Une bouffée d'oxygène et d'intelligence sarcastique...
Les pieds-blancs
Marc-Édouard Nabe
Plus qu’un navet, une honte ! Grâce au film Indigènes, les Arabes de France vont pouvoir courber l’échine la tête haute. C’est l’histoire de quatre soldats algériens et marocains enrôlés dans l’armée française en 1943 et qui subissent les humiliations de leurs supérieurs, ce qui ne les empêche pas de servir la patrie pas du tout reconnaissante. Apothéose : le simple soldat qu’interprète Jamel Debbouze finit par se sacrifier pour tenter de sauver le gradé qui l’a brimé !...
Avec Indigènes, on est repassé de la France « Black Blanc Beur » à la bonne vieille Bleu Blanc Rouge. Il y avait longtemps qu’on n’avait vu une telle apologie de la soumission... Car c’est le message de ce film de guerre bourré de clichés : «Vous, fils d’immigrés qui voulez être français à part entière, glorifiez le bon vieux temps des colonies où vos pères étaient assez bêtes pour aller se faire tuer pour la mère patrie ! » Les tirailleurs sont tiraillés entre leur désir de révolte et leur attachement au colon qui les commande. Tout le monde est gentil : le caporal arabe, le sergent-chef pied-noir et son colonel métropolitain. À tous les échelons, les bons sentiments triomphent, dans la plus totale invraisemblance psychologique.
Le problème, avec ce bel élan de solidarité entre l’esclave et son maître contre la barbarie, c’est que déjà, à l’époque, il avait tourné court... Spéculant sur l’ignorance historique des jeunes Beurs d’aujourd’hui, la production d’Indigènes se garde bien de révéler à son public que les Maghrébins, après avoir servi dans l’armée française, aux côtés des Pieds-Noirs, ces derniers les en ont remerciés en les exterminant par milliers le jour même (8 mai 1945) où ils prétendaient fêter la victoire comme les autres Français.
Si le metteur en scène avait eu des *******s, il aurait tourné la partie prévue sur les massacres de Sétif, Guelma et Kherrata ! Rachid Bouchareb a supprimé cette séquence parce qu’il ne voulait pas finir sur une note trop hard qui eût choqué les Français suffisamment culpabilisés comme ça, et compromis les chances de vendre son western mou... Bouchareb promet de tourner la suite plus tard, mais en attendant, l’Algérie de Boutéflika a refusé à Jamel son visa ! Même traitement que pour son copain Enrico Macias... Les vendus ne sont pas les bienvenus dans le pays qu’ils font semblant de défendre et qu’ils salissent. Il y a peut-être un masochisme occidental, mais pas oriental !
C’est vrai que des indigènes engagés (souvent volontairement, les cons ! ) ont participé aux combats contre les nazis, mais comment soutenir sans rire que ce sont eux seuls qui ont « libéré» la France, l’Italie et la Corse (pourquoi pas la Normandie?), comme les acteurs du film aiment à le clamer sur tous les plateaux-télé où on les voit bien serrés, en brochette de promo ? Ils vont bientôt affirmer que ce sont eux, les bras cassés, qui se sont coltinés l’Afrikakorps ! Contrairement à la légende que colporte le film, les troupes coloniales ne servaient pas plus de chair à canon que les autres.
Malgré leur racisme, les colons ne se planquaient pas derrière leurs «bougnouls » pour monter au front. Le système colonial était fier de ses indigènes, mais pas au point de les envoyer en premières lignes !
Ah ! Il fallait la voir, à Cannes, l’équipe du film chanter cet hymne à la résignation qu’est Le chant des tirailleurs. Tous en smoking, fous de joie d’avoir reçu le prix collectif d’interprétation pour avoir accompli cette mauvaise action : redorer le prestige de la France qui a écrasé leurs pères...
Ô pingouins de Tizi Ouzou !
— C’est nous les Africains / Qui revenons de loin / Nous venons des colonies / Pour sauver la patrie / (...) Car nous voulons porter haut et fier / Le beau drapeau de notre France entière / Et si quelqu’un venait à y toucher / Nous serions là pour mourir à ses pieds / (...) Et lorsque finira la guerre / Nous reviendrons dans nos gourbis / Le cœur joyeux et l’âme fière d’avoir libéré le pays !...
Savent-ils, ces rampouilles du show-biz, que c’est le chant préféré des fins de banquets du Front National, celui que les anciens de l’OAS s’amusent à gueuler entre deux Heili Heilo ! dans les arrière-salles des brasseries ? Oui ! En vantant les valeurs de la « Colo», les fils des Algériens torturés font le jeu du FN ! Déjà à l’époque c’était la honte de chanter ça aux côtés des colonisateurs de son pays, mais aujourd’hui, relancer ce cri d’esclaves ravis, est impardonnable ! On dirait que les trentenaires collabeurs regrettent de ne pas avoir vécu l’heureux temps de la colonisation...
Qu’ils se rassurent : ils en vivent un autre, celui de leur néo-colonisation, à eux, par l’industrie du cinéma occidentaliste. Eux aussi sont de bons soldats de la machine guerrière de démoralisation des troupes : il s’agit de montrer les Arabes comme des demeurés qui se battent pour trois tomates, ou qui servent comme de vraies petites soubrettes le café au lit du Blanc qui leur donne des coups de crosse de fusil dans le ventre...
Jamais on ne verra un film où des Musulmans dignes de ce nom seront montrés en action dans un vrai combat pour l’indépendance, la liberté, l’honneur, la justice. C’est toujours : ou bien la dénonciation du terroriste, ou bien l’apologie du supplétif !
Évidemment on peut toujours trouver pire : dans l’Histoire d’Algérie, il n’y a pas eu que des Algériens engagés dans les troupes de leurs persécuteurs, il y a 60 ans. Il y en a eu aussi d’autres qui, au moment de la guerre d’indépendance, se sont rangés du côté des Français pour combattre leurs frères dans leur propre pays ! On les appelle des harkis, et ces deux sortes de jolis messieurs sont aujourd’hui représentés par les deux comiques les plus célèbres de leurs générations, qui n’hésitent pas à interpréter au cinéma et à la télévision les personnages les plus méprisables de leur peuple : un Indigène pour Jamel, et un Harki pour Smaïn...
Il faut se rendre à l’évidence : en France, les comiques arabes finissent en tragiques larbins.
