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Voir la version complète : Bien dans sa peau


Océane
01/08/2017, 10h04
Paraît que pour être au plus haut
faut se sentir bien dans sa peau.
Si donc nous nous y sentons mal
ça peut nous bouffer le moral
et c’est porte ouverte aux dégâts…
Aussi soyons de notre temps
car qui voudrait tels embarras ?
Solutionnons en nous soignant

Ché pas si j’ai bien expliqué.
P’têt’ qu’un ajout peut y aider…

Paraît que pour s’épanouir
avant tout faut se définir.
S’adore-t-on ? Quand ? Et comment ?
Se déteste-t-on mêmement ?
Si c’était les deux à la fois
(car connaît-on ce qu’on engrange ?)
faut en situer les pourquoi
et clarifier un tel mélange.

Ché pas si j’ai bien expliqué.
P’têt’ qu’un ajout peut y aider…

Paraît que pour être serein
faut pas jouer au p’tit malin.
N’hésitons pas à exposer
ce qui en nous fut enterré
dans les entrailles du non-dit
depuis peu, ou des décennies,
et qui pourtant respire encore
causant en nous le plus grand tort.

Ché pas si j’ai bien expliqué.
P’têt’ qu’un ajout peut y aider…

Paraît que pour tourner le dos
aux dépressions et autres maux,
faut réparer là où ça craque.
Si vous pensez : « J’en ai ma claque.
Je me croyais hier un génie
et moins qu’une ***** aujourd’hui »,
pour vous sortir de ce micmac
au plus tôt videz votre sac.

Ché pas si j’ai bien expliqué.
P’têt’ qu’un ajout peut y aider…

Paraît que pour s’équilibrer,
en soi autant qu’en société,
les procédés courent les rues.
Y’a qu’à mettre son âme à nu
et décortiquer sa substance.
L’implication de mille traits
s’entremêlant en permanence
ne devrait pas vous affoler…

Ché pas si j’ai bien expliqué.
P’têt’ qu’un ajout… ?

Esther Granek

Tisha
01/08/2017, 14h20
Merci Rosella !
tout-à-fait la griffe Granek...c'est toujours un vrai plaisir pour moi de lire ses poèmes...elle analyse la société avec beaucoup de perspicacité...
ché pas si j’ai bien expliqué. P’têt’ qu’un ajout… ?:D

Slimane53
01/08/2017, 14h41
Chercher à être bien dans sa peau, on dirait une chasse au trésor

Océane
01/08/2017, 19h11
Slimane,

Qui n'aimerait pas trouver un "trésor" ! :)

Océane
01/08/2017, 19h27
Tisha,

Une autre des ses analyses :) qui n'est pas au goût de tout le monde.


Complainte pour une Dame-pipi

De l’avenir, rien n’est promis.
Mais entre-temps, chantez, fillettes !
Nombreux éviers. Miroirs. Tout brille.
Portes cachant sièges-cuvettes.
Bruits d’eau. Tintement de piécettes.
Et puis ce mot sans fin redit : « Merci ».
Dans ce salon de lieux d’aisance
où les odeurs et les essences
se combattent en catimini,
vers quels ailleurs vont vos errances ?
Vous fûtes belle, Dame-pipi !
Qui vous mit en ce paysage ?
Quel tour du sort ? Quelle ironie ?
De quel airain est le rivage
où vous prenez refuge, appui ?
Sous le blanc soleil des néons
illuminant murs et plafonds,,
ressassez-vous mortes-saisons
entre serpillières et torchons ?
Vous fûtes belle, Dame-pipi !
Et craignez-vous (constante angoisse !)
de voir paraître en cet espace
quelque témoin d’un temps fini,
là, tout soudain, figé sur place ?
Redoutez-vous qu’ouvrant la porte
par où tous ces gens entrent et sortent
surgisse un jour l’ancienne amie ?
Le hasard a des coups qui portent !
Vous fûtes belle, Dame-pipi !
C’est fait !… Ce fut !… C’est arrivé !…
La mer a de sournoises lames.
Nul n’aurait deviné le drame
Si peu serait à raconter…
De part et d’autre une émotion
doublée d’un embarras sans nom.
La vie parfois a des façons !
Indélébile, l’instant qui fuit…
Vous fûtes belle, Dame-pipi !
Pourtant, penchée sur la lunette,
le front brûlant, tempes en tempête,
vous offrîtes la place nette
comme en un jour cent fois vous faites…
Dès lors les mois vous font plus grise.
Faciès où tout trait se durcit.
Lèvres nouées. Trois poils qui frisent
au creux de joues jadis exquises…
Vous fûtes belle, Dame-pipi !
Vous fûtes belle ? Songes bannis !
Et de l’emploi enfin la tête !
La hargne prête ! L’oeil aux piécettes !
Jurons rentrés à chaque oubli !
Mercis sifflants !… Étrange fête…

