Thirga.ounevdhou
03/04/2007, 13h57
Le cinéma....les medias d’une façon générale sont arme aussi ou encore plus destructive que les armes.
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"Hollywood diaboliseles Arabes"», soutient Jack Shaheen
« Depuis des décennies, Hollywood, c'est-à-dire le cinéma et la télévision américains, avilit et déshumanise les Arabes et les musulmans. Voilà pourquoi le drame palestinien reste entier depuis 60 ans, et pourquoi le public a consenti à l'invasion de l'Irak en 2003. Les préjugés contre eux sont antérieurs aux attentats du 11 septembre, bien que ceux-ci aient contribué à les diaboliser encore davantage. »
Cette lecture est de Jack Shaheen, né en 1936 à Pittsburgh de parents libanais chrétiens et qui examine et documente depuis 30 ans l'image de l'Arabe dans les médias de son pays - cinéma, télévision, radio et imprimés.
« Jack Valenti, longtemps président de la Motion Picture Association of America, disait que Hollywood et Washington ont les mêmes gènes. Sur le Moyen-Orient, Hollywood a toujours collé aux choix politiques de Washington », a-t-il dit hier à La Presse lors d'une rencontre à Montréal.
« La propagande que véhicule la fiction est d'autant plus efficace qu'elle n'est pas perçue comme telle. Mais s'il est si facile de tuer, de torturer, de terroriser les Arabes, c'est que 1200 films recensés par moi les présentent comme soit des monarques lubriques attirées par des blondes, soit des voleurs, des tueurs et des menteurs, soit des terroristes sans foi ni loi, et souvent sans compétence », a-t-il affirmé.
Ce travail est présenté dans un livre, Reel Bad Arabs, ou Comment Hollywood avilit un peuple. Le livre a inspiré un documentaire d'une heure, du même titre, qui a été projeté en première nord-américaine lundi à Concordia, en présence de l'auteur, dans une salle pleine à craquer. Shaheen s'était fait connaître dès 1984 avec un livre, The TV Arab.
Il s'est illustré par son combat contre l'empire Disney après la sortie d'Aladdin en 1992. La chanson d'ouverture de ce film d'animation parlait d'un pays « où l'on vous coupe les oreilles si on n'aime pas votre face », et le chanteur ajoutait : « C'est barbare, mais c'est chez moi. » Disney a fini par enlever la chanson de la version DVD.
Régression, mais espoir
« Mais ça ne change pas assez vite. Ça régresse même. Dans le film Rules of Engagement, des GI sont accusés d'avoir massacré des civils au Yémen. Mais leur avocat tombe sur une cassette audio qui lui permet de prouver que les civils, femmes et enfants, étaient les vrais agresseurs! Dans la série 24, un jeune Arabe est sauvé du lynchage par des voisins après une attaque nucléaire, mais il se révèle être un terroriste et il massacre la famille qui lui a sauvé la vie. Ça nous dit que tout Arabe et tout musulman est un terroriste, et qu'on ne peut se fier à aucun d'entre eux! » a expliqué Shaheen.
Souriant et plein d'énergie malgré ses 71 ans, Jack Shaheen reste optimiste malgré tout. « On a déconstruit les stéréotypes négatifs qu'on avait sur les peuples autochtones, sur les Noirs, sur les Japonais, sur les Allemands. On finira par abandonner nos préjugés contre les Arabes et les musulmans aussi, et par les voir comme des êtres humains comme nous-mêmes, avec leurs extrémistes et leurs lunatiques, mais aussi avec leur beauté, leur amour de la vie, leurs rêves et leurs espoirs. Il y a les cinéastes arabes qui montent, et il y a aussi le marché que représente les 1,5 milliard de gens de cette communauté », a-t-il conclu.
- AFP
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"Hollywood diaboliseles Arabes"», soutient Jack Shaheen
« Depuis des décennies, Hollywood, c'est-à-dire le cinéma et la télévision américains, avilit et déshumanise les Arabes et les musulmans. Voilà pourquoi le drame palestinien reste entier depuis 60 ans, et pourquoi le public a consenti à l'invasion de l'Irak en 2003. Les préjugés contre eux sont antérieurs aux attentats du 11 septembre, bien que ceux-ci aient contribué à les diaboliser encore davantage. »
Cette lecture est de Jack Shaheen, né en 1936 à Pittsburgh de parents libanais chrétiens et qui examine et documente depuis 30 ans l'image de l'Arabe dans les médias de son pays - cinéma, télévision, radio et imprimés.
« Jack Valenti, longtemps président de la Motion Picture Association of America, disait que Hollywood et Washington ont les mêmes gènes. Sur le Moyen-Orient, Hollywood a toujours collé aux choix politiques de Washington », a-t-il dit hier à La Presse lors d'une rencontre à Montréal.
« La propagande que véhicule la fiction est d'autant plus efficace qu'elle n'est pas perçue comme telle. Mais s'il est si facile de tuer, de torturer, de terroriser les Arabes, c'est que 1200 films recensés par moi les présentent comme soit des monarques lubriques attirées par des blondes, soit des voleurs, des tueurs et des menteurs, soit des terroristes sans foi ni loi, et souvent sans compétence », a-t-il affirmé.
Ce travail est présenté dans un livre, Reel Bad Arabs, ou Comment Hollywood avilit un peuple. Le livre a inspiré un documentaire d'une heure, du même titre, qui a été projeté en première nord-américaine lundi à Concordia, en présence de l'auteur, dans une salle pleine à craquer. Shaheen s'était fait connaître dès 1984 avec un livre, The TV Arab.
Il s'est illustré par son combat contre l'empire Disney après la sortie d'Aladdin en 1992. La chanson d'ouverture de ce film d'animation parlait d'un pays « où l'on vous coupe les oreilles si on n'aime pas votre face », et le chanteur ajoutait : « C'est barbare, mais c'est chez moi. » Disney a fini par enlever la chanson de la version DVD.
Régression, mais espoir
« Mais ça ne change pas assez vite. Ça régresse même. Dans le film Rules of Engagement, des GI sont accusés d'avoir massacré des civils au Yémen. Mais leur avocat tombe sur une cassette audio qui lui permet de prouver que les civils, femmes et enfants, étaient les vrais agresseurs! Dans la série 24, un jeune Arabe est sauvé du lynchage par des voisins après une attaque nucléaire, mais il se révèle être un terroriste et il massacre la famille qui lui a sauvé la vie. Ça nous dit que tout Arabe et tout musulman est un terroriste, et qu'on ne peut se fier à aucun d'entre eux! » a expliqué Shaheen.
Souriant et plein d'énergie malgré ses 71 ans, Jack Shaheen reste optimiste malgré tout. « On a déconstruit les stéréotypes négatifs qu'on avait sur les peuples autochtones, sur les Noirs, sur les Japonais, sur les Allemands. On finira par abandonner nos préjugés contre les Arabes et les musulmans aussi, et par les voir comme des êtres humains comme nous-mêmes, avec leurs extrémistes et leurs lunatiques, mais aussi avec leur beauté, leur amour de la vie, leurs rêves et leurs espoirs. Il y a les cinéastes arabes qui montent, et il y a aussi le marché que représente les 1,5 milliard de gens de cette communauté », a-t-il conclu.
- AFP