Le seul auteur que cite Jamel l’inculte, c’est Albert Camus ! Cette fascination de l’Arabe pour le Pied-Noir est tenace. Même après la décolonisation, et sur plusieurs générations, il adore le Français. Dès l’indépendance, on a même vu des Algériens venir en masse en France comme pour «raccompagner» les rappatriés ! Incorrigibles !
Dire que le FLN s’est battu pour ça ! Des Arabes honteux, et fiers de l’être. Nouveaux esclaves d’une France vautrée dans la repentance... Sauf que certains occidentaux, sous prétexte de ne pas vouloir macérer dans la culpabilité, s’absolvent de tous leurs crimes. Ils conviennent ( bien obligés ) que la colonisation a été une saloperie, mais pour aussitôt revendiquer le droit de tourner la page. Remettre à l’heure les pendules du passé, c’est la meilleure façon de ne pas en être encombré pour foncer vers l’avenir sur l’autoroute de l’ignominie ! Ainsi le criminel ne paye jamais ses exactions : toujours manque la facture. Il lui suffit de dire que se sentir coupable le ferait trop verser dans la haine de soi, et qu’il serait malsain qu’il stagnât éternellement dans le remords, pour se retrouver libre et impuni ! Le refus de l’autoflagellation, c’est bien pratique pour oublier qu’on a donné des coups de fouet à d’autres !
Voilà pourquoi l’idée de colonisation est si bien portée aujourd’hui où l’on fait semblant d’en dénoncer les méfaits. Les pourfendeurs de la tyrannie de la repentance sont, comme par hasard, ceux qui prônaient la guerre en Irak, ceux qui approuvent l’implantation de colons israéliens en Palestine et plus globalement les massacres des peuples qui résistent chez eux aux divers envahisseurs !
Au lieu de se déguiser en combattants d’hier, les Arabes français feraient mieux de prendre les armes d’aujourd’hui. Il y a mieux à faire que de pousser un gouvernement de droite à réévaluer les retraites de vieux tirailleurs maghrébins dans le seul but de promouvoir un film larmoyant post-onze septembre.
Les néo-indigènes de Bouchareb n’ont qu’une idée : sortir les anciens des foyers Sonacotra... Heureusement, il y a d’autres Arabes dans le monde qui trouvent plus essentiel de sortir les colons de leurs kibboutz de Cisjordanie ! Le seul but dans la vie de ces « Beurs», c’est qu’on les laisse enfin entrer en discothèque ! Mais qu’on ne permette pas à leurs frères de rentrer en Palestine, ne semble pas les concerner... S’ils aiment à ce point l’uniforme et les armes, les combats nobles, et la défense de l’idéal patriotique, pourquoi ne vont-ils pas s’engager dans le Hezbollah, ou les brigades des Martyrs d’Al Aqsa ? Même un Franco-Israélien comme Arno Klarsfeld n’a pas hésité à endosser l’uniforme de Tsahal, là-bas sur le terrain promis, pour servir sa « patrie ». Les Franco-Algériens, eux, sont trop lâches, ils estiment que le conflit du Proche-Orient, il ne faut pas l’importer en France. Évidemment, ça mettrait en péril leurs petites affaires...
Indigènes a été écrit, produit, tourné et médiatisé, en réaction à ce qui s’est passé l’année dernière dans les banlieues parisiennes. Les émeutes ont bel et bien été étouffées, et pas par la police. Par les « indigènes» eux-mêmes ! Ils sont morts pour rien, les deux gosses poursuivis par les policiers et électrocutés dans le transformateur. Aujourd’hui, les Musulmans sortent d’Indigènes transformés eux aussi, mais en collabos, ce qui est peut-être pire que de l’être en cadavres... Et cette fois, Sarkozy n’y est pour rien.
Debbouze, Starr, Bacri étaient venus à Clichy-sous-bois après la bagarre pour donner une leçon de civisme aux « djeuns » en leur intimant l’ordre de voter (c’est-à-dire voter à gauche bien sûr), mais ça n’a pas suffi.
Ils avaient essayé de leur expliquer que ce n’était pas une solution de brûler des voitures et un gymnase... Le gymnase de 2005, on l’a retrouvé en 2006, mais non brûlé celui-là, et plein de Sans-papiers. Cachan, c’est le parcours obligé pour les tirailleurs médiatisés... Après le studio de Canal + et avant celui de France 3, on se doit de passer par le gymnase de Cachan. Ça fait partie de la promo d’Indigènes : aller en chapeau à la Samy Davis Junior embrasser les « cousins» sur leurs paillasses en train de crever de grève de la faim, prendre dans ses bras, pour la photo, un bébé squatteur en pleine scarlatine, patauger un instant dans la diarrhée d’un petit Malien, tout en évitant d’approcher sa maman tuberculeuse, c’est bon pour le film...
J’espère que les «métèques», scandalisés très légitimement par le meurtre accidentel de leurs copains foudroyés et plus récemment par le parquage de familles africaines sans logements, ne seront pas convaincus de se «calmer » en voyant des peoples milliardaires incarner de pauvres Arabes qui ont accepté de donner leur vie pour un pays qui les exploitaient comme des animaux ! Un nouvel automne de révolte serait le bienvenu...
C’est bien sûr Jamel, coproducteur du film, qui s’est réservé le beau rôle. «Beau», façon de parler, car c’est le personnage le plus répugnant de l’histoire. Au moins, Roschdy Zem est amoureux d’une Française, Samy Naceri protège son petit frère, et Sami Bouajila est un patriote zélé en conflit avec la hiérarchie. Jamel, lui, incarne l’âne du bled, illettré et content de l’être, un goumier quasi mongolien qui, plus il est dominé, plus il lèche les bottes de son dominateur. Bref, celui qui s’humilie avec une ambiguïté quasi homosexuelle aux pieds du chef, et qui ne supporte pas, monsieur, que ses frères le traitent de femmelette !...
Rien de plus logique que l’acteur le mieux payé de France se soit réservé le rôle qui lui va comme un gant : celui d’un collabo indécrottable dans l’âme.
Sauf que dans la vraie vie, l’exploité sait se faire exploiteur. Désormais, Jamel a le bras long: il joue à l’éleveur de poulains. Il coache, drive, brieffe de jeunes disciples pas drôles, des « renois » et des «beurs » encore et toujours, chargés de perpétuer l’esprit du «lutin à la main dans la poche ». Le persifleur antisarkoziste forme à son image les « princes du stand-up», c’est-à-dire une nouvelle génération d’esclaves bien couchés devant les derniers amateurs ringards de l’humour Canal+.
