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Voir la version complète : Reportage : Récits de la Révolution, Il était une fois le refuge Imechouthen...


nacer-eddine06
08/11/2017, 10h31
Reportage réalisé par Yazid Yahiaoui
Nous sommes en 1960, dans la région de M’chedallah. Ali Imechouthen venait d’être convoqué par le lieutenant Georges, chef militaire basé au village mixte de Maillot. Le vieux Ali, qui venait de perdre au maquis son troisième fils, devait répondre à cette convocation sous peine de représailles. Il craignait que cela soit son dernier jour puisqu’il venait d’apprendre la mort de son troisième fils, Ali, au maquis. Qu’importe, le lendemain, il prend son éternel burnous et part vers une destination inconnue. Arrivé sur les lieux, il sera reçu par le fameux lieutenant dans son bureau.
Le vieux Ali lui remit la convocation et en la lisant, le lieutenant Georges s’exclama : «Ah ! c’est donc toi Ali Mechou. Je t’ai convoqué pour te dire que nous n’avons pas tué ton fils Ali. La France ne l’a pas tué, mais c’est lui-même qui s’est suicidé. Nous l’avons sommé de se rendre à plusieurs reprises mais il a refusé ; alors nous l’avons tué… Cela dit, si je comprends bien, vous êtes le père de… Moussa Mechou, de Mhand Mechou et d’Ali Mechou ?»— Oui. «Eh bien vieux, vous devez être fier d’avoir d’aussi valeureux hommes.» Et tout en disant cela, le lieutenant Georges, raconte le vieux Ali à ses proches, se leva, se mit en grade-à vous, avant de m’inviter à quitter les lieux… Cependant, ce que ne savait pas encore ce lieutenant, c’est que le vieux Ali Mechou qui rendra l’âme quelques années après l’indépendance, avait encore deux autres fils dans les maquis de l’ALN, Dahmane et Hocine, qui survivront à la guerre ; l’un, Hocine, mourra en 2015 et l’autre, Dahmane, vit encore et c’est lui qui nous racontera certains épisodes rapportés dans ce présent récit sur le refuge des Imechouthen.

Histoire d’un hameau appelé Imechouthen
Ce samedi, et c’est parce que la révolution, la vraie, reste en grande partie à écrire, nous avons répondu à une invitation de la part d’un moudjahid encore vivant qui reste parmi les rares moudjahidine jaloux de leur pays et de son histoire, l’authentique, pas celle que décideront certains après l’Indépendance, une certaine histoire tronquée et dénuée de beaucoup de belles épopées.
Oui, nous avons immédiatement répondu présent car nous savons que le moudjahid Hamadache Boukrif fait partie de ces gens au cœur pur. Ayant déjà à son actif un essai sur un autre moudjahid de la région de M’chedallah, Abdellah Delles que tout le monde connaît dans la région et qui est toujours vivant, le moudjahid Hamadache Boukrif voulait nous montrer un refuge, l’un des plus grands de la Révolution ; celui qu'aucun moudjahid voulant passer du centre vers l'est du pays ou vice-versa ne pouvait manquer : c’est le refuge des Mechou ou Imechouthen, situé en pleine forêt de Tamellahth, du côté de la montagne Adrar Seggane.
Pour comprendre l’importance du lieu, il faut savoir que l’endroit domine toute la région de M’chedallah, la vaste forêt de Tamellahth et jusqu’aux portes des Bibans. Pas un militaire français, pas une patrouille de l’armée française ne faisait un pas sans qu’ils soient repérés à des kilomètres à la ronde. C’est sur cette colline que sont situées les maisons des Mechou, mais également des Akkache, des Akmouche et des Messara. Quatre familles regroupées dans cet endroit au milieu d’une forêt des plus denses, réunies par les liens du sang, de parenté et de mariage. Quatre familles qui ont débarqué depuis leur terre natale située là-haut sur la montagne, du côté de Saharidj, au nord, et qui ont débarqué un jour dans les années 1930 à cause de l'exiguïté des lieux.
