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Harrachi78
20/12/2016, 17h38
Rémy LEVEAU
in : Revue de l'Occident Musulman et de la Méditerranée. 33, 1982-1


L'étude de la stratification sociale dans les pays du Maghreb au 19e siècle et au début du 20e siècle nous amène en premier lieu à poser le problème du cadre d'analyse. L'Algérie, le Maroc et la Tunisie sont aujourd'hui constitués en Etats-nations, suivant un processus d'évolution que la décolonisation n'a fait que renforcer en empruntant beaucoup à l'héritage culturel et administratif français.

Si nous plaçons le point de départ de cette étude au 19e siècle, en recherchant notamment les effets des réformes entreprises dans ces sociétés soit sous l'impulsion directe du colonisateur, soit pour tenter d'éviter sa domination, nous nous apercevons que le concept d'Etat-nation anticipe grandement sur l'évolution future. Par contre, le concept de dépendance ou de domination exercée par les puissances européennes semble se situer d'emblée au coeur de l'analyse. Non seulement il conditionne les changements entrepris pendant cette période, mais il influence également les relations entre les groupes sociaux qui bénéficient ou subissent l'effet de ces transformations.

[...] Cette approche nous conduira à analyser tout d'abord, dans la société algérienne, les facteurs qui introduisent ce changement de la façon la plus traumatisante, préfigurant l'évolution que subiront les deux pays voisins. Le point essentiel de ce changement est sans doute la création d'une bourgeoisie coloniale de substitution autour de laquelle s'organise la clientèle des différents groupes de la société colonisée qui assurent leur survie ou l'espoir de leur renaissance en bénéficiant des privilèges marginaux que leur laisse le secteur dominant.

S'appuyant sur le modèle algérien, l'étude portera donc dans un premier temps sur les effets de domination exercés sur la société colonisée. L'on s'efforcera ensuite de dégager les facteurs qui contribuent à orienter vers un nouveau pôle l'articulation des différentes couches de cette société, préparant aussi bien la décolonisation que la structuration des nouveaux Etats nationaux qui en prendront la suite. Chronologiquement, cette étude s'arrêtera à la première guerre mondiale qui constitue une coupure significative. La période étudiée est suffisante pour analyser les forces mises en oeuvre et leurs effets. Elle permettra aussi une comparaison plus facile avec l'évolution de l'Empire Ottoman.


Pour lire l'article en entier : http://www.persee.fr/doc/remmm_0035-1474_1982_num_33_1_1942

Carthage
23/12/2016, 10h29
Cette approche nous conduira à analyser tout d'abord, dans la société algérienne, les facteurs qui introduisent ce changement de la façon la plus traumatisante, préfigurant l'évolution que subiront les deux pays voisins. Le point essentiel de ce changement est sans doute la création d'une bourgeoisie coloniale de substitution autour de laquelle s'organise la clientèle des différents groupes de la société colonisée qui assurent leur survie ou l'espoir de leur renaissance en bénéficiant des privilèges marginaux que leur laisse le secteur dominant.

Le livre "Le Véloce" d'Alexandre Dumas parle aussi du début de la colonisation Française de l’Algérie et les traumatismes sociaux liés à cet événement majeur.

Les Français avaient épargné les élites et la bourgeoisie Tunisienne et Marocaine, mais, ils avaient essayé de détruire la société Algérienne (Une bonne partie des élites avait quitté l’Algérie Française vers la Tunisie,le Maroc, l'Egypte et la Syrie).

Harrachi78
23/12/2016, 10h42
Il se trouve que l'Algérie tombe très tôt et elle a constitua une véritable ouverture de bal pour l'âge d'or de des impérialismes coloniaux européens.

Cinquante ans séparent la prise d'Alger par les français de l'instauration de leur protectorat en Tunisie. Ils avaient beaucoup appris de leur expérience algérienne et ils n'ont pas refait l'erreur de s'engager dans une conquête militaire qui fut à la fois longue et coûteuse.

