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Thirga.ounevdhou
05/02/2007, 12h04
Le Sport en Algérie, ce n’est pas d’argent qu’il manque (l’affaire al khaliffa a mis le point).. C’est de la gestion, de la conscience, d'amour et de la bonne volonté …du professionnalisme…qu’il manque:sad: .

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Ces bénévoles qui brassent des milliards

Nombre de techniciens sont cadres de la jeunesse et des sports et perçoivent leurs salaires et exercent en parallèle dans des clubs avec des mensualités faramineuses.

Le procès du groupe Khalifa qui se déroule actuellement à la cour criminelle de Blida a mis au grand jour les dessous de la gestion de l’argent dans notre football à travers ce qui est appelé abusivement sponsoring. Si dans les pays développés où toute opération de ce genre se déroule dans une totale transparence et où le football est véritablement géré avec professionnalisme, chez nous c’est encore l’esprit de l’amateurisme déguisé en professionnalisme qui régit nos clubs, à travers les colossales sommes d’argent qui circulent sans aucune possibilité de contrôle des pouvoirs publics.

En effet, tous les clubs de football qui ont le statut de CSA, c'est-à-dire club sportif amateur sont gérés par des bénévoles, bénéficiant des subventions de l’Etat algérien et d’enveloppes financières conséquentes octroyées par des industriels et hommes d’affaires sans que cela ne soit agréé ou suivi par des commissions habilitées à régenter les mouvements d’argent. Les gestionnaires de nos clubs d’élite se livrent beaucoup plus a une gestion rentière ne relevant d’aucune science ou éthique sportive ne mettant jamais la main à la poche à quelques exceptions près, mais qui en fin de leur mandat récupèrent l’argent déboursé. L’une des plus grandes et urgentes opérations de réforme doit se focaliser sur un droit de regard sur les masses colossales d’argent qui pleuvent sur certains clubs de l’élite aux dépens des milliers de petits clubs formateurs à l’échelle nationale qui souffrent le martyre. Un club professionnel digne de ce nom doit être géré par un conseil d’administration comme cela se fait dans toute entreprise qui se respecte. Aujourd’hui tous les présidents de nos clubs tiennent un discours contradictoire. D’un côté, ils crient sur tous les toits qu’ils ne sont là que par amour de l’équipe et en tant que bénévoles. De l’autre, ces présidents manient des milliards chaque saison à travers les contrats de joueurs achetés à des centaines de millions et toutes les autres prises en charge. C’est le cas également des entraîneurs qui, pour la majorité d’entre eux, se dotent d’une double casquette en contradiction totale avec les lois. En effet, nombre de techniciens sont cadres de la jeunesse et des sports et perçoivent leurs salaires et exercent en parallèle dans des clubs avec des mensualités faramineuses. Pourtant la loi est claire. Le dernier décret du MJS sur le statut de l’entraîneur est totalement bafoué. Ce dernier stipule en effet qu’un entraîneur signataire d’une licence en début de saison dans un club n’a pas le droit à une autre licence. Malheureusement, c’est presque la quasi-totalité de nos coachs qui transgressent leur propre statut en signant dans plusieurs clubs en une seule saison.

Depuis le début des années quatre-vingt-dix, date du désengagement de l’Etat de la gestion directe de nos clubs, le football national est gangrené par ce mal appelé argent. Avant cette date, les joueurs et les membres du staff technique étaient totalement pris en charge par le truchement des entreprises. Les joueurs percevaient un salaire à l’instar des autres travailleurs. Ainsi, les footballeurs sont assurés de leur avenir après la fin de leurs carrières. Aujourd’hui, c’est la loi de l’offre et de la demande. Un joueur peut se vendre et s’acheter comme une marchandise. C’est vrai que c’est une exigence du monde professionnel et des temps modernes mais chez nous on est loin d’être affranchi des pesanteurs d’une gestion à tout-va au mépris de toutes les règles rationnelles de fonctionnement. Si dans les clubs professionnels, un joueur signant un contrat le fait dans une totale transparence, l’opacité régit tous les transferts et signatures des joueurs dans nos clubs. Certains présidents payent leurs joueurs dans des sachets sans passer par le circuit réglementaire. Les traces de l’argent s’évaporent et échappent à tout contrôle.

Aujourd’hui, l’Etat est interpellé. Il doit mettre de l’ordre dans la maison . Soit on opte pour le vrai professionnalisme comme cela se fait ailleurs soit on s’enlise dans l’amateurisme jusqu'à liquidation de toute morale et pratique sportives. Continuer à débourser des sommes d’argent à tout bout de champ pour des résultats médiocres n’est certainement pas la meilleure façon de promouvoir le sport-roi dans notre pays. Coeur - Bulletin de santé.

- La depeche de Kabylie

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