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Voir la version complète : En 1960, El Khattabi révélait la liste des centres de détentions arbitraires et le nombre des détenus au Maroc


rago
23/08/2019, 15h44
A lire l'article de Ya...bi, El Khattibi devait être un individu brillant, de la trempe intellectuellement de Medhi Ben Barka (le marocain le plus connu au monde) et Abraham Serfaty, le maroco-brésilien le plus intelligent de tous les temps.

Le Maroc avait tout pour réussir suite à l'acquisition de son indépendance dans l'interdépendance, "mais contre toute attente...il va échouer" (dixit Gilles Perrault in Notre ami le roi)

- Depuis son exil au Caire, El Khattabi suivait de très près la situation politique au Maroc. C’est ce que montre la réponse à une lettre de Mohamed Hassan El Ouazzani, une autre figure de la résistance qui avait souffert de la marginalisation. Il évoque les centres de détention, les assassinats et les disparitions qu’avait connus le pays entre 1956 et 1960.

(…).
«[I]9672 détenus» selon El Khattabi entre 1956 et février 1960

Début juillet 1960, dans une lettre, El Ouazzani expliquait au héros de la guerre du Rif, avoir présenté un rapport à Mbark Bekkaï, ministre de l’Intérieur de l’époque (de mai 1960 à avril 1961. Il avait aussi dirigé le premier gouvernement marocain, ndlr), détaillant les cas de violations des droits de l’Homme au Maroc.

Depuis son exil au Caire, El Khattabi avait répondu en révélant des dizaines de lieux de détentions arbitraires éparpillés sur quasiment l’ensemble du territoire marocain de Tétouan jusqu’à Agadir. Certains, a-t-il précisé, étaient «inaugurés» le 27 février 1956, soit seulement un mois avant la proclamation officielle de l’indépendance du royaume (le 2 mars 1956, ndlr).

El Khattabi affirme qu’exactement 9672 détenus avaient eu le malheur de passer par ces centres. «Le 2 février 1960, 6520 avaient pu retrouver la liberté» mais dans un état critique «certains avaient des organes mutilés», écrivaient le Rifain. Il enchaine ensuite en citant le nombre exact de personnes exécutées ou ensevelies vivantes dans certains endroits.

Les raisons du refus d’El Khattabi de rentrer au Maroc

La réponse d’El Khattabi à El Ouazzani lève en partie le voile sur les raisons de son refus de rentrer au Maroc. Il était farouchement opposé aux accords d’Aix-les-Bains, de septembre 1955, conclus entre des figures du parti de l’Istiqlal (Abderrahim Bouabid, Mehdi Ben Baraka et Lyazidi, selon les mémoires d’Edgar Faure) et la France. C’était l’acte qui avait précédé le retour en France de Mohammed V, le 31 octobre 1955, et le début des négociations du château de La Celle-Saint-Cloud à Paris.

El Khattabi était pour la poursuite de la lutte armée jusqu’au départ des Français. C’était pour lui la priorité de toutes les priorités «afin que la fièvre descende de 41 degré à 37». Il considérait les projets de construction sans importance tant que l’influence et les intérêts de la France n'étaient pas réduits à néant.

La suite des événements plaidera en défaveur des deux hommes. Mohamed Abdelkrim El Khattabi est décédé le 6 février 1963 dans son exil égyptien alors que le libéral, Mohamed El Hassan El Ouzzani, était mis à l’écart jusqu’à sa mort, survenue le 9 septembre 1978-.

Ya...bi

NB. Enfin, le Maroc revendique les places de souveraineté espagnoles de la côte méditerranéenne : Ceuta, Melilla, Peñon de Alhucemas, Peñon de Velez de la Gomera, les îles Chafarines, ainsi que l'île Alboran (donc, l'ilot à chèvres de Persil n'était pas inclus dans la liste?

rago
23/08/2019, 16h21
Avec toute l'intelligentsia dont disposait de suite à sa création en date du 2 mars 1956 (acquisition de son indépendance dans l'interdépendance), le royaume devrait être au niveau de la Suède et de la Norvège (qui sont pourtant des monarchies).

Au contraire, le Maroc régresse toujours davantage et preuve en est l'adoption par son parlement du Pacte des droits de l'enfance dans l'islam. A savoir autorisation de la pédophilie par le truchement que les filles mineures sont autorisées à épouser des hommes adultes.:22:

- Maroc : Le gouvernement adopte le projet de loi sur le Pacte des droits de l'enfant dans l'Islam

Le Conseil de gouvernement, réuni jeudi, a adopté le projet de loi n°58.19 relatif au Pacte des droits de l'enfant dans l'Islam, adopté en 32e session du Conseil des ministres des Affaires étrangères des pays membres de l'Organisation de la coopération islamique actuellement, tenue du 28 au 30 juin 2005 à Sanaa.