Aussi, alors que ces familles prospéraient dans ce nouvel eldorado, en faisant du commerce, de l’élevage et de l’agriculture, surtout l’oléiculture, et tout en bas, le long de l’oued de Sidi Aïssa, un oued qui doit son nom à la région de Sidi Aïssa dans la wilaya de M’sila, d’où il prend ses premières sources ; le long de cet oued, les femmes font des cultures maraîchères ainsi que l’arboriculture fruitière.
Ici, il faut rappeler au lecteur que, jusqu’aux années 1970, avec un climat des plus humides puisque les neiges étaient abondantes et les hivers rigoureux et s’étalant sur plusieurs mois, les cours d'eau ne tarissaient presque jamais à longueur d’année et les lieux étaient paradisiaques avec une forêt des plus denses, mais également des cultures différentes que les hommes entretenaient même pendant l’été.
Ce fut dans ces lieux féeriques qu’allaient grandir presque tous les enfants de ammi Ali Oumechou, celui qui quittera les siens à Saharidj.

Le refuge Imechouthen, QG de la Révolution
Aussi, lorsque la Révolution fut déclenchée, le petit hameau des Imechouthen dans lequel vivait une dizaine de familles, Mechou, Akkache, Akmouche et Messara, s'est retrouvé, situation géographique oblige, tout naturellement un lieu idoine pour les moudjahidine. Un lieu tout indiqué, d’autant plus que les quatre familles qui y vivaient étaient toutes éveillées et hostiles à la France coloniale.
Ainsi, dès le début de la Révolution, le lieu est considéré comme un endroit acquis à la Révolution avec à la clé cinq enfants de ammi Ali qui ont rejoint les rangs de l’ALN, et trois autres de leurs cousins des Mechou qui ont également rejoint les rangs de l’ALN à Saharidj, six autres de la famille des Messara, dont trois issus du hameau des Imechouthen et trois autres du village Saharidj, quatre autres des Akkache et enfin trois des Akmouche.
Un hameau qui aura enfanté quinze maquisards dont treize sont tombés au champ d’honneur, alors que deux autres, ammi Dahmane et Hocine Imechouthen, ont survécu miraculeusement puisqu’ils ont échappé à plusieurs reprises à une mort certaine.
Ammi Dahmane, qui a perdu trois de ses frères pendant la Révolution et un quatrième, le moudjahid Hocine Mechou en 2015, est toujours vivant. Il a même fait partie de l’expédition organisée ce samedi par les descendants des familles Imechouthen, Akkache et Akmouche.
Aussi, ce samedi et en présence des enfants du chahid Mhand Mechou que les gens de M’chedallah appellent Imechouthen, Dahmane nous raconte, non sans larmes, une épopée de cette guerre libératrice, une page qu’il a vécue en personne, l’arme à la main : la bataille du printemps 1958, celle qui marquera la fin du refuge des Imechouthen, après avoir servi la Révolution depuis janvier 1955, c’est-à-dire dès le début de la Révolution de novembre 1954. Le refuge des Imechouthen sera pendant plus de trois ans l’un des endroits les plus vitaux pour la Révolution.
Situé au carrefour entre l’Est et le Centre, et entre le Centre et le Sud, il sera témoin de milliers de moudjahidine qui ont transité par cet endroit.
Le refuge des Imechouthen verra, à cause de sa position stratégique, même le colonel Amirouche transiter par deux fois, dont une où le colonel Amirouche passera une nuit tant il était rassuré.
Le refuge verra également le passage de Malika Gaïd qui passera plus de quinze jours dans les lieux et qui sera passée lors d’une fouille de l’armée française pour une folle avec de la bouse de vache et de la suie sur le visage, les bras et les pieds et une sourd-muette de peur d’être démasquée par son accent arabe alors que toutes les femmes du lieu parlaient kabyle.
D’autres héros de la Révolution, notamment ceux issus de la région comme Mouloud Amrouche, Abdellah Delles qui est toujours vivant et natif de Chorfa, Si Lahlou, et tant d’autres officiers de l’ALN, transiteront par ce refuge pendant trois ans. Jusqu’au jour où le refuge fut «vendu» par les harkis.
