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Voir la version complète : Musique andalouse: Alger ou l'appel des sirènes


morjane
10/03/2007, 14h58
En matière de musique andalouse, il est notoirement connu que le Maghreb est soumis à l'influence de quatre courants d'expression dont les caractéristiques sont spécifiques à chacun d'eux et se distinguent par des dissemblances constatées aussi bien au niveau des compositions mélodiques que dans la structure rythmique, et cela en dépit d'une totale similitude souvent relevée sur les textes poétiques d'une région à une autre.

Cette richesse culturelle a amené les experts en la matière à opérer une classification territoriale très schématique en distinguant ce que nous avons appelé dans ces mêmes colonnes en date du 9-1-2007 les quatre «Ecoles » de rattachement. Et dans ce schéma, il faut dire que l'Algérie se taille la part du lion avec pas moins de trois entités, à savoir: les styles «Malouf», «Gharnata» et «Sanâa».

Il est signalé cependant que cette classification obéit en fait à des données objectives dûment constatées sur le terrain où toutes les grandes cités de chacune des trois régions d'Algérie pratiquent le plus naturellement du monde le style de leur «Ecole» de rattachement. C'est ainsi qu'à l'Est du pays des villes comme Annaba, Souk Ahras et Skikda se rangent sous la bannière du «Malouf» aux côtés de la ville des Ponts suspendus; au Centre, Blida, Koléa, Cherchell, Miliana, Médéa, etc. cultivent le style «Sanâa» de la capitale; tandis qu'à l'Ouest nous retrouvons les villes d'Oran, Nédroma et Sidi Bel-Abbès dans le style «Gharnata» qui règne en seigneur dans la cité Zianide.

Il faut toutefois faire remarquer que les cloisons ne sont pas hermétiquement étanches et que, sans être subsidiaire, cette délimitation n'est pas absolue dans les faits dans la mesure où il est fréquent de relever parfois des interférences de styles entre les trois «Ecoles», ce qui constitue, à n'en point douter, un apport supplémentaire et un acquis substantiel à l'avantage de tous. Cette constatation se trouve d'ailleurs corroborée par plusieurs événements qu'il convient de relever et de signaler à l'attention en vue de souligner toute l'importance et les effets non négligeables d'une telle interpénétration dans le sens de l'enrichissement et de la préservation de ce vaste patrimoine artistique et culturel.

C'est ainsi que plusieurs opérations ont été entreprises dans ce sens. La plus ancienne à être portée à notre connaissance relate le cas d'un pionnier en la personne du Cheikh Mohamed Ben-Teffahi (1) qui avait coutume de rencontrer lors de ses nombreux et longs séjours à Tlemcen, tous les grands maîtres de la place au premier rang desquels on retrouve bien sûr les cheikhs Hadj Larbi Bensari (2) et Omar Bekhchi (3) entre autres.

Il est évident que la réputation de Ben-Teffahi et les vastes connaissances héritées de ses illustres maîtres n'étant un secret pour personne dans les milieux artistiques, il ne fait aucun doute que le style «Gharnati» a dû s'enrichir d'un nombre appréciable de pièces et de mélodies absentes du patrimoine local pendant que le répertoire «Sanâa» engrangeait de son côté nombre de «chghalates» disparus ou tout simplement inconnus à Alger. Par ailleurs, tout le monde se souvient encore des incursions très remarquées dans le style «Malouf» de l'un des plus brillants élèves du maître Abderrezak Fakhardji (4) en la personne du maître Sid-Ahmed Serri.

De même que l'association «Dar El-Gharnatia» de Koléa sous l'impulsion du tandem formé par le regretté Mahieddine Bellouti et Hadj Brahim Belladjreb, a eu le mérite de flirter souvent avec l'Ecole «Gharnata» de Tlemcen. Plus récemment encore c'est la jeune association mostaganémoise Ibnou-Badja conduite par Fayçal Benkrizi qui gratifia son public d'une émouvante nouba extraite du répertoire «Tarab el-Ala» marocain sur le mode «Hidjaz M'cherki» et cela, sans recourir au sempiternel «Chems el-Achya» galvaudé sur tous les tons.

