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Voir la version complète : La Tunisie compte sur les interconnexions électriques avec l’Algérie pour éviter les délestages


haddou
27/05/2014, 07h51
La Tunisie se prépare à une hausse de sa consommation domestique d’électricité, qui devrait atteindre un pic de 3.996 mégawatts (MW) cet été, soit en augmentation de 11% par rapport à l’été 2013. Face au manque d’investissements dans de nouvelles centrales, la Tunisie compte sur ses voisins.

Afin d’éviter les coupures de courant durant l’été prochain, la Tunisie devra importer de l’électricité de l’Algérie et de la Libye, selon Rachid Ben Deli, PDG de la Société tunisienne de l'électricité et du gaz (STEG). Interrogé sur des opérations de délestages auxquels l’opérateur public serait contraint de recourir durant la saison estivale sur le réseau électrique tunisien, ce responsable n’a pas fourni de détails sur ces importations d’appoint.

La demande sur le réseau électrique est très importante durant l’été en Tunisie. Pour 2014, il est prévu une augmentation de 11 % de la consommation par rapport à l’été 2013, avec un pic de consommation attendu de 3996 MW. Malgré les mesures présentées par le ministre de l’Industrie, Kamel Bennceur, qui a annoncé la finalisation du projet de la centrale électrique de Sousse qui devrait assurer, d’ici juillet 2014, une capacité supplémentaire de 450 MW, la Tunisie serait contrainte de recourir à l’importation d’électricité pour faire face à la forte demande estivale.

La Tunisie compte ainsi sur le réseau des interconnexions avec l’Algérie, qui s’est renforcé au cours de ces dernières années. La mise en service du réseau électrique interconnecté reliant la Tunisie à l'Algérie, avec une puissance de production estimée à 400 kilovolts (KV) est prévue pour 2014. Les travaux d'interconnexion du côté tunisien ont été achevés, alors que ceux du côté algérien sont toujours en cours.

COUPURES D’ELECTRICITE DES DEUX COTES

Ces interconnexions renforcées vont permettre aux deux pays d'échanger de l'énergie, notamment pendant les périodes d'été où, lorsqu'une panne intervient sur les réseaux tunisien ou algérien. Car même l’Algérie, grand pays producteur d’énergie, fait face ces dernières années à une importante hausse de consommation d’électricité, qui dépasse largement les capacités de son réseau. Depuis 2011, de fréquentes coupures d’électricités sont enregistrées en été, comme hiver, en raison d’une consommation qui ne cesse d’augmenter. Les 26 et 27 juillet de l’année 2013, le pic de consommation en énergie électrique avait dépassé les 10 gigawatts. Un record historique.

Cette situation a été largement évoquée aussi bien par le premier responsable de l’opérateur public, le groupe Sonelgaz, et les experts algériens en énergie, qui ont alerté les autorités sur les conséquences de la politique actuelle de subvention des prix de l’électricité et du gaz, qui génère des comportements «gaspilleurs et énergivores» chez le citoyen. Car depuis le relèvement du niveau des salaires, les foyers algériens ont largement investi dans de nouveaux équipements électriques, particulièrement, en climatiseurs allumés à longueur de journée durant la saison estivale, sans se soucier des conséquences de ces comportements sur le réseau électrique. Le PDG de Sonelgaz, Nouredine Bouterfa, n’a eu de cesse de revendiquer, sans aucun résultat, une augmentation du tarif de l’électricité et du gaz afin de faire face aux lourds programmes d’investissements que lui imposent les pouvoirs publics.

En 2013, Sonelgaz avait consacré environ 400 milliards DA (plus de 5 milliards de dollars) pour soutenir le réseau de production, de transport et de distribution de l’électricité au niveau national et venir à bout des fréquentes coupures d’électricité enregistrées durant la saison estivale. Sans grands résultats. Sonelgaz prévoit d’ailleurs d’investir pas moins de 450 milliards DA en 2014 pour assurer un été sans délestages.

le quotidien d'oran

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