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Atlas Lions
23/01/2015, 08h04
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Les relations économiques entre le Maroc et la Côte d'Ivoire sont encore très réduites mais se font largement aujourd'hui à l'avantage du Maroc. Le déséquilibre de la balance commerciale ivoirienne suscite déjà des inquiétudes au sein du patronat de Côte d'Ivoire.

« Primauté d’un modèle novateur de coopération sud-sud », « compétitivité partagée », « coopération solide et solidaire », « co-émergence ». Moulay Hafid El Alamy, ministre marocain du Commerce, n’a pas trouvé de mot assez fort, hier, mercredi 21 janvier pour qualifier les relations économique entre le Maroc et la Côte d’Ivoire, lors du forum économique qui se tenait à Marrakech.
Si le Maroc souhaite si vivement développer l’axe Rabat-Abidjan, c’est qu’à l’heure actuelle les relations économiques entre les deux pays sont très favorables au Maroc. La balance commerciale du royaume avec la Côte d’Ivoire est largement excédentaire : le Maroc exporte et la Côte d’Ivoire importe.
« Nous devons réaliser un diagnostic transparent, aujourd’hui de nos relations. Le déficit commercial de la Côte d’Ivoire en faveur du Maroc a connu une tendance significative en 2015 et nécessite la mise en œuvre de mesures correctrices en offrant notamment des facilité d’accès pour nos exportations au marché marocain », estime Jean Kacou Diagou, président de la CGECI, la Confédération générale des entreprises de Côte d’Ivoire.

Le rapport de force qui s’instaure aujourd’hui entre le Maroc et la Côte d’Ivoire rappelle beaucoup celui de l’Union européenne au Maroc. L’Union européenne, puissance exportatrice au tissu industriel développé est le grand gagnant des échanges commerciaux entretenus avec le Maroc, incapable de développer une industrie en mesure de rivaliser avec les mastodontes européens. Avec la Côte d’Ivoire, un rapport de force favorable au Maroc s’instaure.
Investissements conjoints

« Contrairement à ce que la Côte d’Ivoire a connu dans des expériences passées, nos investissements doivent se faire de façon conjointe et intégrer les entreprises locales », insiste le président de la CGECI. Ses alarmes n’ont pas été reprises hier par un gouvernement ivoirien qui souhaite avant tout attirer les investissements marocains, de la même façon que le Maroc facilite les investissements européens et plus globalement étrangers sur son sol.
« Je suis venu dire aux entreprises marocaines d’accélérer et de diversifier leurs investissements en Côte d’Ivoire », a déclaré de façon très claire Alassane Ouattara, le président ivoirien. Tout juste a-t-il appelé un instant à développer des partenariats « gagnant-gagnant. »

Investissements privés relais de croissance

De 2011 à 2014, le taux d’investissements public n’a cessé de croître, selon la ministre ivoirienne de l’Economie et des Finances, Kaba Nialé. « En 2015, ce taux sera sensiblement le même qu’en 2014. Nous souhaitons que l’investissement privé prenne à présent le relai. A ce titre, nous comptons sur la dynamique de coopération avec le Maroc », a-t-elle expliqué, avant d’ajouter : « nos attentes sont les mêmes : davantage d’IDE et d’échanges d’expérience. » Il faut comprendre « les transferts de compétences des entreprises marocaines vers les entreprises ivoiriennes » sur lesquels tablent toujours les pays qui sollicitent les investissements étrangers.

Pour Mohamed Boussaid, le ministre de l’Economie et des Finances, les inquiétudes clairement exprimées par le patronat ivoirien n’ont pas lieu d’être. « Avant de parler de balance commerciale, il faut parler de volume. Les échanges commerciaux entre le Maroc et la Côte d’Ivoire s’élève à près de 1,10 milliard de dirham ; à peine 2% du total des échanges commerciaux du Maroc », a rappelé Mohamed Boussaïd.

Co-production sud-sud ?

Les relations avec la Côte d’Ivoire offre plutôt au Maroc une opportunité supplémentaire de devenir « la porte de l’Afrique de l’Ouest », selon le ministre. « Les économies de la région sont fragmentées et de petites tailles. Nous devons nous regrouper pour être visibles au niveau des investisseurs internationaux, car beaucoup de fonds s’intéressent à l’Afrique mais ne trouvent pas de canal », regrette Saïd Ibrahimi, président de Casablanca Finance City.
Le royaume a également l’opportunité de rapatrier localement une partie de la valeur ajoutée produite aujourd’hui dans l’Union européenne. « Nous produisons en Côte d’Ivoire des semi-produits chocolatés qui partent en Europe pour être transformés en barres chocolatées et nous reviennent au double du prix », regrette Martial Yacé, DG de Sucso.

Le Maroc vend aujourd’hui des barres chocolatées sur son marché national à un prix qui seraient plus accessible aux Ivoiriens que les produits européens. Il est aisé d’imaginer une boucle de production-fabrication-vente qui associerait Maroc et Côte d’Ivoire. Pour les Ivoiriens cette boucle réduirait le coût des importations et le Maroc conserverait la valeur ajoutée aujourd’hui récupérée par l’UE. Une condition cependant : parvenir à instaurer des lignes de transports maritimes entre Casablanca et Abidjan.

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