L'Algérie fut l'école, la Tunisie constitua la vitesse de croisière et le Maroc fut le point culminant !

zwina
23/12/2016, 11h09
L'Algérie fut l'école, la Tunisie constitua la vitesse de croisière et le Maroc fut le point culminant !

Crois tu qu'il soit possible de renverser les vapeurs ?

Harrachi78
23/12/2016, 11h47
Il me semble que l'affaire est clause, depuis 1956 pour la Tunisie et le Maroc et depuis 1962 pour l'Algérie. Qu'est-ce qu'il faudrait inverser ?

zwina
23/12/2016, 11h52
Les mentalités qui continuent de perpétuer la dépendance et la domination exercée par les puissances européennes.

Harrachi78
23/12/2016, 12h35
C'est juste l'aspect sociologique qui m'intéresse ici et essetiellement dans une perspective historique.

Carthage
23/12/2016, 14h17
C'est juste l'aspect sociologique qui m'intéresse ici et essentiellement dans une perspective historique.

Le cas de chaque pays est à part.

- Algérie : Destruction de la société et de sa culture d'une façon très brutale.

- La Tunisie : Électrochoc suite au drame Algérien de 1830, tentatives de restructuration et de redressement (trop ambitieux pour les moyens du pays) qui ont abouti à la faillite, et par voie de conséquence au protectorat Français.

Cependant, malgré le nombre de victimes et la brutalité de l'occupation Française, la Tunisie Arabo-musulmane a été sauvée par cette occupation !!.

J'explique : Les italiens étaient sur le point d’assimiler une grande partie de la Tunisie par l'installation de près de 100 000 Italiens au nord de la Tunisie et les mariages mixtes (le même cas que la Sardaigne).

L'occupation Française a mis en échec le plan des Italiens (ce qu'on appelle : la gifle de Tunis, Google : Gifle de Tunis ), sans l'occupation Française, le nord de la Tunisie aurait connu le même sort que "ceuta et melilla", mais il s'agit de superficies beaucoup plus importantes.

zwina
23/12/2016, 14h59
malgré le nombre de victimes et la brutalité de l'occupation Française, la Tunisie Arabo-musulmane a été sauvée par cette occupation !!.

Disons plutôt que la Tunisie Arabo-musulmane est l'épouvantail de l'occupation française qui a permis de neutraliser toute opposition. Le printemps tunisien 2011 en est la dernière démonstration.

Carthage
23/12/2016, 15h10
@ zwina,

Disons plutôt que la Tunisie Arabo-musulmane est l'épouvantail de l'occupation française qui a permis de neutraliser toute opposition. Le printemps tunisien 2011 en est la dernière démonstration

Opposition à quoi ? au modèle wahhabite ?

Les Tunisiens d'aujourd’hui ne sont pas d'accord sur les questions identitaires, suite au printemps "Arabe", on a voulu imposer un mode de vie aux Tunisiens par la force et c’était l’échec...

Selon les déclarations de Ennahdha (déclarations officielles), ce courant représente 30% de la population totale. ce qui veut dire que 70% sont contre.

Aujourd'hui la mondialisation est un fait, les chinois et la japonnais l'ont accepté malgré leur grand attachement à leurs racines et à leur culture.

L'enfermement identitaire d'une partie des Algériens est "à mon avis" une réaction aux brutalités de l'occupation française et à la tentative de destruction de la culture Algérienne.

zwina
23/12/2016, 15h37
Opposition à quoi ? au modèle wahhabite ?

A l'époque les médias parlaient du "printemps tunisien" comme une opposition au président Benali et son clan pas au wahhabisme ni au qatarisme Puisqu'aux élections qui suivirent Ennadha était donné vainqueurs même auprès des tunisiens de Paris alors que l'opposition dénonçait une triche organisée.

sentenza
23/12/2016, 15h49
hello tout le monde
Je n'arrive pas à accéder au lien posté par Harrachi, je tenterai plus tard.
Les impacts du colonialisme en Afrique du Nord ont été les plus désastreux en Algérie, comme déjà précisé plus haut, aussi bien sur les aspects humains, sociologiques, culturels que linguistiques.

