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Voir la version complète : Le roman noir d'un escroc en Algérie


absent
03/03/2007, 20h58
Alors que se tient, ces jours-ci, près d'Alger, le procès Khalifa (du nom du milliardaire algérien déchu, aujourd'hui réfugié à Londres), sort en France un petit livre surprenant et passionnant. Un polar noir. "Noir comme l'Algérie", affirme Amid Lartane, son auteur. Lartane ? Un pseudonyme. On comprend aisément que l'auteur ait choisi de se protéger. Son roman policier ne peut que déplaire au plus haut point au pouvoir algérien. Il ne s'agit pas d'une chronique de l'affaire Khalifa, mais d'une chronique de l'Algérie des années 1990, celle des années de sang qui ont vu islamistes armés et forces de sécurité s'affronter avec une violence inouïe. C'est surtout l'occasion de mettre à nu le "système" algérien, mélange de réseaux clientélistes et mafieux qui font de l'Algérie un pays "pauvre à milliards" et empêchent l'émergence d'un Etat de droit.



L'empire Khalifa symbolise parfaitement le "système" algérien. En 1998, le groupe surgit du néant, à la stupéfaction générale. On voit apparaître une banque, puis une compagnie aérienne, puis une chaîne de télévision... Moumen Rafik Khalifa, le golden boy à l'origine de cette mirifique réussite, est célébré de tous côtés. De part et d'autre de la Méditerranée, il est l'emblème de "l'Algérie qui gagne". Tout le monde place ses fonds dans sa banque, à commencer par les collectivités publiques. Mais la chute de Khalifa va être brutale. En mai 2003, le groupe est mis en liquidation après la découverte d'un "trou" de caisse de 320 millions d'euros, selon l'enquête. Des milliers de petits épargnants se découvrent ruinés. D'importants fonds publics se trouvent du même coup engloutis. Lâché par ses "parrains", risquant la prison pour escroquerie, Moumen Rafik Khalifa prend la fuite. Il est aujourd'hui l'objet d'un mandat d'arrêt international délivré par l'Algérie.

Ni document ni fiction, ce livre ne donne pas les clés du mystère Khalifa. Lartane n'a pas cherché à découvrir la vérité. L'aurait-il voulu qu'il ne l'aurait pas pu. L'auteur sait qu'avec un roman il est libéré de l'obligation d'apporter des preuves. Il a du coup choisi de laisser courir son imagination et de remplir des blancs. Il invente la vérité, et ce qu'il raconte est crédible, même si les personnages ne ressemblent pas à la réalité. Peu importe, d'ailleurs. Car l'Algérie dans laquelle il nous entraîne est bien réelle, elle. On y croise les fous de Dieu et leurs maquis islamistes, des généraux qui se nourrissent sans vergogne sur la bête, des manipulateurs de premier ordre, des élites qui détestent ce régime mais détestent encore plus la société algérienne dans laquelle ils ne se reconnaissent pas... On côtoie surtout une population qui crève de misère et de frustration. Tout le monde en prend pour son grade. Seules les femmes échappent à la colère de Lartane. "C'est elles, le salut de l'Algérie", lâche-t-il, dans un ultime soubresaut de colère et d'amour.

LE Monde .Fr

noubat
03/03/2007, 21h29
rien de nouveau !

absent
03/03/2007, 22h10
son auteur. Lartane ? Un pseudonyme. On comprend aisément que l'auteur ait choisi de se protéger.

A ce point la quand on critique le Pouvoir ?

noubat
03/03/2007, 22h14
le pouvoir est critiqué partout .

absent
03/03/2007, 22h50
le pouvoir est critiqué partout

Oui critiqué au niveau des prix de la pomme de terre, de sucre , des salaires, de l'economie en général .... mais quand ca a rapport avec les domaines sensibles ;) c'est pas le cas ....

Immaginons un Livre, et l'auteur : Un pseudo ....

On comprend aisément que l'auteur ait choisi de se protéger.

et khalifa aussi n'ose rien dire .... par peur ....

Absente5
04/03/2007, 00h48
L'ouvrage L'envol du Faucon, dont j'ai déjà parler le mois dernier est intéressant, j'en conseille vivement la lecture...
Un parti pris est présent, mais le jeu subtil des différents tableaux de l'Algérie est assez bien fait....Cependant à trop jouer avec les éléments factuels ( trop d'anagrammes où l'on reconnaît les vrais noms) et les éléments de fictions ( lesquels?) on peut se perdre....Cependant on reste sur sa faim dans une fermeture de l'histoire ouverte ...puisque la fin coincide avec les débuts de la gloire Khalifienne...

Abdelhakimz
04/03/2007, 10h52
et est ce qu'il y a une mention qui dit "toute ressemblance avec des personnages réels n'est que ..."

augustin
04/03/2007, 11h05
Le livre est une petite déception. Le roman noir est en vogue en Algérie et l'auteur malgré la matière que représente l'affaire khalifa n'a pa su en faire un polar. Il s'est enfermé "déformation professionnelle?" dans des clichés maintes fois ressassés.

