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Voir la version complète : Lalla Zineb Ait Belkacem, l’insoumise


zwina
04/01/2017, 09h18
Le vendredi 31 août 1877, le Cheikh de la Zaouïa d’El Hamel, Mohamed Belkacem, âgé alors de cinquante-sept ans, se rend, après un malaise cardiaque, chez le cadi de Tamsa, village non loin de Boussaâda, pour rédiger son testament. Il lègue tous ses biens à son enfant unique, «Zeineb, et aux enfants, garçons et filles pouvant lui naître ultérieurement». L’héritage est colossal. Le cheikh est à la tête de la confrérie la plus puissante du pays, la Rahmaniyya, et sa Zaouïa d’El Hamel comptait alors le plus grand nombre d’adeptes. En 1895, le cheikh commence à montrer des signes de fatigue.

Connaissant le poids de la confrérie, le gouverneur général ordonne au commandant de la place de Boussaâda de faire une enquête sur les éventuels successeurs. Le commandant dépêche à El Hamel le capitaine Crochard. Ce dernier fait une enquête approfondie sur le neveu du cheikh, Sidi Mohamed, pour «s’assurer de ses aptitudes, de son état d’esprit et de ses sentiments envers la France». Il jette son dévolu sur le personnage qui lui semble «acquis à la France», mais émet toutefois quelques réserves : «Il est d’intelligence moyenne, mais il est ambitieux, orgueilleux, et enclin à l’excès.»

Le capitaine précise également que Sidi Mohamed ne jouit pas d’une grande estime auprès des adeptes de la Zaouïa qui le considèrent comme «rapace et avare». Cependant, il sera le candidat de l’armée française. Le 10 mars 1897, le capitaine Crochard assure qu’il a reçu une lettre du cheikh de la Zaouïa lui confirmant qu’il désignait Sidi Mohamed comme son successeur.
Deux mois plus tard, le mercredi 2 juin 1897, Cheikh Mohamed Belkacem meurt d’une crise cardiaque alors qu’il rentrait d’un séjour à Alger.

Conformément à la tradition, le Cheikh est ramené à El Hamel pour y être enterré le lendemain à proximité de sa maison. Une foule immense se presse à la prière du mort. Son neveu, Sidi Mohamed, se voit déjà Cheikh de la zaouïa. Après l’enterrement, il se précipite aussitôt dans les appartements du Cheikh pour en prendre possession.

Mais là, il se heurte à sa cousine, Lalla Zineb, qui lui exhibe le testament de son père, rédigé en 1887, et lui annonce qu’elle est la seule héritière légitime ! Même si elle a passé toute sa vie recluse dans le gynécée de son père, Lalla Zineb avait accès à la vaste bibliothèque de son père. Elle avait suivi, dans la petite mosquée attenante à la maison du cheikh, des cours d’arabe et de théologie. Enfant unique, elle a dû profiter de tous les récits de voyage de son père et l’enfance passée avec les enfants des réfugiés Mokrani lui a sûrement ouvert les yeux sur les réalités du colonialisme.

Surpris, puis désarçonné par la réaction de sa cousine germaine, Sidi Mohamed lui montre alors la lettre-testament du cheikh. Elle lui rétorque qu’elle a été arrachée de force par les militaires français à son père et qu’elle ne la reconnaissait pas. Furieux, Sidi Mohamed tente de l’enfermer à double tour dans la maison du cheikh dotée de six lourdes portes. Mais en vain. Dehors, une altercation violente éclate entre partisans de Lalla Zineb et ceux de son cousin.

A la prière du aasr, Lalla Zineb sort, le visage nu. Elle a 35 ans. Pour la première fois de sa vie, elle voit des hommes et, pour la première fois, des hommes la voient. Sidi Mohamed harangue la foule et la met en garde contre cette hérésie – «une femme à la tête de la confrérie la plus importante du pays, c’est un comble !» – et il cite des hadiths du Prophète maudissant les nations qui se laissent commander par les femmes. Mais la foule penche pour Lalla Zineb. Il faut dire qu’elle ressemble comme deux gouttes d’eau à son père.

D’après une tradition orale, la terre aurait alors tremblé et les hommes auraient entendu le Cheikh Mohamed Belkacem crier depuis sa tombe : «C’est ma fille qui a ma baraka.» Comme les miracles sont faits pour exaucer les rêves des hommes, nous croyons en celui-ci.

L’écrivain et armateur français, Paul Eudel, qui l’a rencontrée quelques années après ces faits, en donne cette description : «La marabouta ne porte pas le voile ordinaire des femmes de sa religion, sa figure est découverte. C’est une femme d’une trentaine d’années au visage émacié, d’une maigreur ascétique, avec des yeux intelligents et doux. Ses vêtements blancs, épais et lourds, donnent d’abord l’impression d’une abbesse du grand siècle.»

Au cercle militaire de Boussaâda, c’est la consternation totale. Le capitaine Crochard écrit : «Cette femme a détruit tout ce que j’ai mis en place». Le commandant Fournier alerte l’état-major à Alger et demande s’il faut prévoir une intervention militaire pour destituer la «rebelle» et introniser Sidi Mohamed. En attendant, l’armée préfère temporiser et dépêche, le lendemain, le capitaine Crochard à El Hamel pour tenter de ramener Lalla Zineb à la raison.

