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morjane
05/03/2007, 18h58
La femme divorcée ou veuve avec des enfants en bas âge peut refuser volontairement de se remarier et choisit de se sacrifier pour élever ses enfants. Elle privilégie son rôle de mère sur le rôle d’épouse. Il y a transfert des sentiments d’amour conjugal vers des sentiments d’amour maternel qui sont alors dominants. Le sacrifice est alors tout à fait volontaire. Si elle n’a pas de revenus suffisants pour faire vivre ses enfants, elle a la possibilité soit d’accepter les travaux mêmes les plus humiliants comme ceux de femme de ménage dans des maisons de familles aisées, soit d’apprendre un métier manuel comme la couture, le tricot, les travaux artisanaux, la cuisine etc. Il faut qu’elle fasse preuve de dynamisme, de volonté et surtout de confiance en soi. Le bonheur et la sérénité qu’elle trouvera en compensation dans cette situation de chef de famille remplaceront largement les plaisirs d’alcôve. Ce genre de femme qui se sacrifie pour élever ses enfants, s’il était fréquent autrefois, est, de nos jours, de plus en plus rare, surtout si la femme est jeune et belle après son divorce ou son veuvage.

Actuellement

Bien évidemment, la situation sociale de la femme algérienne n’est plus ce qu’elle était autrefois. Les choses ont évolué en sa faveur. Néanmoins, il faut laisser du temps au temps pour que les coutumes ancestrales disparaissent et que les mentalités suivent cette évolution. Mais reconnaissons qu’en tout temps, une femme intelligente et subtile, tout en laissant croire à son époux qu’il était le maître à bord, décide de tout et fait croire à son mari que la décision a été prise par lui.

Emancipation

Par ailleurs, durant la guerre de libération (1954-1962), en rejetant le voile et en revêtant l’uniforme de soldat de l’ALN, (l’Armée de Libération Nationale), pour combattre aux côtés de ses frères, dans le maquis algérien, la moudjahida (la combattante) a accéléré le processus d’émancipation entamé dès le 5 juillet 1962. Elle a acquis des droits qu’elle n’avait pas auparavant.

Aujourd’hui, six femmes sur dix savent lire et écrire. C’est peu mais c’est un très grand pas. Entamée depuis l’indépendance, la lutte pour l’alphabétisation et l’émancipation de la femme algérienne n’a pas cessé. Cependant, il y a lieu de préciser et rappeler aux jeunes filles qu’il ne doit pas y avoir de confusion entre modernité et occidentalisation. Il ne faut pas confondre émancipation et occidentalisation (ou européanisation) c’est-à-dire imitation aveugle de la conduite de la femme européenne qui boit de l’alcool, fume des cigarettes, s’habille légèrement et change de concubin ou de concubine comme elle change de chemise (voir l’image dégradante de la femme libre [trop libre] que nous en donne les médias)_ sans pour autant se réfugier dans un repli frileux. .Il faut imiter les qualités et non les défauts. Depuis l’indépendance, la scolarisation des filles a fait des progrès vertigineux. Mais avant 1999, la femme algérienne n’avait toujours pas acquis les mêmes droits que les hommes dans le domaine social principalement. Son statut «inférieur» de mineure à vie dans le Code de la Famille de 1984, notamment sur les questions du mariage (il lui fallait un tuteur pour la marier), du divorce et l’occupation du logement après le divorce, contribuait également au déséquilibre social, à l’inégalité et à l’injustice. Cette situation anormale, cette anomalie a perduré jusqu’au 14 mars 2005.

La femme et l’emploi.Le domaine de l’emploi est évidemment l’indicateur principal de la liberté gagnée par la femme dans la société. En 1989, la participation de la femme dans la vie économique et politique algérienne était quasiment insignifiante. Sur dix millions de femmes en âge de travailler (entre 16 et 59 ans), il n’y a que 7,15 % de femmes qui travaillaient par rapport à l’emploi total.