Même le chantre du chaâbi, le regretté Hadj Hachemi Guerouabi n'a pas résisté à la tentation de titiller deux noubas complètes dans les modes «Maya» et «Raml» notamment. Que dire également de la diva de la chanson moderne algérienne à la voix pure et cristalline, la grande Seloua qui, délaissant pour un temps les savoureux modes «Bayati» et «Nahawand» qu'elle affectionne, a réussi à nous émerveiller avec une superbe nouba du mode «Mezmoum» interprétée magistralement sous la direction du regretté Mustapha «Skandrani» (5).

Enfin, bravant toutes les difficultés - et elles sont de taille - Rachid Guerbas qui n'est déjà plus à présenter, s'offrit même le luxe à peine croyable de réunir dans un même bouquet une nouba du mode «Dil» composée de mouvements successifs puisés chacun dans l'une des trois «Ecoles» algériennes énumérées ci-dessus, avec la collaboration, il est vrai, d'un orchestre formé par un panel de virtuoses.

Dans cette énumération, il faut souligner que les exemples cités ne sont pas exhaustifs et nous permettent surtout de découvrir un engouement grandissant de notre public à goûter et apprécier tous les styles, lesquels nous offrent une large palette, un florilège incomparable d'une divine beauté tant il est vrai que chacun d'eux recèle des spécificités et des attraits de nature à chatouiller les sens et à émouvoir les plus exigeants.

morjane
10/03/2007, 15h00
Ce constat nous amène à évoquer le cas particulier de deux grandes métropoles situées de part et d'autre de la capitale, tant il est vrai que Béjaïa à l'Est d'Alger et Mostaganem à l'Ouest semblent devoir partager un destin commun dans bien des domaines et celui de la musique andalouse en particulier. Dans ce contexte, il est fait remarquer que s'il y avait une logique cartésienne en la matière, la position géographique de chacune d'elles aurait plaidé en faveur d'un rattachement de la première au «Malouf» constantinois et confinerait la seconde dans le sillage de l'Ecole «Gharnata» chère à la ville de Sidi Boumediene. Or la réalité veut que, répondant à l'appel des sirènes algéroises, l'une et l'autre aient choisi de se nicher dans le giron de l'Ecole «Sanâa» sous l'effet d'événements quelque peu similaires, séparés seulement par un fossé virtuel d'une trentaine d'années. Qu'est-ce à dire ?

Après les virées historiques à Mostaganem de la grande Mâalma Yamna Bent Hadj Mehdi (6) dans les années vingt, on notera que dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, la cité de Sidi Lakhdar Benkhelouf manifestait déjà des velléités sinon une attirance irrésistible pour le style «Sanâa» notamment avec le regretté Si Habib Bentria (7) qui entreprit d'initier un petit groupe de mélomanes et de jeunes musiciens aux secrets de cet art représenté alors par les frères Fakhardji. Puis le chassé-croisé ininterrompu entre Alger et Mostaganem d'orchestres et de chanteurs algérois et blidéens tels les regrettés Dahmane Benachour (11 mars 1912 - 15 septembre 1976), Hadj Mahfoud Mahieddine (3 mars 1903 - 22 juillet 1979) de Blida, Abderrahmane Belhocine d'Alger (1913 -1986), et plus près de nous encore les maîtres Khaznadji et Serri, ce chassé-croisé, disais-je, se chargera de faire le reste pour soumettre un peu plus Mostaganem aux muses captivantes de la nouba algéroise.

