Voir la version complète : Malek Bennabi
Dda Mahduq
23/10/2006, 15h40
Saha Aïdkum
Y a t'il sur ce forum des gens qui ont lu "le phénomene coranique" de Malek Bennabi ? Qu'en avez vous pensé ?
Enfin, savez vous où on peut trouver ce livre en France ?
Ah il me dit quelque chose cet auteur...Mes yeux ont croisé un de ses ouvrages dans la bibliothèque d'un de mes cousins...ce n'est pas cet auteur qui a écrit "le problème des idées dans l'islam" ?
Tu n'as pas essayé via les grands circuits de distribitution (style Fnac ou autres ) ?
Dda Mahduq
23/10/2006, 19h06
Oui c'est lui. Voici une une micro bio (il doit surement y avoir mieux sur le net) :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Malek_Bennabi
Quant au réseau habituel, ce livre n'est plus édité il me semble. Impossible donc de le trouver à la fnac. Cela dit, Al bouraq a réédité ces deux ouvrages dispo à la fnac :
http://www3.fnac.com/search/quick.do?text=bennabi&category=all&SID=&UID=&AID=&Origin=FnacAff&TTL=&CustomLayout=&FavShp=
Thirga.ounevdhou
25/10/2006, 14h02
Y a t'il sur ce forum des gens qui ont lu "le phénomene coranique" de Malek Bennabi ? Qu'en avez vous pensé ?
J'ai lu le livre "je l'ai" et et je possede tous ses ouvrages et je m'y refere tout le temps.. Je l'avais "Malek BenNabi" découvert pendant mon cursus universitaire ..
Le livre se vend en Algérie « La ou je l’avais acheté » , Je ne sais pas pour les éditions ailleurs. Je peux vous l'envoyer si cela vous intersse.
asirem213
25/10/2006, 16h44
oui je l'ai lu et j'apprecie beaucoup et tout le travail de ce grand homme
je l'ai , mais moi je suis au bled, tres interessant le livre !
Dda Mahduq
25/10/2006, 18h05
Merci bien Thirga Ounevdhou. Je vais essayer de me le procurer ici ou je demanderai à un cousin. Merci encore.
Sinon, j'aimerais savoir ce qui vous a interessé dans ce livre, dans la façon dont l'auteur analyse les choses.
asirem213
25/10/2006, 20h31
il a fait une anlyse complete et plutot parfaite de la personnalité du prophete saws pour dementir toute theorie tendant a dire que le coran est une pure invention humaine ! ou resultant d'un etat psychique anormal du prophete mohammed saws,
une etude historique et psychologique, on sent que l'auteur y a mis beaucoup du sien,
ce qui a attiré mon attention c'est qu'au tout debut, il a noté qu'a l'epoque ou il a fait son exposé, il disposait de peu de sources, et peu d'etudes ont été faites, mais que les generations a venir devraient poursuivre son travail car il y'aurait beaucoup plus de sources a explorer !!
a la fin du bouquin un livre de 200pages environ, il fait une etude comparative de l'histoire de sayidouna youssouf (jossef) alayhi ssalam entre le recit biblique et coranique.
le phenomene coranique a une telle valeur pour moi, je l'ai trouvé au fond de la bibleotheque de mes parents tout vieuxe et plutot en mauvais etat, j'ai decidé de le lire;et depuis je le quitte plus des yeux.
Extrait de « le phénomène Coranique » de Malek Bennabi, 1946, édité par "International Islamic Federation of Student Organizations"
Les origines de l’Islam, examen des sources
Dans une étude critique sur l’islam, on ne peut pas dispenser d’un examen préalable des documents scriptural ou historiques qui peuvent apporter sur le phénomène coranique quelque lumière.
Or ce problème historique est résolu pour l’Islam d’une manière exceptionnelle : de toutes les religions, il est, en effet, la seule dont les sources aient été fixées dès l’origine, du moins quant à l’essentiel : le Coran.
Ce livre a eu le privilège unique de se transmettre depuis bientôt quatorze siècles sans avoir subi aucune altération, connu d’apocryphes d’aucune sorte. Ce n’est pas le cas de l’ancien Testament dans lequel l’étude critique des exégèses contemporains n’a reconnu qu’un seul livre authentique : celui de Jérémie (1).
