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Voir la version complète : La Révolte des Aurès


zwina
06/03/2007, 19h17
Bien souvent on dit berbère et on pense Kabyle et bien non il y a aussi nos compatriotes des Aurès dont le célèbre Larbi M'hidi qui était originaire d'Ain M'lila un des hauts fiefs de ce que l'on a appelé La Révolte des Aurès en 1916. Les noms de Messaoud Ben Zelmat, Amar ben Moussa, Mohand Ameziane Boumesrane" y figurent ; ceux qui ont tenu les Aurès pendant des années empêchant l'avancée des français. Encore une fois les Zaouias ont joué un très grand rôle dans cette révolution, une participation active et efficace a permis aux Algériens de tenir les troupes françaises en échec à plusieurs reprises. Là bas le 11 novembre 1916 à Boumequeur, la République algérienne est proclamée par les tribus Lakhdar Halfaouia et Ouled Soltane. Je crois qu'il est bon parfois de se rappeler ce que certains ont fait pour que l'Algérie soit un pays libre. Les zaouias aujourd'hui sont critiquées, insultées parce que de lointains savants auraient décrété que leur Islam était mauvais pourtant c'est bel et bien en pratiquant cette Islam là qu'ils ont été des guerriers et des partenaires actifs qui ont grandement contribué à l'indépendance de l'Algérie. Alors respect à ces grands Cheicks des Zaouias qui pour diverses raisons ont décidé de participer à cette libération parce que malgré tout ils ont réussit......

Voici un lien très instructif sur la révolte des Aurès et le nom de toutes les tribus qui y ont participé ;)

http://aureschaouia.free/telecharg/aures-insurrection-1916.pdf

Un extrait :
réqui-sitionner de nouveaux travailleurs, à partir de la fin septembre 1916 le Sud-constantinois s’embrase. D’importants groupes de conscrits refusent de se présenter devant le Conseil de révision. L’insécurité devient générale : fils télégraphiques coupés, feux allumés dans la montagne, assassinats d’Européens et de chefs indigènes francophiles. Sur les marchés, précise Gilbert Meynier (13), les hommes annoncent la venue prochaine des Turcs accompagnés d’un Mahdi ou sauveur de l’Islam. On retrouve à ce propos, comme pour la grande révolte Kabyle de 1871, le mythe du secours venu d’Orient étudié par André Martel 14. Cette volonté de chasser les roumis (chrétiens) du Dar-Oul-Islam (la terre sacrée de l’Islam) donne à cette révolte un aspect fanatique qui annonce les 8 mai 1945 et 1er novembre 1954. L’insurrection proprement dite prend toute son ampleur en novembre 1916. Les indomptables Chaouïas de l’Aurès sont au coeur de la révolte dont l’allure nationaliste est clairement affirmée : le 11 novembre 1916, à Boumequeur, la République algérienne est proclamée par les tribus Lakhdar Halfaouia et Ouled Soltane. Le village de colonisation de Mac-Mahon est attaqué, le sous-préfet de Batna meurt des suites de ses blessures. Les insurgés pillent ensuite des fermes, sabotent des voies ferrées... Prises au dépourvu, les autorités mettent du temps à réagir en dépit des attaques précoces subies par des unités de spahis. Les forces engagées sont imposantes : 6 à 8 000 hommes fin 1916, et 13 à 16 000 hommes début 1917, dont deux régiments d’infanterie venus de France, plus de l’artillerie et de l’aviation. Après de sanglants accrochages entre révoltés et troupes régulières, la répression est sévère. Elle dure cinq mois : toutes les mechtas (habitations, hameaux) des insurgés sont systématiquement rasées, le bétail est razzié, les silos et les récoltes sont détruits. Tout indigène pris les armes à la main, comme en 1871, est immédiatement fusillé. En tout, 200 à 300 révoltés sont tués, tandis que plusieurs centaines de personnes sont parquées, en plein vent, dans un camp à proximité de Constantine en attendant d’être jugées par un tribunal militaire. De même qu’en 1871, de lourdes amendes, des confiscations de terre et de bétail frappent les insurgés. Certains maquisards de l’Aurès, comme Amar ben Moussa reprendront les armes en novembre 1954.
Notes
Révolte des aurès 1916 http://**********************

ithrinarif
06/03/2007, 19h25
très interessant, dommage que les liens ne sont pas disponnibles....

zwina
06/03/2007, 19h30
Exact problème avec les liens. Je vais donc vous faire des copiés collés choisis par mes soins pour vous raconter cette révolte.