Ainsi le coup de foudre de cette ville pour cette dernière trouve-t-il une explication logique et pragmatique à la fois en ce sens qu'elle s'est retrouvée héréditaire d'un legs - et quel legs? - sans avoir eu à opter pour tel ou tel style au demeurant tous d'une égale beauté. En outre, un événement des plus fortuits allait favoriser et accélérer un basculement définitif dans ce sens. Un banal événement d'ordre professionnel qui allait devoir m'offrir personnellement la chance exceptionnelle de pouvoir adhérer et fréquenter assidûment à partir de 1964 la prestigieuse association musicale «El Djazaïria-Mossilia» (8) d'Alger installée alors au n°27 de la rue Harrichet - ex-Mogador.

Enfin et surtout une autre chance allait m'offrir l'opportunité de rencontrer un grand maître en la personne du regretté Hadj Omar Bensemmane (9) qui, de 1968 à 1971, n'hésita pas à répondre volontiers à tout ce qu'il était possible d'espérer d'un professeur de son envergure jusqu'à sa disparition prématurée en 1972. Ce fut une perte immense pour la musique andalouse qui voyait ses piliers s'écrouler les uns après les autres. Mais fort heureusement, ce magnifique élan de générosité spontanée, cette sollicitude toute désintéressée n'allait pas tarder à trouver un prolongement à partir de l'année 1974 grâce au maître Hadj Mohamed Khaznadji qui, dans un geste très chevaleresque, accepta, sans hésiter, de prendre la relève de Hadj Omar.

Cependant, il faut bien reconnaître que toutes ces bonnes volontés n'auraient pas pu imprimer un impact durable et indélébile sur le paysage culturel et artistique de Mostaganem sans la ténacité, voire l'acharnement d'un pionnier en la matière, un vieux compagnon de la première heure de Bentria, le regretté Hadj Bouzidi Benslimane (10) qu'on ne tardera pas à retrouver d'ailleurs à la tête d'une poignée de jeunes musiciens au moment de la création en 1967 de la défunte «Section de Musique Andalouse du Cercle du Croissant», celle-là même qui allait bientôt donner naissance au «Nadi el-Hilal Ettakafi» à partir du 13-12-1972 avec les résultats que tout le monde connaît.

Donc il s'agit bien d'un faisceau d'éléments favorables qui ont contribué positivement à insuffler à la cité de la Salamandre la passion enivrante de Sfindja et Ben-Teffahi, de Khaznadji et Serri pour un art et un style «qui ne peuvent avoir été conçus que quelque part au-delà des étoiles».

Nous voici bien en présence d'un détail assez curieux de l'histoire contemporaine qui nous rappelle étrangement le cas vécu un demi-siècle auparavant par la vieille citadelle Hammadite avec le jeune Sadek El-Bidjaoui Bouyahia et sa descente victorieuse en 1933 sur les terres fertiles de Sidi Abderrahmane à l'assaut - très pacifique - d'un sanctuaire mythique appelé encore «El-Mossilia» (11) avant sa fusion le 15-10-1951 avec l'association «El-Djazaïria» (12). Néanmoins, mû par une curiosité débordante doublée d'une soif inextinguible d'apprendre, et refusant de limiter ses horizons à la seule «Mossilia», il décida de côtoyer pendant quelque temps les mâalems Makhlouf Bouchaara dit Mkhilef et Laho Seror qui lui permirent déjà de se frotter au style chatoyant de la «Sanâa» algéroise avec en prime cette intonation très particulière propre aux Juifs algériens de l'époque. Cependant celui qui allait le marquer définitivement d'un sceau indélébile sera sans conteste le cheikh Mahieddine Lakehal (13) qui, tout en lui inculquant la magie envoûtante de la nouba d'Alger, ne manquait jamais de l'inviter à son domicile notamment durant les mois de Ramadan (hospitalité algérienne oblige).