Ce n’est pas davantage le cas du Nouveau Testament dont les nombreuses versions supprimées au concile de Nicée, laisse planer un doute sur ce qu’il en reste : les Synoptiques.
En effet, ces derniers, à leur tour, ne sont pas regardés aujourd’hui comme des authentiques puisque les critiques les jugent généralement avoir été composés plus d’un siècle après Jésus-Christ, c’est-à-dire après la disparition des apôtres auxquels la tradition chrétienne les impute. Par conséquent, sur l’historicité des documents Judéo-chrétiens, il plane aujourd’hui pas mal d’incertitude.
Aussi est-ce un phénomène remarquable au point de vue de la sociologie et de la psychologie arabes, de l’époque mohammadienne, que cette fixation intégrale du texte coranique du vivant même du prophète. Ce point essentiel mérite d’être constaté et souligné ; il n’y a pas un problème scripturaire du Coran, comme il y en a un pour la Bible. Ce point est établi sur des données historiques qui méritent d’être signalées à l’attention du lecteur, lequel doit remarquer encore, là, la coïncidence du fait de l’histoire avec ce verset coranique : « Et nous en assurerons la conservation intégrale ». (Coran, XV, 9).
Cette conservation a néanmoins son histoire : Au fur et à mesure de la révélation, les versets coraniques étaient fixés dans la mémoire de Mohammed et de ses disciples, et consignés aussitôt par l’écriture, par des secrétaires particuliers qui utilisaient pour cela n’importe quel objet plat : omoplate de mouton, bout de parchemin, etc...
Si bien qu’à la mort du prophète, le Coran se trouvait fixé oralement et par écrit, et au besoin une confrontation entre les versions était toujours possible s’il s’agissait, par exemple, d’une variante d’ordre prophétique ou d’ordre dialectal.
D’ailleurs, cette confrontation sera faite à deux reprises, et la manière même dont ce travail avait été exécuté est en soi un événement considérable dans l’histoire de la technique intellectuelle humaine. Pour la première fois, se manifestaient dans une entreprise intellectuelle, les qualités de méthode et de rigueur qui sont aujourd’hui l’apanage de l’esprit scientifique.
Une première commission désignée par le Khalif Abou Bekr - et présidée par Zeid Ben Thabet, le même qui était le secrétaire du « Wahy » du vivant du Prophète - fit le premier classement écrit du Coran. Zeid sembla tout d’abord se récuser pour deux raisons : l’une, celle du disciple qui ne veut pas prendre une initiative que n’avait pas envisagée, ni prise le Maître, l’autre celle du croyant à l’esprit rigoureux qui s’effraye d’avance à la perspective de la moindre erreur dans l’exécution de sa mission. Néanmoins, cette tâche se trouva accomplie grâce aux efforts conjugués et consciencieux des membres de la commission. La méthode suivie était simple mais rigoureuse : ils savaient tous le Coran par cœur, et dans l’ordre même où ils l’avaient appris, en compagnie et sous la direction du Prophète. S’il y avait une variante, pour lever le doute à son sujet, ils consultaient les pièces sur lesquelles avaient été consignés les versets lors de leur révélation.
Sans se satisfaire de ces précautions déjà remarquables, Zeid et Omar allaient, par surcroît, à la porte de la Mosquée de médine et là, ils recevaient les témoignages des autres compagnons, en confirmation de la version arrêtée par la commission elle-même.
Mais ces travaux avaient fixé le texte coranique avec des variantes dues aux dialectes usuels de l’Arabie djahilienne.
Cependant, Othman, le troisième Khalife, ne voudra plus de ces variantes et ordonnera qu’une seule et unique version soit rédigée dans la langue de Koreich.
Une deuxième commission, présidée encore par Zeid, sera chargée de cette nouvelle entreprise. Elle a cette fois-ci pour mission de fixer définitivement le texte coranique dans une seule langue, afin que la diversité dialectale ne soit pas une cause d’inharmonie dans la communauté musulmane. La commission finissait ses travaux en l’an 25 H.