L’entretien du mois de juin 1897, consigné par l’interprète, est un chef-d’œuvre de tactique. L’officier s’efforce de faire revenir Lalla Zineb sur sa décision. Elle lui répond de nouveau qu’elle considère la lettre de son père comme un faux. Et quand l’officier élève le ton, Lalla Zineb se rappelle les récits des rescapés Mokrani. Elle se souvient de tous les chefs de confrérie écrasés par la machine de guerre coloniale, les Ouled Sidi Cheikh, les Bouamama, les Haddad. Il serait suicidaire pour elle d’aller à la confrontation, de déclarer, comme l’ont fait les autres chefs de confrérie, la guerre pour l’honneur. Elle va alors décider d’attaquer l’administration coloniale sur son propre terrain : le droit colonial. Elle annonce à Crochard qu’elle va porter plainte en justice contre lui et ses supérieurs.

L’officier quitte la zaouïa furieux et envoie ce rapport à Alger : «Passionnée au point de haine, audacieuse au point de l’insolence et de l’impudence, très hautaine et avide de traitement déférent, elle affiche dans les pires façons les qualités de son père, sa charité n’est rien d’autre qu’extravagance, elle n’hésite pas à tromper ou à faire de fausses accusations pour poursuivre le plan d’action qu’elle a en tête.»

Le soir même, Sidi Mohamed revient à l’attaque et propose à Lalla Zineb un marché : il l’épouse et ils se partagent à eux deux la direction spirituelle de la Zaouïa. Lui dehors et elle au foyer. La proposition plonge Lalla Zineb dans une haine définitive de son cousin et elle lui déclare la guerre. Il faut dire aussi que l’enjeu est de taille. L’héritage du Cheikh est estimé à deux millions cinq cent mille francs. Une fortune! Pour avoir une idée de cette somme, il suffit de savoir qu’en 1890, dans le département d’Alger, les colons payent, en moyenne, 1,50 fr par jour, les ouvriers occupés aux labours, sulfatages... Pour les vendanges, l’ouvrier ne gagnait que 1,25 fr.

Lalla Zineb, très remontée, le congédie aussitôt. Elle refuse le mariage et crie qu’elle fait vœu de chasteté à jamais ! Sur ce, elle interdit aux étudiants et au personnel de la Zaouïa d’obéir aux ordres de son cousin et décrète qu’il est interdit d’accès à la bibliothèque, aux salles de cours, aux bâtiments, et qu’il ne peut détenir aucune clef des entrepôts de la Zaouïa. Pour justifier cet acte, elle déclare que «l’attachement excessif de Sidi Mohamed aux choses de la vie est antinomique avec la dimension spirituelle d’El Hamel et risque de mettre en péril le caractère social de la Zaouïa». Elle adresse en même temps une lettre circulaire à l’ensemble des Zaouïas rattachées à El Hamel où elle prévient : «Quiconque parmi les Rahmaniya rejoindra le camp de mon cousin ne pourra plus espérer voir s’ouvrir devant lui les portes de Lalla Zineb.»
Elle ne s’arrête pas là. Au mois d’août 1897, elle décide de porter plainte contre son cousin et contre l’administration militaire. Le 17 septembre, elle se rend à Boussaâda pour rencontrer son avocat ! Un personnage que ce maître Maurice l’Admiral, un Martiniquais, connu pour ses positions anticoloniales et que l’on retrouvera plus tard comme défenseur des insurgés de Margueritte, révolte de la région de Miliana que certains militaires voulaient attribuer à Lalla Zineb.

zwina
04/01/2017, 09h20
Non contente de faire jouer la justice française contre l’armée, elle fait la leçon aux autorités coloniales, leur rappelant, par l’intermédiaire d’un avocat noir, la promesse de la France de «respecter les populations indigènes» et elle enfonce le clou, en accusant de misogynie ses adversaires ! Le génie de Lalla Zineb est là. Elle a compris qu’après 70 années de guerre à outrance et de famines, plus personne ne pouvait à ce moment affronter militairement la puissance coloniale, mais qu’il était possible d’investir le champ politique et c’est en cela que son action anticipe la naissance du mouvement nationaliste.

Le procureur général d’Alger, alerté par le réquisitoire de Lalla Zineb, contacte en octobre 1897, le gouverneur général d’Algérie, Jules Cambon. Ce dernier, nommé en 1891, se démarque de tous ses prédécesseurs. Homme de culture, il sera, plus tard, élu à l’Académie française. Bête noire des colons depuis qu’il a ouvert l’instruction publique aux indigènes, il était aussi le premier à nouer un dialogue avec les chefs des confréries algériennes et à s'intéresser au soufisme. Il convoque alors le commandant de la division d'Alger, le général Collet-Meygret, pour lui signifier que le bureau militaire de Boussaâda devait renoncer à toute intervention dans les affaires de la Zaouïa d’El Hamel.

Lalla Zineb triomphe. Elle va sortir d'El Hamel, elle qui a passé sa vie enfermée, va s'enivrer de voyages. Elle va sillonner le pays à bord de sa calèche tirée par trois chevaux et que conduit un cocher avec un «fez rouge et une redingote boutonnée jusqu'au cou». Elle parcourt les Hauts-Plateaux, distribuant partout où elle passe de l'argent aux démunis et offrant des repas qui peuvent réunir jusqu'à mille personnes.