Etrange similitude en effet entre deux villes citadines, bordant l'une et l'autre la Grande Bleue, et étrange destin qui lie à jamais, par la culture tout au moins la Reine de la Soummam à l'Est d'Alger et la Perle du Dahra à l'Ouest. Or nous savons que ni l'une ni l'autre n'ont eu au cours des siècles la chance d'être érigée au rang envié «d'Ecole» à l'instar des trois pôles d'Alger, Tlemcen et Constantine pour des raisons qui n'entrent pas dans le cadre de la présente étude et qui feront l'objet d'une analyse ultérieurement; d'où l'obligation pour elles comme pour toutes les autres régions du pays, soit d'obéir à l'attrait qu'exerce sur elles tel ou tel style, soit de se soumettre à des exigences dictées par des impératifs conjoncturels à l'image de ceux que nous venons de voir ci-avant.

Alors, dirions-nous, Mostaganem et Béjaïa, villes-satellites d'Alger au même titre que Blida, Koléa, Cherchell, Miliana, etc. en dépit des distances et de leurs positions géographiques respectives ? Pourquoi pas ! Tout comme Oran, Nédroma, Sidi Bel-Abbès et Oujda au Maroc vis-à-vis de Tlemcen à l'Ouest du pays et les villes de Annaba, Skikda, etc. par rapport à Constantine à l'Est. En tout cas, ceci souligne bien le caractère unitaire de cette musique en dépit de la diversité des styles qui caractérisent les différentes «Ecoles», ce qui constitue sans aucun doute un gage puissant de sa pérennité et un facteur d'enrichissement non négligeable.

Notes

(1)-Ben-Teffahi: né en 1870, il mourut le 19-4-1944 chez sa fille mariée à Tlemcen où il avait coutume de faire de longs séjours. Ses principaux maîtres sont les cheikhs Menemèche (dcd en 1885), Sfindja et le mâalem israélite Ben-Farachou; tandis que parmi ses disciples on trouve Mahieddine Lakehal et les frères Mohamed et Abderrezak Fakhardji entre autres.

(2)-Bensari: né en 1872 à Aïn El-Houts, mort le 24-12-1964 à Tlemcen. Compagnon et disciple des cheikhs Mohamed Benchaâbane dit Boudelfa, Menouer Benattou et le mâalem israélite Makchiche Médioni, il eut pour élèves son fils Ahmed dit Redouane (1914 - 2002), Hadj Mustapha Senouci-Berreksi, Hadj Bachir Zerrouki, etc.

(3)-Omar Bekhchi: né en 1884, ses principaux élèves sont Hadj Abdelkrim Dali et Hadj Mustapha Berreksi. Il mourut à Tlemcen le 16-12-1958.

(4)-Abderrezak Fakhardji: né en 1911, mort le 12-1-1984 à Alger, il fut l'élève de Ben-Teffahi, enseignera au conservatoire et succédera à son frère Si Mohamed en 1956 à la tête de l'orchestre classique de l'ex-RTA. On compte parmi ses nombreux élèves le maître Sid-Ahmed Serri entre autres.

(5)-Skandrani: né le 17-11-1920 à Alger, il doit sa formation à Mahieddine Lakehal et Ahmed Sebti. Ce virtuose du piano succédera à Abderrezak Fakhardji à la direction de l'orchestre classique de l'ex-RTA et mourut en 2004.

(6)-Yamna: née en 1859 ou 1866, elle fut formée par le cheikh Brikmat, imam à Alger, et mourut le 2-7-1933.

(7)-Bentria: mélomane autodidacte et grand fervent du style sanâa, né en 1902, mort en 1950 à Mostaganem.

(8)-Djazaïria-Mossilia: née de la fusion le 15-10-1951 entre les associations Djazaïria et Mossilia pour des raisons de local.

(9)-Bensemmane: né le 26-11-1906, il décède le 2-2-1972 à Alger où il fut le disciple du cheikh Ben-Teffahi et du mâalem Laho Seror. Il forma de nombreux élèves dont l'auteur de ces lignes.

(10)-Benslimane: grand passionné de sanâa né le 14-11-1912 à Mostaganem, mort le 28-3-1990.

(11)-Mossilia: fondée en 1927 par Chkiken, Ali-Cherif, Boutaleb, Mouzino, Ahmed Sebti... elle s'installera au 10 rue Médée à dater du 11-12-1932 avec Bensmaïa, Djabir, Ahmed Lakehal et Mkhilef Bouchaâra entre autres.