Imbrabden
23/12/2016, 20h05
bizarrement tout le monde est conscient des effets desastreux du colonialisme sur notre société , et sur la politique de notre pays
Mais parallèlement a ça , les solutions qu'ils proposent pour "contrer" ces effets, sont eux aussi inspirés de l'Occident

katiaret
23/12/2016, 20h20
C'est juste l'aspect sociologique qui m'intéresse ici et essetiellement dans une perspective historique.

ce sont les effets des accords Sykes-Picot aux yeux des nationalistes arabes aveugle...

katiaret
23/12/2016, 20h44
bizarrement tout le monde est conscient des effets desastreux du colonialisme sur notre société , et sur la politique de notre pays
Mais parallèlement a ça , les solutions qu'ils proposent pour "contrer" ces effets, sont eux aussi inspirés de l'Occident
quel j'or d'impédance reste il't a imposer a cette société qui perd sa boussole !

snake78
23/12/2016, 21h24
L'enfermement identitaire d'une partie des Algériens est "à mon avis" une réaction aux brutalités de l'occupation française et à la tentative de destruction de la culture Algérienne.

"L'enfermement identitaire" est en train de gagner du terrain partout, les gens rejettent de plus en plus cette mondialisation sauvage qui fait de l'humain juste un consommateur sans identité et sans culture. Et qui fait de lui un esclave.
Trump au Etats Unis, montée en puissance des parties nationalistes en Europe et en Russie, ce n'est pas une spécificité algérienne.
Nous algériens avons toujours été fiers de nos traditions et de notre culture.

Badis
24/12/2016, 00h04
Cinquante ans séparent la prise d'Alger par les français de l'instauration de leur protectorat en Tunisie. Ils avaient beaucoup appris de leur expérience algérienne et ils n'ont pas refait l'erreur de s'engager dans une conquête militaire qui fut à la fois longue et coûteuse.

L'Algérie fut l'école, la Tunisie constitua la vitesse de croisière et le Maroc fut le point culminant !


Je ne comprends pas.
La France s'est surtout cassée militairement les dents en tentant de coloniser le Maroc profond, pas ailleurs.
Au Maroc l'innovation a été politique en domptant et intronisant les Alaouites sur l'ensemble du territoire.


Quant au sujet de l'article, c'est la destruction de la structure tribale qui est l’événement le plus impactant.

Osvaldo
24/12/2016, 00h20
Ils avaient beaucoup appris de leur expérience algérienne et ils n'ont pas refait l'erreur de s'engager dans une conquête militaire qui fut à la fois longue et coûteuse.

comment ca longue? toutes les grande villes du deylicat d'alger sont tomber en moins de 5 ans(alger en 1 jour) et le reste des villes ottomanes ont été soumises par les francais en une decennie à peu prés...c'est moins que les ~30 ans qu'ils ont passé a essayé de "pacifier" le maroc entre 1907 et 1935.

Osvaldo
24/12/2016, 00h36
Au Maroc l'innovation a été politique en domptant et intronisant les Alaouites sur l'ensemble du territoire.

tu fais allusion au rif zaama? :lol: je te rapelle que moulay ismail et mohammed 3, par exemple pour ne citer que ces sultans alaouites du 17/18eme siecle, s'ils ne contrôlaient pas le rif ils n'auraient jamais déplacé leur armée et leurs mercenaires :) pour assieger melilla ou d'autres villages(comme le tiens velez) tenus par les espagnols.

http://img11.hostingpics.net/pics/11447318m3.png

Carthage
24/12/2016, 12h52
Citaion de Imbrabden :

bizarrement tout le monde est conscient des effets desastreux du colonialisme sur notre société , et sur la politique de notre pays
Mais parallèlement a ça , les solutions qu'ils proposent pour "contrer" ces effets, sont eux aussi inspirés de l'Occident


Citation de snake78

"L'enfermement identitaire" est en train de gagner du terrain partout, les gens rejettent de plus en plus cette mondialisation sauvage qui fait de l'humain juste un consommateur sans identité et sans culture. Et qui fait de lui un esclave.
Trump au Etats Unis, montée en puissance des parties nationalistes en Europe et en Russie, ce n'est pas une spécificité algérienne.
Nous algériens avons toujours été fiers de nos traditions et de notre culture.