Le capitaine Crochard qui la suit partout tente d'alerter Alger : «Cette femme est en train de vider les caisses de la Zaouïa et nous allons bientôt nous retrouver avec tous ces démunis sur le dos.» Il ajoute : «Elle a gratifié un médecin français de 2500 francs pour une visite médicale.» En 1898, elle fait venir de France un maître bâtisseur pour construire une mosquée mausolée à la mémoire de son père. L'ouvrage colossal, érigé avec une main d'œuvre venue du Maroc et des céramistes de Tunisie, lui coûte une fortune. Mais comme chacun le savait alors, Lalla Zineb ne compte pas. Certaines traditions locales l'accusent d'avoir ruiné la Zaouïa, mais elles sont contredites par les témoignages de l'époque. Léon Lehuraux, auteur de Boussaâda, cité du bonheur, qui la rencontre en 1902, assure qu'elle «dirige la Zaouïa avec une autorité incomparable». Quant à l'armateur, Paul Eudel, il va jusqu’à comparer sa zaouïa à la cour du sultan du Maroc !

Entre-temps, Sidi Mohamed s'est réfugié dans sa maison, il a ouvert une zaouïa parallèle qui, selon les informateurs du bureau militaire, n'attire pas plus de trente personnes. Il entreprend la rédaction d'un ouvrage hagiographique sur la vie du Cheikh et rédige dans la foulée un ouvrage, Rissala latifa (Lettre de courtoisie), publié en 1902 par les éditions Fontana à Alger. Sidi Mohamed y fait un éloge vibrant de la République française : «Je déclare publiquement et du fond du cœur, en me basant sur des faits irrécusables, que le système de l'illustre Etat républicain est basé sur les principes de l'égalité et de l'équité, guidé par une politique éclairée. La République traite pareillement ses sujets, quelles que soient les différences de leur peuple, de leur race, de leur tribu ou de leur confession, les regardant avec tendresse et compassion, les couvrant tous du manteau de sa justice et il n'existe nulle part sur terre, une République aussi éclairée que la France!» Alors que Lalla Zineb se déplace toujours avec son secrétaire et son interprète, car elle ne connaît pas un mot de français, Sidi Mohamed manie cette langue avec aisance. Selon Paul Eudel, «il parle aisément notre langue, avec une prononciation lente et des intonations douces».

Au mois de juin 1902, la Zaouïa voit débarquer un personnage étrange, une jeune et belle européenne à cheval, habillée en cavalier arabe et qui se fait appeler Mahmoud Saâdi. C'est Isabelle Eberhardt. Née à Genève en 1877, sans filiation paternelle établie et dans la douleur d’une mère russe de confession protestante, juive d’origine. Isabelle Eberhardt découvre à vingt ans le désert. Durant sa courte vie, cette femme de lettres, souvent vêtue en homme, mène une vie aventureuse en Algérie et au Sahara, épouse un autochtone, se convertit à l'islam. Elle découvre Lella Zineb comme une vision : «Une femme portant le costume de Boussaâda, blanc et très simple, est assise. Son visage bronzé par le soleil, car elle voyage beaucoup dans la région, est ridé. Elle approche de la cinquantaine, dans les prunelles noires des yeux au regard très doux, la flamme de l'intelligence brûle, comme voilée par une grande tristesse.

Tout dans sa voix, dans ses manières, et dans l'accueil qu'elle fait aux pèlerins dénote la plus grande simplicité. C'est Lalla Zineb, la fille et l'héritière de Sidi Mohamed Belkacem». Eberhardt se confie à Lalla Zineb. Elle lui parle de ses angoisses, de sa recherche d'absolu, de ses errances, de sa folie des hommes, de ses passions pour les femmes. Lalla Zineb l'écoute sans broncher et finit par lui dire : «Ma fille... j'ai donné toute ma vie pour faire le bien dans le sentier de Dieu... Et les hommes ne reconnaissent pas le bien que je leur fais. Beaucoup me haïssent et m'envient. Et pourtant j'ai renoncé à tout : je ne me suis jamais mariée, je n'ai pas de famille, pas de joie.» Quelque chose semble unir à jamais ces deux femmes, de mondes tellement différents, mais liées dans leur solitude d'être réfractaires, coupables de vouloir disputer aux hommes leur place. Eberhardt quitte El Hamel, «ce coin perdu du vieil islam, si perdu dans la montagne nue et sombre, et si voilé de lourd mystère». Elle écrira plus tard qu'elle ne s'est jamais sentie aussi proche de quelqu'un comme de Lalla Zineb.

Le temps passe, Lalla Zineb assoit de jour en jour son autorité et sa réputation gagne tout le pays. Le gouverneur général demande à ce qu'on surveille aussi ses conversations avec Eberhardt et le capitaine Crochard adresse très souvent des rapports à l'état-major où il la dépeint comme une femme dangereuse, manipulée par les Mokrani.

De son côté, Sidi Mohamed ne désarme pas. Chaque année il adresse une requête au gouverneur pour lui demander l'intervention de la France et la restitution de son bien. Sept années ont passé depuis que Lalla Zineb a pris la tête de la Zaouïa. Elle est minée par les conflits, fatiguée par les voyages, ses bonnes œuvres et les travaux gigantesques qu'elle a entrepris. Elle est tout le temps secouée par une bronchite qui ne passe pas.

Au mois de mai 1904, Sidi Mohamed reçoit une lettre confidentielle du gouvernorat général : «Cher Cheikh, vous qui êtes un marabout devez connaître la patience. Nos médecins viennent de nous avertir que Lalla Zineb est atteinte d'une tuberculose et qu'elle n'en a pas pour longtemps. Patientez.» En effet, Lalla Zineb meurt à El Hamel, le samedi 19 novembre 1904. Le médecin militaire français, le docteur Sylvestre, constate qu'elle est décédée des suites d'une crise cardiaque due à une insuffisance respiratoire.