(12)-Djazaïria: issue de El-Andaloussia, elle fut fondée le 27-1-1930 par Bensiam et les maîtres Ben-Teffahi, Mahieddine Lakehal et les 2 frères Fakhardji.

(13)-Mahieddine Lakehal: né le 20-5-1885, ce disciple des cheikhs Sfindja et Ben-Teffahi enseigna au sein de El-Hayat d'Alger et à Blida. Ses principaux élèves sont les cheikhs Sadek El-Bidjaoui, Abderrahmane Belhocine, Mustapha Kechkoul tous d'Alger, les maîtres de Blida Dahmane Benachour, Hadj Medjebeur Yessâad, Benguergoura ainsi que le roi du rebeb Mustapha Belkhodja de Tlemcen entre autres. Il mourut le 6-4-1945 à Alger.

Par Moulay Ahmed Benkrizi, le Quotidien d'Oran

Absente5
10/03/2007, 15h12
excellent article qui montre une belle explication de la musique andalouse....
Je suis bien contente de lire cela ...

Thirga.ounevdhou
10/03/2007, 16h07
Tout a fait Alya...

Cette richesse culturelle a amené les experts en la matière à opérer une classification territoriale très schématique en distinguant ce que nous avons appelé dans ces mêmes colonnes en date du 9-1-2007 les quatre «Ecoles » de rattachement. Et dans ce schéma, il faut dire que l'Algérie se taille la part du lion avec pas moins de trois entités, à savoir: les styles «Malouf», «Gharnata» et «Sanâa».

Il est signalé cependant que cette classification obéit en fait à des données objectives dûment constatées sur le terrain où toutes les grandes cités de chacune des trois régions d'Algérie pratiquent le plus naturellement du monde le style de leur «Ecole» de rattachement. C'est ainsi qu'à l'Est du pays des villes comme Annaba, Souk Ahras et Skikda se rangent sous la bannière du «Malouf» aux côtés de la ville des Ponts suspendus; au Centre, Blida, Koléa, Cherchell, Miliana, Médéa, etc. cultivent le style «Sanâa» de la capitale; tandis qu'à l'Ouest nous retrouvons les villes d'Oran, Nédroma et Sidi Bel-Abbès dans le style «Gharnata» qui règne en seigneur dans la cité Zianide.Si l'on eoute Hamdi Bennani, Nouri Koufi ou alhawzi Algeroi...le patrimoine est si riche, si vaste et divers....et qui pourtant decoule d'une meme source et appelation.

Merci Morjane.

tamerlan
10/03/2007, 16h15
mais cela se perd petit a petit...
il faut que les jeune aient acces aux instruments ,aux luths , aux violons etc..combien avez vous vu de boutiques vendant ces articles???

Faïrouze
10/03/2007, 16h28
Je pense qu'il faut les chercher sois même malheureusement...
Quand je me suis offerte mon cithare j'ai vraiment "galéré"... Mon père m'avait carrément conseillé d'aller en Syrie pour trouver un artisan qui fabrique cet instrument:mrgreen: ! Mais heureusement q'un professeur de musique arabe m'a gracieusement aidé à en dénicher un à Paris...
En se bougeant un peu on y arrive... Mais c'est vrai que l'ouvertue à cet art se raréfie pour nous les jeunes garant de cette relève...

tamerlan
10/03/2007, 17h17
c'est un probleme..il faut vulgariser l'acces aux instruments de musique inherant des notre patrimoine..

Faïrouze
11/03/2007, 12h25
A qui le dis tu... Espérons que cet art se démocratise...

Absente5
11/03/2007, 12h30
Cet art se perd moins par son coût ...que par l'intêret qu'on ne lui porte plus...
QUi écoutes de l'andalou,qui connaît les 24 noubas....?
L'andalou se perd pour la vulgarisation et l'electronique....

