usage de ces médicaments doit relever uniquement des spécialistes formés et informés. Comme il est également important de sensibiliser le pharmacien sur ces dangers et ne délivrer les corticoïdes que sur ordonnance», a-t-il déclaré, en précisant que ces médicaments peuvent être à l’origine du déclenchement d’un glaucome et de la cataracte.

Le Dr Chachoua a également fait référence à une affection fréquente en Algérie, la conjonctivite printanière qui touche les enfants. «La conjonctivite est traitée avec des corticoïdes (pommade ou collyre), les résultats sont spectaculaires mais les dégâts irréversibles. C’est aussi le cas des porteurs de lentilles cosmétiques qui utilisent ces produits sans prescription et qui risquent une perte pure et simple de l’œil», a-t-il ajouté, en mettant en garde contre l’automédication de ces produits.

Abondant dans le même ordre d’idées, le Pr Chiambaretta et le Dr Sihem Lazreg, ophtalmologiste à Blida, signalent que les corticoïdes doivent être vendus obligatoirement sur ordonnance et ne doivent être prescrits que par un ophtalmologiste, car cela requiert un appareillage spécialisé. L’ophtalmologiste est le seul à décider du traitement à donner après un examen approfondi. Il est important, selon eux, de sensibiliser les acteurs médicaux aux dangers potentiels de ces médicaments que l’on fait prendre aux patients. «Ils sont d’une grande efficacité, mais doivent être maniés avec prudence, notamment face à des maladies allergiques. Ils nécessitent une grande surveillance. Tous les jours des enfants à qui on a administré des corticoïdes sans avoir au préalable consulté se présentent en consultation avec des complications. Il faut savoir qu’un herpès au niveau de l’œil flambe avec l’utilisation d’un corticoïde», ont-ils précisé.

Par ailleurs, un atelier de formation d’ophtalmologistes, sur le thème «œil sec», a été organisé la semaine dernière à la clinique Diar Essaâda, à Alger, par le même laboratoire. Des ophtalmologistes, une soixantaine environ, ont eu droit à deux communications sur la sécheresse oculaire, une maladie fréquente en Algérie, présentées par des spécialistes en ophtalmologie, les Drs Mohabeddine et Lazreg de Blida. «Le but de cette formation est de sensibiliser les jeunes ophtalmologistes à examiner, à poser le diagnostic et savoir traiter les patients», a tenu à souligner le Dr Lazreg. Le Dr Mohabedine est revenue également sur cette maladie sous-diagnostiquée, suite à des interventions chirurgicales.

Djamila Kourta- El Watan

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