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Voir la version complète : Malgré les risques, la CAF contraint le MAT à jouer dans le fief de Boko Haram


bledard_for_ever
13/03/2015, 20h13
Le Moghreb de Tétouan est un dommage collatéral du bras de fer engagé entre la Fédération royale marocaine de football et Issa Hayatou. La CAF a refusé la demande du MAT de jouer son match contre Kano Pillars au Nigeria sur un terrain neutre.

Le couperet est tombé. La Confédération africaine de football oblige le club du Moghreb de Tétouan à se déplacer dans le fief de Boko Haram pour affronter le Kano Pillars dans le cadre du 16ème de finale de la Champions League.

La CAF rejette, ainsi, les deux propositions de la direction du MAT à savoir : jouer l’aller et le retour contre le champion en titre du Nigéria sur un terrain neutre ou se contenter d’un seul match décisif. Le verdict de la CAF étouffe tous les espoirs que le report d’une semaine avait fait naitre.

En plus de Boko Haram il y a des bandes criminelles

L’instance africaine de football justifie sa décision par les promesses des autorités nigérianes de garantir la sécurité de la délégation marocaine avant, pendant et après le match. Des promesses qui avaient été considérées comme insuffisantes par le MAT car en plus de la menace de l’organisation terroriste de Boko Haram, la région est également réputée pour abriter des groupes criminels.

Le jeudi 5 mars, la presse internationale a en effet relayé une attaque armée menée par des « individus non-identifiés » contre le bus du club Pillars, l’adversaire du Moghreb de Tétouan. Les assaillants ont, durant l’opération, blessé par balles au moins cinq joueurs et dérobés des portables et autre objets de valeurs.

L’entraineur du MAT doit informer les Affaires étrangères à Madrid

Depuis décembre, c’est Sergio Lobera, un ressortissant espagnol, qui a pris les rênes du MAT, après le départ de Aziz Amri. Une arrivée qui a permis à l’équipe de retrouver sa stabilité et renouer avec les victoires. Toutefois, l’entraineur de 37 ans est obligé de s’inscrire sur le registre des voyageurs du ministère des Affaires étrangères de son pays et d’entrer en contact avec le consulat général de son pays à Lagos et l’ambassade à Abuja, avant de se déplacer avec le reste de l’équipe à Kano.

Une mesure préventive. Les autorités de Madrid craignent, en effet, que ses citoyens ne soient victimes d’enlèvements au Nigeria et par la suite soient contraintes de payer des rançons qui se chiffrent en millions de dollars aux ravisseurs, comme ce fût le cas avec les deux coopérants kidnappés, en octobre 2011, dans les camps de Tindouf.

Dans une note datant du 6 mars, les services de José Margallo « déconseillent » tout voyage à Kano. Même à Abuja, pourtant la capitale du Nigéria, ils recommandent l’ « extrême vigilance ».

Mohammed Jaabouk

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