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Voir la version complète : Amar Belani, une voix forte de la diplomatie algérienne, pressenti pour le poste d’ambassadeur à Paris


nacer-eddine06
28/12/2016, 12h38
Par Sonia Lyes
AMAR BELANI, AMBASSADEUR D’ALGÉRIE EN BELGIQUE, REPRÉSENTANT AUPRÈS DE L’UNION EUROPÉENNE ET DE L’ORGANISATION DU TRAITÉ DE L’ATLANTIQUE NORD (OTAN)

Le poste d’ambassadeur d’Algérie en France est vacant depuis le rappel d’Amar Bendjemaâ, début décembre, dans le sillage du scandale du Forum d’affaires africain à Alger. Parmi ses successeurs potentiels figure un certain Amar Belani, ancien porte-parole du ministère des Affaires étrangères (MAE).

Actuellement ambassadeur d’Algérie en Belgique, représentant auprès de l’Union européenne et de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (Otan), ce diplomate de carrière n’est pas étranger à la capitale française.

En effet, il y a été ministre conseiller (second dans la hiérarchie) de 1993 à 1996. Une période particulière dans les relations algéro-françaises, marquée notamment par l’affaire du détournement de l’Airbus de la compagnie aérienne Air France à Marseille, les attentats terroristes du groupe islamiste armé (GIA) dans le RER de Saint-Michel à Paris, ou l’affaire de l’assassinat des moines de Tibhérine et de Mgr Claverie.

Au summum de la guerre contre le terrorisme en Algérie, alors que la France avait imposé un embargo et un boycott au pays, Amar Belani était aussi en poste à Paris. Il y était également lors de l’affaire des présidents algérien et français, Lamine Zeroual et Jacques Chirac respectivement : lors de l’Assemblée générale de l’ONU à New York en 1995, le dirigeant algérien avait refusé de rencontrer et de serrer la main à son homologue français. Durant ses quatre années à l’ambassade d’Algérie en France, il a donc connu des périodes de grande tension entre les deux pays.

Après Paris, Amar Belani est nommé ambassadeur en Pologne et Lituanie (1996 – 2000) puis Malaisie, Thaïlande et Philippines (2004-2009) avant de regagner Alger où il a occupé le poste de porte-parole du ministère des Affaires étrangères (2009-2014). Sa possible nomination à la tête de l’ambassade d’Algérie à Paris serait une consécration pour le diplomate.

Un « spécialiste » du Sahara Occidental

Actuellement ambassadeur d’Algérie en Belgique, représentant auprès de l’Union européenne et de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (Otan), il a suivi l’évolution de la situation juridique des accords de libre-échange entre l’UE et le Maroc, notamment au moment du verdict de la Cour de justice européenne (CJUE). Sa nomination coïncidait avec l’offensive juridique du Front Polisario auprès de l’UE. Son passé de communiquant n’est sans doute pas étranger à sa désignation à la tête de l’ambassade à Bruxelles, auprès des institutions européennes.

En effet, un temps directeur général de la Communication et porte-parole du ministère des Affaires étrangères, de 2009 à 2014, il s’est distingué par une communication offensive et intensive, une première pour le ministère des Affaires étrangères, habitué à la discrétion.

Un « pro de la comm’ »

À son échelle, Belani a modernisé et intensifié la communication institutionnelle du MAE. Point d’orgue de cette petite révolution, l’ouverture d’une page sur le réseau social Facebook a permis au public et aux médias de s’informer sur les prises de position et les activités diplomatiques de l’Algérie. Ses déclarations étaient souvent reprises par la presse nationale et étrangère. Une période de transparence au MAE.

Mais une expérience qui n’a pourtant pas fait long feu. La méfiance à l’égard des réseaux sociaux, à l’aune des « printemps arabes » déstabilisateurs, aura eu raison de cette initiative d’Amar Belani. Néanmoins, durant ses fonctions de porte-parole, le diplomate a fait preuve d’une disponibilité rarement connue, répondant aux courriels à des heures tardives et décrochant son téléphone à tout moment, y compris le weekend.

Le poste d’ambassadeur à Paris est sans doute le plus important dans la carrière d’un diplomate. « Plusieurs noms circulent dont celui de Amar Belani. Mais la décision reviendra au Président. Il va choisir un homme de confiance », confirme une source bien informée. « Amar Belani a le bon profil pour le poste à Paris mais dans le même temps, il fait du bon travail à Bruxelles », conclut notre source.
TSA

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