Pas de conscription en 1913.
En 1914, au mois de Septembre, sur 27 appelés, 3 du douar Ouled Cheikh prennent la faite au moment où l’on conduisait le contingent de 40 inscrits au siège de la commune mixte.
En Octobre, aussitôt après l’échauffourée du bordj de Corneille qui sera exposée plus loin, une colonne parcourait le Djebel BELEZMA. A Khenzaria, foyer de la résistance en 1916, (douar OULED AOUF) se trouvent réunies les djemaa des douars MEROUANA (BELEZMA) et OULED AOUF.
Un ancien cheikh, «BENHAFIA», El hadj Ahmed ben Yahia, de MEROUANA, prend la parole et, d’un ton péremptoire, déclare au Capitaine CABON, chef du bureau des affaires indigènes de la division de CONSTANTINE, ce qui suit : «on peut augmenter les impôts, nous prendre nos bien, mais nous ne donnerons pas nos enfants.» Aucun des membres de la djemâa de MEROUANA ne proteste. La djemâa des OULED AOUF garde la même attitude.
Le travail de recensement de la classe 1915 était déjà commencé. Vers le 20 Octobre, il s’achevait sans difficultés dans 13 douars.
Cependant, dans le douar OULED AOUF, une seule fraction, celle de Khenzaria, comptant une douzaine de conscrits, refuse de se présenter à la convocation de l’autorité locale.
Huit jours après, exactement le 17 Octobre, l’administrateur faisait savoir que, dans les OULED AOUF, «sur 55 conscrits, 20 s’étaient abstenus de répondre. Il est à remarquer, ajoutait-il, que tous sont de la fraction Khenzaria, sauf trois appartenant à la fraction Tizinzert».
«Les jeunes gens s’enfuient dans la forêt dès qu’ils voient venir près de chez eux, ceux qu’ils croient chargées du recensement.»
Le 24 Octobre, même note : un certain nombre de conscrits des OULED AOUF et des OULED CHELIH, sont réfractaires. «Leur geste écrit M. MARSEILLE nous paraît constituer un indice d’indiscipline inconnu jusqu’à ce jour». Fin Octobre, un complètement prenait la fuite.
En Décembre, M. MARSEILLE relève une tendance marquée en faveur des engagements volontaires, tendance succédant à la méfiance du début de la guerre. Il l’attribue à l’élévation de la prime d’engagement, et, surtout, aux meilleurs nouvelles du front, dont témoignent les correspondances indigènes.
Six mois après, en juin 1915, il déclare que l’annonce des opérations de la révision jette une légère émotion dans les milieux indigènes qui s’imaginaient que les engagements volontaires, relativement élevés, dispenseraient les douars de fournir un contingent en 1915.
C’était là, une erreur assez répandue dans le département de CONSTANTINE et qui provenait en toute bonne foi de la part de l’autorité administrative départementale, soit d’une interprétation inexacte des instructions du Gouverneur Général,, soit d’échos mal rapportés dans l’intérieur, touchent la compagne d’engagements volontaires entreprise fin 1914.
En tous cas, quatre indigènes des OULED AOUF, des mechtas Khenzaria et Tizinzert, étaient, en juillet, envoyés en détention administrative, à BATNA, sous l’accusation d’avoir fomenté la résistance des gens de ce douar lors du tirage au sort.
Malgré tout, l’impression pessimiste signalée en juin, dure peu, puisque, en Septembre, l’administrateur annonce que les jeunes gens, sans exception, se sont présentés à l’appel de leur nom. La population indigène, ajoute-t-il, ne se préoccupe en aucune façon de ces opérations qui semblent passer inaperçues.
Même note le 25 Septembre. Cependant, le 2 Octobre, M. MARSEILLE informe l’autorité supérieure que sur 23 appelés, 10 ne se sont pas présentés à la concentration. On en arrête 4, dont 2 OULED AOUF. Tous déclarent qu’ils s’étaient sauvés de peur d’être envoyés au front.
Avril 1916. Sur les 46 recrues de la classe1916, 7 avaient déserté. «Il est à redouter, écrit l’administrateur, que ces déserteurs, se sentant traqués, n’aillent encore grossir les rangs des nombreux autres déserteurs ou insoumis des classes précédentes qui se cachent dans les montagnes et deviennent un danger pour la sécurité publique». Dans le même rapport, on lit que les conscrits ne partent que contraints et forcés.
Le 4 Octobre, le rapport hebdomadaire mentionne que les opérations de recensement de la classe 1917 se sont déroulées et terminées sans incidents.
A signaler, cependant, les difficultés, que l’administrateur passe sous silence, des opérations toujours dans les OULED AOUF. Il avait envoyé dans ce douar son jeune adjoint, M.CARLI, dont le cheikh et les kebars s’étaient moqué en lui présentant des jeunes gens d’une quinzaine d’années. Et M. MARSEILLE avait dû intervenir personnellement pour la rédaction des listes.
Il résulte de ce observations, qu’il y avait, dans la situation, des fluctuations, du malaise et des tiraillements sérieux, d’autant plus que la sécurité, ce grand pouls qui permet de diagnostiquer à coup sûr l’état de santé ou de maladie de la société indigène, laissait à désirer depuis longtemps.

