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ben
18/08/2003, 17h45
Après la conquête de 1830, la capitale de l'Algérie déborde vite des limites de la Casbah, la forteresse turque. Une exposition de la nouvelle Cité de l'architecture, à Paris, retrace l'histoire urbanistique de la ville, depuis la destruction de l'antique El-Djezaïr jusqu'aux réalisations de Fernand Pouillon.
L'aquarium tropical est toujours logé dans le sous-sol, les bas-reliefs de Janniot sont en place et les salons meublés par Ruhlmann et Prinz sont intacts. Pourtant, l'édifice d'Albert Laprade a rompu avec son héritage : l'ancien pavillon d'accueil de l'Exposition coloniale n'abrite plus le Musée des arts d'Afrique et d'Océanie (MAAO) mais une préfiguration de la future Cité de l'architecture et du patrimoine. A-t-il vraiment rompu tous ses liens ?

La première exposition de la nouvelle Cité de l'architecture est consacrée à Alger, ville emblématique de l'ancien Empire français. Il s'agit, bien sûr, des hasards de la programmation : la manifestation est organisée dans le cadre de l'Année de l'Algérie. Elle a donc été pilotée par un couple franco-algérien, Jean-Louis Cohen, directeur de l'Institut français d'architecture, chef du projet de la future Cité, et Youcef Kanoun, directeur des études de l'Ecole polytechnique d'architecture et d'urbanisme d'Alger.

Leur ambition ? Retracer le développement urbain et architectural de la capitale algérienne, de la conquête française (1830) à nos jours. Le sujet est passionnant. Le port méditerranéen est en effet un cas d'école et la plupart des grands noms de l'architecture ont laissé des traces ici. Pour matérialiser les projets, les réalisations, l'évolution de la ville, les moyens sont modestes : des plans, des maquettes, des photos, des dessins, des affiches, des peintures ont été rassemblés dans les espaces incommodes de l'ancien MAAO.

Six sections chronologiques rythment l'irrésistible développement de la Ville blanche vers l'est depuis un siècle et demi. On sait qu'Alger est née de la Casbah, la forteresse turque qui dominait la ville médiévale, réseau de ruelles labyrinthiques, enfermée derrière ses murs. A peine débarqués, les Français entreprennent de créer une place d'armes (aujourd'hui, la place des Martyrs) et détruisent le centre historique de l'antique El-Djezaïr. La rénovation du quartier de la Marine (la basse Casbah) sera engagée au moment du centenaire de la conquête, en 1930. Au lendemain de la seconde guerre mondiale, il n'en restera plus rien.

Très vite, la ville sort de ses limites historiques pour gagner le front de mer. Par étapes successives, on retient le projet de l'architecte Frédéric Chassériau, qui propose de créer un boulevard le long de la mer. Napoléon III l'inaugurera en 1865. Cette espèce de rue de Rivoli maritime, avec ses immeubles à arcades, est reliée au nouveau port par un système de rampes monumentales, toujours impressionnantes. Une gare est installée en contrebas. Des immeubles emblématiques sont peu à peu construits sur le front de mer : Préfecture, Banque de l'Algérie, Casino-hôtel (l'ex-Aletti), Opéra (aujourd'hui le Théâtre national), palais des Assemblées. Derrière pousse le quartier d'Isly avec ses grands magasins et ses cafés.

Au début du XXe siècle, une vague néomauresque saisit Alger. On élève des édifices "arabisants" (la Grande Poste, le siège de La Dépêche algérienne, les Galeries de France...). En même temps, le centre d'Alger se déplace encore vers l'est, du côté du boulevard Khémisti (ex-Laferrière), où sera construit (par Jacques Guiauchain et les frères Perret) le Gouvernement général. C'est là aussi que l'entreprise Hennebique, pionnier du béton armé, mène des expériences de construction d'immeubles à ossature métallique. La rue Didouche-Mourad (ex-rue Michelet) escalade les collines avec des épingles à cheveux qui engendrent d'étonnantes séquences urbaines et de curieux édifices d'angle.

Plusieurs urbanistes (René Danger, Henri Prost, Tony Socard) essaient de rationaliser la croissance de la ville qui s'éparpille. Du coup, Alger devient le centre de débats urbains passionnés. C'est dans ce climat que débarque Le Corbusier. A partir de 1932, il va proposer un réaménagement radical de la ville. Son plan Obus prévoit l'implantation d'un quartier d'affaires à la Marine et d'une série d'immenses immeubles curvilignes sur les hauteurs ; dans ce projet un viaduc habité, véritable autoroute urbaine, surplombe la Casbah réduite à une simple citation et se déploie sur les collines, à mi-pente. Le Corbusier proposera, plus tard, d'autres solutions - dont un gratte-ciel assez beau, à implanter sur le quartier de la Marine.

Ses projets seront tous refusés, mais certains de ses principes seront retenus (notamment pour le malheureux quartier de la Marine), et les architectes algérois seront nombreux à les défendre. Parmi eux Pierre-André Emery, Jean de Maisonseul, Louis Miquel (l'un des auteurs de l'immeuble Aéro-habitat) ou Roland Simounet. L'un de ses disciples, Gérald Hamming, sera coresponsable du Groupement d'urbanisme de la région algéroise (GURA) mis en place au lendemain de la seconde guerre mondiale par Jacques Chevallier, le nouveau maire d'Alger. C'est ce dernier qui fera appel à Fernand Pouillon - honni des corbuséens - pour construire trois cités destinées aux populations musulmanes : Diar es-Saada, Diar el-Maçoul et Climat de France à Bab el-Oued.

