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Voir la version complète : TRAITÉ D’AMITIÉ (Alger doute de l’offre de Paris)


sifax.15
16/02/2007, 03h45
La classe politique française nous a habitués à ses sorties à l’occasion des rendez-vous électoraux.

La signature du Traité d’amitié entre la France et l’Algérie ne sera pas pour demain. Le ministre des Moudjahidine, Mohamed Cherif Abbas, a affirmé, en marge du colloque international sur les «Conséquences des essais nucléaires dans le monde», clôturé, hier, à l’hôtel El Aurassi, que «la lettre envoyée par M.Jacques Chirac à M.Abdelaziz Bouteflika n’engage qu’un président en fin de mandat». Interprété par certains observateurs comme «un signal fort» de la part de la France pour l’ouverture d’une nouvelle page dans les relations bilatérales avec l’Algérie, le message transmis cette semaine au président algérien par le biais de Philippe Mazeaud, président du Conseil constitutionnel français, ne semble pas convaincre Alger. Sans aller jusqu’à confirmer la thèse, le ministre algérien a laissé entendre que cette démarche obéit à des arrière-pensées électoralistes. Arguant le débat qui tourne autour de la guerre de Libération, ces derniers mois, dont les véritables protagonistes sont les candidats aux élections présidentielles françaises. «La classe politique française nous a habitués à ce genre de polémique à l’occasion des rendez-vous électoraux», a-t-il ajouté. Notons que la déclaration faite par M.Jack Lang, conseiller de la candidate Ségolène Royal, portant sur la nécessité pour la France de reconnaître ses crimes durant la période coloniale, a soulevé de vives polémiques à Paris. M.François Bayrou, candidat UDF, et Nicolas Sarkozy ont estimé «mal placée» la déclaration de Jack Lang. L’intervention du ministre des Moudjahidine est importante à plus d’un titre, sachant qu’elle intervient à la veille du Sommet France-Afrique, qui s’ouvre aujourd’hui à Cannes, en présence du président algérien, Abdelaziz Bouteflika. Même si officiellement, aucune information n’a filtré sur une éventuelle rencontre au sommet entre les deux dirigeants, Bouteflika et Chirac, force est de constater que le dossier relatif au Traité d’amitié sera certainement discuté à Cannes.
Dans un autre chapitre, interrogé sur les démarches que compte l’Etat algérien entamer pour arracher la reconnaissance de la France des crimes commis durant la période coloniale et l’indemnisation des victimes, notamment ceux des essais nucléaires dans le Sahara algérien, Abbas renvoie la balle paradoxalement à la société civile: «Le premier pas à faire est la constitution d’une association regroupant victimes, avocats, chercheurs et historiens, laquelle sera appelée à entamer une action judiciaire contre X.» Mais, selon Azzeddine Zalani, expert en droit international, l’indemnisation est conditionnée par la reconnaissance de l’Etat français de sa responsabilité. «La question de la réparation des dommages subis lors des essais nucléaires soulève plusieurs difficultés, notamment la mise en oeuvre des actions en responsabilité des dommages occasionnés et des modalités de mise en oeuvre de la réparation.» Cependant, la permanence des réserves liées à la souveraineté et à la sécurité des Etats «empêche sa mise en oeuvre sur le plan judiciaire et pratique». La France, et «sous prétexte» que les accords d’Evian autorisent les essais complémentaires après l’Indépendance, s’entête à rejeter sa responsabilité et ferme ses archives, plaçant ainsi les accords d’Evian au-dessus de la loi. Mais pour M.Zalani, «rien ne saurait exonérer l’Etat français de ses responsabilités». Une position soutenue par Mme Carah du Centre américain du contrôle d’armement, qui a estimé que la France est responsable, et pour cette raison, «elle est appelée à contribuer dans la décontamination de la région de Reggane».
Par ailleurs, M.Bruno Barillot, expert du conseil d’orientation pour le suivi des conséquences des essais nucléaires (Polynésie française), a soulevé un point important. En effet, il a insisté sur l’urgence de fermer les sites contaminés dans le Sud algérien. Ce qui est loin d’être le cas.
M.Kadhim El Aboudi, professeur à l’université d’Oran, révèle que des groupes de scouts algériens et des élèves continuent de visiter ces sites dans le cadre des excursions. «Il faut absolument arrêter ces visites à haut risque.»
Par ailleurs, ce dernier a révélé les résultats d’une étude effectuée sur 10 ans par des universitaires algériens. Sur un échantillon de 1450 personnes, ont été enregistrés 67 cas avérés de leucémie, 800 cas d’avortement.
Quant au lien avec les fuites radioactives des essais nucléaires, El Aboudi préfère parler «d’explosion nucléaire» sachant que l’intensité des bombes utilisées dépasse cinq fois celle de Hiroshima. Parmi les recommandations préconisées à l’occasion de ce colloque, l’on retient principalement le devoir de l’Etat français de reconnaître ses crimes coloniaux, et aussi d’ouvrir ses archives nucléaires.

jawzia
16/02/2007, 09h15
Les déclarations en période de campagne électorale sont à prendre avec des pincettes.