Jamel s’offusque que l’État, par rétorsion au moment des premières velléités d’indépendance en 1959, ait gelé injustement les pensions des tirailleurs survivants, mais lui aussi sous-paye les petits soldats de son Jamel Comedy Club ! Facile après pour ce faux bon samaritain d’exhiber sous les projecteurs de malheureux vieillards rescapés et de leur tirer les larmes. Oui ! Les anciens vont être augmentés grâce au succès du film, mais tout le bénéf sera pour Jamel et ses potes !... Chirac leur a proposé des clopinettes supplémentaires, mais les anciens combattants auraient dû l’envoyer se faire foutre ! Pas d’aumône tardive ! Trop tard ! Dignité avant tout !... Et si Jamel trouvait la solde des vieux trop maigre, il n’avait qu’à la gonfler de son flouze à lui, il a les moyens !
Quand Le Nouvel Observateur fait sa Une sur la ****** de fiotte épanouie de Jamel Debbouze sur fond de drapeau tricolore, et qu’il lui fait se poser la question : «Pourquoi j’aime la France », il faut savoir entendre sa vraie réponse, la cachée, la non-dite : « J’aime la France parce qu’elle se sent tellement coupable qu’elle a fait de moi une vedette, et c’est comme ça que je peux la baiser et lui soutirer le plus de fric possible. » L’hypocrisie est la seule politique des nouveaux indigènes : un sournois comme Jamel en a fait sa seconde nature. Il joue sur tous les tableaux : «beur» et français, racaille et gendre idéal, pitre et sérieux, citoyen et «rebelle »...L’essentiel, c’est qu’on ne le considère plus comme un Arabe ! Quelle horreur ! Être «arabe», c’est trop dangereux, on vous associe trop aux terroristes d’AlQaida...Regardez Zidane qui a explosé en vol tellement il se sentait mal de se nier ainsi en permanence !
On m’oppose souvent que Zidane est kabyle, d’accord, mais s’il ne tenait pas à ce qu’on l’associe au destin des Arabes, pourquoi n’a-t-il jamais protesté quand on l’appelait «beur», et d’où vient qu’il n’est pas choqué qu’on le considère comme un Algérien ? Si Yazid était aussi « français » que l’affirment les sourcilleux, pourquoi alors ne chantait-til jamais La Marseillaise en ouverture de ses matches ? Aujourd’hui, les Kabyles sont berbères ; les Beurs sont français ; les Libanais sont phéniciens... Personne n’est arabe, sauf les terroristes !
Quand les nouveaux Indigènes disent que « le Beur n’existe pas », c’est pour signifier que c’est le Français seul qui doit exister. Depuis leur succès, ils trouvent que « beur » c’est raciste, mais ils continuent à dire « black » sans problème. Au fait, pas beaucoup de Noirs dans Indigènes...
C’est comme si les tirailleurs sénégalais n’avaient jamais existé. À entendre les «nouveaux Indigènes», ils sont comme leurs ancêtres : des Français d’Afrique du Nord comme les autres serviteurs de la patrie. Ce relent d’Algérie Française années 50, au sein même de la «communauté»beure d’aujourd’hui, pue. On pensait que les plus ardents défenseurs du «rôle positif de la colonisation » se recrutaient parmi les anciens gauchistes reconvertis dans l’américanisme par peur de l’Arabe... Ce sont désormais les Francais d’origine arabe qui font en permanence l’apologie de la France coloniale parce qu’au moins, à l’époque, elle les considérait comme français tout en les méprisant comme arabes !
«L’amour de la France », il ne pisse pas très loin chez les néo-indigènes.
La France qu’ils aiment, c’est celle de Nike et d’Adidas, celle des 4X4 et des I- Pod, de la PlayStation et des écrans Plasma... Ce que les Indigènes défendent dans la France, c’est ce qu’il y a de pire : le «patrouillotisme » comme disait Rimbaud, le drapeau, les clairons, les casques, les vareuses... Déroulède 2006... Aucun des quatre acteurs n’a fait son service militaire bien sûr. Il y en a même un qui a été objecteur de conscience !
Et ils donnent tous des leçons de défense extasiée de la nation, ils ne tarissent pas d’éloges lyriques pour l’armée française qui repoussa si vaillamment les barbares... Ils veulent faire partie de l’Histoire de France, rien que ça ! Ah ! Les prétentiards ! Tout ça parce qu’ils sont nés à Grenoble ou à Gennevilliers !
Tous ces «Beurs» médiatiques ne sont qu’une bande de clowns cocaïnés qui ne font que ralentir la juste révolte des vrais Musulmans qui souffrent aujourd’hui dans ce pays. La plupart des Arabes nés en France sont des paumés dans leur identité, tordus dans tous les sens par vingt ans d’intégration à la SOS Racisme, et élevés dans le mépris occidental et l’ignorance de l’Orient véritable. Beaucoup d’Arabes français profitent du racisme réel dont ils sont souvent victimes pour cacher leur incompétence, leur lâcheté, leur manque de goût, leur inculture crasse, et leur fainéantise intellectuelle.
À cause de leurs complexes mal soignés par la décolonisation, je serais prêt à trouver quelques excuses aux jeunes Maghrébins, et même à la rigueur aux enfants de harkis que la France a laissés pourrir dans de véritables camps de concentration... Seulement, ils ramènent sans arrêt leurs gueules en rivalisant de démagogie avec les pires beaufs antiracistes ! Ils ne veulent plus du mot «intégration » mais du mot «banalisation » ! Tous ex- « ratons » banals en effet, et banalement aux ordres du pouvoir des néo-colons «sympas» qui leur donnent les moyens médiatiques d’exprimer leur fair-play en échange d’une belle paire de baskets immaculées.
Les voilà, les nouveaux maîtres de la rebelle attitude conformiste et institutionnalisée. On les voit arriver de loin, chaussés de Nike à virgules et d’Adidas à trois bandes ! C’est les Pieds-Blancs qui ont remplacé les Pieds Noirs... Regardez leurs chaussures de sport éblouissantes: avec ça, ils se sentent forts et riches ! Pieds-Blancs qui colonisent en chœur les Français coupables et les Arabes résistants. Ces traîtres revalorisent la servitude du colonisé en échange d’un peu de reconnaissance sociale dans leur pays d’adoption, car ils ont beau faire, il ne sera jamais le leur, c’est mal connaître les Français «de souche », de droite comme de gauche !