Depuis cette époque, le Coran s’est transmis de génération en génération dans une seule et unique forme connue depuis le Maroc jusqu’aux frontières du Mandchoukouo.
Il est, de ce fait, le seul livre religieux qui jouit de nos jours du privilège d’une authenticité Indiscutable. En sorte que la critique ne pose aucun problème historique à son sujet aussi bien en ce qui concerne son fond qu’en ce qui concerne sa forme.
La seconde source scripturaire de l’Islam se trouve dans les paroles du prophète ou Hadiths. Malheureusement, cette source n’est pas historiquement aussi certaine que la première : les Hadiths n’ont pas été conservés avec le même soin méthodique que les versets coraniques. De son vivant même, le Prophète défendait énergiquement à ses compagnons d’écrire sa parole afin qu’il n’y ait pas, dans la suite, de confusion possible entre cette parole et un verset révélé, entre la tradition et le Coran.
Ce n’est que bien après la mort du Prophète que l’importance des Hadiths se révéla, au point de vue juridique surtout, comme une seconde source du droit musulman. Cette notion s’était déjà manifestée dans l’histoire du droit musulman lors du départ de Moadh, ce compagnon du Prophète qui fut désigné par lui-même pour aller enseigner l’Islam au Yémen, après la bataille de Honain. Comme pour lui poser un test, Mohammed lui avait demandé : « Comment ferais-tu pour trancher un cas litigieux ? et le disciple répondit : « J’appliquerais le précepte coranique, ou à défaut je me référerais à une tradition, et enfin, si celle-ci manque, je m’en rapporterais à mon jugement ». Mohammed approuva cette façon de voir chez son disciple qui exposait incidemment la seconde source du droit musulman.
Aussi, quand ce droit se développera avec les besoins croissants de la société musulmane, les docteurs voudront alors fixer d’une manière aussi certaine que possible les hadiths qui devaient devenir un élément essentiel de la doctrine juridique.
Cependant, l’écart entre l’époque où ce travail devait s’accomplir et la mort du Prophète était encore assez important pour qu’il n’y ait pas eu, dans cet intervalle, de nombreuses altérations et une multitude d’apocryphes parmi les Hadiths authentiques. Dés lors, il s’agissait d’élaborer une méthode critique susceptible de séparer ce qui était authentique de ce qui ne l’était pas. On adopta pour méthode, la critique historique qui consistait à vérifier la continuité et la valeur morale de la chaîne par laquelle le Hadith était parvenu jusqu’aux traditionnistes.
Ces derniers furent ainsi amenés à considérer, selon le degré de certitude historique, trois groupes de Hadiths : l’authentique, le douteux et le faux.
Telles sont, dans leur état actuel, les sources scripturaires de l’Islam : le verset coranique susceptible d’être utilisé comme document historique absolument certain, et le Hadith, plus ou moins certain et qui ne doit être utilisé, en tout cas, dans une étude critique qu’avec les précautions qui se dégagent des méthodes mêmes suivies par des traditionnistes savants et consciencieux comme Bukhâri et Muslem.
Avec ces précautions, les deux sources que peut utiliser l’islamologie, deviennent aussi sûres l’une que l’autre, et il y aurait un véritable snobisme intellectuel à écarter systématiquement les documents que fournit la tradition.
saltanan
28/10/2006, 15h23
Salam alikoum,
je te conseille vivement cet auteur: il est trés fort mais ses livres ne sont pas à la portée de tous: il se refère notamment à beaucoup de concepts scientifiques. Il faut en plus être hypra concentrer pour le lire (genre, pas dans les transports ou au milieu de ta maman, ta soeur, ta cousine réunies: quelques femmes ensemble et c'est mal parti pour se concentrer car elles papotent papotent papotent).
En conclusion, je t'invite dans tous les cas à essayer de le lire! d'ailleurs je n'en ai pas lu encore un seul entier mais si t'en lis u, je me motive comme ca on pourra en discuter ensemble, ca te dit?
