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Iska
28/08/2015, 10h41
Maroc : Pourquoi un journaliste de l'AMJI est interdit de sortie du territoire ?

Samad Iach ne peut pas quitter le territoire nationale, a-t-il appris mardi alors qu’il s’apprêtait à embarquer à l’aéroport Mohammed V à destination de la Tunisie où il devait assister à une formation journalistique. Il dénonce une violation de ses droits.

Invité à prendre part à une formation sur les médias et le journalisme organisée du 26 août au 9 septembre par l’ONG néerlandaise Free Press Unlimited, le journaliste marocain Samad Iach a dû rebrousser chemin après son arrivée à l’aéroport Mohammed V mardi dernier. « Alors que je m’avance pour le contrôle de pré-embarquement, les agents de police me disent : '‘ le système affiche qu’il vous est interdit de quitter le territoire’’ », raconte-t-il à ********.
Il ne se reproche rien

Samad Iach ne recevra aucune explication. « Sans m’en dire plus, ils m’ont gardé pendant une heure. C’est seulement quand le vol a décollé qu’ils m’ont libéré », ajoute le journaliste.

La semaine dernière déjà, il avait été convoqué par la police judiciaire. « Ils ont dit que l’Etat m’accusait de déstabiliser les institutions constitutionnelles et de travailler pour des intérêts étrangers. Ils m’ont interrogé pendant plus de 10 heures, de 10h à 21h », explique le jeune journaliste.

Mais lui affirme qu'il n'a rien à se reprocher. Après un passage au Mouvement du 20 Février, il se consacre depuis au journalisme d’investigation. Il est actuellement en service chez Lakome2 et fait partie de l’Association marocaine du journalisme d’investigation (AMJI). « Je ne sais pas pourquoi l’Etat marocain m’accuse. Cela va à l’encontre de la promotion du journalisme citoyen au Maroc pour laquelle travaille l’association Free Press Unlimited. Je dénonce tout cela, parce que ce n’est pas légal », martèle Samad Iach.

Front Line Defenders inquiet

Pour l’instant, ni Free Press Unlimited, ni l’AMJI n’ont pour l’instant officiellement réagi. Pour sa part, l’association internationale pour la protection des défenseurs des droits humains « Front Line Defenders » a exprimé son inquiétude dans un communiqué publié ce jeudi. L'ONG se dit « préoccupée par les fausses accusations portées contre Samad Iach, par l'interdiction de voyager dont il fait l'objet, ainsi que par l'acharnement dont il est constamment la cible, car tout cela semble uniquement motivé par son travail pacifique en faveur des droits humains ».
Samad Iach est le deuxième membre de l’AMJI à se retrouver inquiété par les autorités, après Hicham Mansouri dont la condamnation en mai dernier continue d’être critiquée par les organisations internationales des droits de l’Homme.


ya biladi

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