Le néocolonialisme des ex-colonisés est pratiqué à longueur de films, de disques, d’émissions de télé, de one man shows... Ils sont tellement stupides et avides qu’ils ne s’aperçoivent pas qu’ils se font mépriser autant, sinon plus que leurs parents !
Ah ! Il faut la voir, la nébuleuse des Pieds-Blancs, très bien foutue commercialement parlant, avec son rap à la con, son slam débile, son hip-hop faiblard, ses spectacles ineptes, tout un turbin démago et pernicieux, toute une entreprise de désarabisation organisée ! Racailles respectées, les Beurs banalisés, « nikisés » jusqu’au trognon, ont pris la place des soixante- huitards dans la fonction de diriger les consciences. Ce sont eux, les ennemis aujourd’hui. Comme le rock opprima les foules pendant cinquante ans, le rap prend le relais ! Avec ses prétentions politiques et poétiques, le rap, cette plaie ouverte — une de plus faite au monde noir — occupe désormais tout l’espace... Filiation évidente ! Issu comme le rock du saint jazz, le rap n’a rien apporté en vingt ans, quoi que vous en disent les télérameux et autres inrockuptables, ni en musique ni en textes : toujours la même lancinante revendication sociale, la rage calibrée du souspoète à la mords-moi le 9-3 : de l’indigence pour indigènes ! De Doc Gynéco suçant Sarko à Abdel Malik suçant Bruel, tous sont des « indignés » pathétiques, réciteurs bas de plafond et fumeurs d’herbe au ras des pâquerettes...
Triste constat pour les âmes fières : après le 11 septembre, la guerre en Irak, et au sortir de celle du Liban, une seule sorte d’Arabes a pris le pouvoir culturel en France : les Pieds-Blancs !
Heliopolis
30/11/2006, 23h22
Pendant que toi tu ecris tout un speech Djamel, Bouchareb et les autres comptent leurs benefices. Parce que pour eux c'etait tout simplement un business.
Toujours aussi intellectuel Heliopolis !
Heliopolis
30/11/2006, 23h28
De Doc Gynéco suçant Sarko à Abdel Malik suçant Bruel,
Reponse:
Et pourquoi tu ne vois le sucage qu'a sens unique ? Tu oublies les femmes de ministres qui sucent les plombiers.
Au fait des fois que tu n'aurais pas compris, ce n'est pas moi l'auteur du texte!
Heliopolis
30/11/2006, 23h39
Au fait des fois que tu n'aurais pas compris, ce n'est pas moi l'auteur du texte!
Reponse:
Excuse moi je croyais que c'etait toi l'auteur. Moi aussi j'ai pompe mes ecrits sur Aristote. Tu as du le constater.
Je penchais plutôt pour Spinoza !
Heliopolis
30/11/2006, 23h43
Je penchais plutôt pour Spinoza !
Reponse:
Tu connais Spinoza le planton de la PJ de Montmartre ? Je joue au snooker avec lui.
far_solitaire
01/12/2006, 11h52
Il est explosif ce Marc-Édouard Nabe :D
http://frkc.********/revuec/nabe.jpg
Je les vu dans une émission et il ne mache pas ses mots, impossible de l'arreter, un vrai buldozer ...malheureusement on lui donne la parole que très rarement.
merci mkh pour la bouffée d'O2 ;)
tamerlan
01/12/2006, 18h18
l'auteur est marginalisé parce qu'il ose...s'attaquer a israel
amarimaa
01/12/2006, 18h33
je trouve sa lecture du film à côté de la plaque, il avait fumé quoi ce jour-là?! moi j'ai pas vu de gentils colons ou de gentils maghrébins soumis... mais une critique au contraire d'un système qui s'est servi d'individus comme chair à pâté et au final n'a même pas été reconnaissant envers eux
Sa lecture est en plein dans la plaque! Un film de petits "bougnoules"* asservis qui défendent de manière sado maso le pays qui les fait tant souffrir. Mais bon je ne vais pas vous refaire le texte tout y est.
*Pour rester dans le ton du texte
En plus Si tu as bien lu Amarimaa, l'auteur part de ce film visqueux pour dépeindre le portrait des beurs de services et des beurgeois qui se complaisent dans la médiocrité, le "singisme" aveugle et le harkisme constitutionnel.
reeeeeverblu
01/12/2006, 21h12
bonsoir a toi Far
je te connais tres calé (par rapport à mon humble savoir) dans le domaine des math.
Et, comme je fais facilement la passerelle entre les math et la philo (un probleme=une solution; une enigme=une enigme)
Je suis assez deçu de ton analyse de texte.
Je te laisse le privilege de relire plus soigneusement ce ramassis d'ineptie contradictoire et desinformé presenté par MKH, une ironie, grossierement teinté de cynisme.
Il fallait de toute façon quelqu'un à la hauteur de la valeur de cet erzatz de critique negative,
Avant de douter de la valeur réelle d'un temoignage, fusse-t-il personnel, je reflechis.
Mkh?
..........
...............
....
...reflechis!, lis! :mrgreen:
Je ne vais pas imposer mon point de vue à tout le monde, mais outre son ton sarcastique et caustique, teinté de grossièretés de ci de là, l'analyse qu'il a est la mienne sur bien des points. Relis le texte entièrement et tu reconnaîtras qu'il décrit à merveille une large frange de la population maghrébine en France.
far_solitaire
01/12/2006, 22h28
Je suis assez deçu de ton analyse de texte.
De quelle analyse tu parle ? j'ai rien analysé ! mon message laisse juste entendre que je suis assez dacord sur la plupart des choses qu'il dit, de toute façon le texte est claire est n'a pas besoin d'analyse.
Cela dit, que tu soit déçu ou pas n'est pas le problème, tu peut ne pas être dacord avec mon point de vue mais ça s'arrete là, je ne suis pas là pour te satisfaire ;).