zwina
06/03/2007, 19h32
Les Ouled Ziane et les Saharis
Ces deux tribus qui appartiennent la première à AIN TOUTA, la deuxième à BARIKA, on presque toujours été divisées par des haines terribles. Lors du soulèvement de 1916 les Ouled Ziane sont demeurés dans l’expectative mais le douar BITAM des Saharis a marqué un assez sérieux mouvement de révolte. Il est opportun d’en dire quelques mots, au moins pour ceux qui ont la garde de la sécurité dans l’arrondissement de BATNA.
L’importance tribu des Ouled Ziane comprend quatre Douars : GUEDDILA (4891 habitants), DJEMORAH (1509 habitants), BRANIS (1794 habitants), BENI SOUIK (443 habitants), tous quatre dépendant de la commune mixte d’AIN TOUTA.
Originaire du MAROC, qu’ils auraient quitté au début du 16éme siècle, les Ouled Ziane vinrent, tout d’abord, se fixer à EL ALIA (30 kilomètres au Nord de BARIKA), puis arrivèrent dans la région des Palmeraies de GUEDDILA, DJEMORAH, BENI SOUIK et BRANIS, dont ils chassèrent ou massacrèrent les habitants pour prendre leur place, vers le milieu de XVIème siècle. Ne disposant, dans la région des palmeraies, d’aucun terrain de labour ou de parcours, les Ouled Ziane essayèrent bientôt de s’étendre au détriment de leurs voisins. Après des luttes longues et sanglantes, ils parvinrent a acquérir à OUED TAGA (AURES) et plus tard, à DRAUH et à CHETMA, des droits de propriété que le Sénatus-consulte leur a reconnus.
La nécessité dans laquelle ils étaient de trouver, en dehors de leurs territoires arides, et brûlants l’été, des pâturages pour leurs troupeaux rapidement accrus, fit estiver les Ouled Ziane d’abord, sur les contreforts du TELL, puis dans le TELL même ; le Sénatus-consulte leur a reconnu des droits de parcours très importants : dans la commune mixte d’AIN EL KSAR, aux Douars Ouled Moussa, Ouled Si Belkheir, Ouled Si Menacer Achemer, Ouled Ammar, Ouled Makhlouf, dans la commune mixte de BARIKA, au douar BITAM et dans celle d’AIN TOUTA, au douar EL KANTARA.

