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Voir la version complète : PRODUCTION D’ÉLECTRICITÉ :Feu vert pour le privé


sifax.15
19/02/2007, 00h48
La Sonelgaz gardera le monopole sur le transport de l’électricité.

La production de l’électricité se libère désormais en Algérie. De ce fait, Sonelgaz est en passe de perdre le monopole sur la production. Six textes d’application consacrant le libre exercice de l’activité seront publiés dans le Journal officiel. Cette annonce a été faite par le président de la commission de régulation du gaz et de l’électricité (Creg), Nadjib Othmane qui s’exprimait hier sur les ondes de la Chaîne III.
Les textes ont trait, essentiellement, aux volets production et transport, aux modalités d’octroi des décisions d’exploiter ainsi qu’à la régulation du marché. En outre, ils définissent clairement les droits et obligations de chaque opérateur.
La publication de ces textes vient ouvrir, ainsi, la voie aux opérateurs privés et étrangers dans l’exploitation de ce créneau encore vierge. Il faut reconnaître que l’investissement dans le secteur de l’électricité fait un grand défaut.
Cinq ans après l’adoption de la nouvelle loi sur l’électricité, aucun engouement n’a été affiché de part et d’autre. Depuis 2002, seuls quatre opérateurs indépendants se sont engagés dans la production de l’électricité.
Il s’agit de la société Kahrama, la société SKS de Skikda, la société SKH Kahraba Hadjret Ennous et enfin SKB de Berrouaghia. Pourtant, ladite loi offre aux opérateurs étrangers des possibilités d’investir dans la production de l’électricité. La frilosité des investissements dans un secteur stratégique, explique le président, est due en général au climat peu stable des affaires en Algérie. Selon lui, les opérateurs étaient réticents quant aux garanties et aux assurances offertes par la loi.
S’étalant sur ce sujet, l’invité de la Chaîne III n’a pas été par trente six chemins pour dire «qu’il y a encore des obstacles à relever dans ce secteur si on veut attirer les capitaux». Sans pour autant donner plus de détails sur la nature des obstacles, M.Nadjib pense qu’il faut améliorer les conditions du travail.
Revenant sur l’impact de l’ouverture, ce dernier assure que cette démarche ne va nullement affecter la Sonelgaz. Bien au contraire, la présence d’autres opérateurs dans le marché de l’électricité va inciter la Sonelgaz à se développer plus et à être plus compétitive. En effet, et vu les coûts de production, Sonelgaz s’est dit incapable de financer les projets de production de l’électricité à moyen terme d’où le besoin à l’ouverture devient impératif. La Sonelgaz, indique M.Nadjib, restera toujours propriétaire puisqu’elle gardera le monopole sur le transport de l’électricité.
La libéralisation de l’activité de production sera certainement prometteuse pour l’économie, car elle facilitera la création d’un marché local de l’électricité, transparent et efficace sur le moyen et le long terme. En plus de la satisfaction de la demande locale, elle développera l’exportation de l’électricité vers les marchés européens. Le plus important à ses yeux, est que cette libéralisation va assurer aux citoyens une alimentation régulière. Selon lui, la demande de l’électricité est évaluée, actuellement à 6400 mégawats et une capacité de 7000 mégawats est installée. Quant aux réserves, elles restent très faibles. Ce qui avait obligé Sonelgaz à recourir, à maintes reprises, au délestage.
Cependant, il y a lieu de s’interroger si avec la libéralisation de la production, Sonelgaz aura-t-elle pour autant les capacités de faire face à des opérateurs étrangers aux moyens considérables et à l’expérience avérée? Interrogé, par ailleurs, sur l’augmentation des tarifs du courant, le responsable de la Creg a fait savoir que la décision définitive revient au gouvernement.
Il y a lieu de rappeler que pour ses besoins d’investissement, la Sonelgaz avait émis une proposition d’augmenter ses tarifs à 15%. La commission de régulation qui a examiné le dossier a fait une proposition inférieure à celle de Sonelgaz. Le rapport de la Creg fait depuis plus de deux mois l’objet d’examen au sein du gouvernement. Ce dernier qui n’a pas encore donné suite à cette question, préfère, apparemment, faire l’impasse sur ce dossier qui reste sensible pour l’heure. Or, la Sonelgaz se trouve dans l’urgence d’une solution pour financer ses projets. «Rien que pour l’année 2007, les besoins d’investissements de l’entreprise sont estimés à 115 milliards de dinars», avait affirmé un responsable de la Sonelgaz. Et même pour mener à terme ses projets, le plan de financement de l’entreprise exige une enveloppe de 2 milliards de dollars par an.
L’entreprise, qui a fait recours durant l’année 2006 à l’emprunt obligataire, envisage d’enlever, encore, cette année, 20 milliards de dinars auprès du grand public. Devant cet état de fait, il reste à savoir si l’Exécutif tranchera au profit du citoyen ou de la Sonelgaz?

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