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ALILOU.ALG
11/07/2014, 09h14
Rogéro Pereira, écrivain brésilien et supporter des Fennecs
«Nous avons sauté de joie pour la qualification de l’Algérie!»

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Né à Galvao en 1973, Rogéro Pereira dirige la revue littéraire Rascunho ainsi que la bibliothèque publique de Parana. Passionné de foot, ce romancier a déjà écrit une nouvelle sur le sujet dans le recueil Le football au Brésil (Anacona éditions, 2014). Il était à Alger, à l’occasion du FELIV, en juin dernier pour évoquer le sujet. La Coupe du monde aidant, Pereira est devenu un mordu de l’équipe nationale algérienne. Au point de revêtir le maillot de notre équipe nationale et d’encourager les Verts au stade Curitiba contre la Russie. Il racontera ce match «historique» dans sa nouvelle Le petit algérien publiée récemment sur la toile. Rogéro Pereira nous raconte sa rencontre footballistico-littéraire avec l’Algérie…


-Le temps d’un match, vous devenez, vous et votre fils, supporters des Verts. Qu’est-ce qui vous a tant séduits dans cette équipe algérienne?

Nous sommes allés au stade, décidés à supporter l’Algérie. C’était une évidence, que je ne saurais expliquer. Je dirais que le hasard de la vie m’a conduit vers l’Algérie ces derniers jours. Il y a un peu plus d’un mois, à Curitiba, ma ville natale, j’ai participé à un débat littéraire avec Abdelkader Djemaï. Puis, j’ai été invité au Feliv, à Alger. Et quand j’ai voulu acheter des billets pour la Coupe du monde à Curitiba, j’ai terminé avec des billets Algérie/Russie.Quelque chose me poussait vers l’Algérie et son peuple.
Lorsque j’étais à Alger, l’évidence s’est imposée : je serai un supporteur algérien. Pour remercier les Algériens de leur accueil et de l’amour qu’ils ont envers le football. En cela, ils ressemblent beaucoup aux Brésiliens. J’ai donc acheté la tenue complète pour mon fils, et le maillot pour moi. Pendant le match, ce qui m’a séduit chez les «Fennecs», c’est la volonté de fer qu’ils avaient de gagner. Les joueurs algériens donnaient l’impression d’être les personnages d’un moment très important de l’Histoire d’Algérie. Cela m’a ému pendant tout le match.Et mon fils et moi, nous avons sauté de joie quand l’Algérie a été qualifiée.

-Vous avez visité récemment l’Algérie à l’occasion du Festival international de la littérature et du livre de jeunesse. Quelles impressions en gardez-vous ?
J’en garde des souvenirs excellents, malgré les grandes différences culturelles entre le Brésil et l’Algérie. J’ai été très bien accueilli par les Algériens, que j’ai trouvés sympathiques, ouverts. J’ai été agréablement surpris par la curiosité que les Algériens nourrissent à l’encontre du Brésil. Et la passion pour le football unit nos deux peuples ! Les rencontres que nous avons eues à Alger ont toujours été chargées en émotion, en joie. Alger est une ville très différente des villes brésiliennes, et l’expérience a été unique pour moi. Ce contraste culturel et urbanistique m’a beaucoup enrichi. Je sais que je me souviendrai toute ma vie de ce voyage...

-Cette Coupe du monde n’a pas manqué de susciter des polémiques au sein de la société brésilienne. Comment la percevez-vous pour votre part ?

Les critiques me paraissent légitimes. Le gouvernement brésilien a investi des milliards d’euros dans des infrastructures pour la Coupe du monde. Et notre pays a besoin de grands investissements dans des domaines prioritaires comme la santé, l’éducation - pour n’en citer que deux. Alors, quand les Brésiliens ont vu ces investissements dans les stades - et parfois dans des villes où le football revêt localement peu d’importance, ils sont sortis dans les rues pour demander au gouvernement d’avoir la même attention envers les écoles, les hôpitaux, etc. Ces manifestations ont été très importantes pour notre pays, car elles ont montré l’insatisfaction de la population et ont alerté les pouvoirs publics. En outre, cela a mis fin au mythe selon lequel le football au Brésil est éloigné de la réalité politique et sociale du pays, ou qu’il aliène le peuple. Bien sûr que nous sommes heureux d’organiser la Coupe du monde, mais nous souhaitons également que nos gouvernants se soucient de sujets beaucoup plus urgents et prioritaires.


ELWATAN

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