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Voir la version complète : Autorité de la loi


nasser
23/09/2003, 02h02
L'autorité de la loi est l'une de ces innovations extraordinaires dont l'origine reste mystérieuse. Elle est sans doute apparue à differentes époques dans un grand nombre d'endroits différents. L'invention de l'écriture l'a épaulée.

La justice n'est pas imposée par l'individu mais par le groupe. Dans la société moderne, ce groupe c'est l'Etat, qui représente la société dans son ensemble, et non la victime. Dans le cas d'une agression criminnelle, le procès ne se déroule pas entre la victime et l'accusé, mais entre l'Etat
et l'accusé. Le défendeur est accusé d'avoir enfreint les lois de l'Etat, non d'avoir agressé un individu. En fait, l'Etat étant la partie lésée, la victime n'a pas le droit, théoriquement parlant, d'abandonner la poursuite, car le procès a été décidé par l'Etat.

La coopération de la victime n'est nécessaire que pour aider l'Etat à établir le fardeau de la preuve. Dans le code criminel anglo-américain, ce fardeau équivaut à la preuve hors de tout doute raisonnable.

Au cours des millénaires, tant qu'évoluait l'idée de justice, les êtres humains ont compris que les émotions primitives comme la haine et la vengeance ne peuvent être maîtrisées que si la société se chargeait elle-même de décider de la punition. Dans la mesure où la haine se répand facilement, l'accusé n'est pas le seul à être la cible de la vengeance. Sa famille et ses amis sont également visés.

Et l'accusateur, lui aussi, court le risque de subit des représailles. Les cycles de violence, avec leurs vendettas, se nourrissent de ce mouvement de balancier.

Dans les anciens systèmes de justice, c'était le souverain, incarnation de la société, qui décidait de la peine. Dans la mesure où le condamné n'osait pas faire subir des représailles à un homme aussi puissant, cette stratégie mettait immédiatement fin au cycle de la violence.

Dans les Etats modernes, la souveraineté ne réside pas dans un individu mais dans la société toute entière. Le système juridique rationalise les procédures et confie l'administration de la justice à plusieurs personnes : agents chargés de faire respecter la loi, procureurs, juges, jurés, avocats, autorités carcérales.

Lorsqu'il y délit criminel, l'autorité de la loi brise le cycle de la violence en imposant une peine (parfois la peine de mort dans les pays où elle est encore en vigueur) au nom de la société et selon les règles et des procédures spécifiques et toujours identiques supervisées par des parties
désintéressées - un juge et un jury dans le système anglo-américain.

Cette méthode place l'administration de la justice au coeur du système nerveux évolué.

Ce sont les procédures qui entourent les affaires criminelles qui sont les plus compliqués, car elles concernent les agressions violentes qui déclenchent les émotions les plus extrêmes. Mais dans la mesure où c'est la société tout entière qui impose la peine, la famille et les amis de l'accusé (ou l'accusé lui-même) ne peuvent focaliser leur désir de vengeance sur un seul individu.

La justice placée sous l'autorité de la loi, avec ses procédures rationnelles et officielles, vise à exclure les émotions primitives qui pourraient se manifester lors des procédures de jugement des malfaiteurs.

La but de la justice, comme celui de la vengeance, est de punir et de prévenir, mais elle accomplit ces objectifs d'une manière qui renforce l'ordre social plutôt que de le saper. Alors que les codes juridiques établissent des distinctions précises et se concentrent sur des accusations spécifiques et des éléments clairement définis, la haine et la vengeance font appel au système nerveux primitif, avec ses stéréotypes, ses généralisations et la colère sans frein qu'il suscite.

La procédure juridique rassure les victimes. Leur système nerveux évolué maîtrise mieux leurs réactions face aux événements traumatisants qu'ils ont vécus.

Lorsque l'autorité de la loi est efficace, elle permet de résoudre des conflits aigus qui, sans intervention, aurait risqué de provoquer des dissensions civiles et des actions violentes. Les vendettas et les meurtres commis par esprit de vengeance sont en grande partie éliminée.

Mais l'autorité de la loi n'est pas toujours efficace. C'est qui arrive quand elle est sapée par la corruption ou par les préjugés ...

Source : Why we hate - Dozier, Rush W.