Tiens y'a celui là aussi
LES COLLABEURS:
Par Marc-Edouard Nabe
http://lesogres.org/NAVPICS/rien.gifhttp://lesogres.org/NAVPICS/rien.gifhttp://lesogres.org/NAVPICS/rien.gif
J’en veux à ces « Arabes » français (c’est « Arabes » qu’il faut mettre entre guillemets, pas « français » !) qui pourraient ouvrir leur gueule et qui la ferment. Plus ces lâches, colonisés dans l’âme au point de se laisser traiter de « beurs », sont connus, plus ils se taisent. Ils écoutent sans sourciller - et quelquefois sans moustacher - leurs patrons répéter que les attentats en Irak et en Palestine sont inspirés par la haine religieuse pour l’Occident, que ce sont les Musulmans d’abord qui en font les frais et en particulier les femmes, et autres conneries démagocratiques... Les Arabes intégrés sont des esclaves volontaires qui participent à l’entreprise industrielle de désislamisation généralisée. Moins de Coran et repli identitaire sur des traditions injustifiées. Voilà pourquoi je les appelle désormais des Collabeurs.
Les Arabes, les Français ne les emploient que pour dire du mal de leurs frères. C’est le seul boulot au fond qu’on daigne leur trouver. Faire de la propagande contre les Musulmans. Chacun à son niveau y va de sa petite désolidarisation. Avant, on exploitait les Arabes en leur mettant un marteau-piqueur entre les mains pour qu’ils défoncent la chaussée. Maintenant, ils doivent eux-mêmes être les marteaux-piqueurs qui défoncent l’islam véritable. C’est toujours de la main-d’oeuvre, ni plus ni moins. Quel que soit le statut social auquel on fait semblant de le laisser accéder, l’Arabe le plus lettré, le plus professoral, le plus universitaire, se retrouve au service du Laïc.
Non seulement ils sont collabos, mais ils vantent les mérites de la collaboration, ils savent très bien que sans ça ils resteraient de pauvres Arabes humiliés. Ils préfèrent devenir de riches Arabes humiliants. Et puis. sr « engagement » pour la « Paix » dans ce qu’ils osent encore appeler la « Palestine » est un gage de plus de leur succès. Plus ils comprendront Israël, moins Israël les prendra pour des cons. L’essentiel est qu’ils crachent dans le bouillon du couscous. Alors, ils seront sûrs de continuer à casser la graine. Les collabeurs ont tous tellement peur de perdre leur place ! Au moins, qu’ils expliquent pourquoi dire certaines choses les priverait de leur boulot... Même pas.
On l’a bien vu dans l’affaire Dieudonné. Seuls les plus naïfs ont avoué que ce serait dangereux pour leur carrière de sou-tenir le Camerounais antisioniste. Le voilà, l’antisémitisme inconscient qui passe aux aveux. Si on pense que ne pas se démarquer de quelqu’un qui est accusé d’être antisémite est préjudiciable à son emploi dans le show-biz, c’est qu’on admet que ce show-biz est dirigé par des gens qui voient de l’antisémitisme partout. Les collabeurs révèlent sans le vouloir le fond de leur pensée qui n’est autre que le fameux cliché qu’ils font semblant de pourfendre et qu’ils alimentent par leur autocensure : ce sont les Juifs qui dirigent le show-business et tout le monde dépend d’eux. Les requins ricanent. Je suis persuadé que les plus malins des producteurs préfèrent encore Dieudonné et sa grande gueule aux faux culs qui se désolidarisent de lui par peur de per ’ e leur croûte Dans le spectacle, il y en a un paquet de collabeurs à avoir désavoué leur camarade ! Fellag par exemple, le drolatique Kabyle a joué au dernier des chameaux en reprochant à Dieudonné d’avoir « dépassé la limite ». Evidemment, pour lui c’est facile de faire marrer en racontant des histoires algériennes, bien dégagé et pas seulement derrière les oreilles, dans de petits spectacles plus tendres que cruels.
Et le petit nouveau Tomer Sisley qui estime qu’« on ne peut pas rire de tout ». Lui ne prend aucun risque, il arrive sur scène et d’emblée il dit : « Je suis juif et arabe. » Il est le seul - avec ceux qui ne sont pas arabes - à trouver ça drôle. Tout va bien pour lui, qu’est-ce qu’il y a de marrant ? Vrai ou faux, le doute subsiste et il en bénéficie pour faire passer son mes-sage de « rigolo » qui fait semblant de ne pas comprendre pourquoi il peut tout dire désormais. A lui on ne reproche pas de faire des sketches pas drôles.
Dans le genre « intello », il y a aussi Malek Chebel avec sa tête de cocu du Coran ! Il n’arrête pas de dire « merci, merci » aux Occidentaux qui daignent l’accepter dans leur clan en tant que traître absolu, multipliant les manifestes et les dictionnaires sur un islam aseptisé et intégrationniste. Chebel se dit « radical de la modération », un « prof beur » qui est pour la « concorde » ! Malek Chebel qui prône l’« islam des Lumières » ! Bientôt, il va nous dire que la Révolution française était avant tout islamique, islamique modérée bien sûr. Ce collabeur se réjouit que des imams soient expulsés et attend que l’État et les intellectuels se soudent davantage pour combattre les extrémistes de son pays ! On rêve ! C’est les mille et une saloperies !
Super-collabeurs également, les commentateurs professionnels des problèmes du Proche-Orient... Grandes gueules de l’antiterrorisme ! Tous ces spécialistes qui ne voyagent jamais ! « C’est tout à fait symptomatique de ce qui se passe dans la région », disent-ils. On en voit tous les jours dans l’émission C dans l’air, la bien nommée, où toujours les mêmes théoriciens du carnage viennent faire du catastrophisme sans jamais prendre parti. À côté d’une barbouze toujours habillé en Jacquard, il y a deux anciens des forces libanaises : un à fine moustache très serveur de soupe, et surtout un autre à proverbes avec une gueule de traviole. Sa bouche, à force de se tordre pour mentir, va finir par passer de l’autre côté de sa tête et se retrouver sur sa nuque ! Ça lui donne un air dégoûté, mais c’est lui qui est dégoûtant... Lorsqu’ils ne se gourent pas sur les événements, ces deux-là noircissent le tableau face à un Yves Calvi dont le boulot est de s’ébahir devant l’actualité et de traduire en langage journalistique leurs topos erronés ! Gueule-Tordue est d’autant plus « collabeur » qu’il n’est pas « beur » ! Il dit toujours aux Blancs : « excusez-moi », ce qui veut dire : « Pardon, mes frères arabes. »
Mais le pire de tous, c’est Mohamed Sifaoui, délateur professionnel, taupe des occidentalistes, mouchard dans l’âme, infiltreur corrompu qui se fait passer pour un héros parce qu’il traite Bush, Sharon et Ben Laden de « fascistes »... Employé du pire journalisme, faux *** absolu, il espionne les imams avec des caméras cachées. Sifaoui se présente comme enquêteur « au péril de sa vie » et les médias le reçoivent les larmes aux yeux et les paumes pleines d’applaudissements. Il faudrait récurer ses casseroles à celui-là aussi, parce qu’il doit en avoir de belles à son *** !
