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saryta
14/11/2006, 21h22
Espérance.

Va, pleure si tu veux, comme le vent d’automne,
Lorsqu’au rythme d’un chant qui meurt ta voix frissonne.
Voudrais-tu que ce soit tous les jours le printemps ?
Toujours des chants d’oiseaux et des rires d’enfants ?

La douleur t’a frôlé, ce soir, d’une aile sombre,
Puis elle a dans ta nuit porté des coups sans nombre.
Mais une aurore éclate en un pays lointain :
Rien ne sera pareil, tu sais, demain matin.

Qu’un ami disparaisse ou qu’une fleur se fane,
Tu lis à travers tout l’espoir en filigrane.
La vie a refleuri au sarment mutilé,
L’amour brûle plus fort en un cœur désolé.

Pressens-tu quelle attente un autre cœur recèle ?
Cette attente qu’un mot lâché, parfois, révèle...
C’est alors qu’atterré, de tous les horizons,
Tu sens couler en toi des détresses sans nom :

Les petits orphelins, les sinistres ruelles,
Le tragique tribut à la guerre cruelle,
L’universel malheur de tes frères humains,
La mort, le désespoir, l’exil, la peur, la faim,

Tout cela te meurtrit, tout cela te tourmente,
Et tu gardes pourtant quelque chose qui chante !
Espérance la douce habite en toi, toujours.
Un rayon fait vibrer ta lyre, troubadour.

Ne pleure plus. Chantons pour alléger à d’autres
La charge d’un fardeau plus pesant que le nôtre.
Et si nous avons tout perdu chantons encor :
Le ciel de notre nuit s’étoile de point d’or.

(Anne Serre)

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