Femme libre et insoumise, elle meurt après avoir triomphé, non seulement de la volonté d'un homme, mais de toute une administration coloniale à qui elle a fait comprendre, dans la lignée d’une Fatma N’Summer, qu'on peut être femme et «indigène» sans renoncer à son droit, sa dignité et sa mission.

Mohamed Kacimi El Hassani

zwina
04/01/2017, 09h29
A la Zaouïa d’El Hamel, dans le grand salon de réception, trônent les portraits de l’Emir Abdelkader, du Cheikh Mohand Belkacem, fondateur des lieux, du Cheikh Mokrani et les portraits d'autres membres de la famille qui se sont succédé à la tête de la Zaouïa mais nulle trace de Lalla Zineb. Helen Gordon a traversé l’Atlantique pour visiter la Zaouïa d’El Hamel, l’Université de Berkeley lui a consacré une étude mais l’Histoire algérienne semble en ignorer l’existence. Il serait temps que l'Algérie se penche sérieusement sur son histoire pour montrer que les Femmes ne comptent pas pour des prunes et qu'elles furent des alliées précieuses de la Révolution.

"Le paradis se trouve sous les pieds des mères" :4:

zwina
05/01/2017, 10h51
http://img11.hostingpics.net/pics/308665zaouiadelhamel.jpg

La zaouïa El-Hamel est bâtie sur la rive droite de l’oued Bou Saada. Plusieurs personnalités religieuses ont étudié dans cette institution, comme Abdelhalim Ben Smaya, Cheikh Bachir El-Ibrahimi, Cheikh Snoussi. La zaouïa possèdait une très grande bibliothèque riche de plus de 1 098 manuscrits dont certains datent de plus de sept siècles. On y étudiait de nombreuses disciplines dont l’apprentissage du Coran, le fiqh, l’astrologie, la philosophie… L'école pouvait accueillir 65 élèves avec un régime d’internat. Les plus pauvres étaient entièrement pris en charge, nourris logés habillés et équipés de tout le matériel nécessaire pour leurs études.

zwina
06/01/2017, 11h21
http://img11.hostingpics.net/pics/226853carteBouSaada.png

EL HAMEL fut bâtie au 11e siècle sur deux collines au pied du mont AMRANE entourée de montagnes, le village ressemble à une citadelle moyenâgeuse où coule le Grand Oued. Le village est de type saharien tandis que la zaouïa ressemble à une forteresse (ribât). Grâce aux eaux de l'oued nourri par plusieurs sources, des centaines de jardins de grenadiers, de figuiers, d’abricotiers et de mûriers furent développés, constituant ainsi une source de revenus pour la population.

Les habitants sont les descendant des hedjadis d’El Hamel (les pèlerins d’El-Hamel) qui, revenant des lieux saints de l’islam après avoir accompli le pèlerinage, ont choisi cette terre pour y vivre. Les premiers habitants sont les enfants de SIDI BOUZID Ben Ali Ach’Charif Al-Hassani.

nedjmala
07/01/2017, 19h11
...

L'étrangeté des voyages de l'envie n'est pas partout ni nulle part l'humilité des partages de la vie...

Les passages dramatiques d'une histoire comme celle ci rappellent que les messages historiques d'une mémoire n'éprouvent la paix...

Quel présent, quel passé, n'appartient, déjà, à son futur...

...merci...

Discus
07/01/2017, 21h31
D’après une tradition orale, la terre aurait alors tremblé et les hommes auraient entendu le Cheikh Mohamed Belkacem crier depuis sa tombe : «C’est ma fille qui a ma baraka.» Comme les miracles sont faits pour exaucer les rêves des hommes, nous croyons en celui-ci.
meme les prophetes sws n'on pas eu ce privilege !!
Ou comment utilisé l'histoire et la khorotologie a des fins personnel , bizaremment on a pas besoin de la mettre a l'abri ! ;)

zwina
07/01/2017, 22h40
l'histoire et la khorotologie a des fins personnel , bizaremment on a pas besoin de la mettre a l'abri

Etant de la famille des Ait Belkacem, l'Histoire ne peut que me pardonner Mais tu remarqueras que mon aieule a tenu tête aux autorités coloniales, donc fins personnels ou pas, je suis très fière d'elle

D’après une tradition orale, la terre aurait alors tremblé et les hommes auraient entendu le Cheikh Mohamed Belkacem crier depuis sa tombe : «C’est ma fille qui a ma baraka.» Comme les miracles sont faits pour exaucer les rêves des hommes, nous croyons en celui-ci.

Les miracles étant fait pour exaucer les rêves, si Ami Cheikh Belkacem veut bien m'envoyer sa bénédiction ça serait un vrai bonheur :D

Discus
07/01/2017, 22h57
Oui zwina , elle ne peut que te et vous pardonnez , comme je le dis souvent , ce bled est avant tout eprouvé par ces propre enfants , donc enivre toi autant que tu peux , t'es ni la premiere ni la derniere a sucombé a la tentation .

Elles lui seront plus utile la ou il est , mais qui sait , certains croient bien a babahoum nouel , donc hein ;)

zwina
07/01/2017, 23h15
Oui zwina , elle ne peut que te et vous pardonnez , comme je le dis souvent , ce bled est avant tout eprouvé par ces propre enfants

Je suppose que tu es un bon enfant et nous les mauvais ? Ce bled irait surement mieux s'il y avait plus d'arguments documentés et moins de critiques gratuites.