Suite.........

zwina
06/03/2007, 19h33
Les Saharis
La tribu des Saharis comprend actuellement trois Douars : BITAM (4309 habitants), EL OUTAYA (1457 habitants et EL KANTARA (3326 habitants), le premier, rattaché à la commune mixte de BARIKA, Les deux autres à celle d’AIN TOUTA.
Pendant la première phase du soulèvement de 1916, le douar BITAM a fait cause commune avec les rebelles.
Le mouvement sur BARIKA ayant échoué les BITAMI qui avaient envoyé des contingents de cavaliers aux insurgés vinrent offrir leurs services pour la constitution d’un goum contre les OULED SOLTANE. Politique arabe tissée de mensonge et de duplicité.
D’origine arabe pure, les Saharis seraient venus du HEDJAZ vers le milieu du 11éme siècle, mais ne se seraient établis que bien plus tard dans la région Sud de BARIKA où ils sont actuellement fixés, et dont les Ouled Sahnoun leur ont, pendant longue temps, disputé la possession. De sanglants combats, dont le souvenir n’est pas encore effacé, furent livrés entre ces deux tribus qui restèrent ennemies.
Sous les Turcs, leurs habitudes de pillage en avaient fait la terreur de leurs voisins.
Les Beys de CONSTANTINE, pour consolider leur autorité dans les ZIBANE, avaient constitués les Saharis en une sorte de maghzen.
Deux grandes familles que nous étudierons eu titre des chefs indigènes, les BOUAKKAZ et les BEN GANA se disputèrent longtemps la suprématie chez les Saharis (12).
La recherche du pâturage d’été fut, pour les Saharis une nécessité vitale et c’est ainsi qu’ils furent en compétition d’intérêt, avec les Ouled Ziane, au DAYA.

suite ..........

