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Voir la version complète : Portrait d’un Moudjahid: Amar Taouint


morjane
02/11/2006, 19h08
Nombreux sont les véritables Moudjahidine qui ont combattu des années durant contre le colonialisme français et qui ont gardé intacts leur image et leurs principes d’hommes, dont l’Algérie est fière.

Ces Moudjahidine, honnêtes et sincères, sont souvent éclipsés et noyés par des imposteurs qui se réclament sans vergogne et pour une misérable pension être des acteurs incontournables dans la guerre menée contre les Français. Ces véritables anciens maquisards, pour les rencontrer il faudra aller chercher dans la société profonde. Pour les faire parler et les faire secouer dans leur modestie, il faudra leur inculquer la confiance que ce qu’on veut d’eux est un témoignage sincère sur la révolution.

L’un de ces Maquisards, nous l’avons rencontré à Timizart, dans la région de Ouaguenoun, l’un des berceaux de la révolution. Il s’appelle Amar Taouint. Son nom de guerre est Amar Oussaïd. Il a la corpulence d’un jeune. Sa silhouette élégante correspondait mal avec son âge : il a atteint les 66 ans. De ses yeux et de ses gestes se dégagent la modestie et l’intelligence. Il garde toujours son réflexe de combattant. Il est d’un niveau d’études limité mais il est très correct, scrupuleux et méfiant.

Nous l’avons rencontré dans un modeste café maure de ce village. Il était en compagnie d’autres anciens maquisards. La rencontre avec cet ancien combattant a eu lieu suite à la mort d’un grand maquisards de ce même village et qui a été inhumé il y a quelques heures seulement. La mort du vieux maquisard coïncide encore avec la célébration du 52e anniversaire du déclenchement de la Révolution algérienne. Attablé dans un coin de ce café, Amar a accepté de répondre à nos questions et nous raconter, le temps d’une heure, quelques bribes de son parcours d’Algérien qui a rejoint le Front de libération alors qu’il n’était qu’un adolescent âgé à peine de 16 ans. Il est né le 10 mai 1940 à Timizart.

En 1955, il a rencontré sans le vouloir un groupe de combattants qui étaient de passage. Ces derniers, surpris par l’adolescent, avaient décidé de l’épier de peur qu’il ne vende la mèche aux Français sur ce qu’il avait vu. Près de deux semaines après, on a constaté que l’adolescent avait gardé le secret de ce qu’il avait vu. Dans un café, Il a été approché par le maquisard Iguerguite Mohamed, qui était commissaire politique dans l’ALN. Ce dernier voulait sonder la pensée de ce jeune au sujet de la Révolution et l’interrogea : "Que penses-tu des Fellagas et des Hors-la-loi ? ". L’adolescent répond sans ambages : "Je n’aime pas les Français. Si l’on me donne l’ordre et les moyens, je peux tuer n’importe quel Français et à n’importe quel moment". Le commissaire a eu la certitude que ce jeune est d’un esprit déterminé et qu’il est animé par la flamme du nationalisme et de l’indépendance. Quelques jours plus tard, on l’intègre dans le Front. Au début, on lui confie de petites tâches de ravitaillement et de liaison. Un an après, on l’intègre dans un groupe armé. On lui donne son arme et il travaille comme chargé de sécurité auprès du commissariat politique dans le secteur 3 de la région 3, la wilaya 3 historique.

Blessé, et après un passage à l’infirmerie, il est retenu au niveau de cette structure pendant près de 4 mois et pour laquelle il assurait la sécurité. En bon connaisseur du terrain, il a été rappelé à la campagnie pour aider Bouzrourou dans la gestion de la Kasma de la région. Pour fuir la justice du FLN, Bouzrourou s’est rendu aux Français. Iguerguite est de nouveau chef de la Kasma. Quelques mois après, il est appelé à rejoindre le groupe de commandos de la wilaya 3. C’est là où commence l’autre phase du combat de ce jeune combattant.

Au cours d’un voyage vers la Tunisie, en été 1958, la marche s’est heurté aux “Lignes Maurice etChalle”. Ce jeune Adjudant de l’ALN et d’autres de ses compagnons ont campé dans la wilaya 2. "On nous a donné l’ordre ni d’avancer ni de faire demi-tour : camper sur place. Nous étions trois sections. La première était à Annaba, la seconde, où j’étais, se trouvait à Skikda, la troisième a campé à Djidjel". Et d’enchaîner : "La première section a perdu tout un groupe dans des accrochages avec l’ennemi". Après le retour en Kabylie, la terrible opération “Jumel” était presque à sa fin : "Nous avons trouvé la wilaya 3 exsanguë. Pas de liaison, pas d’hommes, pas d’armes. Ce sont les combattants, de retour de la wilaya 2 et de Tunisie qui avaient restructuré la wilaya 3", a-t-il raconté. A la question sur le nombre de batailles auxquelles il a participé, il nous a répondu : "Ya Hasrah ! Elles sont nombreuses et je ne peux les compter". Tout de même, il nous a cité certaines. Il nous a parlé de la bataille de Mira (Timizart), en 1958, de l’embuscade tendue à Oulkhou (Azeffoun), région 4, en 1959, dans laquelle 18 armes ont été récupérées. Et une autre opération : "En 1958, avec un commando composé de 5 éléments, nous avons tendu une embuscade au maire de Fréha, lequel s’appelait Robert. Nous l’avons attendu au pont l’Aich Oufelkou, à la sortie de Fréha. Finalement, c’était le commandant d’Azazga qui était de passage. Repérant nos armes, il a tenté de fuir mais nous l’avons abattu de plusieurs coups de rafales", a-t-il raconté.