Dda Mahduq
29/10/2006, 08h56
alaykum salam saltanan
C'est vrai qu'en parcourant un de ses ouvrages, j'ai vu que l'auteur se referrait à des notions scientifiques, politiques, psychologique, etc... C'est sûr qu'il faut s'accrocher, mais il me semble qu'on peut comprendre sans être capable d'analyser chaque phrase.
Sinon, Ok pour en discuter. Des que je me le procure et que je le débute, je poste quelques passages que je comprend pas. Visiblement pas mal de gens l'ont lu, ils pourront peut etre nous aider.
bent-elbiar
29/10/2006, 09h09
je me joint à toi pour demander à nos amis de nous en dire plus sur les ecrits de Malek benabi que j'apprecie bcp et confirme que le lire n'a pas besoin d'y revenir tant il le fait pour atteindre facilement le lecteur , je l'ai aussi découvert à l'université , mais pas tres disponible ses ecrits à mon epoque .
bent-elbiar
29/10/2006, 09h19
« Lebbeik - Pèlerinage de pauvres », écrit en 1947.
Cette réédition est préfacée par Abdelkader Djeghloul qui avertit d’emblée le lecteur que cette réédition se veut être un hommage au grand penseur de l’Islam comme religion et comme civilisation que fut Malek Bennabi. « Lebbeik » est un texte important, écrit Abdelkader Djeghloul, car « il clôt un cycle, celui de l’entre-deux-guerres dont la dynamique est fondée sur la confrontation Islam-Modernisme. »
Au moment où le roman algérien, notamment avec Mouloud Feraoun et Mohamed Dib, se donne comme horizon les différentes déclinaisons de l’humanisme universaliste occidental, Malek Bennabi explore une autre piste avec vigueur, verdeur et douceur, celle de l’humanisme musulman qui n’est plus clôture défensive sur un « quant à soi grégaire », mais ouverture normée sur le monde. Grossièrement, Lebbeik est, en fait, l’histoire de deux héros, Brahim, alcoolique, qui, en décidant d’accomplir le pèlerinage, entame non seulement une sorte de cure de désintoxication mais renoue le lien d’affiliation à sa famille, à son épouse et à ses compagnons de voyage, et Hadi.
Dans son avant-lire, l’auteur écrit : « C’est l’histoire d’un charbonnier et d’un gosse de Bône qui ont réellement existé. La seule fiction consiste dans le lien que j’ai mis entre eux dans l’espace et le temps. »
saltanan
29/10/2006, 14h47
Bon on se décide alors pour Leibeck?
ca te va DDA? je me le procure, je le lis et on en discute aprés? j'attends ta réponse...
Tu peux me contacter par MP si tu veux comme ça on ne polluera pas trop ton thread initial! De même Amouna, ca serait sympa que tu te joingnes à nos discussions.
bent-elbiar
29/10/2006, 17h21
merci pour cette sympathique invitation ,à laquelle je repond avec gde joie .
Vous m'avez rendu l'envie de lire. Depuis l'avenement de la parabole et de l'internet, j'avoue que je ne lis plus a part quelques journaux. Mais je tacherai de chercher les livres de Bennabi à partir de demain. Tout ce que je sais sur lui, c'est qu'il est un grand reformiste musulman comme El Afraghani; Et c'est tout.
Merci, pour l'idée!
Extrait de son livre: Le problème des idées dans le monde musulman
Bonne lecture.
Les deux réponses au vide cosmique
Abandonné à sa solitude, l’homme se sent assailli d’un sentiment de vide cosmique.
C’est sa façon de remplir ce vide qui déterminera le type de sa culture et de sa civilisation, c’est-à-dire tous les caractères internes et externes de sa vocation historique.
Il y a essentiellement deux manières de le faire : regarder à ses pieds, vers la terre, ou lever les yeux vers le ciel.
L'un peuplera sa solitude de choses. Son regard dominateur veut posséder.
L’autre peuplera sa solitude d’idées. Son regard interrogateur est en quête de vérité.
Ainsi naissent deux types de culture : une culture d’empire, aux racines techniques et une culture de civilisation aux racines éthiques et métaphysiques.
