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Voir la version complète : Changement de définition de l'hypertension : "il faut rester prudent et réaliste"


haddou
18/11/2017, 06h30
La définition de l'hypertension change aux Etats-Unis : elle commence quand la tension artérielle atteint 130/80, contre 140/90 auparavant. Une décision justifiée ? Réponse d'un spécialiste.

Les cardiologues américains ont annoncé le 13 novembre 2017 un resserrement de la définition de l'hypertension qui commence quand la tension artérielle atteint 130/80, contre 140/90 auparavant. "Une tension artérielle trop élevée est désormais définie par une pression systolique de 130 millimètres de mercure (mmHg) et une pression diastolique de 80 mmHg", selon les nouvelles directives présentées lors de la conférence annuelle de l'American Heart Association qui se tient du 11 au 15 novembre à Anaheim, en Californie. Cette nouvelle définition, qui supprime la catégorie dite de "pré-hypertension" (pression systolique de 120 à 139 et pression diastolique entre 80 et 89) signifie que 46% des adultes américains sont considérés comme présentant une tension artérielle excessive, contre 32% actuellement.

140/90, un objectif non atteint par la moitié des hypertendus en France
"Le seuil de l'hypertension artérielle fait débat depuis des années, nous explique Thierry Denolle, cardiologue et président de la Société française d'hypertension artérielle. Avant les années 1960, l'on ne savait pas s'il y avait des bénéfices à traiter l'hypertension artérielle. Un seuil a été mis en place à 160 millimètres de mercure, puis à 140, et cette fois, les médecins américains proposent 130." Si le seuil diminue, ce n'est pas le fruit d'un lobbying acharné ou d'une discussion autour de la table de quelques scientifiques, mais parce que de vastes études en démontrent l'intérêt, insiste le spécialiste. "Dans ces travaux, incluant des milliers de patients, l'on regarde combien sont victimes d'infarctus du myocarde, d'insuffisance cardiaque, en fonction de leur tension artérielle, et une analyse statistique permet de redéfinir les seuils", précise-t-il. Des complications cardio-vasculaires peuvent se produire même avec une tension de 130/80, mais les risques sont moindres qu'à 140/90, selon les derniers travaux sur le sujet datant de 2016.

Les Français doivent-ils eux aussi revoir la définition de l'hypertension et adopter le seuil de 130/80 ? Pas forcément, car non seulement 140/90 est un objectif non atteint mais une tension trop basse n'est pas non plus une bonne chose. "Parmi les 15 millions d'hypertendus en France (30% des adultes), à peine la moitié est en-dessous de ce seuil, explique Thierry Denolle. De plus, certains d'entre nous ne doivent pas trop baisser leur tension artérielle, en particulier les patients atteints de problèmes coronaires et les diabétiques ayant des antécédents vasculaires. Pour eux, avoir une tension en-dessous de 120/70 augmente leur risque de mortalité !" Pour avoir une "bonne tension artérielle", la marge est donc étroite, entre 120/70 et 140/90, et difficile à tenir tant la tension varie d'un jour à l'autre chez un même individu. "C'est pourquoi il est donc nécessaire de rester prudent et réaliste", juge-t-il.

Les cardiologues américains se veulent rassurants sur leur décision : avoir une tension de 130/80 ne veut pas nécessairement dire que l'on a besoin de prendre un traitement médicamenteux, mais cela doit les alerter. "Il existe quatre manières de réduire son risque d'hypertension : éviter le sel, diminuer sa consommation d'alcool, adopter une alimentation plus saine et faire davantage d'exercice physique", rappelle Thierry Denolle. L'hypertension est actuellement la deuxième cause de maladies cardiaques et d'accidents vasculaires cérébraux après le tabagisme.

Sciences et avenir

Masha
18/11/2017, 22h59
Avec la définition précédente déjà j'étais limite pour la diastolique avec une différentielle serrée, avec cette nouvelle je suis à coup sûr une hypertendue... En tout cas, c'était prévisible, je suis constamment stressée et voilà le résultat :cry:

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