Esther Granek

Slimane53
01/08/2017, 20h32
Et si je disais que ce n'est pas à nous de chercher sans cesse le bien-être mais à lui de se manifester tout seul ? Comment ? Pour commencer, en s'abstenant de faire des choses qui nous répugnent ...

Slimane53
01/08/2017, 20h53
Au pays des miraculés,
Les dames pipi ont démissionné,
Par les sieurs pipi éjectées
Qui prennent sans gène les sordi
Sans laver, frotter et essuyer

Tisha
01/08/2017, 21h32
Complainte pour une Dame-pipi

il n'y a pas de sot métier n'est-ce-pas ? il n'y a que de sottes gens...
Il n'y en a plus beaucoup des dames pipi et c'est regrettable...
et i ce n'est pas au goût de tout le monde tant pis pour eux...oeilfermé

Océane
02/08/2017, 10h39
Respect à ces Dames. :zen:

mesmar
02/08/2017, 11h48
.... Ces métiers ne devraient plus exister ..... ça rappelle le Président

Benbella Allah yarhamou. Il avait fait arrêter le métier de ""cireurs"".

Océane
02/08/2017, 12h28
Mesmar,

D'accord avec toi. Mais, si ça nourrit son homme... heu... ces Femmes ? :confused:


Comme pour ces Femmes :

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2015/09/29/01016-20150929ARTFIG00172-le-combat-des-dames-pipi-n-est-pas-fini.php

mesmar
02/08/2017, 16h14
.... Ce n'est pas les idées qui doivent manquer pour faire travailler ces

ces femmes et hommes (chez nous) ailleurs et utiliser d'autres techniques de

nettoyage à leur place.

boby23
15/09/2017, 12h39
Salut, aujourd'hui on est tous à la recherche du bonheur. Sauf qu'on est aveugle on l'a déjà. J'aime bien ton poème.

Océane
15/09/2017, 15h50
Parlant de bonheur...


Le bonheur

Dans le château de mon enfance
Fait de nuages et d’espérance
Dans ce taudis où je suis né
Où j’ai eu faim sans murmurer
Où s’engouffraient les vents mauvais
Et s’étirait l’aube glacée
Où les jours étaient des années
Je possédais sans le savoir
Encore l’immense don de croire
Que le bonheur est quelque part
Dans la chambre de ma jeunesse
Remplie d’amour et de promesses
De mes idées de mes projets
De mes vieux disques ébréchés
Et de poèmes inachevés
Et de mes phrases grandiloquentes
Et de mon génie en attente
Dans le printemps de mon ardeur
Je chérissais au fond du cœur
L’espoir d’un immense bonheur
Dans ma maison d’homme de bien
Dans l’acajou et le satin
Qu’on peut caresser de la main
Et se dire tout cela est mien
Dans mes trésors accumulés
Dans ma fonction parachevée
Dans mes revenus bien placés
Et dans le temps qui s’est enfui
Je cherche encore jusqu’aujourd’hui
Un bonheur qui s’est rétréci
Dans la maison de ma vieillesse
Dans ma demeure aux nombreuses pièces
Seul un petit coin me suffit
Alors errant dans mes lambris
Je voudrais jeter aux cochons
Les perles de ma distinction
Les fers forgés les bois taillés
Les peintures sur toile étalées
Et faire fleurir encore une fois
Ce bonheur qui n’est plus déjà
Qu’un blanc fossile comme moi.


Esther Granek

benam
16/09/2017, 19h30
Bonsoir Rosella,
Avec des mots et des tournures simples, elle a l'art de façonner de beaux poèmes qui frappent l'esprit.

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