Les collabeurs sont prêts à tout pour entrer dans le cénacle médiatico-politique, car ils adorent la politique. Il n’y a pas que Malek Boutih le Tom Pousse-au-crime, celui que tous les banlieusards appellent « Malek Bounty » (noir dehors et blanc dedans). Il y a aussi sa « soeur » Loubdna Méliane, l’héroïne de « Ni ***** Ni Soumises », un titre de film non porno érigé en slogan féministo-laïc. « Ni ***** Ni Soumises » devait forcément s’associer à SOS Racisme et à Fun Radio. Ni ***** Ni Soumises ! Quand on s’intéresse un peu à la dénégation on sait ce que ça veut dire. Ça veut dire "***** et soumises" bien sûr. Attention, pas « ***** » au sens des Putains, arabes ou pas, qui se prostituent, avec ou sans mac, pour plein de raisons que les « Ni ***** Ni Soumises » ignorent et méprisent. Non, ****, au sens de « faire la **** » pour obtenir ce qu’elles veulent. Les ***** sont des ***** comme on est écrivain ou musicien de jazz, mais les « Ni ***** Ni Soumises » font les *****, nuance.
Ce mouvement est une insulte aux grandes Putains et aussi l’aveu que ces petites mijaurées du parti socialiste, en mal de reconnaissance médiatique, sont totalement soumises, et plus encore, se servent de quelques exemples de malheureuses filles arabes persécutées par leur frère ou leur père ignorants pour avoir un bon prétexte de bouffer enfin à tous les râteliers. La petite Méliane elle aussi veut sa part de gâteau. Collabeurette, elle déteste au fond toute forme de révolte, surtout si celle-ci prend l’aspect d’un voile. N’est-elle ni intelligente ni courageuse pour comprendre et dire que la plupart des filles musulmanes le portent non pas par obscurantisme, mais par signe ostentatoire d’indignation contre la « modernité » occidentale ? Elles se radicalisent par provocation et goût enfantin de la liberté contre leurs parents adeptes, par intérêt, d’un islam soluble dans la pseudo-démocratie à l’occidentale : c’est ça la vérité. Les « Ni ***** Ni Soumises », il faut voir leur comité de parrainage : les « intellos » les plus corrompus de ces vingt dernières années, la brochette de connards du monde « libre ». Loubna Méliane, aussi vicieuse-présidente de SOS Racisme, c’est la fille des cités, « française avant tout », et qui déteste qu’on lui rappelle ses origines, mais qui a fait tout son beurre (sans jeu de mots) sur elles. Elle veut être le nouveau visage souriant de l’intégration militante ! Elle est surtout médiatisée parce que c’est une « bonne cliente » depuis le lycée : elle a du bagout, la Méliane !
C’est le grand truc des collabeurs, ça : la parlotte creuse. Ils enfilent des phrases longues et « en colère » pour faire croire qu’ils ont quelque chose à dire. Et quelle putasserie ! Dans le genre grande gueule qui vend bien sa salade, le petit Rachid Djaïdani tient le pompon. Quel démago culotté ! Ce « bon client » squatte tout ce qu’il peut comme talk-show, jusqu’à gêner les plus chevronnés médiateux qui ne peuvent pas le foutre à la porte sans risquer de passer pour anti-beurs. Rachid, qui se veut « écrivain » et non rappeur, balance sa vibes en free style pour mieux pleurnicher de n’être pas encore assez vite une vedette du show-biz... Le complexe des Blancs est tel qu’ils le laissent faire, alors qu’ils pensent que Djaïdani n’est qu’une petite frappe de plus aux dents longues et aux *******s pas encore sorties. Parfait beubeur pour donner l’illusion d’une révolte arabe à des assemblées d’antiracistes professionnels. Son discours à ses « frères », c’est : « Existez, et la télé vous fera vivre ! »
Joli programme
révolutionnaire ! Ah, ils sont tous écoeurants. Il n’y a guère que Djamel Bouras peut-être, le judoka chaoui, qui ose un peu l’ouvrir. Et Rachid Taha qui avait fait jadis une parodie de Douce France de Charles Trenet à la sauce arabe. Lui seul semble avoir bien compris. Quand je l’ai rencontré, il m’a reconnu comme étant l’écrivain qui était allé en Irak. « Je ne t’ai pas vu là-bas ! » lui ai-je dit. « Les Arabes n’aiment pas les rebeus... » m’a-t-il répondu, lucide. J’aime bien ce complexe franchement avoué !
On est loin de Samy Nacéri embrassant Gérard Darmon avant de quitter le plateau d’Ardisson. Comme il s’était cru obligé, chez le même, de jurer sur le Coran (avec beaucoup de trémolos) qu’il épouserait sans problèmes une Juive (séquence coupée)... Et les Cheb Mami, les Khaled, les Faudel... Tous terrorisés à l’idée d’être associés à de vrais Arabes. Il faut rentrer dans le lard de tous ces petits cochons !...
Les Tariq Ramadan, les Mohamed Latrèche gênent les collabeurs car ils mettent en péril leur petit système anti-révolutionnaire et lucratif de collaboration. Le mot d’ordre des Arabes modérationnistes après le 11 septembre, c’est « Chut, surtout ne nous faisons pas remarquer ! » Ils se plaignent ensuite que les Blancs les considèrent tous plus ou moins comme des terroristes. Plus ils sont collabos, plus ils grimacent quand on leur rappelle leurs origines, ils mettent ça sur le dos de la lutte contre le racisme, mais c’est sous le poids de l’arrivisme qu’ils croulent. Regardez d’ailleurs comme ils sont ployés. Toujours alourdis par leur trahison alors que les autres sont droits.