Je retiens que les personnages de son livre suivent toute la littérature du "qui tue qui". L'auteur a répondu. c'est le pouvoir. Comble de l'iirréel, il a même fait de l'afghan du livre " le personnage abou nihaya" un presque militant écologiste et n'a sombré dans l'horreur que parceque poussé à bout par le pouvoir.

Tous pourri nous dit "le polar", sauf une femme. La soeur de khalifa dans le roman. et on retrouve aisement dans le lecture de ce roman la tryptique qu'adorent les lecteurs de ...."l'hexagone"

- Tous pourris
- Les islamistes sont TOUS manipulés
- la femme algérienne est le salut de l'algérie (ce qui est partiellement vrai mais réducteur)

Absente5
04/03/2007, 14h03
Enfin quelqu'un qui a lu ce livre !!!
Remarques très justes Augustin...

absent
05/03/2007, 14h26
L’affaire Khalifa, selon un haut fonctionnaire algérien
Elle est racontée dans « L’envol du faucon vert »

samedi 3 mars 2007, par Zaïre Djaouane


Sous le pseudonyme d’Amid Lartane, un haut fonctionnaire algérien s’est inspiré de l’affaire Khalifa pour écrire « L’envol du faucon vert ». Parce qu’en Algérie, estime son éditeur, « la vérité ne se découvre pas mais s’invente ».


Qu’attendre du procès Khalifa lorsque ses principaux protagonistes, parmi lesquels Rafik Abdelmoumène Khalifa lui-même, n’y participent pas ? Amid Lartane, un haut fonctionnaire algérien écrivant sous pseudonyme, aujourd’hui employé dans une organisation internationale, s’est peut-être posé la question lorsqu’il a décidé d’écrire sa vérité dans « L’envol du faucon vert ». Plus qu’un individu ou une affaire, l’auteur dépeint l’Algérie de ces quinze dernières années et tente d’expliquer dans quel contexte cette catastrophe financière, parmi d’autres drames, a pu se produire.

Si Lamine le tout-puissant

L’Algérie d’Amid Lartane est celle des « vrais décideurs », de la Sécurité militaire (SM) omnipotente et du « Qui tue qui ? ». Au sommet de la pyramide, Si Lamine Boutramine, un général « à la retraite sans fonction officielle » recyclé dans une affaire de boulangerie industrielle. Son modèle original, le général Larbi Belkheir, ex chef de cabinet du président Bouteflika, a repris du service en 2005 non pas dans l’industrie alimentaire mais comme ambassadeur de l’Algérie au Maroc.

Originaire de l’est de l’Algérie, Si Lamine « Le Lion » n’aime pas Alger, qu’il contemple depuis son balcon « avec la satisfaction du propriétaire ». Sa lubie, au sortir de la sanglante décennie 1990 : les cadres algériens sont des pleutres et il faut aider les plus entreprenants d’entre eux à secouer cette « économie de boutiquier sans envergure ». Autour de lui gravite tout un monde politico-économico-militaire qui partage cette opinion avec plus ou moins de sincérité et l’aidera à parvenir à ses fins.

« Un jeune homme joufflu, légèrement bedonnant »

Il y a Zine Fertasse, le « ministre de l’Argent », le général Lahnèche, à la tête de la SM (personne ne l’appelle de son nouveau nom, Direction du renseignement et de la sécurité, DRS), Ahmed Bouflissa, le patron d’une entreprise de conditionnement de médicaments qui a gagné sa place dans le cercle de Si Lamine en devenant actionnaire d’un journal « indépendant », et le rampant Farouk Smendou, l’adjoint de Sadek Bounab, un ancien militant communiste désabusé qui préside une caisse publique de retraite. L’interconnexion se fera entre cet univers et celui de Moh Ch’hili, un militant islamiste de circonstance, et Abou Nihaya, un terroriste convaincu, ex-militaire qui s’est retrouvé au Pakistan lorsqu’il a voulu faire le coup de feu en Afghanistan.

Le tycoon, le jeune entrepreneur dont le nom est sur toutes les lèvres à Alger, c’est Oulmène Mokadem. Fils de Kheloufi Oulmène, « un grand serviteur de l’Etat trop tôt disparu ». Mokadem est un « jeune homme joufflu, légèrement bedonnant », pas forcément doué à l’école et amateur de scotch et de vodka. Tout ce que l’éditeur, Métaillié, dit de cette œuvre, est qu’elle est « librement inspirée (…) par l’un des plus grands scandales financiers de l’Algérie d’aujourd’hui » et qu’elle est écrite par « un initié des sombres arcanes du pouvoir algérois »… Si le doute sur le caractère fictif ou réel des éléments relatés dans le roman est constamment présent, il n’est pas permis quant à la connaissance de l’auteur de l’Algérie et de son humour.

