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Voir la version complète : 1000 insuffisants rénaux recensés à Tizi Ouzou


morjane
13/05/2014, 15h31
Le remède est dans la greffe, affirment les néphrologues, insistant sur l’importance d’encourager le prélèvement d’organes sur cadavre, notamment le rein.

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nviron 1000 malades en insuffisance rénale terminale (IRT) nécessitant une transplantation, dont 800 patients sous hémodialyse, ont été recensés à Tizi Ouzou. Cent soixante sujets sont inscrits au CHU Mohamed Nedir, alors que 30 d’entre eux sont en dialyse péritonéale. Tels sont les chiffres avancés par le Pr A. Ziri, directeur du Centre hospitalo-universitaire, dans son intervention à l’issue de la 14e journée de néphrologie consacrée au don d’organe et la transplantation rénale, tenue avant-hier au niveau du bloc pédagogique du CHU. Il annoncera également le lancement au cours de cette année de la greffe de la moelle osseuse avec l’acquisition prochaine d’un irradiateur pour un montant de 50 000 DA.

Le bilan des activités du CHU indique que deux (2) greffes rénales ont été réalisées depuis le début de l’année en cours alors que 150 nouveaux cas sont enregistrés par an. Compte tenu de l’accroissement des malades atteints d’IRT, il est question, selon l’orateur, de recourir à la greffe d’organe à partir de prélèvements sur cadavres, en plus de la nécessité de développer l’activité de la greffe rénale du vivant à vivant. Cela est possible compte tenu du nombre important de décès enregistrés dans des accidents de la circulation qui s’élèvent à 4540 en 2013.

Pour ce faire, il est prévu la mise en place d’une table opératoire de prélèvements d’organes chez les morts encéphaliques, de créer une banque d’organes et de disposer de produits de conservation, indique-t-on. Cependant, il est impératif de créer un circuit de communication entre les services ressources, à savoir, réanimation, urgences et médecine interne en coordination avec les établissements publics hospitaliers de la wilaya. Il est également attendu des médias une large diffusion de l’information autour de l’activité du don d’organes pour sensibiliser les citoyens à ce sujet.

Durant cette journée d’étude, plusieurs communications ont été données par des professeurs spécialisés. L’intervention du Dr M. Hammouche du CHU de Bab El-Oued a porté sur l’évolution de la prise en charge de l’insuffisance rénale en Algérie qui enregistre environ 16000 malades en IRT. «En Algérie, la croissance de la transplantation est très faible et elle est limitée aux donneurs vivants. En 2014, le problème de «la prise en charge pour tous» des malades en IRT se pose toujours. La récolte de données de façon uniformisée et actualisée pourrait clarifier la situation évolutive de la prise en charge», dira-t-il.

150 nouveaux cas par an

Le Pr Christian Hiesse (France) fera savoir en marge de cette journée que : «L’Algérie surclasse les pays du Maghreb en matière du nombre de transplantations rénales effectuées, cependant, elle demeure très en retard par rapport à d’autres pays comme les Etats Unis et la France. Le retard est dû à des blocages d’ordre culturel et religieux concernant surtout les prélèvements sur cadavres», indique-t-il. Le Pr A. Seba du CHU de Tizi Ouzou a indiqué pour sa part: «A Tizi Ouzou, contrairement à certaines régions du pays, nous n’avons pas fait de greffes rénales à partir de sujets décédés. Le problème ne se pose pas au niveau du personnel ou des moyens, il se pose au niveau de l’information. Notamment, la manière avec laquelle on peut discuter avec la famille ou proche d’un patient, qui n’a aucun espoir de vie, sur une éventuelle possibilité de procéder à des prélèvements d’organe sur son cadavre. Un prélèvement rénal sur cadavre permet de sauver deux vies humaines, contrairement à celui de vivant», expliquera t-il.

Le rôle des associations dans la sensibilisation des citoyens sur le don d’organes et l’autre sujet abordé par M. Boukhors de la Fédération nationale des insuffisants rénaux. L’expérience de la France dans ce domaine a été présentée par le Pr C. Hiesse du Service de néphrologie et de transplantation rénale de l’Hôpital Foch (France) en présentant une communication autour des indications de la greffe rénale en France et les autres pays au développement du prélèvement d’organes. Evoquant le rôle des médias dans la sensibilisation, un confrère du quotidien Liberté expliquera que «la presse écrite est le meilleur moyen de la communication moderne. Il constitue un enjeu pédagogique et d’influence social sur la sensibilisation, notamment celle ayant trait au don d’organe.»

M. S. Laidli du service de médecine légale du CHU de Bab El Oued, parlera des aspects législatifs du prélèvement d’organes sur cadavres et plus précisément sur le processus et la détermination du diagnostic positif de la mort encéphalique qui désigne l’arrêt brutal, définitif et irrémédiable de toutes les activités du cerveau avant de procéder à tout prélèvement d’organe. En outre, une enquête portant sur le don d’organes et présentée par L. Badaoui du CHU Mohamed Nedir, a été au menu du programme de cette journée. Notons que plus de 20 communications ont été présentées durant cette rencontre.

Farid Guellil- El Watan

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