zwina
06/03/2007, 19h34
Le HODNA depuis 1871
Lorsque l’insurrection éclata, l’officier commandant le poste de BARIKA fut rappelé à BATNA, et le Caïd SI SMAIL convoqua les goums du HODNA. Les malfaiteurs, les mécontents et les ambitieux furent ainsi livrés à eux mêmes.
Les Ouled Sahnoune et les Selalhas se soulevèrent à l’appel de AHMED BEY BEN CHEIKH MESSAOUD. Au mois de juin 1871, le frère d’AHMED BEY se rendit chez le moqaddem des Rahmania, SI EL HADJ MOHAMMED BEN ABDALLAH BEN BOUCETTA, des Selalhas, et lui demanda de décider les tribus du HODNA à se joindre aux révoltés. Le marabout refusa, car son fils et non neveu combattaient à nos côtés. Mais ZOUAOUI alla trouver les frères du marabout, et, en une nuit, les tribus s’insurgèrent.
A BARIKA, le cheikh MIHOUB BEN SEGHIR, gardait la maison de Commandement, et le cheikh BIBI BEN MOHAMMED, avec 200 tentes fidèles, en surveillait les abords.
Le 25 juillet, Les Ouled Sahnoune obligèrent le cheikh MIHOUB à quitter le bordj de BARIKA et à cesser toutes relations avec les Français.
Le cheikh fut fait prisonnier ; mais les tentes fidèles s’étaient repliées sur SEGGANA où elles rallièrent le goum des Lakhdar Halfaouia qui maintenait le calme dans la région sous le commandement du cheikh MESSAOUD BEN NCIB. Le bordj fut respecté grâce au marabout BOUCETTA qui voulant se garder une porte de sortie en cas d’échec des insurgés, était venu à BARIKA.
Les Ouled Nadjaa, conduits par DJENAN BEN DERRI, qui nous avions nommé cheikh en 1864, le seul agent qui fut ouvertement contre nous, aidés des bandes de SAID BEN BOUDAOUD, Caïd du HODNA occidental, cousin du bachagha MOKRANI, vinrent razzier les Ouled Amor demeurés fidèles.
Dans la nuit de 26 au 27 août, ils attaquèrent le bordj de BIBI BEN MOHAMED. Le fils de ce dernier fut tué, et les Ouled Amor raziés. Le bordj de MAGRA devint alors le quartier général des insurgés du HODNA oriental. BIBI BEN MOHAMMED fut fait prisonnier ; le cadavre de son fils fut déterré et brûlé.
Les Ouled Amor, effrayés, prirent la fuite et vinrent à SEGGANA se placer sous la protection du cheikh MESSAOUD BEN NCIB.
Au mois de septembre, le Général SOUSSIER se mit en marche pour rejoindre BARIKA. Il passa par le Sud des montagnes des Ouled Soltane, faisant de petites étapes et pacifiant le pays. A l’annonce de son arrivée, les Ouled Sahnoune, les Selalhas et les Zoui, venus à BARIKA, envoyaient au Caïd SI SMAIL des députations pour lui demander d’intervenir en leur faveur ? seul, DJEMAN BEN DERRI resta avec les Ouled Mokrane.
Le 19 septembre, le Général arriva à BARIKA où le marabout BOUCETTA lui remit le bordj qui avait été préservé du pillage.
Les Ouled Derradj furent vite soumis. Aux pertes qu’ils avaient subies, aux razzias, aux pillages s’ajoutèrent les amendes d’abord, la contribution de guerre ensuite. Le Caïd SI SMAIL qui était à SEGGANA vint à BARIKA reprendre son commandement. DJENAN BEN DERRI fut révoqué et son commandement ajouté à celui de BIBI BEN MOHAMMED qui devint ainsi cheikh des Ouled Amor et des Ouled Nadjaa.
En 1873 on créa l’annexe de BARIKA. Rien ne vint plus troubler la paix dans le HODNA ORIENTAL. Des modifications territoriales furent apportées en 1874, 1875, 1881, 1885 et 1890. Les chefs d’annexe purent entreprendre des travaux de longue haleine et lorsqu’en 1907, l’annexe fut érigée en commune mixte, on pensait que les Ouled Derradj étaient pour toujours fidèles et soumis.
Il n’en était rien. SI MOHAMMED BEN EL HADJ BEN GANA, Caïd du HODNA oriental depuis 1901, avait demandé et obtenu que la jouissance des terrains que les djemaa lui avaient consentie dans les quatre Douars dont il gardait le commandement (DJEZZAR, METKOUAK, BARIKA et MAGRA) lui fut maintenue avec les autorisations d’irrigations utiles.
Quelques temps après de vives réclamations surgirent : on accusait l’agha BEN GANA d’abuser des irrigations en prélevant plus que sa part. Un ancien cheikh révoqué par l’autorité militaire, KHELLAF BEN SAAD, prit la tête du mouvement d’hostilité contre l’agha.
L’autorité locale, compromise à l’endroit de BEN GANA, persista à nier ce mouvement qui reprit avec plus de violence et se traduisit, en 1911, par une émigration nombreuse vers la SYRIE. La plupart des caravanes furent cependant arrêtées en TUNISIE. L’autorité locale nia encore cette émigration. Alors se produisit le serment du Matmor de SIDI ABDELKADER liant les conjurés pour une lutte à outrance devant aboutir à la déchéance de l’agha. L’administrateur eut la malencontreuse faiblesse de proposer aux perturbateurs une trêve de deuil (l’agha venait de perdre son frère le bachagha des Zibans

ithrinarif
06/03/2007, 19h39
comme d' habitude nos rivalités tribales ont fait assez de degats à ce que je vois.....:22:

absente
06/03/2007, 19h53
Un détail qui a eu son importance, la conscription des sujets français date de 1912 en Algérie, ce qui a provoqué un exode de population, notamment aux frontières vers le Maroc et la Tunisie, mais des familles entières sont également parties pour le Levant.
Bref :
*les Algériens ne déclaraient que peu les naissances, généralement les citadins le faisaient ainsi que les caïds, cadis et autres officiels
* l'hostilité manifeste des populations qui refusaient de livrer leurs fils
* la malnutrition généralisée recalant les quelques candidats