Curieusement, l'exposition s'arrête pratiquement là. Elle évoque ensuite très rapidement les années qui suivent l'indépendance avec la résorption des bidonvilles de l'oued Ouchaïa par Anatole Kopp et Pierre Chazanof ; les plans d'extension vers El-Harrach et Bab Ezzouar de Brahim Ould Hénia et Rachid Sidi Boumédine ; les projets (avortés) du Brésilien Oscar Niemeyer, qui construisit néanmoins l'université de Bab Ezzouar. Mais elle occulte presque totalement les trente dernières années, c'est-à-dire la problématique d'une conurbation de 3 millions d'habitants, qui s'étend de manière anarchique jusqu'au cap Matifou, avalant au passage, dans le plus grand désordre, les riches terres agricoles de la plaine de la Mitidja. Manque de moyens ou excès de prudence politique ?

Emmanuel de Roux

"Alger, paysage urbain et architectures", Cité de l'architecture et du patrimoine, 293, avenue Daumesnil, Paris-12e. Tél. : 01-58-51-52-00. Tous les jours sauf mardi, de 10 heures à 18 heures. Jusqu'au 14 septembre.




Comment s'est bâtie Alger la Blanche
LE MONDE | 18.08.03 | 13h25


• ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 19.08.03

sheyla
26/09/2003, 19h53
Alger reprend des couleurs



Marc Pondaven
Agence France-Presse
Alger


Alger la blanche, dont le teint s'était quelque peu terni sous l'effet de la pollution et du laisser-aller dans l'entretien de ses immeubles, reprend des couleurs avec la campagne de ravalement et de peinture menée depuis trois mois.
les autorités ont lancé en juin un vaste chantier de rénovation des façades, notamment dans le centre où se trouve de magnifiques immeubles de type haussmannien, du nom d'Haussmann, préfet de Paris au XIXe siècle sous l'empereur Napoléon III, qui a donné son visage actuel à la capitale française.

Une armée de peintres s'est ainsi emparée d'Alger et continue de «badigeonner» sans plus, affirment sévèrement de nombreux algérois, alors que des travaux de fond sont plus que nécessaires pour un grand nombre de bâtiments.

Pour redonner une unité à la capitale, le choix s'est porté sur deux couleurs, le blanc pour les murs et le bleu outremer pour les balcons, les fenêtres et les persiennes, rappelant la Méditerranée s'étalant au pied de la ville enchâssée à flanc de colline au fond d'une baie. Sur ce choix unique, des critiques se font jour. Certains regrettent que l'on tombe dans l'uniformité absolue, même s'ils admettent que l'image d'Alger la blanche doit être préservée.

Des critiques aussi surgissent sur la méthode et le peu de temps consacré à ces ravalements «qualifiés souvent de cache misère».

Le quotidien Le Matin a cité le cas d'immeubles menaçant ruine qui ont tout de même été repeints comme rue Hassiba Ben Bouali, l'une des principales artères commerçantes d'Alger, alors que les habitants avaient dûment prévenu de leur état.

Des exemples aussi ubuesques sont nombreux. Des immeubles abritant des administrations publiques, incendiés lors de la manifestation rassemblant des centaines de milliers de personnes le 14 juin à Alger en faveur de la Kabylie, ont été vite repeints en blanc pour effacer les traces d'incendie avant de refaire les intérieurs.

Les algérois prennent cette situation avec philosophie et humour, habitués au fonctionnement chaotique de leur administration, d'ailleurs souvent dénoncé par le président Abdelaziz Bouteflika. «Une fois de plus, on cache la misère sans s'attaquer au fond des choses», note un vieil algérois. «On a l'habitude dans notre pays quand il faut parer au plus pressé on badigeonne. C'est d'ailleurs la méthode adoptée quand le président se rend en visite dans les régions. Au moins pour la capitale on voit les choses en plus grand. Cela donnera un coup jeune pour quelques mois avant que la pollution efface tous ces efforts», ajoute, un peu désabusé, ce témoin.

Effectivement, Alger, qui connaît une importante pollution en raison de la circulation très dense avec des véhicules souvent hors d'âge, crachant d'impressionnants nuages de fumée, est rongée par ce fléau, alors que certains jours s'incruste de la poussière portée par les vents de sable du Sahara.

:roll:

Maqnine Ezzine
28/09/2003, 07h46
Des passages quelque peu ''propagandistes'' et des infos dénuées de tout fondement concernant la marche avortée des manifestants du 14 juin. Ce sont les nervis de Zerhouni qui ont mis à sac la ville...
Alger, Dzayer, la blanche, El Bahdja, a, hélàs, perdue de sa superbe. Mal gérée, par des incompétents, elle dérive inexorablement vers une bidonvilisation voulue.
Ça fait mal au coeur mais c'est ainsi: Alger a été déformée par les gouvernants et aussi, faut dire les choses, par l'incivisme criards des résidents.
L'architecture de la ville en prend un sacré coup. On se dit:' Et si les français n'étaient pas venus??''.
Allez, je préfère me souvenir Dzayer leqdima:)

Pour la petite info: le nom d'Alger, Dzayer, n'a absolument rien à voir avec les lubies des uns et des autres.
Dzayer n'est en fait qu'une déformation linguistique des refondateurs de la ville, les Zirides.
Dzayer ---Zayer --Izayiren. Le Z est devenu DZ.
Parceque les îles, ça ne court pas au large de la ville!

MGuerri
21/09/2004, 20h58
pardon mes freres juste un essai pour l ordi
mais alger s est batti de sueues et de peines

bien a vos merci de votre comprehention

marie

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