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ott
08/04/2019, 15h33
Une contribution d’Ali Benflis – Faux procès et vrais enjeux

TSA - 14:28

CONTRIBUTION. L’effondrement du régime politique qui a sévi deux décennies durant dans notre pays a toujours fait craindre qu’il n’emporte avec lui l’Etat national lui-même. La menace n’est pas une simple hypothèse. Elle a pris la tournure d’un risque réel. La menace existentielle sur l’Etat national est venue, sans surprise, de là où elle était attendue, c’est-à-dire du régime politique lui-même qui a commencé par prendre appui sur des forces extraconstitutionnelles pour survivre et qui a fini par ne leur servir que de simple devanture.

Tout au long des cinq dernières années, j’ai patiemment décrit cet engrenage. Certains n’y ont lu que l’insignifiance de l’excès lorsque d’autres, beaucoup plus simplement, l’ont ravalé au rang d’une vue de l’esprit. Aujourd’hui, cet engrenage livre toujours ses mystères et ses ravages sont visibles à l’œil nu. Le champs politique est un désert. L’ordre constitutionnel est un champs de mines. Le système institutionnel est un champs de ruines. Comment sauver l’Etat national avec un héritage aussi lourd ?

Pour l’heure, voilà la seule question qui vaille. Face à un enjeu d’une telle ampleur il n’y a pas de place pour les débats byzantins, pour les faux procès ou pour les coquetteries des puristes du chaos créateur. Il n’y a qu’un Etat national demandant à être secouru et tous les patriotes doivent se donner la main pour lui porter secours.

Oui l’Etat national est en péril
Il y’a d’abord le vide institutionnel qui le menace dans son intégrité même. Aucun Etat ne peut durablement survivre à la concomitance d’une Présidence provisoire, d’un Gouvernement de gestion des affaires courantes, d’un Parlement hors champs et hors sol, d’une administration sans aiguillon hiérarchique et d’une économie livrée à elle-même.

Il y a ensuite la menace sécuritaire. De ce point de vue, les derniers développements simultanés tant au Sahel qu’en Lybie n’augurent rien de bon. Face à ces développements, l’instabilité de notre pays accroit sa vulnérabilité. N’oublions jamais que les terrorismes de toute sorte sont à la quête permanente de pays affaiblis pour y semer les graines de la haine et de la désolation.

Il y a aussi le désastre économique qui frappe notre pays. L’économie nationale est à l’agonie. Elle est sous perfusion de la planche à billets et rien d’autre. L’ombre du Fonds Monétaire International rôde au-dessus de nos têtes. A défaut d’un sursaut rapide nous emprunterons inexorablement le chemin qui mène vers lui. Et si ce sursaut tarde à avoir un effet productif, il y’a tout lieu de craindre que le premier acte du Président et du Gouvernement légitimes à venir sera d’aller frapper à ses portes.

Il y a également la menace des interférences étrangères. Une loi d’airain des relations internationales veut que celles-ci foisonnent par temps d’instabilité et d’incertitude. Elles trouvent toujours des appels d’air dans les pays qui perdent la pleine maîtrise de leurs affaires intérieures.

Et plus longue sont l’incertitude et l’instabilité, plus il est loisible aux ingérences étrangères d’affiner leurs calculs et de faire avancer leurs pions.

Il y a enfin et toujours, la menace intérieure. La révolution démocratique pacifique a déjà mobilisé contre elle « l’Etat profond » dont elle remet fondamentalement en cause les intérêts douteux et les positions mal acquises. Chez nous, « l’Etat profond » a un visage et c’est celui des forces extraconstitutionnelles qui n’ont pas baissé les bras. Il a des têtes pensantes que l’on a vues à l’œuvre. Il a sa force de frappe qui se révèle à travers toutes les clientèles auxquelles l’ancien régime a livré tout un pays qu’elles ont mis à sac. Parmi ces clientèles, certaines opèrent des conversions spectaculaires alors que d’autres, encore tapis dans l’ombre, attendent patiemment leur heure.

Face à toutes ces menaces, où est notre rempart ?
La révolution démocratique a procédé à bien des mises à nu. Elle a livré à nos regards attristés et affligés la vacuité d’institutions constitutionnelles dont l’Etat a été minutieusement dépossédé et dont la raison d’être s’est réduite au service d’un homme, d’un clan et d’un régime politique dévoyé.