Le phénomène religieux apparaît là où l’homme dirige son regard vers le ciel. C’est là qu’apparaît le prophète : l’homme de la mission, du message, l’homme qui a des idées à communiquer, comme Jérémie, Jésus, Mohamed.
L’Europe, berceau de tant de grands hommes, semble exclue cependant du phénomène religieux au niveau de ces messagers, comme si la nature de l’Européen, trop plein de son humanité, ne laisse pas de place au divin.
Par contre, le Sémite voué à la métaphysique. Le divin laisse en lui peu de place aux préoccupations terrestres.
A mi-chemin, entre le Sémite et l’Aryen nordique, le grec peuplera son univers de formes. Il remplira sa solitude du sentiment du beau qu’il finira par appeler le Bien comme le notait TOLSTOI dans ses profondes réflexions sur l’art.
En gros, l’Europe fera, dans sa culture , la synthèse des choses et des formes, de la technique et de l’esthétique.
Tandis que l’Orient musulman fera la synthèse des deux idées : du vrai et du bien.
Ce schéma ne correspond pas à une certaine phase de l’histoire mais à toute l’histoire, dont le pendule marque de ses deux battement, les diastoles et les systoles de la civilisation universelle.
Tantôt, c’est l’apogée d’une culture et le périgée de l’autre et tantôt c’est l’inverse, en manquant dans les phases intermédiaires les moments de fécondation mutuelle qui sont aussi des moments de confusion, aux époques des Babel historiques comme la Babel du Xxe.
C’est tantôt l’apogée de la civilisation où les choses sont centrées autour de l’idée et tantôt l’apogée de la civilisation où les idées sont centrées sur la chose.
Cet aspect apparaît nettement là où l’esprit s’exprime le plus librement, le plus spontanément, sans détour, ni souterrains rhétorique, en communication directe avec les racines d’une culture.
C’est surtout la littérature populaire qui est révélatrice de cet égard. Ou bien, une littérature même sophistiquée qui garde néanmoins ce caractère populaire par la nature de son thème.
Rien n’est plus révélateur, dans l genre littéraire que le conte.
On peut, pour illustrer ce qui précède, en prendre deux :
Celui de ROBINSON CRUSOE et celui de HAYY IBAN YAQDHAN.
Ces deux solitaires sont, en effet, les deux illustrations les plus parfaites des deux types de culture.
C’est à partir d’une table rase de moyens (de choses) que Daniel de FOE fait partir l’aventure de son héros.
C’est à partir d’une table rase d’idées que commence l’aventure du héros d’IBN TOFAIL.
Tout le génie des deux contes réside dans la manière dont leurs auteurs remplissent le temps de leurs solitaire respectif.
Voici, l’empois du temps, d’une journée de ROBINSON CRUSOE sur l’île où il échoue, après son naufrage :
« Je commençai - écrit-il dans son journal de bord, à « régler mon temps de travail et de sortie, mon temps de repos et de récréation, et suivants cette règle que je continuai d’observer, le matin, s’il ne pleuvait pas ; je sortais avec mon fusil pour deux ou trois heures ; je travaillai ensuite jusqu’à onze heures environ ; puis je mangeais ce que je pouvais avoir ; de midi à deux heures je me couchais pour dormir à cause de la chaleur accablante et dans la soirée je me remettais à l’ouvrage. Tous mon temps de ce jour-là et du suivant fut employé à me faire une table ; car je n’étais alors qu’un triste ouvrier mas bientôt après le temps et la nécessité firent de moi un parfait artisan… ».
voilà donc une tranche du temps de ROBINSON CRUSOE, dans la solitude de son île. Le temps est d’abord lui-même coulé en actes concrets – manger, dormir, travailler, dont le caractère particulier comptabilise tous les instants au profit d’une économie personnelle strictement utilitaire.
ROBINSON surmonte l’angoisse de la solitude par le travail.
Pendant ce temps –cette journée- tout cet univers d’idées s’est centré autour d’une « chose », la table qu’il se voulait faire.
Pour Hayy Ibn Yaqdhan, l’aventure de la solitude a une toute autre tournure.