btp50
20/09/2005, 23h19
La derniere phrase m’interpelle : (ce qui arrive quand elle est sapée par le corruption ou par les préjugées). Préjugées ; un petit mot tout a fait anodin, l’air de rien.
Séparée de la corruption, je veux, cela va de soit. Quand au préjugées c’est une autre histoire, et tout problème de loi reside dans les préjugées..
C’est un pléonasme que de dire, l’inefficacité des lois sont dù aux préjugées, puisque le besoin des lois dans leurs grandes majorités naissent des préjugées.
Qu’appelle t’on préjugées ? d’apres le dico c’est : des idées préconçues.
la mémoire d’un individu ? d’une communauté ?
la conscience des individus ? la quintessence ?
l’histoire de l’homme ? d’un peuple ?
les dogmes d’une société ?
les individus forment, par définition, une communauté, c’est un peuple, de ce fait il possède une histoire, donc une mémoire, le temps aidant finis par acquérir une conscience (commune a tout les individus du groupe).
Si une loi est contraire aux convictions des individus, on dit : qu’ils ont des préjugées.
Au terme préjugées, je lui prefere (dans ce cas precis) Le terme de fitna (un mot arabe qui decrit cet etat d’esprit) qui pour moi signifie ; heurter les convictions.
Donc une loi peut heurter certaines convictions, la conviction peut etre d’ordre dogmatique, morale, le plus frequent elle est d’ordre religieuse, j’entends par la toutes les religions, y compris l’athéisme (croire qu’il n’y a rien est aussi une religion)..
Suivant les circonstances, il est des fois ou la conscience peut être emmenée à en appeler contre la loi, peut on appeler ca (des préjugées sapant l’efficacité d’une loi) ?
Les lois de par leurs natures obliges, et de ce fait doivent être consenties, et acceptées par la communauté.
La loi morale celle promulguée par les humains (par opposition a la loi naturelle). peut être dite aussi loi naturelle, par ce qu'elle est essentielle à notre nature morale, qui ne peut, se concevoir sans elle. Les lois morales régissent des volontés libres, sont essentiellement pratiques; elles énoncent ce qui doit être, ce qui doit se faire, elles sont impératives et obligatoires: elles s'imposent à la société afin d’atténuées, les préjugées des contres et des pour, et non les éliminées.
La conscience quand a elle, c'est la raison en tant qu'elle discerne le bien du mal, de ce qui est obligatoire, de ce qui est défendue et de ce qui est permis; elle est la raison appliquée au
règlement de la vie.
En somme la conscience morale (les préjugées) fixe les lois et l'ordre que la volonté doit réaliser, il faut faire le bien, éviter le mal, remplir le devoir. La conscience est tout a la fois un témoin, un juge et un exécuteur. Par temoin: elle confirme qu'on a accompli ou violé la loi. Par juge: elle l'applique. Par executeur: elle récompense le bien par la satisfaction, et punit la faute par le remords (vive les préjugées).
(L'homme se juge lui même, en attendant que l'arbitre souverain confirme la sentence) (chateaubriand).
La loi morale, loi des personnes, des êtres moraux; est une règle obligatoire à laquelle
l'homme est tenu de se conformer pour être dans l'ordre. Considéré dans son origine et dans la raison de l'obligation elle ne doit pas etre autre chose que l’expression populaire, et non une loi de ciconstance du moment, les passions sont ephemeres les lois restent, meme si on les abrogent, laissent des traces.
la loi morale nous fait un devoir d'obéir à ceux qui ont le droit de commander. Le droit civil, assemblages de lois qui régissent une nation particulière, ne saurait tirer sa force obligatoire que du droit naturel, dont il offre les dernières applications à la situation présente d'un peuple donné.
La loi civile doit etre intelligente, fondée sur la nature (sur les préjugées); bienveillante, coordonnée au bien commun; puissante et emmenant de l'autorité régulière. Dans le cas contraire il faut s’attendre a des conflits.
Pour résumer la derniere phrase, (l’autorité de la loi n’est pas efficace). C’est parceque l’on ne tien pas compte de la conscience commune, donc des préjugées.

Il y a cependant que la matière varie avec les individus, les pays, les époques. Tous les hommes ne placent pas le bien et le mal dans les mèmes actions.
Exemple :
Approuvé dans l'antiquité l'esclavage est réprouvé aujourd’hui (exemple stupide, j’avoue :rolleyes: ).
Aux préjugées je prefere utilisé le terme conscience.
La conscience en appellera toujours contre la loi.
Ex : Avortement, Sexualité, Ecologie, Peine de mort, euthanasie. On voit bien que la conscience des uns est différente de celle des autres suivant les coutumes les endroits et les individus. Cela s’appelle une histoire, une mémoire, ce ne sont pas de simples préjugées qu’on peut balayer d’un revers de main
cela deviens plus ardu au législateur quand il s’agit de régir sous une meme loi des individus dotés de mémoires et d’histoires differentes. Il ne lui suffit pas d’une chevre et d’un chou. Il lui faudra beaucoup de chevres et de choux.

Revenons sur terre.
Pour finir je suis dans l’obligation de me contredire, cela fait partie de la loi naturelle.
Il ne faut jamais demandé à une loi d’etre sage et idéal, car si tel était la nature des humains nous n’aurions pas besoin de loi. Une loi se doit etre efficace et surtout pratique et praticable.
Je me range volontiers aux règles suivantes :
Règle 1, la majorité a toujours raison
Règle 2, la majorité se doit etre compatissante
Règle 3 si la minorité a raison, elle doit se plier a la volonté de la majorité
Règle 4 si la minorité persiste c’est la Règle 1 qui entre en vigueur et tout le reste devient caduc.

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