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zadhand
20/02/2017, 22h41
Enlèvements d’Enfants
62% des victimes sont de sexe féminin

Sudhorizons.dz: 20 février 2017


L’abus sexuel et la demande de rançons sont les deux principales motivations des enlèvements survenus au cours des trois dernières années, selon la police et la gendarmerie. Les deux institutions précisent que 62% des enfants enlevés sont de sexe féminin.Ce chiffre a été révélé, lundi, lors un séminaire national sur le rapt d’enfants en Algérie, organisé à l’Institut national de criminalistique et de criminologie de la Gendarmerie nationale (INCC/GN).Face à l’augmentation des kidnappings, les services de sécurité ont appelé à la conjugaison des efforts de tous.«Il faut partager les connaissances acquises pour pouvoir dégager des mécanismes préventifs et répressifs à même de contenir ce crime crapuleux et atteindre l’efficacité requise dans la lutte», a estimé le directeur général de l’INCC/GN, le colonel Sid-Ahmed Berroumana, notant que «l’organisation de cet évènement vise l’examen scientifique de cette forme de criminalité par la présentation de l’expérience des différents acteurs, dont les professionnels de la sécurité, les juristes, les experts, les chercheurs scientifiques et les universitaires».Dans cette optique, le commandant de la gendarmerie nationale, le général major Menad Nouba a mis en avant la nécessité pour toutes les parties de s'engager dans une démarche commune qui définisse les mécanismes d'une coopération "efficiente" qui permette de développer une approche globale de lutte contre le rapt d'enfant.Il a rappelé le dispositif national "Alerte-rapt/disparition d'enfant" déclenché le 23 août 2016 et qui fixe les rôles des différents intervenants en la matière notamment les autorités judiciaires et administratives, les services de sécurité, les médias, les transports, la famille et la société civile pour retrouver dans les meilleurs délais l'enfant enlevé. Le général major a mis l'accent également sur l'importance de "renforcer les mécanismes de protection des mineurs contre les dangers d'internet.Il a souligné, en outre, l'impératif "d'associer la société aux efforts de prévention contre les crimes via le numéro vert 1055 et le site électronique de la Gendarmerie nationale, notant que ces moyens étaient susceptibles de rapprocher le citoyen de ce corps de sécurité et de faciliter le signalement, dans les délais, des cas de disparition ou d'enlèvement d'enfants.Commentant le fléau qui ne cesse de prendre de l’ampleur en Algérie, le colonel Berroumana a estimé que cette nouvelle forme de criminalité qu’est l’enlèvement d’enfants est « étrangère à notre société ». « C’est un phénomène qui nous met dans une situation de crise et nous impose, en cas d’enlèvement, de faire en sorte que les conséquences ne soient pas désastreuses pour l’enfant, car sa sécurité et sa santé sont mises en danger.»Dans leurs exposés, le commandant Abdelhakim Boucham, abordant le thème «Lectures statistiques de la réalité des crimes d’enlèvement de mineurs constatés par la GN», et le divisionnaire Samir Chettaf, traitant du «Rôle de la DGSN dans la prévention et la lutte contre le crime de l’enlèvement d’enfants», révèlent que 62% des enfants enlevés sont de sexe féminin. Selon eux, l’abus sexuel et la demande de rançons sont les deux principales motivations des enlèvements survenus au cours des trois dernières années.Le directeur du laboratoire éducation, délinquance et crime dans la société de l’Université d’Annaba, le Pr. Seif El Islam Chouia, a évoqué la notion de complémentarité sécuritaire. «L’Algérie est le premier pays au monde à appliquer la complémentarité sécuritaire sur le terrain luttant contre la criminalité et le terrorisme». «L’enlèvement d’enfants est un crime qu’on ne peut passer au second plan. L’entraide entre les différents services de sécurité a prouvé son efficacité, d’où cette capacité de l’Algérie à maîtriser davantage ce fléau. Il faut noter qu’avec la cybercriminalité, l’enlèvement intellectuel est devenu plus dangereux que l’enlèvement corporel», a-t-il mis en garde.


Khaled H.

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