Discus
08/01/2017, 07h08
Tu suppose mal , et je suppose que tu le sais deja .
On argumente pas face au morts qui parlent de leur tombes , encore moins avec ceux qui troquent le sacral avec de la betise pour en faire une "fontaine fraiche" , mais l'on peut tout de meme pointer du doigt leur mirages ;)

zwina
08/01/2017, 11h01
On argumente pas face au morts qui parlent de leur tombes , encore moins avec ceux qui troquent le sacral avec de la betise pour en faire une "fontaine fraiche" , mais l'on peut tout de meme pointer du doigt leur mirages

On peut argumenter face aux morts qui parlent de leurs tombes et on peut même rappeler les paroles de Larbi M'hidi "Si nous venons à mourir,défendez nos mémoires ",paix à son âme...

https://s-media-cache-ak0.pinimg.com/474x/e1/e3/90/e1e3906dac5c1228c1e743c44263bb3a.jpg

Discus
08/01/2017, 11h19
Heuu la parole est plutot de didouche non !? et il l'a dit de son vivant , sans doute qu'il etait conscient qu'une fois mort on ne pouvait parler , mais c'est vrai qu'on peut les faire parler , comment ? demandez a zwina :mrgreen:

zwina
08/01/2017, 12h11
Exact c'est Didouche, mais la photo c'est bien Larbi de Biskra

zwina
08/01/2017, 12h21
Pas de médaille ni d'habits fastueux, un simple chapelet et une gandoura blanche : Cheikh Belkacem

https://images-00.delcampe-static.net/img_large/auction/000/378/875/120_001.jpg?v=0

zwina
09/01/2017, 10h23
« El-Hamel, la douleur, notre maison d’enfance, une citadelle. Un immense monastère d’Islam sur les hauts plateaux, territoire du vide et de la soif »

« Toutes nos nuits étaient remplies de mort et de Coran. Un village tu disais ? Non, une ville sainte née du néant et du miracle, où les hommes ne vivaient que pour se dissoudre dans la foi.»

« Tu sais, les derniers jours de la guerre, monsieur Mefrein [l’instituteur] tirait les rideaux de la classe et nous faisait chanter très fort pour couvrir le bruit des balles et des grenades. Aujourd’hui à Alger, mes nuits sont faites de rafales, de cris de femmes et d’enfants. »

« Retourne-toi. La mer est à l’envers et notre enfance est derrière nous
[…]. Mais regarde les murs du fort Saint Jean ! C’est El- Hamel, notre zaouia. »

« Durant la guerre d'Algérie les Français ont tenté de bombarder la zawiya de El Hamel , les habitants témoignent que quand les bombes tombaient au dessus elle se changeaient en pluie »

Kacimi Hassani

https://scontent-bru2-1.xx.fbcdn.net/v/t1.0-9/1625685_520912858020584_247509247569271139_n.jpg?o h=27c7f353e94791c668e85761a1247963&oe=58E0F0C8

zwina
10/01/2017, 09h40
Le Cheikh Belkacem avait des relations très étroites avec El Mokrani, le premier maître recueillit sous son toit les rescapés de la famille Mokrani après la débâcle de l’insurrection en 1871. Une aile de la zaouïa celle du nord ouest porte encore le nom des Mokrani, elle reçut près de quarante famille après la violente répression qui suivit le soulèvement de 1871. L’indéfectible amitié qui liait le révolutionnaire El Mokrani au Cheikh Belkacem se concrétisa par une alliance matrimoniale ; Une demoiselle Mokrani épousa Mohamed Ben El Hadj et donna un Cheikh célèbre : Cheikh Mustapha. Même, la résistance de l'Emir Abdelkader avait ses bases arrière dans la Zaouïa du Cheikh Belkacem. Cheikh Mustapha, père de Si Mohammed Al Maamoun, imposa au gouverneur d'Alger dans une entrevue restée célèbre, la réouverture de la Zaouïa d'El Hamel malgré une surveillance constante des autorités coloniales informées que les Moudjahidin s'y réfugiaient. Lors de la Révolte des Aurès en 1916, la zaouia servit de refuge pour les insurgés.

https://scontent-mrs1-1.xx.fbcdn.net/v/t1.0-9/148401_166401000047554_6110266_n.jpg?oh=bbf1d63b7b ac4f001e0e40d5e036d98e&oe=58E3F805
Les fils d'El Hadj Mohamed Mokrani , de gauche à droite : Si El Mekki ( installé à Akbou) , Si Cherif (ses deux fils Belkacem et Said se sont installés à Ain Defla ) ; El Hadj Mohamed Seghir ( installé à Bordj Bou Arréridj ); Si Naimi ; le petit garçon Si Belkacem et la petite fille c'est sa sœur Zineb, ce sont les enfants de Si Cherif.

zwina
11/01/2017, 09h14
Cheikh Mustapha, sa mère était une Mokrani ( photo prise en 1930).

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zwina
12/01/2017, 10h13
Dès 1854, la cité est déclarée : «impropre à la colonisation !» Que restait-il donc comme avenir à l’agglomération servie, avantageusement, par un cadre géo-topographique singulier que le tourisme, non pas culturel loin s’en faut, mais exotique fait de caravanes chamelières à «bassour», ghaïta, bendir et autres contorsions figuratives renvoyant à la vie pastorale. Il est pour le moins curieux que la «ghaïta», cette musette d’origine ottomane, se trouve incluse dans les us musicaux d’une région réputée à prédominance bédouine où seuls la «gasbas» et le «bendir» ont droit de cité.