1) Les faits :
- L'age d'or de la civilisation Arabo-musulmane est très probablement entre 800 J.C et 1000 J.C, à partir de l'an 1000 la régression avait commencé et jusqu’à nos jours, on ne voit pas encore de prémisse de renaissance.

- Au 14/15eme siècle, l'occident a vu le commencent d'une renaissance culturelle et technique très importante.

Ceci avait engendré une différence énorme entre les deux civilisations (Ex : Guerre de Lépante de 1571), le phénomène s'est accéléré par la suite ...

En 1830, la différence au niveau du progrès technique entre occident et orient, a rendu la colonisation inévitable.

2) Réaction des Maghrébins par rapport à la colonisation :
On distingue deux grands groupes, ils partagent tous les deux le sentiment d'injustice et du manque d'humanisme du colonisateur.

Cependant, leur réaction par rapport au retard de la civilisation Arabo- musulmane, n'est pas la même.

- Je fais parti du groupe, qui veut s'inspirer des points positifs de la civilisation occidentale afin de contribuer au déclenchement d'une renaissance de la civilisation locale (Maghreb).

- Un 2eme groupe, nie toute décadence de notre civilisation, et au même temps, pense que la seule issue possible, c'est le retour aux racines...

Ce même débat existe aussi en Asie (mais à un degré moindre), je cite à titre d'exemple, les développements des deux villes Japonaises Kyoto et Tokyo.

Je pense que le Maghreb a besoin plus que jamais d'une renaissance culturelle et technique qui peut nous hisser au même rang que les autres Nations.

zwina
24/12/2016, 13h09
- Je fais parti du groupe, qui veut s'inspirer des points positifs de la civilisation occidentale afin de contribuer au déclenchement d'une renaissance de la civilisation locale (Maghreb).

Je pense que le Maghreb a besoin plus que jamais d'une renaissance culturelle et technique qui peut nous hisser au même rang que les autres Nations.

Alors nous faisons partis du même groupe. Pour nous hisser au même rang que les autres nations, il faut effectivement utiliser les points positifs des civilisations pour décoloniser les esprits. La société civile doit prendre son destin en main et être acteur du changement.

Osvaldo
24/12/2016, 15h56
à partir de l'an 1000 la régression avait commencé

c’était pas plutôt durant le 13eme siecle avec l'invasion mongole et les guerres saintes en andalousie(le temps ou les europeens devaient s'allier entre eux et supplier le pape pour appeler a à la croisade pour pouvoir contrer les almohades chez eux :):cry:)

Osvaldo
24/12/2016, 15h58
sinon en ce qui concerne le maroc ou allah ou aalam, la régression a commencé avec la défaite de 1212(navas de tolosa) et la chute des almohades et s'est accentué avec la défaite des merinides en 1340(rio de salado), c'était la dernière fois que l'armée marocaine pose ses pieds en iberie je crois. depuis ça toutes les batailles opposants les espagnols/iberiens aux marocains se sont déroulées en terre marocaine, même le petit portugal avait commencé a s'aventurer au maroc un certain temps( bataille des 3 rois).

benam
28/12/2016, 19h53
Deux remarques sur le texte:
— Il parle de déstructuration/restructuration des sociétés maghrébines pré-coloniales mais ne donne aucune description même sommaire de ces sociétés, si ce n'est quelques indications "par la bande" (parfois très vagues comme par exemple: "système deylical caractérisé par un consensus fragile et incertain".)

— La notion de "bourgeoisie de substitution" permet à l'auteur de dédouaner en partie la "bourgeoisie coloniale" dont l'action la plus importante se serait ainsi réduite à "remplir le vide" qui aurait résulté de l'élimination de la "bourgeoisie turque" et de la "défection bourgeoisie maure" qui a choisi l'exil.