Il y a eu une ordonnace permettant l'échange des conscrits, c'est-à-dire qu'une famille refusant que son fils soit incorporé pouvait présenter un remplaçant, d'où un véritable marché noir humain, puisque les plus pauvres acceptaient ce rôle contre rétribution. Les hommes se vendaient au kilo (pour passer la visite médicale)

rais-corso
06/03/2007, 20h43
aprés la révolte de 1916 des centaines d'insurgés furent exilés en nouvelle calédonie et vers le bagne de cayennes.cet évènement a été immortalisé dans les aurès par la sublime chanson de aissa djarmouni intitulée : abqaou besslama 3arb merouana

revolutionna
06/03/2007, 22h14
:mrgreen: ZWINA, le malheur des arabes ou des berberes a ete toujours cette idee tribal et claniste, dire que ce dernier est de tel region ou de tel tribu, alors que la realite se sont des algeriens est point barre.
Vos arguments nefastes sur le couage des hommes de tel region sur une autre prouve le degre de votre intelligence.
Le general LEE en amerique est un general americain, malgre qu il a perdu la guerre contre les nordiste, idem popur les genraux HO CHI MING et GIAP, alorsque dires des generaux francais ou marocains , a ce jour je ne sais point de leurs origine tribales ou clanuistes.
Reveillez vous avant que le vent vous emporte, je suis algerien, je m en fou que je suis berbere ou arabe, musulman ou chretien, l essentiel je vis dans ce pays qui est l algerie.

zwina
06/03/2007, 22h49
Pourquoi me prêtes tu des intentions que je n'ai pas ? L'article était très intéressant et parlait pour une fois d'une autre région que la Kabylie. il m'a paru honnête de le publier.....Le fait que ce soit des berbères n'est qu'un plus :D Mais c'est bien de rafraichir les mémoires de tout le monde pour mieux comprendre ce qu'il se passe ;) Algériens nous le sommes tous avec chacuns nos spécificités et nous devons arriver à tous vivre ensemble car c'est pour cela que tous nos ancêtres se sont battus.

revolutionna
06/03/2007, 22h59
:mrgreen: Je m excuse si j ai un point derailler sur le sujet, mais je suis contre le style regiolisme et tribales qui a fait des ravages dans nos esprits, mais les specifies se parle de cuisines et culture et non d homme.

btp50
07/03/2007, 00h11
Je m excuse si j ai un point derailler sur le sujet
mais non tu n'a point déraillé, ce qui est valable à petite echelle, l'est aussi sur une echelle plus grande.
Permet moi de reprendre ton argumentation, quelque peut modifier.
.
ZWINA, le malheur des Algeriens ou des Marocains a ete toujours cette idee d'un nationalisme tribal et claniste, dire que ce dernier est de tel region ou de tel pays, alors que la realite se sont des maghrébins est point barre.

absente
07/03/2007, 00h21
La France avait cette idée que le sang était un dû, pour le sang versé à l conquête (comme si on avait demandé à être colonisés) et la meilleure en contrepartie de l'oeuvre civilisatrice de la France et de l'amélioration du sort des populations coloniales.
C'est vraiment de l'humour parce que l'état des populations faisait que les Algériens étaient en grande partie réformé, je n'ai pas le chiffre en tête mais en 1914 c'est entre 5 et 15 % d'une classe d'âge qui peut être retenue à l'issue de la visite médicale:rolleyes:

absente
07/03/2007, 00h34
Tu comprends que ta remarque puisse paraître surprenante de la part de quelqu'un dont le pseudo est maroc50 ?:confused:

steiner
07/03/2007, 01h42
par rapport au sujet,y a combien de chaouiophone en algerie,car j'ai lu que c'etait un dialecte en recul par rapport au kabyle(le dialecte) qui lui est bien vivant.j'ai aussi lu sur ce forum que le chaoui ressemble plus au rifain (langue du rif) qu'a la langue kabyle.zwina tu as bien fais d'ouvrir un thread qui parle de cette region qui si belle et si meconnue.

saadiakabyle
07/03/2007, 17h39
revolutionna,

Je te considérerai comme honnête dans ta démarché si tu demandes la reconnaissance de thamazight comme langue officielle.