C’est en refusant de s’appeler « beurs » que les Arabes se sentiront un peu plus « français ». Malgré ça, ils persistent à se revendiquer « beurs » comme si ça les protégeait du racisme, et que ça leur donnait le passeport d’être « moins arabes »...
Zidane est-il le plus grand collabeur ? Pas sûr... Au moins, le footballeur n’est-il pas dupe de lui-même : « J’ai de beaux yeux, mais faut pas que je parle... » Zinedine Zidane, le génie abruti ! Il y en a quelques-uns comme ça dans le jazz aussi... Sa seule subversion, c’est, parmi les onze, d’être le seul à ne pas chanter La Marseillaise pendant que l’hymne national retentit dans le stade avant le coup d’envoi de chaque match. Est-ce parce que le Kabyle Zizou aurait honte de chanter faux, ou bien parce qu’il aurait honte, en chantant, d’être faux ?... De toute façon, ça n’arrivera plus. Zidane vient à l’instant de quitter les Bleus pour aller non pas à Nadjaf, mais à Madrid. C’est déjà ça !
Non, le roi des « collabeurs », aujourd’hui, tout le monde le connaît : Jamel Debbouze ! Plus qu’une star, un exemple. L’ascension fulgurante du Maghrébin qui a réussi socialement, c’est Jamel qui la représente. Et par le rire, le meilleur moyen de ne jamais faire réfléchir. Et bien sûr le copinage show-biz tel qu’il existait avant lui, du temps où les Arabes n’avaient pas droit à la parole. Ils croient l’avoir désormais grâce à Jamel, mais la seule parole qu’on leur permet de lancer à la face du bourgeois « américano-sioniste » (comme dirait l’autre), c’est celle de l’ironique petit débrouillard d’Agadir ou du ouistiti d’Ouarzazate qui bondit de vanne en vanne et qui ne se sert surtout pas de sa puissante notoriété pour dire des choses importantes sur son peuple. Et qu’on ne me rétorque pas que les Arabes d’Irak ou de Palestine ne sont pas son peuple !
En secret, Jamel se sent coupable de ne jamais rien dire. Il pourrait le faire, lui, dont le cauchemar très kafkaïen est qu’on tape à sa porte un matin et qu’on lui demande de tout rendre : « C’est fini, on s’est trompé, c’était pas vous. » Bel aveu ! En effet, ce n’était pas lui le messie de la cause. Il a fait quelques vagues pour cacher qu’il ne savait pas marcher sur l’eau. Il voulait trop en croquer et plus il étale son rêve devenu réalité (avec un arrivisme bon enfant), plus les esclaves qui s’appellent eux-mêmes « Beurs » se réjouissent à l’idée que ça pour-rait leur arriver à eux aussi : thunes, bagnoles et gonzesses. Exactement comme les comiques et les acteurs blancs. C’est ça l’idéal ? Devenir une fripouille de plus, un alibi antiraciste supplémentaire pour les Négriers du Spectacle !
Jamel finira comme Coluche par raconter des histoires drôles devant des salles hilares d’avance. C’est le sort des faux subversifs, à la base complexés socialement. On ne peut pas faire plus beurement correct. Devant Dieudonné, la réaction spontanée de Jamel sur le plateau a été : « T’es le meilleur ! » La reculade c’est pour après, quand il a pris conscience non pas de l’ignominie du sketch, mais de ses conséquences. Jamel fait le jeu des disproportionnistes. Dans tous les magazines ensuite, il multiplie les propos collabeurationnistes. Par exemple ceux rapportés par le petit vilain YB qui lui aussi regrette d’avoir défendu Dieudonné dans son « roman ». Jamel : « Même ma mère, elle m’en a voulu d’embrasser Dieudonné après ce qu’il avait dit. » Ils se foutent de qui, ces Judas d’Allah ? YB fait la pub de son livre au second degré parce qu’il n’a pas eu le succès espéré et Jamel, entre deux léchages de la couronne du roi du Maroc, renie le seul humoriste qui sacrifie sa carrière de comique pour prendre la défense des Arabes ! On l’attend encore le duo sur scène de Jamel avec Gad Elmaleh - chouchou fuyard - sur le conflit israélo-palestinien ! Jamel ne s’en sortira pas toujours en ne faisant que le ramadan. Le spectacle s’intitulera « Les Juifs et les Arabes, ils s’aiment bien ». Ce qui veut dire, traduit du lacanien : « Ils se haïssent copieusement. »
On dirait que le seul but des Arabes français, c’est de sur-tout ne pas être considérés comme des voyous. Pour les colla-beurs, les deux ennemis sont Sarkozy et Ben Laden. Le premier les pousse à devenir des voyous et l’autre les en dissuade. Ils veulent être des gentils garçons qui aiment tout le monde, qui piquent gentiment les filles, qui ne sont surtout pas fanatiques (sauf du fric), qui aiment bien les Français, qui supportent le racisme avec le sourire et qui vont « colpi » en boîte de nuit le samedi soir. Des bons gars ! Finalement ce qu’ils aiment, c’est la Play Station et l’abbé Pierre. Tout ce qu’il y a de plus francaoui avec juste une « culture arabe » qui s’est réduite au thé à la menthe et à la danse du ventre, et un peu de repentance aussi, sans oublier un grand amour de la jeunesse.. . Jamel est pour le voile, mais comme c’est dit en déconnant personne ne le lui reproche. Les bien-pensants du Monde, de Télérama et du Nouvel Observateur y retrouvent leur compte. Ils essaient de faire le coup du comique politique et social, le bouffon grave qui dit des vérités avec l’élégance de l’arlequinade mais les fourberies de Scapin, on connaît. Grâce à Dieudonné, il avait l’occasion de devenir vraiment un Arabe subversif. Au lieu de ça, il a reculé, tellement effrayé à l’idée de retourner à Trappes, de revendre sa Ferrari noire et de ne pas être à l’affiche d’Astérix 14. Il faut qu’il donne des gages sinon il est foutu. Jamel ne peut rien dire. Un mot à côté, et il risque tout.