Thirga.ounevdhou
11/03/2007, 15h46
L'andalou se perd pour la vulgarisation et l'electronique....A propos de ça, ce n'est pas seulement la musique Andalou qui se perd mais la musique , tte la musique avec sa diversité...les belles mélodies, pures sont remplacées par des notes artificielles, robotisées. Est ce un gain? ou une perte cette technologie?

tamerlan
11/03/2007, 18h24
@alya
citation
"qui connait les 24 noubats???"

personne qui soit vivant de nos jours........
@thirga
je suis sur si des extra terrestres doivent descendre quelque part sur terre..ça sera en algerie a force d'ecouter des voies robotisées

Absente5
11/03/2007, 20h11
Tu as raison Tirga...la musique traditionelle se perd...

Thirga.ounevdhou
13/03/2007, 16h18
A propos de l'Andalou....Et a l'initiative de l'association de musique andalouse «El-Moutribia», Biskra inaugurera «les 1ères journées de musique andalouse» dédiées à Meriem Fekaï. A partir du 20 de ce mois et 3 jours durant, la salle du complexe Hammam Salihine, les troupes de Annaba, Constantine, Souk-Ahras, Blida et Tlemcen présenteront au public biskri, les différentes facettes de ce genre musical et donneront ainsi un lifting au morose paysage culturel affiché depuis trop longtemps par Biskra.

Sponsorisée par l'APC, le ministère de la culture et des entreprises locales, la manifestation sera rehaussée par la présence de grandes personnalités de la musique classique algérienne dont le professeur Ahmed Serri, MM.mes Fatiha Babar, Zakia Kara-Terki, Bachir Mazouni et bien sûr El-Hadj Med Tahar Fergani, qui se relaieront à la tribune pour retracer l'itinéraire artistique de cette grande dame qui après avoir fait ses premières classes aux côtés de Mahieddine Bachtarzi, a montré un refus catégorique à faire de son art une activité lucrative.

Originaire de Bordj Ben Azouz (Biskra) la petite fille accompagnera sa famille à Alger où elle se familiarisera avec le «Haouzi» abandonnant la danse, sa première vocation. Partie en 1961, la veille de l'indépendance elle n'aura pas la chance de goûter avec sa complice Fadhéla Dziria, à l'ivresse des premiers jours de la libération du pays.

Grâce à cette louable initiative, qui devrait en appeler d'autres (Dahmane El-Harrachi est lui aussi originaire de Biskra) la ville de Biskra entamera les premières journées du printemps en musique et permettra aux familles locales trop longtemps sevrées de manifestations culturelles dignes de leur rang, de goûter à la saveur d'un «Istikhbar» ou d'un Haouzi purement exécutés par des professionnels, qui ont su pérenniser cette musique en dépit des tentatives de brouillage imposées par le marché.