Badis
28/12/2016, 20h14
tu fais allusion au rif zaama? je te rapelle que moulay ismail et mohammed 3, par exemple pour ne citer que ces sultans alaouites du 17/18eme siecle, s'ils ne contrôlaient pas le rif ils n'auraient jamais déplacé leur armée et leurs mercenaires pour assieger melilla ou d'autres villages(comme le tiens velez) tenus par les espagnols.


Il n'y a a jamais eu d'autorité directe makhzenienne, par contre les tribus pouvaient reconnaître l'autorité spirituelle des charlatans.
Ce à quoi tu fais allusion c'est le jihad face au Roumi qui seul réussissait à transcender les rapports internes, et pas toujours. Il suffit de voir toutes les batailles contre les chrétiens que les tribus ont mené seules. Et surtout comment ont fini les Alaouites, dans le lit du colon, contre les tribus qui pourtant les appelaient à la rescousse.

Le dit bled siba était autonome et avait ses propres lois tribales. Que le makhzen réussisse ponctuellement à intervenir pour racketter c'est autre chose; le principe des racailles qui viennent à plusieurs pour dépouiller mais doivent se casser aussitôt.

elfamilia
05/01/2017, 01h09
sentenza, salut,

Est-ce que tu as réussi à accéder au texte ?

On pourrait peut-être te le faire parvenir autrement.


— La notion de "bourgeoisie de substitution" permet à l'auteur de dédouaner en partie la "bourgeoisie coloniale" dont l'action la plus importante se serait ainsi réduite à "remplir le vide" qui aurait résulté de l'élimination de la "bourgeoisie turque" et de la "défection bourgeoisie maure" qui a choisi l'exil.

benam,
Assegwas ameggaz,

Je ne crois pas qu'il y a une volonté de l'auteur de dédouaner la bourgeoisie coloniale. Il affirme sans ambages que c'est la colonisation, sa violence et sa domination qui a détruit/déstructuré l'organisation sociale qui régnait avant la colonisation (il en fait même le coeur de son analyse, comme il le metionne), tout en mettant l'accent sur la stratégie mise en place qui consiste à avoir des relais locaux.

Cela se laisse comprendre aussi quand il explique comment cette bourgeoisie s'est élevée par la confiscations du foncier, avant de se constituer en tant que telle. Les nouveau bourgeois urbains issus de la colonisation étaient des petits fonctionnaires dans le vieux continent. Aux côtés de cette haute bourgeoisie coloniale il y avait «la moyenne bourgeoisie», si je peux me permettre, composée de d'anciens turcs et maures, plus les commerçants d'origine rurale. Lesquels, encore une fois, ont servi de relais en compagnie des instituteurs entre l'administration et la société coloniale d'un côté et la société algérienne dominée de l'autre, et cela au moins au niveau du contact et des changes. Une certaine communication (via le commerce, l'école...) qui assure une certaine cohabitation fût-elle conflictuelle et inégale.

Par ailleurs, l'auteur ne manque pas de signaler, en citant Ageron, que le nationalisme algérien était le fruit du système scolaire français. Ce qui est à mon avis que partiellement vrai (l'expression «fruit» me semble dégager un certain essentialisme). C'est l'auteur-même qui affirme qu'en dépit de tout le chamboulement dû à la colonisation, la société rurale était restée articulée. Celle-ci avait plus tard établi un contact fort avec l'immigration dont on connait le rôle au sein du nationalisme algérien. Cependant, pas de critique sur ce dernier point puisque l'auteur affirme que son étude s'arrêtait à la première guerre.

Sur un autre registre, un détail important à mes yeux, j'étais surpris par la définition limitée qu'il donne au concept de Touiza. On dirait qu'il le confond avec le système féodal de l'Europe du XVe siècle. Ou alors c'est moi qui ne connais que la partie noble de cette pratique ?

Osvaldo
12/01/2017, 18h05
Ce à quoi tu fais allusion c'est le jihad face au Roumi qui seul réussissait à transcender les rapports internes

les espagnols tenaient melilla depuis 1450 ils étaient ou ces tribus rifaines?, pourquoi ont il attendu moulay ismail et mohammed 3 pour leur faire la guerre? daba tu veux nous dire que le makhzen alaouite ne régnait pas sur le rif mais malgré ça les 2 sultans ont essayé de récupérer un petit bout de terre de 1 km² au coeur de cette region :) la logique voudrait qu'ils fassent la guerre aux tribus dissidentes rifaines non?

