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Voir la version complète : Intel fabriquera des processeurs en Chine


nassim
28/03/2007, 00h14
L’IMAGE d’ouvrières du textile chinoises derrière leurs machines à coudre fera bientôt figure de cliché. L’investissement de 2,5 milliards de dollars annoncé par Intel hier, pour la construction d’une usine à Dalian, au nord-est de la Chine, vient nourrir ces espoirs. Le géant américain posera la première pierre fin 2007 et démarrera la production en 2010. Il devient l’un des investisseurs étrangers les plus importants du pays avec un total de 4 milliards de dollars investis entre le nouveau site et ceux de Chengdu et Shanghai pour l’assemblage. « La Chine est le marché où notre croissance est la plus forte », a expliqué Paul Otellini, le directeur général d’Intel qui poursuit l’idée de se rapprocher de ses clients, notamment Lenovo (qui a racheté les PC d’IBM).

Paul Otellini espère créer l’usine de « wafer (tranche de silicium utilisée dans les puces) la plus rentable au sein de notre réseau et de pouvoir essayer de nouvelles technologies et techniques de production pour abaisser nos coûts ». Toutefois, la technologie utilisée par Intel dans sa future usine n’est pas la plus en pointe. La gravure des transistors aura une largeur de 90 nanomètres (un nanomètre est un milliardième de mètre), alors qu’Intel a démarré une production test d’une technologie plus avancée, celle de 45 nanomètres. Paul Otellini a reconnu avoir reçu des incitations de la part des autorités pour installer son site, le seul de la société en Asie du Sud-Est, et le premier du genre à être construit par elle en quinze ans.

Transferts de technologie

La démarche répond à une volonté des autorités chinoises de monter d’un cran la production nationale. « Notre but est d’encourager la transition d’une Chine qui fabrique vers une Chine qui innove », a déclaré Zhang Xiaoqiang, vice-président de la National Development and Reform Commission, organe clé des réformes, à l’occasion de l’annonce officielle d’Intel hier à Pékin. Une tendance que révèlent les exportations chinoises, qui ont été d’abord des machines, à hauteur de 549 milliards de dollars en 2006, ensuite des produits high-tech pour 281 milliards de dollars, loin devant les exportations de vêtements.

L’empire du Milieu ne cache pas ses ambitions. « Si la Chine peut fabriquer des puces, cela va porter sa technologie vers une nouvelle étape », résume Dan Weihui, spécialiste des systèmes d’information à l’université de Fudan à Shanghai. Avec des investissements étrangers souvent assujettis à des transferts de technologie, la Chine engrange du savoir-faire. Ainsi, Pékin se targue de pouvoir réaliser un avion «made in China » rival des Boeing 747 et des A 320. Le gouvernement crée les conditions pour continuer d’absorber ce savoir. Début mars, Pékin adoptait une loi qui aligne le régime fiscal des entreprises étrangères, jusque-là soumises à un régime préférentiel, sur celui des entreprises chinoises. Des exemptions sont prévues… pour les compagnies qui amèneront de la haute technologie.

source : le Figaro

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