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Voir la version complète : Daech vidéo: La surprenante réapparition d'al-Baghdadi


oudjda
30/04/2019, 16h39
« La réapparition d'al-Baghdadi n'est pas surprenante »

ENTRETIEN. Spécialiste des questions islamistes, le chercheur Romain Caillet analyse le retour, dans une vidéo, du chef de Daech et ses conséquences.


Nombreux le croyaient mort. Mais un mois après la chute de Baghouz, dernière ville aux mains de Daech, marquant la fin officielle du « califat » autoproclamé par le groupe djihadiste, son leader Abou Bakr al-Baghdadi renaît de ses cendres. Assis jambes croisées dans une tente, à côté d'une kalachnikov, le chef djihadiste, barbe hirsute grise dont les extrémités sont teintes au henné, se félicite des attentats, revendiqués par l'EI, qui ont endeuillé le Sri Lanka le 21 avril dernier.

Cinq ans après sa première apparition vidéo, en juin 2014, sur le minbar de la grande mosquée de Mossoul où il annonçait la création du « califat » et appelait les musulmans du monde entier à le rejoindre, Abou Bakr al-Baghdadi confirme sur ces images, diffusées par l'agence de propagande de Daech Amaq, que la « bataille pour Baghouz est maintenant terminée ». Mais le « calife » autoproclamé avertit déjà : son organisation « se vengera » au nom de ses membres tués et le combat contre l'Occident est « une longue bataille ».

Chercheur et consultant sur les questions islamistes, Romain Caillet décrypte dans une interview au Point le « retour » du « calife de la terreur ».

Le Point : Êtes-vous surpris par la réapparition d'Abou Bakr al-Baghdadi ?
Romain Caillet : Cela peut étonner, car il s'agit de la première fois qu'on le voit depuis 2014. Mais ce n'est en réalité pas du tout surprenant. Il est en mesure de rester en vie dès l'instant où il n'est pas actif sur la ligne de front et qu'il vit caché, ce qui demande une bonne logistique et des services de contre-espionnage efficaces. Avant sa mort, Oussama Ben Laden a envoyé beaucoup de vidéos depuis sa maison au Pakistan. Il en va de même pour Ayman al-Zawahiri, le chef actuel d'Al-Qaïda, dont on pense qu'il pourrait lui aussi se trouver au Pakistan.

On aperçoit Abou Bakr al-Baghdadi dans une tente. Est-il, selon vous, toujours en Syrie ?
D'après le chercheur Hisham al-Hashimi, proche de services secrets irakiens, Abou Bakr al-Baghdadi se trouverait en Syrie, dans le désert de la Badiya, entre la ville de Palmyre et la frontière irakienne. Voilà pourquoi al-Baghdadi est désormais surnommé le « calife du désert ». Al-Hashimi en veut pour preuve le fait que l'un de ses fils est mort là-bas, il y a environ six mois, et que c'est actuellement la zone où l'EI est le plus actif et mène des opérations contre l'armée syrienne. Toutefois, cette éventualité est, d'après moi, trop facile.

Comment se fait-il que la coalition n'ait pas retrouvé Baghdadi lors de la reprise de Baghouz, la dernière localité aux mains de Daech ?
Je ne connais pas de cas de chef de groupe terroriste ou de dictateur qui ait été arrêté après la chute de son dernier réduit. Regardez l'histoire récente. À chaque fois, ils ont réussi à fuir grâce aux réseaux dont ils bénéficiaient. C'est ce qui est arrivé à Oussama Ben Laden, qui a pu quitter les grottes afghanes de Tora Bora pour le Pakistan. Idem pour Muammar Kadhafi qui a pu quitter son bastion de Syrte.

Abou Bakr al-Baghdadi se considère toujours commandeur des croyants.

Après la chute de son « califat » autoproclamé, Daech est-il en train de se « refaire une santé » en Asie du Sud-Est, comme on l'a constaté au Sri Lanka ?
Cet attentat ne répond pas, à mon sens, à une stratégie locale. À sa formation en Irak, bien avant la guerre en Syrie, l'État islamique était bien une organisation très locale, au contraire d'Al-Qaïda qui était un groupe global. Après la proclamation de son califat à cheval entre la Syrie et l'Irak, l'EI s'est déterritorialisé et a pris la place d'Al-Qaïda. S'il a frappé la semaine dernière au Sri Lanka, il pourrait attaquer demain en Afrique à la faveur de l'affaiblissement d'Aqmi (Al-Qaïda au Maghreb islamique), ou au Yémen (théâtre d'une guerre sanglante depuis quatre ans). Tout cela fait partie de l'agenda de l'EI.

Daech a-t-il perdu beaucoup de partisans dans le monde après la chute de son califat ?
La fin du califat a découragé les gens qui souhaitaient vivre physiquement dans l'État islamique, mais pas ceux qui adhèrent au concept du califat, à savoir l'unification des musulmans autour d'un chef spirituel. Dans sa vidéo, Abou Bakr al-Baghdadi se considère toujours comme commandeur des croyants. Il appelle les musulmans du monde entier, et donc les djihadistes, à lui faire allégeance. Dans la théologie musulmane, le concept de califat recouvre un pouvoir temporel, mais aussi spirituel. Par exemple, lorsque le califat abbasside a chuté en 1258, ses survivants se sont réfugiés en Égypte, où ils ont été accueillis par les sultans mamelouks. Si le calife a perdu son pouvoir temporel, il a conservé son pouvoir spirituel. Aujourd'hui, la plupart des jeunes djihadistes adhèrent à l'État islamique, et non plus à Al-Qaïda, car il s'agit du groupe dont le discours est le plus radical, violent et globalisé, loin de tout pragmatisme.