zwina
07/03/2007, 18h28
Pareil que Saadia

zwina
07/03/2007, 18h32
Les causes de l’insurrection relèvent de plusieurs facteurs parmi lesquels la dégradation des conditions sociales, politiques et économiques qui eurent des incidences directes sur les Algériens lesquels vivaient une situation dramatique en raison de la famine, des épidémies et des lois scélérates dont le Code de l’indigénat, parallèlement à la propagation de la misère et la cherté de la vie.
La conjugaison de tous ces facteurs suffisait à elle seule pour déclencher l’insurrection bien que certains historiens aient évoqué également le rôle joué par les confréries soufies dans l’incitation des Algériens à la révolte et la rébellion.
Par-dessus tout, le mécontentement qui s’est répandu chez les Algériens en raison de la promulgation de la loi sur la conscription obligatoire en 1912 est considéré comme l’étincelle qui a entraîné l’explosion de la situation.
En dépit du fait que cette loi avait suscité l’adhésion de certains lettrés du mouvement des jeunes algériens à tendance libérale, qui y voyaient un moyen d’intégration selon eux, elle rencontra néanmoins une violente opposition de la part du public. Le rejet de la conscription obligatoire par les Algériens s’est amplifié après l’arrivée de nouvelles inquiétantes sur la mort par milliers de jeunes conscrits au cours des batailles terribles qui se déroulaient en Europe, puisque le ministère de la guerre français avait enregistré en octobre 1916, 7822 tués, 30.354 blessés et 2611 prisonniers.
En 1916, la France avait un besoin pressant de troupes supplémentaires et pour cela, elle décida d’enrôler les jeunes ayant atteint l’âge de 17 ans pour les envoyer au front dans les plus brefs délais.
Par ailleurs, la mise sous séquestre à l’orée du vingtième siècle des terres appartenant aux habitants de Aïn Touta, Merouana et Sériana dans la région des Aurès afin d’établir des centres d’implantation pour les émigrés européens et créer des communes mixtes dont la commune de Belezma en 1904, fut à l’origine du déclenchement de troubles dans la région et amena la cour d’assises de Batna à prononcer diverses peines de prison à l’encontre des accusés. En guise de représailles, les Algériens refusèrent de se soumettre aux lois du colonisateur. Les adversaires de la loi sur la conscription obligatoire déclarèrent en décembre 1914 qu’ils bénéficiaient du soutien des Turcs et des Allemands pour la libération de l’Algérie.
A l’instar de la résistance de Béni Chougrane en 1914, celle des Aurès en 1916 différait des insurrections du 19ème siècle sur divers points dont les plus importants sont:
- L’insurrection n’avait aucune relation avec les confréries et les zaouias
- Elle ne s’est pas déclenchée en raison de l’opposition des grandes familles et des notables au colonialisme.
- Elle n’a pas eu lieu en raison de la faible présence de troupes militaires françaises comme ce fut le cas en 1870 et 1871.
Cette insurrection fut une forte réaction collective contre la politique militaire coloniale représentée par les lois de 1907 et 1912 portant sur la conscription obligatoire des jeunes ainsi que le service du travail obligatoire dans les fermes et les usines en France.
Les étapes de la résistance des Aurès
L’insurrection des Aurès débuta effectivement le 11 novembre 1916 lorsque les populations de Aïn Touta et Barika se rassemblèrent au village de Boumaza et s’accordèrent à déclarer la guerre sainte aux impies. Cette nouvelle se propagea rapidement dans les villages et des centaines d’hommes répondirent à l’appel sacré. Ceci poussa les Français à couper toutes les communications entre la région et le monde extérieur en interdisant les déplacements et les voyages de et vers les Aurès.


