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Voir la version complète : MAROC:Energies renouvelables Les Américains s’apprêtent à entrer dans la course


haddou
20/09/2016, 18h58
Les officiels et experts multiplient les contacts des deux côtés
Programmes d’échange et de R&D
Un marché jusque-là dominé par les entreprises européennes

Les Américains briguent des marchés dans les énergies renouvelables au Maroc. Opérateurs et officiels s’activent des deux côtés, marocain et américain, à la veille de la COP22. Une délégation marocaine représentant ce secteur (Masen, ONEE…) était d’ailleurs en déplacement à Las Vegas la semaine dernière. En même temps, l’envoyé spécial américain pour la Science était en visite au Maroc. Cette effervescence à quelques semaines de la COP22 n’est pas fortuite. Elle vient confirmer les ambitions des Américains en termes d’investissement dans ce secteur.*

«Cette visite va nous permettre d’abord de mieux connaître les initiatives et les projets déjà en cours. Le Maroc s’apprête à organiser la COP22 en novembre prochain et bien évidemment il sera en quête de nouveaux partenaires», tient à rappeler Daniel Kammen, envoyé spécial américain pour la Science, qui était en déplacement au Maroc du 13 au 16 septembre dernier.

Partenariats dans plusieurs niches

Au programme de sa visite, une série de rencontres avec Mustapha Bakkoury, président du directoire de l’Agence marocaine de l’énergie solaire (Masen), Abdelkader Amara, ministre de l’Energie, des Mines, de l’Eau et de l’Environnement, et Said Mouline, directeur de l’Agence nationale pour le développement des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique (Aderee). «Je pense qu’aujourd’hui, il existe plusieurs niches sur lesquelles le Maroc et les Etats-Unis pourront développer des partenariats», poursuit l’envoyé spécial.

Il faut dire qu’à l’exception de General Electric, les entreprises américaines sont peu ou pas présentes sur ce secteur où les entreprises espagnoles (Abengoa, Gamesa…), françaises (Engie, EDF...), italienne (Enel), allemande (Siemens) et saoudienne (Acwa Power) sont largement dominantes. Sans compter des multinationales comme Mitsui (Japon), Daewoo (Corée du Sud)…
«Nous avons une expérience sur le continent africain dans le domaine de l’énergie propre qui pourra intéresser le Maroc. Nous sentons déjà cet intérêt chez les responsables marocains», confie Daniel Kammen. Selon cet expert, «le développement d’une agriculture durable, le transport, la technologie propre… pourraient servir d’accélérateurs», précise-t-il. Les Américains se préparent à entrer dans la course? Tout porte d’ailleurs à le croire. D’autant plus que la COP22 serait l’occasion idéale pour annoncer de possibles projets dans ce sens.

En tout cas, dans la R&D, les contours commencent déjà à se clarifier. «Nous venons juste d’entamer des discussions avec des responsables et opérateurs marocains. Nous mettons l’accent sur les possibilités de sceller des partenariats dans le domaine de la recherche et la coopération universitaire», annonce Kammen.

En attendant les investissements de l’Oncle Sam, des programmes d’échanges seront organisés au profit des étudiants et professeurs marocains avec des universités américaines. C’est un fait: l’Etat est déterminé à propulser les investissements dans le marché des énergies nouvelles. A l’horizon 2030, ce sont 52% du bouquet énergétique qui devraient provenir de sources renouvelables. Toutes les filières majeures seront servies, du solaire à l’éolien, en passant par l’hydroélectrique et la biomasse.

De grands chantiers de développement énergétiques, qui présentent de réelles opportunités d’investissements, particulièrement pour les entreprises privées nationales et internationales, sont lancés. Pour réaliser ses objectifs, le secteur aura besoin de 40 milliards de dollars sur les 15 prochaines années, dont les trois quarts pour les énergies renouvelables.


l'économiste

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