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Voir la version complète : Donald Trump humilié publiquement le roi Salman Ben Abdel Aziz


AMOKRANE15100
06/10/2018, 14h08
Il y a quelques semaines, l’Arabie Saoudite avait réagi avec véhémence contre le Canada, qui avait réclamé la libération de deux militantes saoudiennes, emprisonnées dans leur pays. Prononçant des discours grandiloquents, les dirigeants du royaume Saoudite avaient affirmé ne tolérer aucune ingérence dans leurs affaires intérieures ou atteinte à la «souveraineté» du pays. Le sketch s’était terminé par l’annonce du gel des relations commerciales bilatérales par Riyad.

A l’automne 2017, l’Arabie Saoudite avait réagi comme une vierge effarouchée à des propos de l’ancien ministre allemand des Affaires étrangères, lors de la crise provoquée par la séquestration à Riyad du Premier ministre libanais Saad Hariri. Au cours d’une conférence de presse conjointe avec le chef de la diplomatie libanaise Gebran Bassil, Sigmar Gabriel avait évoqué «la politique étrangère aventurière» de l’Arabie Saoudite et lui avait reproché la guerre au Yémen.

Les autorités du royaume avaient rappelé leur ambassadeur à Berlin pour protester contre les déclarations de Sigmar Gabriel. La crise diplomatique a duré près de dix mois et ce n’est qu’en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies, le 25 septembre, à New York, que les deux pays ont renoué le dialogue et que Riyad a décidé de renvoyer son ambassadeur à Berlin.

En lisant ces quelques lignes, on peut imaginer un pays, l’Arabie Saoudite en l’occurrence, farouchement attaché à sa souveraineté, n’acceptant aucune critique contre les effroyables violations des droits de l’homme commises sur son sol, ou ingérence dans ses affaires intérieures, et faisant payer cher à tout Etat qui oserait transgresser ces principes. Mais il n’en est rien. Car Riyad a gardé sa bouche cousue après l’humiliation publique de son roi Salman Ben Abdel Aziz par le président américain, Donald Trump.

Dans un langage très peu diplomatique, le locataire de la Maison Blanche a repris un propos qu’il avait déjà dit lors de sa campagne électorale, sur l’impossibilité pour la monarchie des Saoud de se maintenir au pouvoir sans le soutien des Etats-Unis. «Nous protégeons l’Arabie Saoudite. Vous diriez qu’ils sont riches, a-t-il lancé à ses supporteurs lors d’un discours prononcé à un meeting dans le Mississippi. Et j’adore le roi, le roi Salman. Mais je lui ai dit: Roi, nous vous protégeons – et vous ne seriez peut-être pas là plus de deux semaines sans nous –, vous avez à payer pour votre armée». C’est en substance ce que Trump a dit au roi Salman lors d’un entretien téléphonique le 29 septembre.

La version fournie par l’agence de presse saoudienne sur la teneur de la conversation diffère largement. D’après SPA, les deux dirigeants ont parlé, à l’initiative du président américain, «des efforts pour maintenir les approvisionnements de manière à assurer la stabilité du marché pétrolier et la croissance de l’économie mondiale». L’entretien aurait également porté sur «les moyens de développer les relations bilatérales dans le cadre du partenariat stratégique entre les deux pays, en plus de la situation dans la région».

Le compte-rendu de l’agence saoudienne tente visiblement d’édulcorer les propos que le président américain a tenus avec le roi. Car Donald Trump n’avait pas caché son mécontentement lors de son discours à l’Assemblée générale des Nations Unies, quelques jours plus tôt. «Nous défendons bon nombre de ces pays pour rien, puis ils profitent de nous pour nous faire payer des prix de pétrole élevés. Ce n’est pas bon. Nous voulons qu’ils cessent d’augmenter les prix, nous voulons qu’ils commencent à baisser les prix», a-t-il déclaré.


R.International

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