Les insurgés réagirent en détruisant les câbles du téléphone, du télégraphe et les ponts. Par ailleurs, ils attaquèrent les domiciles et les biens des Européens, visant particulièrement les agents de l’administration coloniale dans tous les villages et hameaux.
Les opérations des résistants contre les intérêts français s’intensifièrent, touchant le fort administratif «Mac Mahon», ce qui se solda par la mort du sous-préfet de Batna et la destruction du fort après que la garde militaire française se fut enfuie en l’abandonnant.
Tandis que l’administration coloniale sous-estimait ces événements, les insurgés entreprirent d’encercler la ville de Barika le 13 novembre 1916 pour attaquer un convoi français le lendemain.
Devant l’aggravation de la situation et l’extension de l’insurrection, le gouverneur général d’Algérie demanda des renforts militaires supplémentaires, en insistant sur la nécessité de recourir à l’aviation pour terroriser les populations, notamment après que 10 soldats français furent tués lors des accrochages du 5 décembre 1916 lorsque les troupes françaises avaient attaqué les rebelles qui s’étaient réfugiés dans les monts Mestaoua.
A cet effet, la France retira le bataillon 250 du front en Europe pour l’envoyer en Algérie, le nombre de soldats français dans les Aurès ayant atteint ainsi 6000 hommes commandés par le général «Monnier». Le commandement militaire fit venir les avions de guerre du type de ceux qui étaient en Tunisie pour les envoyer vers la région des Aurès.
Au début de Janvier 1917, on dénombrait plus de 14000 soldats basés dans les Aurès, équipés d’armes des plus modernes en vue de liquider définitivement l’insurrection et réprimer ses animateurs.
Entre novembre 1916 et la fin du mois de mai 1917, les troupes coloniales ont commis les pires crimes contre les populations désarmées en représailles contre la poursuite de la résistance. La preuve la plus édifiante de ce qui fut commis par les Français durant cette période est le rapport établi par la commission parlementaire française qui s’est penchée sur la politique pratiquée par les Français, basée sur les assassinats par toutes sortes d’armes, la terre brûlée et la saisie des biens des populations. Ne se contentant pas de cela, la France emprisonna plus de 2904 révoltés, accusés de rébellion et de provocation de troubles. 825 Algériens furent présentés devant les tribunaux et 805 d’entre eux furent condamnés à environ 715 ans de prison au total tandis que 165 furent dirigés vers les tribunaux arabes à Constantine et 45 vers le tribunal de Batna qui prononça à leur encontre 70 ans de prison.
Les condamnés furent soumis à des amendes totalisant 706656 francs français et l’administration coloniale saisit environ 3759 fusils de chasse anciens, 7.929 ovins, 4511 caprins et 266 bovins.
Compte tenu de la gravité de la situation, le gouvernement français s’empressa de placer l’ensemble de la région sous administration militaire aux termes du décret du 22/11/1916.
En dépit du fait que les espoirs fondés par les Algériens, à travers la résistance des Aurès en 1916, de se débarrasser du colonialisme et de sa tyrannie, ne se soient pas concrétisés, les conséquences de cette insurrection et les drames qu’elle engendra demeurèrent gravés dans les esprits des habitants de la région, dans les écrits des historiens et les oeuvres des poètes jusqu’au déclenchement de la Révolution du premier novembre.

rais-corso
08/03/2007, 08h38
ecoutez plutot cette chanson-hymne des aures.
http://ichawiyenautrement.********/jermouni/indexjermouni.htm allez sur discographie .

Adhrhar
08/03/2007, 08h54
rais-corso Bonjour, bonjour tout le mondeecoutez plutot cette chanson-hymne des aures.Merci pour le lien, je suis un grand admirateur de Aissa. J'ai comme avatar son portrait.

Merci zwina pour le sujet et les textes.

Bulughin
08/03/2007, 10h17
Salam εalaykum,


message de steiner

par rapport au sujet,y a combien de chaouiophone en algerie,car j'ai lu que c'etait un dialecte en recul par rapport au kabyle(le dialecte) qui lui est bien vivant.j'ai aussi lu sur ce forum que le chaoui ressemble plus au rifain (langue du rif) qu'a la langue kabyle.zwina tu as bien fais d'ouvrir un thread qui parle de cette region qui si belle et si meconnue.



voici 3 liens intéressants sur ce sujet :

http://www.inalco.fr/crb/crb_2/fiches_dialectes/chaoui.htm

http://www.inalco.fr/crb/crb_2/fiches_dialectes/chaoui_vl.htm

http://www.inalco.fr/crb/crb_2/index.htm

Il faut pointer sur les différentes zones linguistiques pour accéder aux articles.

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