Daech est-il en mesure de ressurgir en Syrie ou en Irak ?
On pensait tout d'abord que l'EI allait rester en Irak, pays où il est né, où l'organisation appartient au paysage tribal. Mais beaucoup de ses partisans ont été installés dans des camps, ou ont été rejetés par la population. Ceci est possible, car l'État irakien est de retour et n'est pas dans une logique de négociations avec les tribus. Or, c'est paradoxalement auprès des tribus syriennes, dans la province de Deir ez-Zor, que Daech s'est le mieux intégré. L'un de mes contacts sur place m'a indiqué que les djihadistes y étaient bien implantés, car ces tribus conservent un fonctionnement et une culture très proche de la leur. Comme en Irak, l'EI a rapidement pris en charge des enfants syriens pour les embrigader. Par ailleurs, après huit ans de guerre civile en Syrie, la société demeure très communautaire. L'EI conserve des partisans au sein de la population syrienne. L'idée d'une revanche des sunnites est très prégnante. Ainsi, dans les zones arabes sunnites récupérées par les forces kurdes, celles-ci n'ont d'autres choix, pour garder le contrôle, que de négocier avec les chefs de tribu la libération de djihadistes, car ces derniers ne sont autres que les enfants de ces familles tribales. Si la stabilité ne revient pas dans la région, l'EI restera dans le paysage.

Aujourd'hui, Daech n'est plus capable d'organiser des attentats. [...] [Mais] le risque d'attentats revendiqués par l'EI reste important.

Dans sa vidéo, al-Baghdadi appelle à commettre de nouveaux attentats en Occident, notamment en France. Ce risque existe-t-il toujours autant, même après la fin du « califat » ?
À mon sens, cela fait plusieurs années que Daech ne peut plus mener d'attentats de grande ampleur en Occident. Je veux parler d'une attaque organisée par l'EI en amont avec l'envoi d'Irakiens sur place, ce qui était le cas, par exemple, du Bataclan. Au contraire, l'attentat de Nice n'a été réalisé qu'en réponse aux appels, diffusés par les services de communications de l'EI, à mener des attentats en Occident. Aujourd'hui, Daech n'est plus capable d'organiser des attentats. Il n'est pas l'auteur par exemple des attentats du Sri Lanka, réalisés là aussi en réponse à ses appels à frapper partout dans le monde. Maintenant, le risque d'attentats revendiqués par l'EI reste important. D'autant que l'EI appelle à venger la perte de Baghouz et à répondre aux frappes de la coalition menées contre son territoire.

Abou Bakr al-Baghdadi a mentionné, dans la vidéo, les révoltes populaires qui secouent l'Algérie et le Soudan. Peut-il en tirer profit ?L'EI peut tirer son épingle du jeu partout où règne le chaos. Ils sont déjà présents en Algérie, pays qui possède des structures djihadistes depuis plusieurs années, et pourraient en profiter le moment venu. De façon globale, la disparition ou l'affaiblissement d'un État donne plus de marge de manœuvre aux djihadistes, ce qui est d'autant plus vrai aujourd'hui au Soudan, ou au Nigeria, où s'est implanté Boko Haram (affilié à l'EI, NDLR).

le point Propos recueillis par Armin Arefi

LockDown
30/04/2019, 20h09
ENTRETIEN. Spécialiste des questions islamistes, le chercheur Romain Caillet analyse le retour, dans une vidéo, du chef de Daech et ses conséquences.

On dirait un film ! Al Baghdadi II le retour !

panshir
30/04/2019, 21h22
Il doit être bien encerclé par l'alliance russe du côté d'Idlib. Les Etats Unis auront du mal à sauver leur soldat, à moins d'une couverture turque.

galaxy
01/05/2019, 10h34
Un fake new personnes ne cherche après lui connaissant sa vrai identité israélienne un agent du Mossad Simon Elliott

bouberita
01/05/2019, 10h45
piece of shit

faycal_sghir
01/05/2019, 14h36
Il s'est rejouit de l'Algérie et du Soudan par raport a la situation et invite ses fideles a continué

Sincèrement en algerie a part des étranger mercenaires et autres infiltrés qui sont ses fideles ? ,

Pomaria
01/05/2019, 19h51
Au train ou vont les choses avec leur film hollywoodien qui n'en finit pas, les amerloques vont même nous ressusciter BENLADEN. :mrgreen:

Ils vont nous dire, qu'alors que les marines avaient jetéBENLADEN capturé il ya quelques années depuis leur hélicoptère, il s'est avéré qu'al-Baghdadi était tout juste là, en vacances, au large des iles du pacifique, qui a réussit miraculeusement à le sauver et le récupérer de justesse.

Ils sont capable même de nous créer une sosie d'el baghdadi par région, par pays, ou par département. C'est juste une question de budget et de retour sur investissement sur la région concernée. C'est vrai qu'il y a des régions plus interessante que d'autres pour leur affaire...:razz::mrgreen:

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