Dans la désolation généralisée que ce régime a semée, il y a un rempart inexpugnable. C’est celui que forment aujourd’hui le Peuple et son Armée. Et c’est sur eux que repose essentiellement le devenir de l’Etat national et la révolution démocratique pacifique elle-même. En effet l’Etat national et la révolution démocratique sont confrontés aux mêmes menaces. Ils ont partie et sort liés.

Plus que quiconque d’autres, le Peuple algérien, dans sa lucidité et sa sagesse, a très tôt, compris l’importance capitale de cet enjeu. En effet, dès sa toute première marche, il clamé haut et fort son attachement au lien de fraternité qui l’unit à son armée. Et c’est vers cette même armée qu’il s’est ensuite tourné pour demander aide et soutien à ses revendications les plus légitimes. Et c’est cette même armée qui lui a répondu en l’assurant qu’elle est à ses côtés jusqu’à la satisfaction pleine et entière de toutes ses exigences.

Ce faisant, et de manière indubitable, nos forces armées ont fait cause commune avec le peuple. Cette véritable communion entre le peuple et son armée n’est ni un simple vœu pieux ni une banale supputation. C’est un fait établi et une donnée marquante dont il importe de faire un point de départ dans tout débat sur la place de notre armée dans la révolution démocratique en cours dans notre pays.

Ce débat s’est ouvert chez nous. Il ne s’agit pas de l’éluder. Les maître-mots qui doivent y prévaloir sont ceux de la clairvoyance, de la lucidité et du réalisme. Les dogmes figés n’y sont d’aucun apport ni de bon conseil. Dans tous les débats de cette sorte il y’a toujours les voies extrêmes et les voies médianes. Aux extrêmes et dans une perspective longue, l’Armée Nationale Populaire n’a pas échappé et n’échappe toujours pas aux rancœurs historiques, d’un côté et à l’antimilitarisme érigé en fonds doctrinal, de l’autre.

Entre les deux, il y a la voie médiane, empruntée par ceux qui croient lucidement et pragmatiquement que la refondation démocratique ne peut s’opérer de manière apaisée et sereine sans la contribution et l’engagement de toutes les forces patriotiques, y compris, naturellement, nos forces armées, elles-mêmes.

Soutenir cette voie n’est pas pêcher par manquement aux valeurs démocratiques tout comme le rigorisme des extrêmes n’est pas nécessairement un certificat de bonne conduite démocratique.

Le rôle et la place de l’armée dans la refondation démocratique qui s’annonce ne devraient être ni un objet de fixation pour les uns ni une obsession prégnante pour les autres. Le jugement y perdrait en justesse et la mesure des vrais enjeux de l’heure en serait faussée.

La société Algérienne a changé. Le peuple algérien a changé. Et l’Armée Nationale Populaire, elle-même, n’a pas manqué le rendez-vous de la transformation et a profondément changé.

Elle sait que le temps a fait son œuvre et qu’elle n’est pas et n’a plus à être l’alpha et l’Omega de la vie politique nationale.

Dans la sortie de crise qui se met en place, tout apport est le bienvenu et aucun bras n’est de trop. Quitte à subir les procès pour excès de rigorisme constitutionnel, l’Armée Nationale Populaire s’est solidement positionnée dans le camp de la légalité. Elle ne décide pas. Elle ne dicte pas. Elle n’impose pas. Elle suggère, elle contribue et cherche à aider. Elle n’est pas l’ordonnateur. Elle est ce qu’elle doit être, le facilitateur qui accompagne, qui protège et qui garantit la marche vers la refondation démocratique que le peuple veut.

ott
08/04/2019, 15h43
Sacré farceur ce droit de l'hommiste mis en place par Belkheir en 1987 pour contrer celle qui était dirigé par son même rival d'aujourd'hui, Bouchachi...

C'est que le politicard qui nous explique les vertues de la démocratie avait du mal à l'exercer quand il a été patron du FLN, et chef de gouvernement pendant 4 ans du candidat du consensus...

Il est marrant celui qui a appelé au respect de la constitution en janvier 2019, quand la situation politique exigeait d'autres réponses. Il est marrant que ce même politicard, réclamait l'application de l'article 102, pour assouvir un vieux contentieux, et il est marrant que ce même politicard nous demande de sortir de cadre constitutionnel, pour remplacer ses 3B, mais voudra y revenir pour voter pour sa salutaire candidature dans 90j...

