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Thirga.ounevdhou
15/01/2007, 16h07
Tendance financière de Rafik Elias :

Le monde économique est de plus en plus menacé par de grands chocs comme les changements climatiques, le terrorisme, une pandémie ou un nouveau choc pétrolier, selon un rapport publié mercredi par le Forum économique mondial et de grandes sociétés financières.

Lundi 15 Janvier 2007

La montée de ces risques s’explique par une action inadéquate des gouvernements et du monde des affaires, selon le rapport intitulé «Risques mondiaux 2007». Le rapport a été rédigé par le Forum qui organise chaque année fin janvier le sommet de Davos (est de la Suisse), ainsi que par des entreprises comme le réassureur Swiss Re, la banque Citigroup et la société de Bourse américaine Marsh & McLennan. «Les experts estiment que le niveau de risque augmente dans presque chacun des 23 secteurs que ce groupe de surveillance a observé l’an dernier», indique le rapport. Mais les mécanismes de gestion des risques mis en place par le monde des affaires et les responsables politiques sont «inadéquats», ajoute le texte, en précisant que si «l’économie mondiale a progressé à un rythme jamais égalé ces dernières années, elle reste vulnérable».
Selon le rapport, les changements climatiques sont «l’un des plus grands défis du 21ème siècle». Associés à de violentes tempêtes, une pénurie d’eau et à la montée du niveau des océans, ils risquent d’avoir un impact «allant bien au-delà de l’environnement».
Des progrès récents dans la prévention des risques en matière de coordination internationale contre le terrorisme et le trafic de drogue ou de surveillance épidémiologique ont été qualifiés de simples avancées «tactiques».
«Ces avancées tactiques peuvent être illusoires et sont certainement temporaires», observe le rapport. Les plus gros risques humains au cours des 10 prochaines années sont les maladies, avec potentiellement plus d’un million de morts supplémentaires, les guerres, le manque d’eau potable et les décès liés au terrorisme et au crime international. La probabilité d’un krach boursier, qui coûterait plus de 1 000 milliards de dollars, a été classée en bas d’une échelle des risques. Un nouveau choc pétrolier ou un atterrissage brutal de l’économie chinoise ont été classés plus haut dans l’échelle de probabilité, et pourraient coûter au monde entre 250 ou 1 000 milliards de dollars.
D’un autre côté, l’Afrique ne parviendra pas à atteindre les objectifs de développement du millénaire (OMD) en 2015 malgré des perspectives de croissance à plus de 5% pour 2007, souligne la Commission économique pour l’Afrique (CEA) dans un rapport publié vendredi à Addis-Abeba. «L’économie africaine devrait croître de 5,6% en 2007, à la même allure qu’en 2006, continuant ainsi sur sa lancée des trois dernières années ; ce qui constitue un tournant radical après des décennies de stagnation économique», relèvent des économistes de l’ONU dans leur dernier rapport «Situation et perspectives de l’économie mondiale 2007» publié vendredi.
Mais cette perspective de croissance est en partie faussée et tirée vers le haut par les pays africains producteurs de pétrole. Selon ce rapport, «la croissance de l’Afrique reste insuffisante pour atteindre les objectifs de développement qui réduiront de façon sensible la pauvreté et amélioreront les conditions de vie sur le continent». «La plupart des pays africains ont été incapables de maintenir des taux de croissance suffisamment élevés à moyen terme», explique le rapport qui souligne que «de 1998 à 2006, seuls 7 pays sur les 52 que suit la CEA ont atteint un taux de croissance réel du PIB de plus de 7% en moyenne.» Le rapport déplore que le fort taux de croissance «n’ait pas débouché sur les créations d’emplois attendues», ce qui aggrave la pauvreté.
Pour Hakim Ben Hammouda, directeur de la division commerce, finances et développement économique de la CEA, «le chiffre de 5,6% est une moyenne tirée vers le haut par les pays producteurs de pétrole, alors que les autres pays du continent ont un niveau de croissance relativement faible». «Pour réduire la pauvreté de moitié d’ici à 2015, nous estimons qu’il faut une croissance de 7% bien répartie entre les pays, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui», souligne-t-il également. Ce déséquilibre entre pays pétroliers et non producteurs en Afrique fausse aussi la part réelle du continent dans le commerce mondial.