Extrait

(…) Dans l’immense salon où Si Lamine reçoit ses invités, le design le plus avant-gardiste télescope des séjours mauresques et des meubles Louis XIII ; de vieux coffres berbères raflés dans les sièges des anciennes igamies cohabitent avec des meubles aux dorures clinquantes ; des fauteuils de styles disparates sont installés dans les différents coins, face aux fenêtres ouvrant sur l’immense jardin. A défaut d’être harmonieux, c’est imposant.
Un haut responsable d’une banque publique, amené de basse nuit par des coursiers silencieux pour s’expliquer sur les lenteurs dans le traitement d’une affaire de crédit, affirme que, malgré son indicible terreur, il avait été surtout horrifié par l’ampleur du mauvais goût… Depuis, il a mis un continent et un océan de distance entre lui et Boutramine. Et il jure encore, sur la tête de sa mère, que ce n’est pas la frayeur d’un enlèvement nocturne mené avec la brutalité d’un commando qui l’a poussé à prendre le large. Il s’en est expliqué plus tard dans un mail adressé à un ami qui lui reprochait d’avoir abandonné trop facilement la partie.
« J’aurai supporté la dictature, n’étant pas moi-même particulièrement porté sur la démocratie. J’aurai supporté le cynisme, ne croyant pas qu’on puisse gouverner un pays aussi improbable que le nôtre sans en avoir une sacrée dose. Mais le mauvais goût au pouvoir, ce déploiement d’opulence clinquante, cela m’a été insupportable. Tant d’intelligence se prosternant avec autant d’empressement devant cette incarnation parfaite du parvenu ! Les voies de la conscience étant impénétrables, la mienne s’est réveillée dans le quart d’heure stupide passé une nuit d’hiver dans un salon délirant, réalisé selon toute probabilité par un décorateur égyptien paranoïaque qui a dû poursuivre des études titubantes au pays du Danube de la pensée. Je n’oublierai jamais, dans le fin fond du pays qui me sert de refuge et de patrie et où j’écoute le cœur déchiré des chants chaâbi, je n’oublierai jamais ces lustres libano-vénitiens, ces toiles pourpres et marronnasses qu’un peintre orientaliste incertain, dont la seule originalité a été une douteuse conversion à l’Islam, avait sans doute commis dans un pur moment d’égarement » (...)

« Le vol du faucon vert », Amid Lartane, éditions Métaillié


Source : afrik.com

sillas
05/03/2007, 14h46
Cela me rappelle le livre de Gilles Perrault " Mon Ami le Roi" sauf que lui c'était la réalité qu'il racontait. Ou encore d'autres livres tel que TAZMAMART cellule n°10, TAZMAMART ,c'est fini de Amale SAMIE, TAZMAMART de Serfaty, TAZMAMART de Malika OUFKIR, TAZMAMART une histoire de Marocaine revue et corrigé par Tahar Benjelloun, pour terminer le poête de TAZMAMART de Driss CHBEREEQ.
Sauf que là , il ne s'agit pas d'escroquerie mais de torture d'enfants, de femmes et d'adultes, la chose la plus abominable et un grand crime contre l'humanite , une gande différence avec un crime économique de l'Affaire Khalifa qui est banale et qui se passe dans tous les pays du monde civilisé en contradiction avec la torture qui ne se passe que dans les pays dictatoriaux.
Chacun l'histoire de son pays, chacun son destin, il y a des peuples qui sont escroqués et volés mais il y a plus grave des peuples qui sont torturés, chacun son destin.

absent
05/03/2007, 14h49
y'a que Bassri qui meritait Tazmammart mais c'est bien dommage qu'il a echappé :lol: .

azouz75
05/03/2007, 15h03
je pense que l'Affaire KHALIFA ne vaut même pas 1/100 de l'affaire ENRON (USA) ou il y eu une dizaine de suicides,
mais je crois que la populasse n'est pas encore assez mur pour comprendre que l'ouverture d'une economie (resté longtemp sous controle d'etat) s'accompagne souvent de ce genre d'éscrocrie.

saadiakabyle
05/03/2007, 15h04
Je n'ai pas vraiment envie de lire ce roman parce qu'il a été écrit par quelqu'un qui appartient lui même au sérail, c'est bien facile de se retourner comme ça contre ses amis, en plus en cachette.

Ensuite, le truc selon lequel l'Algérie sera sauvée par les femmes, je n'y crois vraiment pas. J'ai rencontré des femmes dernièrement à alger quand je suis partie, la seule chose qui les intéresse, c'est leur coiffure, leur maquillage, leur robe, si elles ont plus de choses que leur voisine...bref pour beaucoup d'entre elles, elles sont trop superficielles pour en attendre quoi que ce soit.

absent
05/03/2007, 16h08
tout ce qui critiquent le pouvoir Algerien Sont des Mechants et disent n'importe quoi .... c'est Normal :lol:

sillas
05/03/2007, 16h34
Et ceux qui ne critiquent jamais leur pays , ils sont quoi ? et ceux qui critiquent leur pays voisin en faisant de la désinformation, ils sont quoi ? c'est normal aussi ? Surtout qu'il n'y a pas de quoi être fier si on s'amuse a faire des comparaisons en sortant toutes les affaires nauséabondes du Royaume, n'et ce pas !!!

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