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Voir la version complète : France, quand les agriculteurs préservent l'environnement


morjane
03/03/2007, 18h29
Longtemps accusés de dégrader l'environnement, les agriculteurs réalisent de gros efforts, comme le montre le Salon de l'agriculture, qui s'ouvre ce matin à Paris.

Plages souillées par les algues vertes, eau du robinet rendue impropre à la consommation, fruits et légumes gorgés de pesticides... Les pollutions d'origine agricole sont une réalité très présente depuis une vingtaine d'années dans notre pays. Les frais de dépollution de l'eau ont décuplé dans certaines régions. Pourtant, les pratiques des agriculteurs évoluent. Certes, la réglementation s'est renforcée et les aides sont désormais réparties en fonction des pratiques environnementales. Mais les mentalités ont aussi évolué. « Nous sommes passés d'une logique d'opposition à une logique d'appropriation à la cause environnementale », affirme Christiane Lambert, vice-présidente de la FNSEA.

Les élevages les plus polluants sont aujourd'hui strictement encadrés. Dans les zones à forte concentration d'azote, plusieurs paliers de dépollution doivent être mis en place. On peut ainsi, en hiver, planter des « pièges à nitrate ». Ces plantes (moutarde, colza) agissent comme de véritables filtres protecteurs de la nappe phréatique. Cette mesure a un coût, compris entre 50 et 100 euros l'hectare, qui est entièrement à la charge de l'agriculteur. Mais quand la pollution d'azote dépasse un certain seuil, la ferme est obligée de se doter de stations de traitement des déjections. Des mises aux normes coûteuses et qu'il est, de plus, impos*sible de répercuter sur la production. L'État en subventionne une partie, jusqu'à 35 %. Le solde est à la charge de l'exploitant.

Des maïs moins gourmands en eau

Il est difficile de savoir si ces efforts sont payants « C'est difficile à évaluer. Les données sont très variables d'un versant à l'autre. En Bretagne, région sinistrée, le problème est loin d'être réglé », confie un responsable du ministère de l'Environnement. Les déchets agricoles peuvent aussi être réexploités en énergie. C'est notamment le cas à l'usine de Jairny, à côté de Metz, qui les transforme en chauf*fage urbain.

En matière d'irrigation, les pratiques ont également évolué. La sécheresse de 2003 a provoqué un déclic. Si les surfaces irriguées diminuent encore faiblement en France, d'autres solutions existent. « Nous utilisons des variétés de maïs avec des cycles de croissance plus rapides, qui permettent de cesser l'irrigation fin juillet et d'économiser un mois d'arrosage », explique Daniel Martin, président de l'Association des irrigants de France. Le principe simple de stoc*kage de l'eau de pluie se généralise. Sur les 170 milliards de mètres cubes d'eau de pluie « utile », c'est-à-dire potentiellement récupérable, seuls 4 % sont stockés. Mais des efforts sont perceptibles dans des régions particulièrement affectées par des sécheresses successives comme l'Aquitaine ou le Poitou-Charentes. Des réserves d'eau collectée en hiver permettent d'éviter de puiser dans les ressources naturelles en été. Le bon sens paysan fonctionne encore.

Par le Figaro

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