Présenté par la secrétaire d'Etat auprès du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, le Pacte des droits de l'enfant dans l'Islam prétend à la protection de la famille et au renforcement de son statut, en plus de généraliser l’accès gratuit à l’enseignement obligatoire et secondaire en faveur de tous les enfants et de fournir les soins nécessaires à ceux en situation de handicap. Le Pacte impose également aux Etats membres de garantir aux enfants réfugiés (ou assimilés) la jouissance des droits énoncés dans le présent pacte dans le cadre de leur législation nationale en vigueur.

Cependant, ce texte est décrié par des acteurs de la société civile qui y voient une entrave à l'évolution de la législation nationale en conformité avec les engagements internationaux du Maroc en la matière, notamment sur la base de la Convention internationale des droits des enfants (CIDE) de l'ONU. En effet, ils considèrent que le premier revêt un aspect de spécificité, tandis que la seconde s'inscrit dans un principe d'universalité.
.-

Ya...bi

ayrod
23/08/2019, 17h22
Combien sont ils à El Harrach et Ben Aknoun aujourd'hui?

rago
23/08/2019, 17h41
" Combien sont ils à El Harrach et Ben Aknoun aujourd'hui?".

Il ne faut pas confondre des personnes poursuivies pour différents délits et des prisonniers politiques.

Sinon, c'est toujours le Maroc qui détient le record absolu d'incarcérés au Maghreb et "en pleine expansion". Mieux qu'en France qui compte pourtant quasiment le double de population que le royaume.

- Plus de 78.000 détenus dans les établissements pénitentiaires à fin décembre 2016

Le nombre des détenus a atteint 78.716 à fin décembre 2016, contre 70.758 à fin décembre 2012, soit une augmentation de 11%, indique un rapport de la Délégation générale à l'administration pénitentiaire et à la réinsertion.

Soulignant le phénomène de surpopulation carcérale comme une grande problématique, ce rapport annuel sur la situation des établissements pénitentiaires au Maroc au titre de l’année 2016 a affirmé qu’une légère augmentation dans la capacité d’accueil de ces établissements a été enregistrée lors de cette même période. Elle est passée de 118.140 m2 en 2012 à 146.998 m2 durant 2016, engendrant un impact négatif sur les conditions de détention des prisonniers ainsi que le niveau des services qui leur sont présentés-.


H24 info.ma

oudjda
24/08/2019, 13h04
la république rif anéanti par les espagnol , francais et leur mercenaire marocain doit renaitre et chasser "les marocains " et la liberation de tout de tout le territoire dite (Maroc)

rago
24/08/2019, 19h43
" Combien sont ils à El Harrach et Ben Aknoun aujourd'hui? "

Saviez-vous qu'en 1996, la dictature marocaine avait entrepris la même campagne contre la corruption?

Mais ce n'était pas sérieux car les premiers corrompus au Maroc, ce sont les membres de la dynastie royale. Raison pour laquelle, feu Hassan II avait gracié les condamnés en octobre 1997.:mrgreen:

- En 1996, une campagne d’assainissement frappait les milieux d'affaires marocains

Alors que certains médias prédisent une campagne d’assainissement à la prochaine rentrée, retour sur la dernière opération du genre menée en 1996.


Le 15 août dernier, le journal arabophone Assabah titrait : “Des arrestations attendent des accusés de détournement de fonds publics”. Selon des sources citées par le quotidien, “des arrestations à grande échelle auront lieu après les vacances judiciaires”. Assabah affirme même que c’est un “séisme qui attend le gouvernement de Saad Eddine El Othmani, séisme qui frappera des ministres et des dirigeants d’institutions publiques, qui ont occupé ces fonctions depuis plus de 10 ans”.

La dérive autoritaire

Au total, 1.285 personnes sont arrêtées. Pendant l’opération, Mohamed Ziane, ministre délégué auprès du Premier ministre chargé des Droits de l’Homme, présente sa démission. “J’ai claqué la porte parce que j’avais interpellé le gouvernement sur une campagne décidée par quatre ministres, Jettou, Kabbaj Basri et Amalou, sans concertation avec les autres membres du gouvernement. De plus, le SMIG en matière de justice n’a pas été respecté”, s’indigne l’avocat.
(…).
Pour sortir de la crise, le roi Hassan II tient une réunion le 25 mars 1996 avec les membres de la CGEM. Le souverain appelle à une nouvelle charte entre l’Etat et les entreprises pour combattre la corruption dans les institutions publiques.

Le chapitre sera définitivement clos le 16 octobre 1997, lorsque le roi prononcera une grâce en faveur des condamnés de la campagne d’assainissement.


Tel Quel

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