Le traité d'amitié ne sera signé que lorsque certaines questions bilatérales arriveront à maturation. Pour ce faire, il faudra un courage politique et un devoir de vérité des deux cotés. Mettre sur la table les questions qui fachent et les aborder une fois pour toute

Laissons donc passer cette campagne. Les choses sérieuses commenceront après.

Alain
11/03/2007, 16h25
Dossiers et rapports (http://www.defense.gouv.fr/defense/boites_droite_accueil/dossier/le_suivi_des_essais_nucleaires_francais) sur les essais nucléaires français au Sahara et en Polynésie française.

Voir “Dossier de présentation des essais nucléaires et leur suivi au Sahara” (http://www.defense.gouv.fr/content/download/60823/571529/file/SAHARA.pdf), daté de janvier 2007, que les autorités françaises ont transmis au gvt Algérien en janvier.

En 1999, l’Algérie a demandé à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) de conduire une mission d’évaluation de la situation radiologique sur les sites où furent menés, dans le courant des années 60, les essais nucléaires français.

Au printemps 2000, pour compléter les informations recueillies lors de cette mission, la France a transmis à l’AIEA un document sur les éléments relatifs à la localisation des expériences, aux techniques utilisées, à la situation radiologique des sites en 1966 et 1967 et son extrapolation à 1999.

En 2005, sur la base de l’ensemble de ces données, le rapport établi par l’AIEA a conclu, compte tenu du très faible niveau de la radioactivité artificielle résiduelle (à l’exception des sites de Gerboise blanche, Gerboise bleue, Béryl et Améthyste), qu’il n’était nécessaire ni de procéder à un assainissement des sites ni d’élaborer une cartographie plus précise de la contamination en vue de réaliser une estimation des doses susceptibles d’être reçues.

Les conclusions de ce rapport recommandent aux autorités algériennes d’interdire l’accès aux zones des quatre essais précités et de les assainir si les activités économiques de la région venaient à évoluer.

Un rapport a été publié en 2002 par l’Office Parlementaire d’Evaluation des Choix Scientifiques et Technologiques (OPECST) sur les incidences environnementales et sanitaires des essais nucléaires effectués par la France entre 1960 et 1996 (http://www.assemblee-nationale.fr/rap-oecst/essais_nucleaires/i3571.asp).

Ce rapport conclut s’agissant des essais du Sahara, à un impact très limité sur l’environnement ne pouvant entraîner des risques pour la population.

L’AIEA a formulé des recommandations :

• Pour éviter des expositions résultant d’intrusions humaine et animale aux abords de l’entrée du tunnel E2 ou par le biais de l’enlèvement d’échantillons de lave sur le site, il faudrait maintenir l’intégrité de la clôture érigée dans les années soixante à Taourirt Tan Afella, actuellement en cours de réhabilitation par les autorités algériennes locales.

• Le seuil supérieur de la situation radiologique évaluée dans cette étude préliminaire peut être considéré comme fiable, et le prélèvement supplémentaire d’échantillons à des fins d’évaluation radiologique ne semble pas nécessaire. On pourrait facilement parvenir à confirmer les faibles quantités de substances inhalables émanant du site de Reggane, par le biais d’un programme de d’échantillonnage de l’air. La mise en oeuvre de ce programme est préconisée.

• De même, il faudrait parvenir à confirmer les résultats montrant l’absence d’impact dosimétrique sur les bergers locaux de la région d’In-Ekker, par le biais d’un programme approprié de surveillance de l’environnement. L’eau des puits adjacents au site d’essai de Tan Afella pourrait notamment être analysée.

• La crédibilité de ces résultats pourrait être renforcée par de meilleures descriptions des modes de vie des personnes qui fréquentent ces zones. C’est à des experts algériens, spécialistes des domaines concernés, que devrait revenir en premier lieu l’élaboration de ces descriptions, lesquelles pourraient toutefois être complétées avec l’aide d’experts de l’AIEA coutumiers de cette méthodologie d’estimation des doses.

Le rapport de l’AIEA (http://www-pub.iaea.org/MTCD/publications/PDF/Pub1215_web.pdf) est consultable sur le site internet de l’agence.

Selon les schémas classiques généralement pris en compte et les modèles d’expositions utilisé […] rien n’atteste que dans l’un des sites (excepté peut-être les sites de Gerboise bleue, de Gerboise blanche et du tunnel E2), les expositions annuelles puissent dépasser des valeurs référencées dans les directives générales internationales relatives à l’exposition des personnes.

Rapport AIEA

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