Le propre de cette classe politique à l'agonie, qui en vient à applaudir un coup d'état médical par celui la même qui a refusé l'application de l'article 88 en son temps, livrant à suivre les entourloupes des ces flagonneurs l'état aux forces anti-constitutionnelles, en œuvre depuis 1992, et qui trouve aujourd'hui qu'il faudrait applaudir celui qui a imposé cette honte du cinquième mandat, déposé par procuration par un de ses proches, et le féliciter pour les grands acquis démocratiques que nous viverions dans l'avenir, sous sa houlette d'un politicien qui ne dépasserait pas le rang de chef de protocole dans un état qui se doit...

Bachi
08/04/2019, 15h54
Dans la désolation généralisée que ce régime a semée, il y a un rempart inexpugnable. C’est celui que forment aujourd’hui le Peuple et son Armée.

tout le blablabla pour nous dire ça...

Benflis drague l'armée.
Il se voit déjà président. Jamais je ne croirais que le peuple qui a su engendrer une telle révolution ira voter pour un âne comme Benflis, un FLN, un homme du système pur jus.

ott
08/04/2019, 16h00
Et pourtant, ce politicard qui ne devrait pas dépasser le rang de responsable du protocole dans un état qui se doit sera la vitrine présidentielle vraisemblablement... à moins que certain lui préfèrent son vieux rival Belkhadem...

NowOrNever
08/04/2019, 16h02
Mais il insiste et s'accroche comme un morpion celui là !

DÉGAGE qolna ya rebi !

Aloha
08/04/2019, 16h46
Bonjour ott
oui une relation assez "pathologique" celle qui lie le peuple à "cette" armée
basée sur plein plein de choses qui me font peur
il faut pas croire le peuple lorsqu'il s'agit de l'armée tu as peut être trouvé le mot " rempart inexpugnable" : les familles ont au moins, un deux, voire plus de membres militaires et et compte-tenu de comment les choses se passent dans le pays ces membres forment leur relais pour avoir un lit d'hôpital, faire sauter une contravention un service ou tout simplement avoir le droit d'aller à une plage pour leur gamins ou réserver une salle de fêtes
d'un autre coté ils ne le savent pas que ce n'est pas normal ça
l'armée prend toute la place presque tout lui appartient ... personnellement je n'apprécie pas du tout les embouteillages crées par les barrages et le regard inquisitoire comme si tu es un suspect en passant un barrage
et ça sent l'arbitraire qui peut s'abattre sur n'importe qui ...
la sphère économique est gérée par des militaires ou des anciens militaires et leur réseaux ... et ça le peuple le sait aussi
Que les militaires participent à l'économie du pays le fassent n'est pas un problème c'est l'utilisation de l'institution pour impressionner et se placer au dessus de tout qui est pathologique et surtout certaines régions du pays qui n'a pas beaucoup de militaires dans l'armée et qui est originaire du Sahara est pauvre ... très pauvre par rapport au reste du pays
Le peuple comme a dit Bachi , miraculeusement et en un seul homme a dit stop à ça surtout ...
Et paradoxalement le peuple a préservé en gros l'armée je n'ai pas vu beaucoup qui critiquaient l'armée au début --- là ils commencent car ils savent au fond d'eux que ce n'est pas normal
mais bon je pense, qu'il n'y a rien à faire : syndrome de Stockholm ou relation impossible à comprendre ... pour moi homme libre du Sahara
Et je ne veux même plus tenter de comprendre
La chance a été offerte par le peuple en un seul homme à l'armée aussi pour se redresser et je l'ai dit plusieurs fois ici
Malheureusement ce topic ou la quasi totalité des topic montrent que l'on se dirige vers autres chose ...


et moi lorsque la folie est là j'ai peur et je ne peux pas réfléchir c'est aussi simple

Aloha
08/04/2019, 17h12
beaucoup de monde aime ça que veux tu ...
ce qui est un gage pour une stabilité durable c'est le bon sens;
la démocratie du 21 siècle est un outil adéquat pour la recherche du bon sens, la tolérance et le partage et la liberté partagée
les pays Européens adaptent de plus en plus leur démocraties et éduquent tout en la pratiquant ...
En dehors de la Russie et la Chine et deux ou 3 pays je ne sai pas si ailleurs un régime autoritaire peut favoriser la production ...