Bien sûr, à plusieurs reprises, le lieu avait fait l’objet d’opérations de ratissage et de fouille systématique de la part de l’armée française mais, à chaque fois, les femmes et les vieux du hameau trouvaient des réponses et des astuces pour cacher tel ou tel moudjahid dans du foin, ou encore mettre du poivron dans du feu pour dérouter le flair des chiens policiers des militaires français, ainsi que pour cacher l'odeur de la viande, etc.
Il est vrai que, comme le soulignera lors de cette journée mémorable de samedi Hadj Hamadache Boukrif qui était à l’époque de la Révolution un enfant mais un enfant éveillé comme la majorité de ses semblables, avant de participer pleinement à la guerre vers la fin, mais toujours à un âge précoce, il est vrai que, dès le début de 1956, ordre a été donné par l’ALN à toutes les familles algériennes de creuser chacune chez elle un abri secret qui sera un refuge pour tout moudjahid qui fuira l’ennemi, mais aussi pour les familles elles-mêmes, surtout les jeunes filles pour qu’elles échappent aux regards prédateurs des militaires français.
Cela dit et avant de parler de l’incendie du refuge, écoutons Belkacem Akkache, âgé à l’époque des faits de 10 ans, raconter un des épisodes qui ont marqué le refuge et le hameau en général.
«Nous sommes en 1955. Je venais de Saharidj à dos de mule. Je passais par Maillot, le village mixte fondé en 1880 et occupé par les colons et les soldats français et quelques familles de harkis.
Arrivé à la fontaine publique, je m’arrêtais pour faire boire la mule et remplir mon outre. A un moment, je voyais quatre soldats debout devant l’ancienne prison qui est aujourd’hui le Musée du moudjahid. Avec les quatre soldats français, il y a avait un harki dont je préfère taire le nom pour ne pas heurter la sensibilité de sa famille. Les quatre soldats parlaient et pointaient le doigt vers la région de Adrar Seggan, là où ma famille et celle des Imechouthen vivent. Je montais ma mule et avançais du mieux que je pouvais pour informer les miens.

nacer-eddine06
08/11/2017, 10h32
Arrivé chez moi, au hameau, je courais directement informer les vieux qui étaient là assis sur une proéminence de terre à l’ombre de ce grand pin (photo ci-joint). Il y avait Slimane, Mhand et Hamou Mechou, et Saïd Akkache. Mon oncle Mhand me dira qui était avec eux ; je lui répondis : «Untel.» Il a compris que c’était lui qui était visé par cette expédition. Et au moment même où l’on a terminé avec moi, le hameau fut déjà encerclé.
Les soldats et gendarmes français étaient déjà là. Ammi Akli qui possédait une carabine ancienne courut à la maison située en bas du hameau, la prit et la balança par-dessus la clôture faite de branchages. Malheureusement pour lui, la carabine sera crochetée dans les branchages et découverte par les soldats.
Ces derniers la récupérèrent et voyant qu’elle était vétuste, ils n’ont pas arrêté Ammi Akli, mais celui-ci évitera le hameau pendant plus de trois mois. Pour sa part, l’oncle Mhand qui a feint de faire la prière pour s’éviter certains soupçons fut quand même arrêté sur place dès qu’ils ont su son identité. Ammi Saïd Akkache fut également arrêté alors qu’il venait de récupérer les femmes qui étaient en bas dans la vallée, en train d’irriguer les jardins potagers.
Embarqués vers Bouira, Mechou Mhand sera condamné et emprisonné à Berrouaguia pendant plus de deux ans, alors que Akkache Saïd sera libéré après quatre jours. Une fois libéré début 1957, Mechou Mhand rejoindra immédiatement les maquis de l’ALN jusqu’à sa mort… les armes à la main, vers fin 1959.

La bataille du printemps 1958 et la destruction du refuge
Pour revenir au hameau des Imechouthen, ce dernier sera surveillé et même perquisitionné à plusieurs reprises, mais, malgré toutes les ruses de l’ennemi, le refuge servira la Révolution pendant plus de trois ans. Jusqu’au printemps 1958.