La devise de Jamel, la vraie, pas l’officielle anti-lepeniste, anti-riches, anti-flics, non, sa vraie direction dans la vie, son moteur personnel, c’est la phrase qu’il marmonne parfois dans sa barbe, pas trop près du micro, et qui résume bien toute son idéologie : « L’amour de ma mère et la chatte des meufs. »
Pas de pot, c’est dans le numéro de Paris Match où Saddam était exhibé comme un singe que Jamel a fait l’ouverture. Le gorille et le macaque. Un numéro de Paris Match particulière-ment abject. Entre l’édito d’Alain Genestar (Ô Roger Théron où es-tu ?), vantant la « victoire » américaine et une série de photos dénonçant les massacres de Saddam pour bien l’achever au moment de sa capture, Jamel Debbouze en plein triomphe ! Que pense-t-il, Jamel, au cabinet en feuilletant son numéro de Match, où sur une pleine page, on voit un pauvre Irakien abattu « glorieusement » par les GI à côté de sa photo à lui, l’« acteur français le mieux payé » ? Ça ne lui gâche pas un peu sa fierté ? C’est à ça que collaborent le plus les Arabes d’ici, à cette perpétuelle propagande de dénigrements, de négations, d’insinuations, de désinformations, toujours dans le même sens du désengagement politique et religieux (donc artistique). Jamel présente comme un exploit d’avoir le Coran dans la boîte à gants de sa Ferrari mais d’autres Arabes l’avaient sur le tableau de bord d’un Boeing 747. Ça semble ça, le boulot des collabeurs, surtout dissiper l’amalgame. « Vade retro Al-Qaida ! » Ils sont tous à vouloir un islam de France, propre et digne, anti-terroriste, friqué et cultivé. Désolé, ça ne suffit pas de lancer une marque de chaussures et d’en savater tous les plateaux de télévision entre deux gaudrioles, ou de retourner au Maroc pour renforcer encore la politique culturelle et cinématographique de ce « grand festival » (base arrière des requins maghrébo-américains), et lancer au passage des lunettes aux pauvres comme des bonbons.
Au fond, Jamel ne s’en remet pas d’avoir été pauvre à Trappes. Mais Trappes n’est pas la bande de Gaza, et bien qu’il se balade maintenant avec sa bande de gasous dans les beaux quartiers zazous, il le sait très bien, car il est tout sauf con, Jamel. Mais il n’est rien d’autre que « pas con ». Car si ne pas être con, c’est d’accepter de travailler avec des salauds, c’est qu’on est un peu salaud soi-même. Avoir ainsi droit à la parole, souvent en direct, dans les meilleures occasions télévisuelles et faire toujours le même numéro de clown perturbateur, c’est impardonnable. Son père était agent d’entretien, lui aussi finalement. Jamel est un agent du système d’******rie Générale et il a été engagé (à condition qu’il ferme bien sa gueule en ayant l’air de l’ouvrir) pour entretenir le public, lui nettoyer la tête.
C’est dans le néologisme que Jamel est le meilleur. J’espère qu’il sait ce qu’il dit quand il fait du Lacan marocain : « Je suis consécramé. » En effet... Sa déformation de mots, son humour est comme celui de tous ses confrères, c’est-à-dire une mise en boîte des autres et de lui-même. Il y en a marre de la mise en boîte. On aimerait bien que les pros de la dérision trouvent autre chose. Qu’ils sortent de leurs boîtes ! Résurrection ? Mais ils n’y croient pas assez... Le tchatcheur n° 1 de France sera toujours en banlieue dans sa tête. Hamdullilah ! Sa gloire, c’est de prendre la parole pour dire qu’il y a trop de cafards dans les cités. Toujours Kafka. Et s’il les métamorphosait en ce qu’ils sont vraiment, ces cloportes ? En Palestine, il n’y en a pas des cafards ? Qu’il voyage un peu, Jamel. D’ailleurs, je l’ai rencontré à la veille de la guerre en Irak...
C’est là que je suis tombé dessus l’après-midi, rue du Four. Il y avait Jamel Debbouze avec ses gardes du corps et Abdel-Kader Aoun aussi... Kader Aoun, c’est le bras droit de Jamel, si j’ose dire. C’est lui sa conscience politique. Juste ce qu’il faut, pas trop quand même. Il m’aime bien Kader, il me l’a dit. Seulement, il trouve que je manque de « finesse » (sic !). « Il faut y aller petit à petit, pas aussi frontalement que toi. » Kader me dit aussi que son idole, c’est Mohamed Ali. C’est peut-être parce qu’il tremble... Trente ans de retard ! Moi, ce serait plutôt Mohamed Atta. Jamel nous écoute, il porte une espèce de jaquette rouge en feutrine et une casquette orange. - Toi, tu saignes de la littérature.
On est mardi 18 mars 2003. Je sors de l’agence de voyage avec mon billet pour Damas. Je pars demain et j’ai mon visa pour l’Irak dans la poche. Je fais comme si ça me venait à l’es-prit, moi aussi je suis le roi de l’impro. Je dis à Jamel : « Tiens, ça serait une bonne idée d’aller en Irak ! Tu devrais y aller, au lieu d’être contre la guerre, tu y vas pendant ! Tu pars avec Zidane. Tous les deux, vous vous installez à l’hôtel Palestine... Les deux Arabes préférés des Français, ça aurait un certain effet ! » Le comique hésite : « Bagdad c’est pas con. Mais Zidane il faudrait d’abord lui greffer un veaucer. » Il ne va quand même pas me dire qu’il a des galas à honorer comme tous les autres « engagés » du show-biz, qu’il doit enregistrer avec Juliette Gréco comme Miossec ou bien que ses petites filles lui ont demandé de ne pas partir à la guerre comme l’a avoué Francis Lalanne. Ah ! Les enfants utilisés comme boucliers humains pour avoir un bon prétexte de ne pas risquer sa peau !... Non, Jamel est libre. Seulement, il n’est pas trop chaud...
Arborer un tee-shirt « No War in Irak » dans le quartier Mabillon lui suffit comme acte de résistance... Alors, qui y va ? Ah non, pas encore bibi ! D’accord. Jamel et Kader me regardent un peu incrédules mais ils savent bien que j’en suis cap’. Je fais comme si je me décidais là, à l’instant, devant eux, grâce à eux... Salut les mecs, vous m’avez convaincu, je pars demain pour Bagdad !
Marc-Edouard Nabe
13 août 2004
in J’enfonce le clou. Octobre 2004
vBulletin® v.3.6.5, Copyright ©2000-2008, Jelsoft Enterprises Ltd.
Tous droits réservés - Version française vbulletin-fr.org