Aloha
08/04/2019, 17h15
les gens vont partir et leur laissent le pays wakhlass

ott
08/04/2019, 17h16
Bien vu Aloha. Au plaisir de te lire.

veniziano
08/04/2019, 17h31
Benflis tu étais même capable de t'associer avec le général Lamari en 2004 pour détrôner Bouteflika et aujourd'hui tu veux essayer encore avec ce mafieux de Gaid Saleh?, le peuple vous dit : dégage tous vous les enfants du système.

jawzia
08/04/2019, 17h55
Benflis a squatté les chaines de Télé en serinant le même discours, obnubilé par la tenue d'élections présidentielles et au plus vite. Peu importe que ce soit sous Bensalah président intérimaire et que les élections soient organisées par la bande à Bedoui.

Pitoyable.

citoyen
08/04/2019, 18h02
Il vaut mieux le garder sous le coude celui-là il peut servir le moment venu.

C'est une mine d'informations.

Nous ne savons pas encore tout sur qui est qui, et qui a fait quoi!

khayamm
08/04/2019, 18h03
Je n ai jamais aimé ce Benflis qui est apres tout un produit fini du systeme , on le remarque á travers son language et á travers son comportement , en plus on le voit clairement que c est un régionaliste , il le dit clairement qu il soutient Gaid Salah et Lamine Zeroual qui sont tous deux originaires de Batna . qui est aussi sa ville natale .

ott
10/04/2019, 15h06
Gaid Salah l’annoncé aujourd’hui : Les affaires al-Khalifa, Sonatrach et Kamel Chikhi seront rouvertes !

Algerie 1 - Par Hakim Megatli | 10 Avril 2019 | 13:46
Le chef d’état-major de l’armée, le général Ahmed Gaid Salah a annoncé la réouverture des dossiers de corruption ayant éclaboussé les institutions et les entreprises publiques et saigné le trésor public.

Dans son discours prononcé ce mercredi à Oran au troisième jour de sa visite dans la deuxième région militaire, Gaid Salah a souligné que la justice, «qui a recouvert ses pleines prérogatives», est désormais en «mesure d’entamer des poursuites judiciaires contre toute la bande impliquée dans les affaires de détournement et de dilapidation des fonds publics».

Mieux encore, le chef de l’armée a affirmé que ces poursuites s’étendront également aux affaires de détournement précédentes dont celles d’al-Khalifa, Sonatrach et la plus récente celle de Kamel Chilhi dit "le Boucher", c’est-à-dire celle des 701 kg de cocaïne interceptée au large d’Oran.

«Dans ce contexte précis, nous soulignons que la justice, qui a recouvert ses pleines prérogatives, agira en toute liberté, sans contraintes aucunes, sans pressions ni ordres, pour entamer des poursuites judiciaires contre toute la bande impliquée dans les affaires de détournement des fonds publics et d’abus de pouvoir pour s’enrichir illégalement», a souligné Gaid Salah.

Et d’ajouter : «A cet effet, nous rassurons l’opinion publique que la question s’étendra à tous les dossiers précédents, comme l’affaire Khalifa, Sonatrach et du Boucher et autres dossiers relatifs à la corruption qui ont occasionné des pertes considérables au Trésor Public».

Voilà une annonce qui va glacer le sang de certains qui ont échappé à la justice lors de simulacres de procès qui avaient condamné des lampistes l’instar de celui d’al-Khalifa, de l’autoroute Est-Ouest et du scandale de Sonatrach.

Hahaha, la mise en garde contre les prétentions de Benflis sont plutôt inattendues...

habiban
10/04/2019, 15h27
Petain a été le heros de la 1° guerre mondiale et le traitre de la 2° ! laissant une chance à Benflis , peut etre que lui , il saura inversé le sort .?

ott
10/04/2019, 15h32
Le sort avec Benflis... un peu de sérieux... il n'assumerait même pas correctement le poste de chef de protocole...

Personnellement, c'est la démocratie, c'est au peuple de choisir son président, mais ce serait une drôle d'issue pour la révolution... de se retrouver avec le directeur de campagne de Bouteflika en 1999, feuleuneux jusqu'à l'overdose...

habiban
10/04/2019, 15h35
Personnellement, c'est la démocratie, c'est au peuple de choisir son président

Personnellement je suis contre le parachutage , c'est l'urne qui decide !

ott
10/04/2019, 15h50
On dit la même chose... faut sortir de hizb elcontre...

La différence, c'est que je parle du choix du peuple et toi tu parles d'un processus de choix qui risque de ne pas refléter ce choix... car trop de trucages... :smily50: :rolleyes:

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