Son cercle militaire, créé en 1855, mènera une lutte sans merci contre les écoles coraniques que les communautés citadines géraient avec bonheur jusque-là ; et pour tourner définitivement la page de la sourde résistance, il décide de la création en 1857 de la première école française. Le territoire couvrant une vingtaine de «arouch» sera «promu» au rang de commune mixte dès 1874, ouvrant ainsi la voie au «Bureau arabe» et au «Caidat» de sinistre mémoire.

Cette incrustation allait inaugurer les «sentiers lumineux des bienfaits de la colonisation» ; c’est ainsi que les sœurs Baille érigent leur premier hôtel appelé le «Petit Sahara», en 1913, qui sera plus tard repris par la «Compagnie transatlantique» dont il portera le nom jusqu’à une date récente.

C’est en cette même année que le peintre orientaliste Alphonse Etienne Dinet décide d’y élire domicile. D’aucuns croient, dur comme fer, que cet illustre peintre à fait connaître Bou Saâda au monde entier. Pour se donner bonne conscience, on intellectualise cet âge d’or comme une «Andalousie perdue» par l’évocation des séjours fugaces de Gide, de Maupassant, Colette, Bernard Shaw, Simone de Beauvoir, Giscard d’Estaing en qualité de commis aux Impôts et une kyrielle de peintres orientalistes. La seule et modeste retombée économique artisanale fut celle du meunier Ferrero, un migrant d’origine italienne, qui fit d’ailleurs long feu pour, en définitive, aller sous d’autres cieux, devenant le magnat des pâtes alimentaires déclinées sous la même appellation.

Nous, nous affirmerons le contraire, c’est plutôt la cité folklorisée à son corps défendant qui l’a fait connaître au monde. Chose que confirme de manière implicite le penseur et humaniste Malek Bennabi dans son écrit sur le personnage : «Il eut la chance sans doute de se rendre à Bou Saâda. On peut imaginer son premier contact avec cette nature où son regard de peintre était soudain saisi par un paysage inaccoutumé fait de vert sombre et d’ocres vifs».

Ces œuvres qui participaient plus de la restitution de mœurs différentes de celle d’une Europe trépidante en mal de spécimens ethnico-anthropologiques à découvrir éveillèrent bien des curiosités. La cité devenait ainsi un lieu de villégiature exotique doté d’un certain confort hôtelier. La piscine de mise écartait toute idée de barboter par grande chaleur avec des indigènes dans une quelconque «guelta». Les premières œuvres du jeune peintre ne s’arrêtèrent pas seulement à la vie quotidienne d’une communauté nouvelle qu’il découvrait, mais introduisirent l’art de dénuder des personnages féminins auxquels il était offert une misérable obole de quelques sous. Il fera, après sa conversion à l’Islam, amende honorable, mais le mal est déjà fait et durablement.

Les inconditionnels vous rétorqueront : «Il a défendu le prophète de l’Islam dans une conférence remarquée à Paris !» Il faut savoir, cependant, gré à cet humaniste d’avoir pris position après avoir mesuré la détresse humaine d’une communauté en déshérence qui l’a adopté. Reconnaissante, la cité le lui rend bien à travers l’éponymie du musée national, d’une rue, d’un collège, d’un bureau de poste et d’une association.

Il n’en demeure pas moins que sa personnalité si illustre soit-elle ne doit pas occulter celles qui l’ont précédées dans la cité, tels que l’Emir El Hachemi, l’Emir Khaled, ou Salah Chouikh, dit Ghandi.(Membre fondateur de l’ENA)(1) ou ses contemporains, Belkacem El Hafnaoui, (l’un des pères fondateurs de la sahwa)(2), Abderrahmane Dissi (maître à penser de Abderrahmane Djillali), Dr Aïssa Bensalem (alter ego de Ferhat Abbas) et Mohamed Bisker (intellectuel et militant au long cours).

D’autres personnalités, aussi illustres l’une que l’autre, viendront plus tard dans la cité attirées par son particularisme culturel alliant avec bonheur agro-pastoralisme et citadinité. Nous évoquerons, à titre indicatif, Mohamed Boudiaf, Mostefa Lacheraf qui ont fait leurs premières classes à la mythique école indigène «Lucien Chalon», Cheikh Bachir El Ibrahimi, Cheikh M’Barek El Mili, Malek Bennabi et bien d’autres encore.

Pas moins d’une dizaine de personnalités de la région feront partie de l’Association des Ouléma. A l’avènement de l’illustre association, Cheikh Naïm Naïmi mènera tambour battant un travail de sensibilisation en direction des masses par l’entremise des chefs de file spirituels, Cheikh Zerrouk Al Khalifa, Si Belaïdi Lograda, Si Abdelkader Amari et beaucoup d’autres. Il en résultera une médersa libre dont la construction sera financée par une souscription publique. L’éveil nationaliste que le «Cercle de la fraternité» suscite auprès de la jeunesse aboutira à la création du premier groupe scout «El Fadhila» en 1941, sous la conduite de Ali Abdelkrim (PPA/MTLD, mort en 2015) et Hamida Abdelkader (UDMA, assassiné par les forces d’occupation coloniales). Aux premières lueurs de l’insurrection armée de Novembre 1954, Abdelkader Amrane, surnommé plus tard «Zine Ettala» par son co-détenu Moufdi Zakaria au pénitencier de «Barberousse», livrait des armes à Amar Ouamrane pour le maquis de Palestro. Ismaïl Bouchelalègue et Ali Benaïssa, morts au combat dans ce même maquis, auront été ses premières recrues.

