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Voir la version complète : Eaux usées en Ile-de-France : la justice suspend le méga-contrat avec Veolia


nacer-eddine06
14/03/2018, 09h29
Par Emmanuel Lévy
Publié le 13/03/2018 à 17:36

Selon les informations de Marianne, le contrat à 400 millions d'euros que le Syndicat interdépartemental pour l’assainissement de l’agglomération parisienne (Siaap) avait confié à Veolia pour la gestion de l’usine de Valenton (Val-de-Marne) a été suspendu ce mardi 13 mars par la cour administrative d’appel de Paris.
Sale temps pour le service public qui traite les eaux usées d'Ile-de-France. Tandis que Le Monde publie ce mardi 13 mars un témoignage faisant état d’une tentative de corruption dans le marché de la réfection de son usine de Clichy-la-Garenne (Hauts-de-Seine), pour 341 millions d’euros en février 2015, témoignage que Cash investigation devrait également relayer ce soir, la cour administrative d’appel de Paris a suspendu selon les informations de Marianne le gros contrat que le Syndicat interdépartemental pour l’assainissement de l’agglomération parisienne (Siaap) avait confié à Veolia pour la gestion de l’usine de Valenton (Val-de-Marne).

Attaqué, comme Marianne l’avait déjà révélé, par le préfet d’Ile-de-France Michel Cadot, ce contrat de 400 millions d’euros est donc mis entre parenthèses le temps que la justice se prononce sur le fond. Cette action constitue une première dans le monde feutré des gros contrats de la flotte : les préfets, en charge du contrôle de la légalité, aplanissent plus volontiers les choses dans leur bureau.

Soupçon de favoritisme
Et le fond ne sent pas bon, à en croire les arguments développés par Michel Cadot et par Suez, candidat malheureux à sa propre succession pour la gestion de l’usine de Valenton. Absence de publicité et favoritisme y sont clairement mis en avant. De quoi expliquer que Veolia, plus cher pourtant de 40 millions d'euros, ait remporté le contrat ?

Quoi qu’il en soit, le Siaap ressort extrêmement fragilisé de cette décision… Ce sont en effet désormais trois affaires, la réfection de l'usine d'Achères en 2012, celle de l'usine de Clichy-la-Garenne en 2015 et sans nul doute, celle de Valenton en 2017, qui sont instruites, au pénal, par le Parquet national financier (PNF).

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Reste à savoir ce que fera le préfet. Outre la question de l’ordre public, manifestement un peu mis à mal au sein de ce syndicat, les plaintes se multiplient comme des petits pains : celle de la mairie de Paris, comme partie civile en 2015, sans compter un récent signalement réalisé par Mao Peninou, adjoint à la propreté et à l'assainissement et également administrateur du Siaap, ou encore celle des associations ACME et FRICC.

Dans ces conditions Michel Cadot, qui pilote également la réforme institutionnelle et territoriale du Grand Paris chère à Emmanuel Macron, pourrait tenir avec l’affaire du Siaap, et la possible mise sous sa tutelle directe, de quoi sérieusement ébranler les baronnies de l’Ile-de-France. Un atout majeur dans cette négociation tendue.

BRAVO A CASH INVESTIGATION

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