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Voir la version complète : L'affaire de l'Egorgé qui parle de nous par Kamel Daoud


nacer-eddine06
27/09/2014, 14h05
En Algérie : la peur est un souvenir qui vous tient la main, le ventre, la tête, le poumon et le reste du corps. Un Français a été égorgé au pays et c'est le peuple qui a peur d'être dépeuplé. L'assassinat est horrible : il rappelle que la mort n'est pas la réconciliation et que cela peut revenir. Etre tué, égorgé et proscrit, isolé, évité et contourné. L'image de l'Algérie est une chose si fragile, si ténue dans le monde, si coûteuse : un rien et on retombe dans la case du pays à éviter pour les touristes et les vols d'oiseaux et les espèces menacées. Et cela vous tue vivant : pourquoi sommes-nous maudits de la sorte ? A peine revenus à la vie que déjà chassés par l'odeur des morts que nous promenons ? Pourquoi ce triste destin de pays invisible ou seulement par le pire ? Pourquoi de tous les pays « arabes » il aura fallu que cela soit dans le nôtre que certains ont répondu à l'appel de Daech et autres barbares ?

Paris : rues éclairées par un ciel lavé. Des arbres se penchent sur des ombres à elles. Le feuillage vert est comme une rivière éparpillée vers le haut. Des piétons pressés. Puis l'affaire de l'Egorgé. Elle remplit les discussions, la bouche et la tête, les journaux, les médias et la langue du chauffeur de taxi. Tout le pays revient mais par la mauvaise porte : sa guerre, sa décolonisation, ses années 90, ses exilés, mains rouges et pieds noirs et visages las, les clichés et cette étrange invisibilité de l'Algérie en France : due à la proximité qui éloigne, à l'histoire qui voile, en prétend donner la parole aux morts pour l'enlever aux vivants surtout. Que faire alors ? Expliquer mais cela est dur. Le pays, le sien, qui vous porte et emporte n'a plus rien à dire aux autres. Les rues de Paris sont sous le soleil du début d'automne. L'Egorgé parle partout de sa mort et le hurle sur les toits sans fin. Cela détruit car cela tue le seul pays que vous possédez et qui vous possède. L'affaire ramène à la surface les préjugés, les procès, le mépris, la colère chez les autres. L'explication par le Fellaga est une mauvaise odeur.

L'affaire a fait reculer le pays dans l'ombre et le passé. Elle nous coûte en images. Elle résume tout et presque rien. C'est l'époque. Algérie terre vivante où la mort est un soleil et le sang un dernier signe de la main avant le silence. L'affaire fait dire tout et n'importe quoi sur le pays. Et nous n'y pouvons presque rien. On n'a pas égorgé un Français mais un être humain et nous tous avec. Il y a perdu la vie et, nous on ne la retrouve presque pas. C'est triste pour nous et dur pour les amoureux de cet homme.

Bachi
27/09/2014, 14h43
Ya si Kamel

Tu exagères ce coup ci. La France se fait une mauvaise image, so what ? Le monde est si vaste, la France est minuscule, et puis combien de temps va durer cette hystérie. On en a connu d'autres, beaucoup d'autres.

Et puis et surtout, ne nous fait pas pleurer quand un, UN français a été décapité quand les nôtres l'ont été à la douzaine dans la grande indifférence de la planète.

T'es trop fragile, M. Daoud.

houari16
27/09/2014, 15h15
Ya si Kamel

Tu exagères ce coup ci. La France se fait une mauvaise image, so what ? Le monde est si vaste, la France est minuscule, et puis combien de temps va durer cette hystérie. On en a connu d'autres, beaucoup d'autres.

Et puis et surtout, ne nous fait pas pleurer quand un, UN français a été décapité quand les nôtres l'ont été à la douzaine dans la grande indifférence de la planète.

T'es trop fragile, M. Daoud

Il ne faut pas s étonner ..

Kamel Daoud ??? lauréat de la Françafrique parle ......

nacer-eddine06
27/09/2014, 15h20
On n'a pas égorgé un Français mais un être humain et nous tous avec

Bachi
27/09/2014, 15h27
oui un être humain et il faut toujours dénoncer, condamner les auteurs de cet épouvantable crime.

Kamel Daoud ici fait tellement plus...