Le refuge sera incendié après que l'armée française avec son artillerie lourde et son aviation se soit déployée en se confrontant à une résistance farouche de la part des moudjahidine.
Ammi Dahmane Oumechou, l’un des frères des trois chahids, nous racontera comment ce hameau fut incendié.
«Nous étions au printemps 1958. Un jour, alors que notre hameau était devenu un véritable QG de la révolution tant les moudjahidine étaient omniprésents, mon père Ali alla au village de Maillot pour faire le marché. Sur place, un des harkis qui avait servi pendant longtemps dans la région comme moussebel et qui connaît bien mon père lui dira en cachette en simulant une action de fouille pour ne pas s'attirer des soupçons d'intelligence avec l’ennemi — ici, pour les Français, l'ennemi est l'ALN, ndlr — par les soldats français : ‘‘Ammi Ali, votre hameau sera visité par l’armée française, prenez garde !’’ De retour à la maison, mon père nous rassembla et nous parla de cette mise en garde du harki, en qui il avait confiance. Là, les moudjahidine qui étaient sur place ne voulaient pas prendre au sérieux les déclarations de mon père, en lui disant qu’il n’y avait pas un endroit qui soit aussi sûr. Mon père qui voyait que les moudjahidine ne voulaient pas quitter les lieux leur répliqua que — là, le moudjahid Ammi Dahmane Imechouthen ne put retenir ses larmes — dans ce cas-là, c’est lui qui va quitter les lieux pour ne pas assister au massacre de sa famille. Il quittera les lieux et ira passer la nuit chez sa fille qui habite à quelques lieues du hameau. Aussi, après une journée et une nuit très calmes, le lendemain matin, dès l’aube, nous étions réveillés par le bruit lointain des camions des militaires français. Les mises en garde de mon père étaient vraies. Nous avons alerté tout le monde et nous commencions à nous replier de l’autre côté du hameau mais c’était trop tard.
Le hameau était déjà encerclé de toutes parts. Une bataille sans merci allait avoir lieu. C’était pour nous, moudjahidine, une question de vie ou de mort. Nous étions, en tout, plus d’une trentaine de moudjahidine dans le hameau. Il y avait entre autres notre responsable Ahmed Kadri, un autre adjudant de Tizi-Ouzou, l'adjudant Ahmed Bellaha et tant d’autres que je ne connaissais pas de nom mais seulement de visage ou de nom de guerre. A peine avons-nous quitté les lieux que nous nous sommes retrouvés face aux chiens policiers que les militaires venaient de lâcher à notre poursuite. Pendant toute la journée, nous avons livré plusieurs batailles, alors que les soldats français installés sur les hauteurs nous bombardaient avec des mortiers, des avions nous larguaient du napalm, le tout avec des soldats embusqués sur les hauteurs pour nous éliminer un à un.
Notre seul salut pendant cette journée était la végétation dense et les arbres touffus qui empêchaient les soldats français de nous repérer lors de nos déplacements d’un ravin à un autre, d’une crête à une autre, le tout en livrant à chaque fois des batailles et en perdant à chacune d’elles quelques-uns de nos valeureux frères de combat. Je me souviendrai longtemps de ce jeune caporal qui, à un moment donné de la journée, alors que nous venions d’échapper à plusieurs embuscades, s’est levé pour essayer de voir s’il n'y avait pas de soldats devant nous. Immédiatement, une balle l’a touché mortellement au cou. Il tomba tout en sang et avant même qu’il ne rendit son dernier souffle, il nous dira de passer le bonjour à ceux qu’il aime et de ne jamais abandonner le combat. Deux autres moudjahidine seront tués à mes côtés lors de cette journée, l’un est un adjudant et l’autre un caporal. Nous avancions en rampant, mais la pluie de balles qui nous accueillit a eu raison d'eux. Je me rappellerai également que lors de cette bataille, certains de nos frères blessés furent arrêtés, à l'exemple de Kaci Akkache, dit Kaci Ouvahloul, le père de Belkacem Akkache qui était un enfant à l'époque et qui était présent ce samedi dans ce lieu de témoignage et de mémoire ; ainsi que l'adjudant Ahmed Ballaha. Je me souviendrai de cet adjudant valeureux qui nous sauva d’une mort certaine.
