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25/12/2019, 01h50
Une désignation de corps constitué peut-il être un vecteur constituant d’une nouvelle république


Notre révolution du sourire a ébloui les sceptiques de tout bord en Algérie et ailleurs et est en passe de marquer l’histoire universelle par ses méthodes de résistance pacifique, son sens aiguë de l’intelligence collective, sa patience et prudence, et son abnégation sans relâche pour une refondation nationale sur des bases consolidées, celles de l’état de droit, de la citoyenneté pleine et entière, au service de la construction nationale et du développement.

Le système politique qui s’est installé après le recouvrement de la souveraineté nationale a démontré un art brutal et féroce de la manœuvre et du machiavélisme politique qui veut transformer un coup de force humiliant pour les algériens en la désignation de l’héritier visible d’un système invisible en président posthume d’un système finissant, dans des conditions électorales les plus iniques, l’acte fondateur de la reconstruction nationale. Cette souveraineté contre le colonialisme arraché au prix d’un sacrifice immense des enfants sincères de ce pays a vu le président du système être adoubé par un enchevêtrement de systèmes qui interpellent sur la nature même de cette souveraineté qui s’apparente à une suzeraineté digne des temps khaldouniens, qui a institué la Assabya comme le travers le plus caractéristique de la configuration politique nord-africaine. L’étoile qui a été portée par le mouvement national ne peut se confondre à une suzeraineté, mais exige une souveraineté pleine et entière du peuple algérien qui clame haut et fort l’indépendance, comme revendication suprême de ce hirak, tant elle est aujourd’hui sujet à interrogation. Une souveraineté qui s’assoie sur un peuple constituant du système politique, instaurant la liberté comme valeur fondatrice de l’exercice citoyen qui ne peut être contrainte que par la force du droit, un état de droit instauré par le pouvoir constituant du peuple.

Nous entendons ici et là les chants des sirènes qui nous expliquent que nous, peuple algérien, citoyens de la nation algérienne, sommes incapables de construire les fondements d’un renouveau national, car incapables de consensus. On nous explique religieusement, que les divergences caricaturales qui ont été façonnées par des dominateurs de tout temps et de tout bords, sont incapables d’un minimum syndical de consensus national, non plus pour la bonne marche du pays et de son développement, sujet d’affrontement des modèles de développement, fondateurs de politique, au sens le plus noble et cardinal d’instrument de la gestion de la cité. Mais plus grave, nous serions incapables de construire un consensus sur les fondements institutionnels, sur les règles fondamentales et les valeurs qui peuvent régir l’avenir de la nation Algérienne.

Le fondement de l’état nation (westphalien 1648, Allemagne), des règles de gouvernance sont institutionnalisées dans des règles fondatrices, constituants des rapports entre les institutions qui constituent l’état nation. La constitution nationale, incarnation moderne des règles de droit, la loi fondamentale qui instaure les fondements de l’état et la nation, ne peut faire l’économie d’un consensus large et constituant du peuple algérien. Les sensibilités politiques qui irriguent la vie nationale, sont sans aucun doute capables d’actes fondateurs d’un état nation moderne capable d’instaurer la transparence nécessaire dans le rapport entre l’état, ses institutions, et sa gouvernance, ses mécanismes, afin d’incarner la souveraineté populaire sur son destin national.

Certains nous expliquent que l’art du possible exige qu’on encadre ce pouvoir constituant par une intermédiation politique sans ancrage politique et social, ni crédibilité populaire, pour pondre à travers une représentation à marche forcée une conférence souveraine, une assemblée souveraine, qui pourra incarner un consensus national sur une réforme constitutionnelle. Le devoir national exige plutôt que la refondation nationale s’opère à travers une refondation constitutionnelle qui est l’émanation d’une assemblée constituante élue au suffrage universel, formée par une représentation réelle du peuple algérien, loin des intermédiations issues d’un système politique qui a été construit sous la dictature, avec toutes les postures et travers qui en sont si caractéristiques.

Le devoir historique exige de doter ce hirak historique d’un texte fondateur de la nation algérienne, aussi fondateur que le texte du premier novembre, ou des résolutions du congrès de la Soummam qui ont irrigué le corps national pendant une phase de recouvrement de la souveraineté nationale. Le recouvrement de la citoyenneté pleine et entière, exige de nous que nous soyons à la hauteur de la grandeur de l’histoire de notre pays, pour poursuivre l’œuvre nationale, et doter l’Algérie d’une architecture institutionnelle et juridique qui la projette dans les 100 ans avenirs et qui garantisse sa stabilité politique et institutionnelle, condition sine qua none de tout progrès national.

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