A l’exception du secondaire, les filles sont moins nombreuses dans tous les autres paliers de l’éducation alors que le taux de réussite au baccalauréat est plus important chez les filles que chez les garçons (57,12 %). A l’université, leur nombre ne cesse de s’accroître. Elles sont même majoritaires dans certaines disciplines scientifiques et technologiques. C’est ainsi qu’à l’université de Bâb Ezzouar qui forme essentiellement des ingénieurs, 56,4 % des 20 000 étudiants sont des filles.

Il est prouvé actuellement que la promotion de l’éducation des femmes entraîne automatiquement une diminution des taux de fertilité et une réduction du taux de mortalité et de morbidité et par conséquent une amélioration du niveau de vie des populations et de leur développement.

En fin 2003 et début 2 004, conscient de l’importance du problème, le gouvernement en place a mis sur pied un ministère délégué ayant à sa tête une femme chargée de «la famille et de la condition féminine ». Une commission de réflexion sur la réforme du Code de la famille a été installée par le ministère de la justice et de la réforme pénitentiaire. Cependant, afin que cette question ne soit pas exploitée comme une carte électorale et un fonds de commerce pour la campagne électorale présidentielle, il a été décidé de surseoir à la présentation à l’Assemblée nationale des conclusions et des propositions de cette commission en vue de la réforme de ce Code de la famille. Cette question délicate sera donc tranchée après les élections du 08 avril 2004.

1-Dans l’emploi: s’il y a bien un indice significatif de la liberté gagnée par la femme dans la société, c’est bien celui de l’emploi comme je l’ai déjà dit plus haut. Globalement, si l’on se réfère aux statistiques officielles de 2003, seules 14% des femmes occupent un emploi salarié (en dehors du secteur informel). Mais c’est quand même douze fois plus qu’en 1974. Et cette tendance à l’amélioration ne fait que s’accentuer du fait que l’emploi occupé par la femme est passé de 8% en 1990 à 12% en 2001 pour être à 18,68% en 2007, selon une enquête conduite par le «CRASC ». Ce taux est en moyenne de 40% dans les pays développés. Les Algériennes sont maintenant convaincues que leur émancipation passe obligatoirement par le travail, les études et le diplôme qui valorisent énormément la personne. Selon les mêmes sources de l’ONS, en septembre 2004, sur les 7,8 millions d’Algériens occupés, 1,4 millions sont des femmes soit 17,9%.

2-Rapport sur les femmes travailleuses : dans le journal Le Quotidien d’Oran du 30mars 2005, la Présidente de la Commission nationale de la femme travailleuse, membre de la commission exécutive nationale de l’UGTA a déclaré que sur 9.640.000 personnes actives en Algérie, 1.640.000 sont des travailleuses (tous secteurs confondus) dont 149.000 sont affiliées à la centrale syndicale UGTA. Elle a précisé en outre que le nombre exact de travailleuses au niveau national est en réalité presque indéterminé, puisque « des milliers de femmes travaillent « au noir » dans des secteurs comme le textile, la fabrication de produits alimentaires, le commerce informel, le nursing d’enfants et aussi en tant que femme de ménage. Toutefois a-t-elle ajouté « la femme a largement investi le monde du travail ces vingt dernières années, passant de 348 000 en 1982 à 1.640.000 travailleuses en 2003, selon les dernières statistiques ».

6.347 micro-entreprises ont été créées par des femmes. Selon elle, « Beaucoup de perspectives s’ouvrent à la femme dans tous les domaines et même en politique où, aujourd’hui, des femmes se portent candidates à des postes de responsabilité dans les assemblées populaires, comme les APC, APW, APN ».

