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Voir la version complète : Un général iranien tué dans le raid israélien dans le Golan


arayzon
20/01/2015, 14h07
Téhéran l’a confirmé, un haut gradé des Gardiens de la révolution, son armée d’élite, est mort dans le bombardement par hélicoptères israéliens dans le Golan syrien hier. D’autres militaires iraniens auraient aussi été tués.


Contrairement aux médias libanais qui ont rapidement livré des détails très précis, les autorités israéliennes refusent toujours de confirmer qu’un drone de Tsahal (l’armée de l’Etat hébreu) a bombardé dimanche, à proximité de Quneitra (versant syrien du plateau du Golan), un convoi de trois jeeps transportant des hauts gradés du Hezbollah ainsi que de militaires iraniens.

Pourtant, l’organisation chiite n’a pas traîné à reconnaître que douze personnes – six Libanais et six Iraniens – ont été tuées dans ce raid. Parmi celles-ci, Mohamad Ali Allahdadi, un général des Gardiens de la révolution iraniens, le commandant Mohamad Issa (Hezbollah), et surtout Jihad Mourngieh, le responsable des opérations du Hezbollah sur le versant syrien du plateau du Golan.

Pour l’organisation chiite, cette perte est symbolique puisque ce jeune cadre militaire était le fils d’Imad Mourgnieh, l’un de ces hauts responsables militaires pulvérisé en 2008, en plein cœur de Damas, par l’explosion de l’appuie-tête piégé de sa jeep 4x4. Une «liquidation» alors attribuée au Mossad (Renseignements extérieurs israéliens).

Moins d’un mois après l’arrestation par les services de contre-espionnage du Hezbollah du responsable des opérations spéciales de l’organisation «retourné» par le Mossad, la «liquidation» de dimanche est un nouveau coup dur pour le cheikh Hassan Nasrallah. Entre autres, parce que ce dernier avait, au cours d’une longue allocution radiotélévisée diffusée la semaine dernière, affirmé que les miliciens du Hezbollah «n’opèrent pas sur le Golan» et que le bombardement israélien démontre le contraire.

Malgré la charge pour l’organisation chiite que représente son engagement militaire au côté du régime de Bachar el-Assad, les analystes israéliens estiment que le Hezbollah ne pourra pas ne pas riposter. Ne fut-ce que pour laver l’affront fait au sheik Nasrallah.

L’entourage de ce dernier ne cache d’ailleurs pas que des représailles auront bien lieu. Selon les radios télévisions libanaises qui lui sont proches, celles-ci seront «calculées». En attendant, les miliciens du Hezbollah opérant le long de la «ligne bleue», la ligne de démarcation séparant Israël et le Liban, ont été placés en état d’alerte.

Même phénomène à l’extrême nord de l’Etat hébreu (Haute Galilée) ainsi que sur le versant israélien du Golan où les observateurs signalent quelques mouvements de troupes ainsi qu’une forte activité aérienne. «Nous utiliserons notre droit à la légitime défense chaque fois que ce sera nécessaire», a déclaré Benyamin Netanyahou, qui s’est cependant refusé à parler du raid aérien de dimanche. Quant au ministre de la Défense Moshé Yaalom, il a estimé «qu’au lieu de menacer, le Hezbollah ferait mieux d’expliquer ce que ses cadres militaires font sur le Golan avec des Iraniens».

En Israël, personne ne doute que le raid de dimanche a été effectué par Tsahal puisqu’elle est la seule armée à surveiller la zone de manière intensive et à disposer de drones d’attaque disponibles immédiatement. Par ailleurs, personne ne critique l’utilité des «liquidations» effectuées. Mais à deux mois des législatives anticipées du 17 mars, plusieurs commentateurs soupçonnent Benyamin Netanyahou et Moshé Yaalon d’avoir déclenché l’opération afin de doper la campagne électorale du Likoud, leur parti en baisse dans les sondages.

Par Serge Dumont

Source : letemps.ch

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