Le dit bled siba était autonome et avait ses propres lois tribales

les lois c'etait le cas pour toutes les regions du maroc du sahara au rif en passant par souss tadla et doukkala. le makhzen n'avait pas son mot à dire la dedans, ce qui l'importait c'est la beyaa les impots et les hommes en cas de guerres en échange de terres bien sur.


en ce qui concerne siba, il n'y en avait pratiquement pas avant le 19eme siecle(je parle de la periode alaouite), blad siba est apparu après l’affaiblissement du makhzen alaouite suite au démantelement de l'armée professionnelle laissée par moulay ismail(très grosse erreur), du déclin du commerce transsaharien( qui a appauvri l'état et le peuple) du ban de la piraterie du temps de moulay slimane, (ce qui a causé une baisse des revenus), de la sécheresse qui a frappé le maroc( certains disent que durant le 19eme siecle il y avait une très forte sécheresse qui a duré plus de 8 ans), des différentes maladies comme la peste qui a tué la moitié de la population au milieu du 19eme, en plus des guerres que le maroc a perdu face aux espagnols et aux francais et les bombardements de quelques ports par les europeens suite a cela.

tout ça a fait que le makhzen a essayé de gagner le max d’impôts en faisant le minimum d’effort( je parle du 19eme siecle), en contrôlant les grande villes + plaines + ports importants, le reste a été abandonné comme les régions montagneuses(rif + atlas) et quelques partis du sahara.

juste pour info, toi qui me parle de jihad, durant la guerre maroco espagnole en 1860, les espagnols avaient bombardé tetouan ce qui a poussé la majorité de ces habitants a fuire, les rifains sont descendus de leurs montagnes et au lieu d'aider les marocains face aux "roumis" ils ont préféré...piller la ville.

Bachi
12/01/2017, 18h21
Dire que certains Français pensent aux effets positifs de la colonisation.

Je me dis parfois, quand je suis en colère, La colonisation c'est vache, quand ce sont des *********s Français qui te colonisent, ca l'est encore bien davantage.

Boubibtis
12/01/2017, 19h27
J'ai quelques remarques et réserves sur ce texte.


Le titre parle de stratification de la société maghrébine. Je trouve un peu limite de parler de stratification (découpage vertical) sans évoquer de la non homogénéité ethnique et culturelle (découpage horizontal) de ces sociétés maghrébines très hétérogène même dans un cadre géographique devenu plus tard un Etat-nation. Prenons l'exemple de l'Algérie, comment analyser la stratification de la société algérienne du 19 ème siècle de la même façon pour le groupe turc, kabyle, sahraoui, nomade des plateaux, citadins arabophones?

La deuxième remarque a trait à la réaction d'un groupe homogène de personnes (quelle que soit la société à laquelle il appartient) face çà un choc extérieur tel que la colonisation qui ne peut être que binaire: soit on fuit le choc et on essaye de le contrecarrer soit on s'en rapproche pour en tirer profit.

La troisième et dernière remarque concerne l'orientation du texte qui prend l'allure de quelque chose qui justifie et préparer l'opinion à accepter une phénomène injuste en tentant d'atténuer l'impact négatif de la colonisation. L'installation de la bourgeoisie européenne en Algérie n'a pas été faite dans le but de renverser une bourgeoisie installée quand bien même injuste.

Bachi
12/01/2017, 19h33
La deuxième remarque a trait à la réaction d'un groupe homogène de personnes (quelle que soit la société à laquelle il appartient) face çà un choc extérieur tel que la colonisation qui ne peut être que binaire: soit on fuit le choc et on essaye de le contrecarrer soit on s'en rapproche pour en tirer profit.

une troisième option: on le subit et on courbe l'échine. C'est cette option que l'immense majorité a vécu.
Jusqu'à ce qu'un infinitésimal groupe décide de forcer les choses à changer.

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