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Voir la version complète : Une décision du Conseil constitutionnel français appâte les Algériens


nacer-eddine06
05/03/2018, 11h55
Laurent Fabius, président du Conseil constitutionnel français. D. R.
Par Kamel M. – A peine le Conseil constitutionnel français a-t-il jugé que le fait de réserver aux seuls Français le droit à indemnisation pour les victimes de violences pendant la guerre d’Algérie était inconstitutionnel, que les Algériens se sont donné le mot pour obtenir réparation.



«Tout Algérien ou Algérienne né avant 1963 et qui a souffert de la guerre (blessure, perte d’un proche, traumatisme psychologique, choc, peur, déplacement, perte matérielle, etc.) peut aujourd’hui obtenir un dédommagement de la France», a lancé un internaute sur sa page Facebook, une information relayée par des sites d’extrême-droite française qui craignent que ces demandes aboutissent. De nombreux Algériens prépareraient leurs dossiers pour exiger que l’Etat français les dédommage car, a ironisé le même internaute d’Oran, «la France aime payer d’anciennes victimes, aidons-la à en trouver un maximum !».

Les médias français avaient accordé une importance particulière au cas de l’Algérien Abdelkader K., âgé de huit ans en 1958, qui avait été blessé par balle à l’abdomen durant l’occupation française. Cette victime de la Guerre de libération nationale a obtenu, en février dernier, soit soixante ans après les faits, le droit à indemnisation pour le préjudice subi. Le Conseil constitutionnel français a censuré, dans sa décision en faveur de la victime algérienne, l’expression «de nationalité française» que les constitutionnalistes ont jugée «contraire» à la Loi fondamentale française car elle «méconnaît le principe d’égalité devant la loi», l’Algérie étant considérée comme un «territoire français» au moment des faits.

Les indemnisations «concernent toutes les victimes de violences durant la guerre mais aussi leurs ayants droit et donc les conjoints et les enfants des victimes décédées», a précisé l’avocate de l’Algérien Abdelkader K. «Elles sont octroyées par le ministère de la Défense, avec une rétroactivité de cinq ans, après expertise médicale du taux d’invalidité de la victime», a-t-elle ajouté dans une déclaration à des confrères français.

Il faudra s’attendre à une ruée vers l’ambassade de France à Alger pour des milliers d’ayants droit, veuves et enfants de martyrs, blessés et autres citoyens spoliés de leur terre ou de leurs biens. Une vague sans précédent de demandes de la nationalité française par des citoyens algériens a été constatée ces dernières années. Les récentes images – qui ont choqué l’opinion publique – de la bousculade devant l’Institut français d’Alger et le nombre en constante augmentation de demandes de visas confirment cette tendance des Algériens à vouloir obtenir des facilitations et des avantages en France.

K. M.

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