Le Moudjahid a combattu aussi au PC de la wilaya 3. particulièrement à Ait Arouche (Bounâamane). "Chaque mois, le colonel Amirouche nous faisait des réunions et nous parlait". De ce colonel célèbre, il garde l’image d’un homme exceptionnel. Pour lui, "tout le peuple algérien a participé à la révolution". Il déplore que de nos jours l’esprit de nationalisme et de patriotisme soit en recul, mais il reste satisfait et optimiste pour l’avenir de l’Algérie. "Durant la guerre et après l’indépendance, dans toute la région de Timizart nous n’avions pas un seul bachelier. A présent, les choses ont beaucoup changé. Pour que le pays décolle, il lui faut des hommes honnêtes et convaincus", a-t-il dit. Et de conclure : "C’est par le travail, la vérité et loin de toute vengeance que nous pourrons faire propulser le pays". Il est tard, nous quittons cet ancien combattant et nous retournons avec ces quelques bribes qui témoignent d’une révolution enclenchée par un groupuscule de nationalistes armés de foi, de patriotisme et d’esprit d’indépendance, il y a de cela 52 ans. Le Maquisard Amar Taouint, nous le laissons dans ce café. Il replonge dans son monde discret tout en restant vigilant et attentif à sa patrie.

Par la Dépêche de Kabylie

http://www.depechedekabylie.com/photos/1343/1343_29761.jpg

akiles
02/11/2006, 19h41
"Je n’aime pas les Français. Si l’on me donne l’ordre et les moyens, je peux tuer n’importe quel Français et à n’importe quel moment".

En plus d'être sans intérêts nationnalistes ou culturels, ce texte est d'une psychologie ringarde.

Avucic
04/11/2006, 06h20
"Je n’aime pas les Français. Si l’on me donne l’ordre et les moyens, je peux tuer n’importe quel Français et à n’importe quel moment".

En plus d'être sans intérêts nationnalistes ou culturels, ce texte est d'une psychologie ringarde.
Je lis vos interventions que j'ai dans le passé considérées... pour le moins intéressantes.... mais cette fois-ci.....
Je tourne ma langue trois fois avant de faire le commentaire qui suivra, car voyez-vous , M. Akiles, je suis très respectueux des opinions des autres, et d'habitude je ne débats que les idées.
Taxer le texte de psychologie ringarde semble porter un jugement de valeur sur la personne dont on parle. (d'ailleurs comment peut-on dire qu'un texte est pourvu d'une psychologie ?)
Il faut être psychologue pour aborder un sujet qui relève de la psychologie d’un individu, mais d’un texte ?

Vous vous faites une idée à peine approximative du milieu et du sujet traité: Nous ne pouvez pas imaginer la vie ni la psychologie d’un jeune illettré qui s'est vu entraîner dans un mouvement populaire, une rébellion, à moins que vous ayez vécu la période.
Cet homme a su gardé la naïveté de l'époque, et malgré le cahots politique qui sévit en Algérie, il reste candide quand il parle de son passé, ... et après s’être soumis gracieusement à l’entrevue, cet homme simple s'est effacé dans son coin pour finir tranquillement son café....

Si on n’a rien d’élogieux ou à la rigueur de positif à dire au sujet de cette entrevue, il aurait été approprié à mon humble avis de ne rien écrire.

Cordialement,
Avucic

P.S. à vrai dire, je ne suis pas sûr du sens que vous donniez au mot ringard(e) mais j'ai compris médiocre, ...dépassé

akiles
04/11/2006, 14h26
comment peut-on dire qu'un texte est pourvu d'une psychologie ?)

J'ai lu vos commentaires avec intérêt et je vous remercie d'avoir pris le temps de me dire ce qui vous préoccupe. Dans cette intervention, je ne parlais nullement de l'individu en question qui, comme vous le mentionnez, est d’une nature simple, honnête et humble. J’adressais surtout ma remarque au journaliste qui a présenté ce texte et sa façon de procéder. J’espère que ces éclaircissements parviendront à rehausser dans votre coeur l’estime que vous aviez de moi. :redface: Je suis désolé pour la confusion. Ahmed

PS. Vite dit. Je voudrais tout de même rajouter, au sujet de l'ad hominem, que dans le cas de violence surtout, je juge aussi les personnes qui émettent leurs opinions.