La cité et ses environs sont dans la tourmente de la guerre ; la première confrontation armée avec les forces d’occupation avait lieu en décembre 1955 à Dermel (El Hamel) sous la conduite de Achour Ziane. Le lieu n’est pas fortuit, il renvoyait à une autre bataille que les tribus environnantes menèrent contre les troupes du 3e Tirailleurs algériens mené par le lieutenant colonel Fabien Pierre Edmond Gandil.

Sous les ordres de ce triste sire, la colonne de pacification du Hodna lors de la répression de la révolte de la province de Constantine est attaquée, le 2 octobre 1864, au camp de Dermel. Plus de 2000 fantassins et 1000 cavaliers se ruèrent sur le camp.(3)

A la disparition de Achour Ziane, en décembre 1956, les troupes de Si El Haouès et Si Amor Driss constituées de part et d’autre de Bou Saâda sous l’étendard du FLN/ALN, mèneront la lutte contre les contingents aéroportées du colonel Katz et du chef d’escadron Jean Poujet qui consignera ses faits de guerre dans un ouvrage intitulé Bataillon RAS.

Il qualifiera d’ailleurs Si El Haouès de fin stratège et à qui il eut affaire lors d’une confrontation au djebel Meharga. Hautement stratégique, la région fera l’objet d’un regain d’intérêt non observé jusque-là ; la découverte des immenses réserves de pétrole de Hassi Messaoud à la «Une» de la presse occidentale allait encore ajouter à la rude ténacité de l’armée française et à la mobilisation de plus de moyens, entre autres la division dans les rangs de l’adversaire.

Ce qui fut fait par l’avènement des contre-feux de Bellounis au Sud et de Cobus dans l’Ouarsenis.(4) A ce titre, l’ALN dut faire face à deux belligérances alliées puissamment équipées. La population ballottée entre les deux camps et dont la différenciation n’était pas souvent aisée subira des exactions multiples (exécutions sommaires, rackets, viols). Dans cet épisode douloureux de la guerre de Libération nationale, le lieutenant de Section administrative spécialisée (SAS) Phillipe Gaillard revient sur ces événements dans son livre L’Alliance ou la guerre du général Bellounis.

Prenant le mont Zaâfrania dans la région de Ben S’rour comme siège de son état-major général, la Wilaya VI sous la conduite de Si El Haouès et plus tard Si Chabani, aura mené 27 des 35 batailles recensées par la revue de la wilaya de M’sila commémorant le 60e anniversaire du déclenchement de la Révolution du 1er Novembre 1954.

La mémorable bataille de Djebel Thameur où périrent les colonels Si El Haouès et Si Amirouche et leur escorte fait partie de ce glorieux palmarès du sacrifice où la région a marqué sa participation à l’émancipation nationale en lettres d’or. La dernière en date sera celle que mènera le colonel Chabani dans le massif de Boukhil, les 17 et 18 septembre 1961 à El Kerma.

Mohamed Bellounis, ce chef de guerre qui se réclamait du Messalisme, défait une première par l’ALN dans les monts des Beni Yalla, s’installe en juillet 1957 à Dar Chioukh près de Djelfa. Voici ce qu’en dit l’une des nombreuses littératures : «Il fonde au printemps 1957 l’Armée nationale du peuple algérien (l’ANPA), soutenue financièrement et militairement par le gouvernement français. Il reçoit une aide logistique qui lui permet de s’étoffer. Avec environ 3000 hommes, il travaille dans un vaste haricot d’environ 80 000 km2, d’Aumale à Aflou».(5)

Ce vaste haricot d’implantation ne comprenait pas Bou Saâda, qui n’était même pas prévue dans sa zone d’influence au départ(6), mais il l’inclura pour réduire et couper les sources d’approvisionnement de l’ALN dont elle était l’une des pourvoyeuses principales (sic, Amor Sakhri, Tahar Ladjel et Mohamed Tahar Khalifa, anciens officiers de la Wilaya VI encore en vie). On fait parfois porter, on ne sait pour quel dessein, un bandeau à l’histoire pour glorifier certains mythes et stigmatiser certains faits authentifiés par leurs propres acteurs.

C’est ainsi qu’est passé sous silence un événement majeur dit «Affaire de Bou Saâda»(6) où Aline Aïcha Mekki, conseillère municipale, joua un rôle majeur dans la libération des 72 civils détenus, dont 3 d’entre eux furent froidement assassinés, il s’agit de Ahmed Mèch, Attia El Bahi et Ahmed Kermadouche.

Militants de l’Organisation politico-administrative (OPA), séquestrés par les DOP (Détachements opérationnels de prévention) qui spoliaient la demeure de Ali Ben Salah Legoui, père de Mohamed Lamine de l’APS assassiné en 1994 par la barbarie terroriste, le reste des détenus eut la vie sauve grâce à l’action opportune de Aline Aïcha. Cette militante oubliée a alerté l’opinion française, en 1959, par l’intermédiaire de l’influent quotidien Le Monde sur les conditions de détention de ces militants et l’arbitraire dont ils faisaient l’objet.