«La part de l’Afrique reste faible à environ 2% du commerce mondial et la tendance n’est pas à l’amélioration», note M. Ben Hammouda, relevant que «les pays producteurs de pétrole sont aussi de gros importateurs, alors qu’ils devraient investir davantage dans les secteurs sociaux et industriels».
«Cette situation doit changer et les pays africains doivent développer leur secteur industriel, leurs industries de transformation», dit-il.
La CEA insiste également sur la nécessité d’améliorer les infrastructures pour tenter de retourner la situation macroéconomique de l’Afrique. «L’Afrique a une densité routière de 7 km au 100 km2, alors qu’elle est de 12 km en Amérique latine et de 18 km en Asie […] et moins de 30% de la population africaine dispose de l’électricité», relève le rapport. «Ce manque d’infrastructures efficaces entrave sérieusement les capacités de l’Afrique à parvenir à des taux de croissance élevés et durables, qui sont une condition décisive pour atteindre les objectifs de développement nationaux», conclut-il.
Au niveau boursier, ces rapports n’ont pas eu d’effet. Ainsi, la Bourse de New York a terminé la semaine sur une note positive, aidée par la dégringolade du pétrole et un plus grand optimisme des courtiers à l’approche de la vague de résultats financiers qui va déferler sur le marché à compter de la semaine prochaine. Sur la semaine écoulée, l’indice des 30 valeurs vedettes, le Dow Jones Industrial Average (DJIA), a pris 1,27%, terminant vendredi à 12 556,08 points, un nouveau record. L’indice composite du Nasdaq a, lui, progressé de 2,82% sur la semaine, pour clôturer à 2 502,82 points. L’indice élargi Standard and Poor’s 500 (SP 500) a gagné 1,49%, finissant la semaine à 1 430,73 points. Sur le marché obligataire, le taux de rendement du bon du Trésor à 10 ans est monté à 4,771% et celui à 30 ans à 4,861%. Bien qu’écourtée d’une séance en raison de la journée de commémoration de Martin Luther King lundi, la semaine à venir s’annonce d’ores et déjà chargée en indicateurs économiques, avec les prix à la production, à la consommation, la production industrielle, les constructions de logements, l’indice de l’activité industrielle de la région de Philadelphie, la confiance des consommateurs… Mais, à ne pas s’y tromper, «l’attention sera sur les résultats de sociétés», assure un analyste chez Cantor Fitzgerald. Après un démarrage en douceur cette semaine, la saison des résultats va, en effet, monter sérieusement en puissance lors de la semaine à venir. «L’anticipation de bons résultats pour le quatrième trimestre est une des raisons pour lesquelles le marché est en hausse», estime un analyste chez AG Edwards. Les investisseurs sont encouragés par la dégringolade des cours du pétrole, qui ont reflué de plus de 8 dollars (-13%) entre la fin de l’année dernière et leur cours de clôture de vendredi. «Bien qu’arrivant probablement trop tard pour profiter aux résultats du quatrième trimestre, la chute des prix de l’énergie pourrait inciter les sociétés à émettre des prévisions plus optimistes, ce qui pourrait doper le marché encore un peu plus», remarque un stratège chez D.A. Davidson & Co. Selon un analyste chez Johnson Illington Advisors, un pétrole moins cher permet aussi de compenser la morosité du marché immobilier et de soutenir la consommation. «C’est comme une baisse d’impôt, cela met plus d’argent dans la poche du consommateur», résume-t-il.
En outre, «beaucoup d’investisseurs qui quittent le marché du pétrole cherchent un autre endroit où jouer, et cet argent afflue vers le secteur technologique, ce qui soutient le marché actions», explique l’analyste de Cantor Fitzgerald. «A court terme, nous allons probablement assister à de nouveaux flux d’argent» vers le marché boursier, estime-t-il.
Toutes ces raisons expliquent pourquoi les investisseurs sont de plus en plus optimistes quant aux perspectives de la Bourse et de l’économie en général. Les analystes mettent cependant en garde contre un risque de surévaluation du marché à court terme. «Après cinq mois de hausse continue, il y a peu de place pour l’erreur», prévient l’analyste de Cantor Fitzgerald.
En Angleterre, la Bourse de Londres a terminé en légère hausse vendredi, le marché semblant notamment accueillir avec plaisir l’annonce de la nomination de Tony Hayward, le directeur de l’exploration et de la production, pour succéder à Jon Browne à la tête du groupe. L’indice Footsie 100 des principales valeurs a terminé en hausse de 8,9 points, soit 0,14%, à 6 239 points. Le volume des affaires a été solide, avec 3 477 milliards d’actions échangées en 424 584 transactions.

- La Tribune

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