Elle ne commence réellement qu’avec la mort de la gazelle, mère adoptive de l’enfant solitaire « Enfin, elle (la gazelle) devient vielle et s’affaiblit. Il la conduisit à de gras pâturages, il lu cueillit et lui fit manger de tous fruits. Mais sa faiblesse et sa maigreur augmentèrent et la mort survint. Enfin, tous ses mouvements et touts ses fonctions s’arrêtèrent. Quand il la vit dans cet état, le jeune garçon fut saisi d’une émotion violente ; et de douleur, peu s’en fallut que son âme s’exaltât. (…) Il lui examinait les oreilles et les yeux sans y apercevoir aucun dommage apparent ; il lui examinait de même tous les membres sans en trouver aucun qui fût endommagé. Il désirait ardemment découvrir la place du mal pour l’en délivrer, enfin qu’elle revint à l’état où elle se trouver auparavant ; mais sans rien de tel ne s’offrait à lui, et il étais impuissant à lui porter secours… ».
HAYY IBN YAQDHAN ne trouva pas « la place du mal » . Mais Ibn Tofaïl nous fera suivre l’ascension de son esprit qui lui fera découvrir, peu à peu, « l’âme » et ensuite « l’immortalité de l’âme » et enfin « l’idée d’un producteur ».
A partir de là l’aventure se poursuivra comme une méditation qui permettra à Hayy Ibn Yaqdhan d’accéder, après plusieurs échecs, à la perception de l’ordre divin, à une vision intérieure de Dieu et à la conception de ses attributs.
Le temps est ici coulé dans les phases de cette ascension de l’esprit jusqu’au moment assez semblable à celui du ZARATHOUSTRA de NEIZSCHE quand il descendra de sa montagne porter son message. Il ira, lui, avec un compagnon de fortune, Açâl, porter aux concitoyens et sujets du sage SALAMANE le fruit de sa réflexion.
L’univers est ici celui où les choses sont centrées autour de l’idée. Hayy Ibn Yaqdhan surmonte l’angoisse de sa solitude, non pas en confectionnant une table, mais en construisant, en découvrant des idées. C’est un univers où le temps n’est pas minuté au profit de quelque « chose ».
MALEK BENNABI
far_solitaire
30/10/2006, 00h34
tout simplement jouissif :zen: Bennabi
Ainsi naissent deux types de culture : une culture d’empire, aux racines techniques et une culture de civilisation aux racines éthiques et métaphysiques.
Tout ça c'est bien beau mais dans les faits c'est l'occident qui a développé les potentialités religieuses, pas l'orient. On juge un arbre par ses fruits,
saltanan
30/10/2006, 09h10
On se décide donc à lire un livre de Malek bennabi: il faut qu'on se fixe des objectifs :
- choisir le titre (en voici quelques uns):
Le phénomène coranique (1946)
Lebbeik (1947)
Les conditions de la renaissance (1947)
Vocation de l'Islam (1954)
Le problème des idées dans la société musulmane
Le musulman dans le monde de l'économie
L'Afro-Asiatisme (1956)
Le probleme de la culture (1957)
Brochure politique (en arabe et en français): SOS Algérie (1957)
Discours sur la nouvelle édification (1958)
La lutte idéologique en pays colonisé (1958)
Idée du commonwealth Islamique (1959)
Reflexions (1959)
Naissance d'une sociétée (1960)
Dans le souffle de la bataille (1961)
Perspectives Algériennes (1965)
Mémoires d'un témoin du siècle (2 tomes)
Le rôle du musulman dans le dernier tiers du 20ème siècle
S.O.S Algérie
- date à laquelle on est censé l'avoir lu, pour se créer un petit planning perso et ne pas déborder (c'est surrtout pour moi car organisation et saltanan=2).
- personnes qui veulent participer à nos discussions.
- d'autres ajouts si vous voulez???
bon j'attends avec impatience vos réponses.
Dda Mahduq
01/11/2006, 23h17
Extrait de son livre: Le problème des idées dans le monde musulman
Bonne lecture.
Les deux réponses au vide cosmique
sako, as tu lu ce livre ? Ya quelques point que j'aimerais eclaircir. Si quelqu'un d'autre a lu ce livre ...
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