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Voir la version complète : Scotland Yard s'interroge sur Rafik Khalifa


morjane
07/03/2007, 05h47
Rafik Khalifa est soupçonné de blanchiment d'argent par la police britannique.

Le temps se gâte pour Rafik Khalifa. Après quatre années de séjour sans histoire à Londres, l'ex « golden boy » algérien a été rattrapé mardi dernier par la police britannique. Installé en Angleterre depuis l'effondrement de son empire, il doit répondre de « soupçons de blanchiment d'argent » alors qu'il est jugé par contumace à Blida en Alger dans le cadre de la déconfiture de son groupe. Interrogé par Scotland Yard, il a été remis en liberté, après le versement d'une caution.

Alger affirme ne pas ménager ses efforts pour récupérer cet homme de 40 ans, porté aux nues par le système durant sa fulgurante ascension. Depuis sa déconfiture, il est dans son pays un paria. Son « arrestation » a été annoncée officiellement au Sénat par le premier ministre Abdelaziz Belkhadem. « Il ne peut y avoir de collaboration entre l'Algérie et la Grande-Bretagne dans d'autres domaines... si on ne peut pas résoudre, un cas comme l'extradition de Khalifa », a assuré, de son côté, le ministre de l'Intérieur Yazid Zerhouni.

« République bananière »

Reste que si elle s'engage vraiment, la procédure s'annonce tortueuse. Le Royaume-Uni est en effet, avec Israël, le pays au monde où le droit en matière d'extradition est le plus protecteur. Les oligarques russes en délicatesse avec le pouvoir poutinien en savent quelque chose. Tout comme Rachid Ramda, le financier des attentats terroristes commis en France par des islamistes algériens en 1995. Réclamé par Paris, il ne fut extradé en France qu'après dix années de batailles judiciaires.

En cas de mise en cause, Rafik Kalhifa va politiser l'affaire. « Le président Bouteflika veut ma peau... Il était convaincu que je voulais sa place », affirmait-il dans un entretien accordé en février au Figaro. L'ancien homme d'affaires qui se déclare prêt à être entendu par des juges algériens à Londres qualifiait son procès de « mascarade » organisée dans une « dictature » par une « république bananière où le président concentre tous les pouvoirs ».

À Blida, les révélations se sont pourtant succédé devant le tribunal criminel qui juge l'affaire Khalifa depuis le 8 janvier. Après un violent réquisitoire du procureur général, qui a demandé, la semaine dernière, des peines de 18 mois à 20 ans de prison contre les 104 accusés, les avocats sont montés au créneau pour dénoncer une justice à deux vitesses. Après avoir rappelé que « la corruption est un sport d'élite », l'un d'eux a eu ce jeu de mots perfide : « Dans cette affaire d'État, il y a beaucoup de non-dits. C'est-à-dire des noms qu'on ne dit pas ! »

Une liste de ces intouchables jamais évoqués dans la procédure a été remise au tribunal. Parmi une pléiade de hauts responsables qui faisaient antichambre chez Rafik Khalifa, on retrouve le nom du tout-puissant général Larbi Belkheir, ex-directeur de cabinet du président « rétrogradé » à l'ambassade d'Algérie au Maroc, et celui de Maarif, ex-chef du protocole « exilé » à celle de Rome. Farid Lamari, fils de l'ex-chef d'état-major de l'armée, aurait, lui aussi, bénéficié de ses largesses. Murmuré depuis le début du procès, le nom d'Abdelghani Bouteflika, le frère du président, a été également occulté. Son témoignage aurait pourtant levé l'équivoque sur un secret de Polichinelle : un appartement acheté rue du Faubourg-Saint Honoré, à Paris, avec l'argent de Khalifa Bank et récupéré depuis par le liquidateur.

Par le Figaro

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