A un moment, nous étions accablés par des tirs de soldats français alors que notre chef de section donna l’ordre à un caporal qui avait une mat 49 entre les mains de ne pas tirer de peur d’être repéré. Mais celui-ci ignora l’ordre de son chef et commença à tirer sur les soldats français dont le crépitement des balles se taisait un à un. Et grâce à ce caporal, nous avions échappé à un véritable guet-apens et pu poursuivre notre avancée en fuyant la zone encerclée. Avant la tombée de la nuit, nous avons atteint l'autre côté de la vallée du côté de Saharidj où nous avons été pris en charge par un moussebel qui nous a assuré gite et nourriture, un mouton le matin et un autre le soir, pendant deux jours.
Le lendemain des combats, une fois reposés, nous avons fait le bilan : nous avons perdu 16 frères durant les combats alors que du côté français, nous n’avons jamais su combien sont morts. Deux jours après, nous étions revenus vers les lieux et le fameux hameau n’était que ruines. Le refuge des Imechouthen a été complètement rasé, bombardé et incendié par les Français en usant des mortiers mais aussi des avions. Fort heureusement, les familles, femmes et enfants, ainsi que les vieux, ont pu quitter les lieux à temps en se refugiant chez d’autres familles, avant de rejoindre le village de Saharidj…»

Après les souffrances… l’Indépendance
Moins de trois ans après la destruction du refuge d’Imechouthen, l’Algérie allait recouvrer sa souveraineté et son indépendance. Le 19 mars 1962, dans les ruelles du vilage des Ath Yevrahim, des groupes d’hommes et de femmes défilaient, drapeau national aux couleurs vert-blanc-rouge à la main. Des défilés qui n'étaient pas encore totalement tolérés par les soldats français. Parmi ces hommes et ces femmes, une moudjahida arborait le drapeau du chahid Ahcène Moussi que les moudjahidine venaient de lui offrir pour le hisser, par serment au chahid, à la face des militaires français.
La moudjahida qui a failli être interpellée par les Français avait donné ce drapeau à un certain Hadj Hamou Ouaâli, de la famille des Boukrif. De son vivant, Hadj Hamou Ouaâli avait remis ce drapeau à Hadj Boukrif Hamadache. Aussi, ce samedi, au niveau du hameau des Imechouthen, à Adrar Seggan, Hadj Boukrif Hamadache a voulu comme un symbole, comme un hommage à ce haut lieu de la révolution de novembre-1954 hisser ce drapeau sur les lieux. Un second serment pour le chahid Ahcène Moussi et pour tous les chouhada morts pour que vive l'Algérie libre et indépendante. Un hommage pour tous ces lieux et ces chouhada que certains ont voulu plonger dans l’oubli.
D’ailleurs, pour clore cette épopée, rappelons qu’au lendemain de l’Indépendance, les moudjahidine et comme pour récompenser l’engagement des Imechouthen en général et lui et ses cinq enfants dont trois sont tombés au champ d’honneur invitèrent Ammi Ali Oumechou à les rejoindre pour poursuivre l’édification du pays en lui offrant quelque poste ou quelque privilège. «Non, leur disait-il humblement, ma mission se termine là. Ce que j’ai fait, je l’ai fait pour le Bon Dieu et la patrie. Aujourd’hui, il y a d’autres familles qui étaient hier spectatrices et vous les connaissez. Allez les voir, elles n’attendent que votre signal pour sauter sur l’occasion»… Le vieux n’avait pas tort. Il rendra l’âme en 1965, moins de trois ans après l’Indépendance. Que tous les chouhada et tous les moudjahidine qui ne sont plus de ce monde reposent en paix !
Y. Y.

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