Capo
27/09/2014, 15h34
Paris : rues éclairées par un ciel lavé. Des arbres se penchent sur des ombres à elles. Le feuillage vert est comme une rivière éparpillée vers le haut.

Du n'importe quoi !.. :rolleyes:

nedjmala
27/09/2014, 15h35
Salam...

d'un pays à l'autre, d'une ville à l'autre, d'un crime à l'autre, difficile de consacrer des encouragements salutaires et des relativités humaines pourtant bien nécessaires en ce début de XXIè siècle, comme pour chaque instant digne commun et tout à fait en droit entre tous chemins de la vie...

pour le monde francophone, de tous horizons de même nature et de juste pensée, le non patriotique mondial et humain de cette horrible réalité, insidieusement renouvelée aux portes au cœur et tout autour des peuples et des consciences, s'ajoute afflige et décrit les mesures ouvertes et divergentes d'un passé aussi fragile que divisé, d'un présent autant convalescent que complexe, d'un avenir toujours méfiant et brouillé, de tous temps des pouvoirs et des responsabilités n'ont jamais été empêché d'éradiquer le mal des maux, des peuples, humains...

les nombreuses inacceptables et dramatiques actualités élèvent entre les peuples et compensent parmi les temps qu’il s’agit de résoudre une géopolitique HUMAINE, donc plus qu’elle ne l’est déjà en l’espèce, et plus que tout autre concept édifiant et précipitant l’homme et l’intérêt vers des regains de violences et de cruautés au nom de mille idéologies sans scrupule d’emprunt et d’aucune tolérance, alors, d’un faible d’un fort ou d’un autre degré d’appartenance, la remise en cause est un état de fait universel pour qui veut bien entendre ce que tout état d’âme laisse comprendre, un jour où l’autre, dans la vie d’une vie, de chacun(e)…

d'un ciel à l'autre, d'une terre à l'autre, d'un peuple à l'autre, des valeurs existentielles d'hier ne peuvent être la cause naturelle mais tout juste la conséquence temporelle des erreurs universelles d'aujourd'hui, et seule la paix cause de belles conséquences, d'égales tolérances, d'entières existences...


Salam, merci...

houari16
27/09/2014, 15h44
Kamel Daoud se démasque ...

J avais raison sur d autre Toipic ...c était que la pertie visible de l Ice Berg ..
C'est triste pour nous et dur pour les amoureux de cet homme. .

Il Devrait faire un article sur ceux qui ont épousé la voie et la voix du diable ..

tabou , sans aucun doute la France le jetera comme un chiffon sale , comme l avait fait pour d autre écrivain francophone ??

Il ne peut vomir les déchets de l humanité ou ils se retrouvent dans le monde , ainsi ceux qui les soutiennent

kimi16
27/09/2014, 21h05
Et puis et surtout, ne nous fait pas pleurer quand un, UN français a été décapité quand les nôtres l'ont été à la douzaine dans la grande indifférence de la planète.C'est ça , à commencer par les leurs ! ... Bachi

Paris : rues éclairées par un ciel lavé. Des arbres se penchent sur des ombres à elles. Le feuillage vert est comme une rivière éparpillée vers le haut. Du n'importe quoi

Tu ne peu pas saisir la nuance Capo , parce que chez toi les arbres on les brules ...

MoulayDZ
27/09/2014, 21h51
Et dire qu'un prix littéraire aurait été attribué à ce journaliste à qui on ne confierait même pas l'écriture d'une carte postale!

Même les robots traducteurs de google et microsoft produisent un meilleur français.

Ô France, qu'as tu fait de ton baptême ?

Bachi
27/09/2014, 22h03
Même les robots traducteurs de google et microsoft produisent un meilleur français.

Oh que non, pardi !
Il maitrise le français parfaitement et il est d'un talent d'écrivain hors du commun.

houari16
27/09/2014, 22h05
Exacte , un talent d écrivain

Mais l esprit , c est une autre paire de manche ..le contraire de Driss chraibi , il ne traite en aucun moment son pays de voyou ..

rago
27/09/2014, 22h22
Cette affaire sordide est avant tout dommageable aux causes kabyles. En ce sens qu'elle donne des gages à l'Etat algérien à ne pas entrer en matière sur les velléités de cette région.

Quant à croire qu'il pourrait s'agit "d'un coup monté" pour nuire aux relations algéro-françaises, le pas serait aisément franchissable ou moins, le doute est pèermis.

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