- Le Quotidien d'Oran

dahbia
19/03/2007, 11h51
En effet, notre musique andalouse remonte à la période qui se situe entre le VIIIe et le XVe siècles. Son ancêtre est la musique arabe influencée elle-même par des vieilles cultures grecques, de l’ensemble de la Turquie (l’Asie mineure) et des Perses. D’ailleurs, certains modes gardent à ce jour leurs noms persans, tels que seh-gah (seika), tchahr-gah (jerka). La musique arabe prospéra sous la dynastie des Omeyyades aux VIIe et VIIIe siècles et connu son âge d’or de la Syrie à l’Espagne andalouse, sous le règne califat des Abbassides (750-1258). L’Andalousie (le nom arabe de l’Espagne était l’Andalou) exerçait une influence notable sur la musique européenne du haut Moyen-Âge (entre le Ve et Xe siècles), comme en témoignent les instruments utilisés dans la musique populaire en France et en Espagne (luth, rbeb, canon), qui sont pour la plupart des instruments arabes. A partir du règne du calife Haroun Al Rachid (célèbre dans Les Mille et Une Nuits) à la fin du VIIIe siècle, deux musiciens marquèrent la théorie et les pratiques musicales en perfectionnant le système tonal et modal de l’école de Baghdad, à savoir Ibrahim El Mawssili (743-806) et son fils Ishaq (767-850). Cordoue, alors l’une des capitales de l’Espagne musulmane, fut un foyer de la musique arabe médiévale. Ziryab persan, élève brillant des mawssili, arriva en 822 à Cordoue et assurera une évolution propre de la musique arabe qui se perpétuera plus tard dans les grandes cités du Maghreb, Fès, Tlemcen, Alger, Constantine et Tunis. De là, naît l’actuelle musique arabo-andalouse déposée sur le long de la rive de la Méditerranée de Fès à Tunis, et ce, après la dernière prise (chute) du royaume de Grenade (en 1492 par les rois cathodiques). C’est la raison pour laquelle on retrouve souvent les mêmes structures musicales (mélodies et modes) et les mêmes textes qu’à Fès, en Algérie et en Tunisie. Sont différentes uniquement par l’influence dialectale, environnementale et mode de vie. Ziryab, compte tenu de son niveau culturel remarquable, a bien assigné à la musique arabe un rôle psychique et thérapeutique, exprimé par les différents modes mélodiques (maqâms) d’où la naissance du système modal (babouaâ) et orchestral des 24 noubats. Al Farabi et Avicenne (Ibn Sina) ont élaboré leur propre théorie musicale en leur qualité de théoriciens du Xe et XIe siècles. A ce propos, il y a une tradition qui fixe les heures d’interprétation des noubats en fonction des influences sur l’humeur que communique l’orchestre de gaieté ou de mélancolie (appelé tarab). A l’est de l’Algérie, par exemple, dans les fêtes, les noubats sont interprétées, plus ou moins, selon l’ordre suivant : Noubat raml el maya s’interprète entre 20-22 h, l’h’sine 22 h et minuit, edil 23-1 h, zidane minuit-2 h, rasd eddil 2 h30-3 h 30 et el maya 3 h30-5 h. Par un rite cérémonial, l’orchestre profite d’un repos (long entracte de 6 heures) et les musiciens reprennent leurs instruments en présence uniquement des amis intimes à la famille organisatrice de la fête (la reprise appelée maquial) entre 11-13 h noubat el mezmoum, 14-16 h sika et enfin entre 18-20 h noubat el raml. Ainsi, à travers les œuvres musicales de Rachid Guerbas, on retrouve quelque part une gratitude et une continuation à sauvegarder cet art séculaire, à l’image des interprètes incontestés des trois écoles de Tlemcen, d’Alger et de Constantine, tels que cheikh El Arbi Ben Sari, Abderezak El fakhardji, Dahmane Ben Achour, Abdelkrim Dali, Ahmed Serri, Mohamd Khasnadji, Cheikh Mohamed-Tahar Fergani, Mohamed El Kourd, Hassan El Annabi, Darsouni et Reymond. Nous encourageons vivement notre artiste de continuer à servir si magistralement notre musique et de poursuivre à nous charmer de ses compositions et travaux de recherche. Certes, la réhabilitation éclairée de notre patrimoine musical n’est pas une tâche facile à assumer dans un milieu où trop souvent l’ignorance et l’appât du gain sont de notoriété et ont conduit certains à faire la sauvegarde du patrimoine un fonds de commerce et une forteresse gardée ! En conclusion, nous ne pouvons que saluer cette initiative ambitieuse de madame la ministre et à lui savoir gré d’avoir su faire appel à une telle évidente compétence algérienne attachée à notre mémoire ancestrale et qui cherche sérieusement, à notre avis, à redorer le blason de notre prestige culturel et historique tout en l’inscrivant dans l’universelle modernité. Notons que nous sommes persuadés qu’aujourd’hui il y a bien des citoyens algériens qui commencent à reprendre conscience de la nécessité d’une vie culturelle.

el watan 2005

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