3- Amendements du Code de la Famille: la femme algérienne qui occupe maintenant des postes élevés comme juges, avocates, ministres et peut prétendre à la magistrature suprême en se présentant comme candidate aux élections présidentielles, n’a pas besoin de tutelle pour décider ou refuser de se marier. S’attaquant à l’amélioration des droits de la femme, le Code de la famille, dossier brûlant par son caractère religieux, ne peut être qu’amendé pour être proposé à l’assemblée nationale en vue de son examen et son adoption éventuelle. Les orientations données à la commission chargée du dossier par le Président A. Boutéflika ont été très claires : Il s’agit de «procéder à tous les amendements possibles, tout en respectant les préceptes divins et la tradition du prophète (QPSSSL) ». Ce Code doit être, le plus près possible, en adéquation et en conformité avec le premier article des Droits de l’Homme conçu par la SDN à Genève après la deuxième guerre mondiale (1945), qui attribue l’égalité des droits à tous les êtres humains quelques soient leur religion, leur sexe ou la couleur de leur peau. L’examen et l’adoption de ce dossier, retardés d’ailleurs plusieurs fois à cause de sa complexité et de son aspect religieux, restent difficiles, à moins d’occulter carrément les questions épineuses telle que celle de l’héritage et les autres cas déjà fixés et réglés par la Chariaa.

morjane
05/03/2007, 18h58
Amendements du Code de la famille (suite): finalement, les députés ont adopté, le 14 mars 2005, l’ordonnance qui amende le Code de la famille (en même temps que l’ordonnance concernant le Code de la Nationalité). La teneur des amendements introduits dans le texte de 1984 en matière notamment de mariage, de divorce ou de la tutelle des enfants a permis de mettre ce Code en phase avec les conventions signées par l’Algérie en matière des droits de l’homme. Dorénavant, la jeune femme algérienne majeure conclut son mariage librement en présence de la personne de son choix. La polygamie est soumise à la réunion de certaines conditions dont la plus importante est l’autorisation que doit accorder le juge. Et dans le cas de mésentente persistante, la femme mariée algérienne peut demander le divorce. Par ailleurs, en cas de divorce, le père de famille doit garantir à son ex-femme et à ses enfants un domicile décent. Finie la situation des femmes livrées à la rue avec leurs enfants. En outre, en cas d’absence de son époux, la femme peut suppléer le père dans l’accomplissement de certains actes administratifs, scolaires ou autres. Voilà donc enfin le problème du Code de la famille réglé dans la sérénité malgré la grande et dangereuse polémique qu’il a soulevée durant plusieurs mois, et ce, grâce à la procédure habile et diplomatique enclenchée par le Président.

4-Evolution générale depuis 1999: dans le monde du travail, quoique très minoritaires, les femmes algériennes sont de plus en plus présentes. Elles ont progressivement investi tous les domaines d’activité, devenant peu à peu la partenaire incontournable de l’homme, allant de l’administration à l’entreprise, passant par les services, sans négliger le champ politique. Parmi l’élite féminine, certaines ont réussi à accéder à des postes importants de responsabilité. On peut citer quelques postes occupés par des femmes :

Ministres de la solidarité et de l’emploi, de la culture, de la famille;
Chef de Parti et candidate aux élections présidentielles,
Direction nationale d’Algérie Poste (ex-PTT);
Direction de la Santé militaire (une femme colonelle);
Préfecture (une femme wali);
Présidentes d’Associations nationales;
Directions d’établissements publics, dans l’enseignement à tous les niveaux;
Université ; professeurs.
Magistrature; juges, présidentes de cour.
Santé publique où la proportion des femmes est plus importante que celle des hommes;
Sécurité Nationale : commissaires, policières, motards.
Défense nationale: officiers supérieurs, dans l’aviation, la marine, la gendarmerie.
Commerce et Industrie: femmes chefs d’entreprise, commerçantes, employées dans les restaurants, les cafés etc.

Malgré cette invasion silencieuse, cette prise du pouvoir pacifique et en douceur de la société active, le taux de chômage (demandeuses d’emploi) des femmes demeure important et a tendance à s’accroître. Ce qui est un très bon signe d’évolution sociale de la femme algérienne.


Par Hadj Dendane Sid'ahmed- Quotidien d'Oran

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