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Voir la version complète : Michel Platini élu président de l'UEFA contre Lennart Johansson


henri thoa
26/01/2007, 20h19
L'élection à la présidence de l'UEFA de Michel Platini vendredi à Düsseldorf est la victoire d'un football à visage humain contre le football des gestionnaires, celle d'un ancien grand joueur contre la technocratie incarnée par l'autre candidat, Lennart Johansson.
"Les votants savaient que je suis moins +politique+ (que son adversaire). Mais l'important est de redonner ses valeurs au football, qui est avant tout un jeu, avec la beauté des artistes", a commenté le nouvel élu, porté par une "philosophie" pleine "d'humanité, de social".
Le score a été serré. Sur les 52 fédérations détenant chacune une voix, "Platoche" a recueilli 27 voix contre 23 au président suédois en poste depuis 1990 (il y avait aussi deux bulletins non valides).
Le natif de Joeuf (Meurthe-et-Moselle), tendu avant l'annonce du résultat, est resté sobre en entendant son nom, ayant ensuite des gestes touchants pour le perdant (il a proposé de nommer M. Johansson président d'honneur de l'UEFA). "Maintenant, le plus dur est devant moi", a logiquement admis l'ancien joueur de la Juventus, qui ne craint toutefois pas un schisme au sein de l'UEFA après ce vote partagé.
"Si on savait le détail des votes, on verrait que les voix viennent de partout, affirme le Français. Cela n'a pas été les petits pays de l'Est contre les grands pays, pas le Sud contre le Nord."
C'est pourtant là, dans ces régions modestes de l'Europe du football, qu'une partie de l'élection a dû se jouer. Car Platini était donné largement perdant dans sa course à la présidence quand il a débuté sa tournée, l'été dernier, par des pays comme la Moldavie.
Le programme de son adversaire n'a tenu que sur une ligne lourde de promesses: "un revenu de plus de 5 milliards d'euros depuis 1992-93" généré par la seule Ligue des Champions, compétition phare.
Jusqu'au bout, le camp du président sortant aura joué de cette carte. Comme quand le Suédois Lars-Christer Olsson, directeur général de l'UEFA, présentant des perspectives financières alléchantes et revenant sur le bilan juteux des dernières années juste avant l'élection a eu cette formule devant le congrès: "Cela s'est fait sous un seul président, ce n'est pas dû au hasard."
"Platoche", lui, a joué avec d'autres armes. Son âge d'abord, 51 ans, signe de dynamisme en face d'un président sortant de 77 ans briguant un cinquième mandat de quatre ans.
L'ancien numéro 10 vedette des Bleus a ensuite évidemment profité de son glorieux passé et de ses trois Ballons d'or consécutifs (1983, 84 et 85). Mais ce palmarès était encore insuffisant pour faire déjouer les réseaux des grands argentiers du football flattés par M. Johansson.
Le Français a alors fait parler son coeur et ses idées, martelant, comme vendredi, juste avant le scrutin, la nécessaire "solidarité entre les associations, pour que les grands aident les petits", lançant aussi qu'il faut "redistribuer davantage: c'est possible sans mettre en péril nos finances."
La vie du nouveau candidat, qui ne sait pas encore quand il va emménager à Nyon en Suisse (siège de l'UEFA et ville où il a promis de résider car son adversaire n'y était pas souvent) ne sera sans doute pas de tout repos, mais il répète être "serein et libre".
Il ne laisse déjà pas indifférent puisque le président de la fédération allemande Theo Zwanziger l'a taxé après le scrutin de "romantique social", élu seulement par des "pays de moins de 100 habitants."
La France, elle, compte plus de 60 millions d'habitants et lui dit un grand merci car il lui permet de laver l'affront de l'échec de la candidature de Paris-2012 pour les JO.
Reste à savoir si Platini mènera aussi bien la politique du football européen qu'il l'avait fait avec le jeu de l'équipe de France.

Henri Thoa

Absente
26/01/2007, 21h00
et bien .. je suis drôlement contente pour notre p'tit rital lorrain :D
il a du bon sens en plus , ce qui ne gâche rien dans ce milieu où il n'abonde pas

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