Le président français, Charles de Gaulle, ne put que s’incliner en délégant une mission d’enquête à demeure. Le deuxième fait historique et non des moindres fut le pilonnage au mortier de l’hôtel «Transat» qui recevait, en 1961, un illustre hôte en la personne du ministre des Armées, Pierre Mesmer himself.

Ces faits hautement significatifs ne font l’objet d’aucun intérêt, ne serait-ce qu’à travers une prosaïque plaque commémorative ; à moins que le flou ne soit savamment entretenu pour alimenter plus de déni.

El Watan

zwina
13/01/2017, 16h25
Zaouia El-Hamel et Bou-Saada en 1953

https://www.youtube.com/watch?v=lLnyT9muF_o

https://www.youtube.com/watch?v=lLnyT9muF_o

zwina
14/01/2017, 09h59
Place de l'Emir Abdelkader à la Zaouia d'El Hamel

http://img11.hostingpics.net/pics/229500placedelemirabdelkaderalazaouiadelhamel.jpg

zwina
15/01/2017, 15h06
La région de Bou-Saâda était une colonie romaine avant d'être une ville. Elle était entourée de villes-garnisons romaines, notamment Ausia (Sour-el-Ghozlane) et Dimmidi (Messaâd).

L'arrivée de l'islam au 7e siècle marquait la région de la futur ville de Bou-Saâda. Dès le 10e siècle la rivière de Bou-Saâda était le point de croisement de plusieurs routes commerciales.

Le royaume "Hamadite"

Au début du 11e siècle le royaume des Hamadites embrassait le site de la futur oasis de Bou-Saâda. Hammad fondait sa capitale prestigieuse pas loin de Bou-Saâda.

Le royaume "Hilalit"

Au 11e siècle les Hilalites arrivent dans le sud du Hodna. Avec leur influence dans cette région ils ont posé la première pierre de Bou-Saâda.

Diabe, Djazia et Ghanèm

Des conflits entre les nomades venant de l'Egypte et passant vers la Tunisie ont forcé les Gétules de s'enfuir dans les montagnes de Selat et les Monts des Ouled Naïl jusqu'au moment où ils trouvaient un consensus qui leur permettait la cohabitation définitive et une fusion culturelle entre les éleveurs maghrébins et les nomades orientaux.

La légende du diable, Djazia et Ghanèm racontée aujourd'hui fait le lien entre les habitants actuels de la région et leurs ancêtres notamment les Ouled-Naïl.

Les premiers fondateurs du site "Bou-Saâda"

Le contact entre le saint Sidi Slimane et son compagnon Sidi Thameur avec les nomades "Bedarna", propriétaires du site, a donné naissance à Bou-Saâda vers la fin du 15e siècle.

Sidi- Slimane a apporté la sagesse, la piété et la science. Ses hôtes bedouins disposaient de la terre sur les berges de l'oued. Un premier site se construit : la mosquée du palmier (Djamaâ-Ennekhla). Les deux hommes et leurs familles et élèves fondaient la première communauté qui habite ce lieu qu'ils nommaient Bou-Saâda.

Les légendes du nom de Bou-Saâda

L'origine du nom Bou-Saâda est controversée. Il y a plusieurs légendes qui essaient d'expliquer les origines de ce nom. On se dit que les deux fondateurs se sentaient si heureux sur le lieu élu qu'ils lui donnaient le nom du père de bonheur "Abou Saada" en arabe.

Une autre légende veut qu'une servante appelait sa chienne (Saâda) au moment ou le saint fondateur passait. Il s'était promis de baptiser le village du premier nom entendu par lui.

Résistance contre la colonisation

A partir de 1830, où l'armée Française débarquait sur les côtes Algériennes, l'Emir Abdelkader organisait la résistance d'abord dans les tribus et ensuite dans tout le pays.

Abdelkader convaincra les tribus une après l'autre, y compris la tribus du Tittri (Médéa) avant d'arriver à Bou-Saâda. Il rassemblait autour de lui tout le monde qui était d'accord à combattre les Français et il nommait Boudiaf comme adjoint à Bou-Saâda.

En plus il a pris des contacts avec l'école coranique d'El Hamel (Zaouia d'El-Hamel), précisément avec son dirigeant Cheikh Mohamed Ben Belkacem, qui est devenu son ami.

Des manuscrits et deux lettres retrouvés dans la Zaouia témoignent de la résistance de la région de Bou-Saâda. Dans ces lettres il n'y a pas d'indication à caractère politique ou militaire, parce qu'elles étaient transportées par un messager qui devait traverser des distances contrôlées par les Français.

Le message principal était donc transmis en oral par le messager. L'Emir Abdelkader n'a pas pu rester longtemps dans la région de Bou-Saâda, parce qu'il était occupé par les guerres dans tout le pays.

Plus tard son succédeur El-Mokrani trouvait aussi des alliés dans la région de la Hodna et dans le Zaouia d'El-Hamel. Il y a eu des combats de résistance entre les combattants de la région et les forces françaises qui ont duré trois ans, avant que la ville ne tombait entre les mains françaises en 1849.
Le combat décisif durait 39 heures et était dirigé par le capitaine Pein, qui, après la victoire, était promu colonel. Avec des grands hommes, tels que Ben Chebira, Bou-Saâda a laissé des traces en or dans l'histoire de la résistance.

Sidi Thameur

zwina
02/07/2020, 21h29
Voici ma Cheikha :D

Discus
03/07/2020, 07h40
je faisais allusion a autre chose . sinon j'aime bien l'echange qui s'en est suivi , ca confirme un peu ce que je disais .. ;)

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